Michael Löwy, Les aventures de Karl Marx contre le baron de Münchhausen. Introduction à une sociologie critique de la connaissance, Paris, Syllepse, 2012 (1ère éd. 1985).

A télécharger ci-dessous la préface de l’ouvrage.

 

Résumé

– Une science de la société libre de jugements de valeurs est-elle concevable ?

– Est-il possible d’éliminer les idéologies du processus de la connaissance ?

– La science sociale n’est-elle pas forcément engagée ?

– Le caractère partisan est-il conciliable avec la connaissance ?

Ce livre traite du rapport entre visions du monde (idéologiques ou utopiques) et connaissance, dans le domaine des sciences sociales, à partir d’une discussion des principales tentatives d’élaborer un modèle d’objectivité scientifique apparues au sein du positivisme, de l’historicisme et du marxisme. Il s’agit de montrer que, contrairement à ce que prétend le positivisme, toute connaissance et interprétation de la réalité sociale est liée, d’une façon directe ou indirecte, à une des grandes visions sociales du monde, à une perspective globale socialement conditionnée. Ce que Pierre Bourdieu désignait comme « les catégories de pensée impensées qui délimitent le pensable et prédéterminent le pensé ».

La vérité objective sur la société n’est donc pas concevable comme une image renvoyée par un miroir, elle est plutôt un paysage peint par un artiste, un paysage qui sera d’autant plus vrai que le peintre sera situé à un observatoire ou un belvédère plus élevé, lui permettant une vue plus vaste et plus étendue du panorama irrégulier et accidenté de la réalité sociale. L’ouvrage tire son titre du « trilemme de Mu?nchhausen », raisonnement et argumentation découlant de l’histoire du Baron de Mu?nchhausen qui, pour se sortir du marais où il était enlisé, s’est lui-même soulevé par les cheveux. Une nouvelle préface enrichit ce livre paru chez Anthropos en 1985 et épuisé depuis longtemps.

 

Sommaire

Introduction :

Visions sociales du monde, idéologies et utopies dans la connaissance scientifico-sociale

 

1. Le positivisme ou le principe du Baron von Mu?nchhausen

L’utopie positiviste : Condorcet, Saint-Simon.

L’idéologie positiviste : Comte, Durkheim

Max Weber : La science libre de jugements de valeur

Karl Popper et l’objectivité institutionnelle

 

2. L’historicisme ou la lumière brisée

L’historicisme conservateur

L’historicisme relativiste

La sociologie de la connaissance de Karl Mannheim

 

3. Le marxisme ou le défi du principe du fiacre

Idéologie et science selon Marx

Marxisme et positivisme dans la pensée de la 2e Internationale

Le marxisme historiciste : Lukács, Korsch, Gramsci, Goldmann

Le marxisme rationaliste de l’École de Francfort

Idéologie stalinienne et science

 

Conclusion :

Les paysages de la vérité et l’allégorie du belvédère

Le modèle scientifico-naturel d’objectivité et les sciences sociales

Le moment relativiste de la sociologie de la connaissance

Paysages de la vérité et autonomie relative de la science.

 

L’auteur

Michael Löwy, est né en 1938 au Brésil et vit à Paris depuis 1969. Il est directeur de recherches émérite au CNRS, spécialiste du marxisme en Amérique latine (Le marxisme en Amérique latine, Maspero, 1973) et de la théologie de la libération (La Guerre des dieux, religion et politique en Amérique latine, Le Félin, 2000). Il a publié L’étoile du matin. Surréalisme et marxisme (Syllepse 2000), La pensée de Che Guevara (Maspero, 1970 ; rééd. Syllepse, 1997). Il a publié Écologie et socialisme (Syllepse, 2005) et Ecosocialisme (Mille et une nuits, 2011).

 

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