Avec Bruno Pinchard, mardi 11 mars, au Lieu-Dit.

L’intelligence de Marx demeure l’un des seuls moyens de comprendre l’irréalité contemporaine.

Il y a un parti de l’intelligence à l’œuvre dans les analyses du Capital qu’aucune déviation historique ne peut faire oublier. Une fois délivrée des prophéties faciles, l’analyse marxienne retrouve sa place au milieu des grandes analyses du fait social, entre Aristote et Hegel. Elle en prolonge jusqu’à nous les lois les plus profondes car elle touche au lien entre Dieu et l’or, entre la religion et l’idolâtrie.

Ce Marx pris à rebours de ses interprétations communes ne pouvait être un Marx protégé derrière des prétextes érudits ou des raisons militantes. Il est celui des mythologies et des catastrophes annoncées, le Marx qui ne cesse de revenir au rythme des peurs qui n’ont pas encore de nom. Le Marx de notre temps vit au rythme des épreuves encourues par la terre et c’est pourquoi il est aussi troublant que clairvoyant. Mais avec ses dialectiques engagées au plus près de la fièvre de l’or et des fétiches de la mondialisation, il poursuit le dessein totalisant de la philosophie, philosophie du clair-obscur qui n’a plus rien de commun avec les exercices frileux et autoritaires qui revendiquent ce nom.

Bruno Pinchard, agrégé de philosophie, chercheur au CNRS, professeur de philosophie de la Renaissance et de l’Âge classique à l’Université Lyon-III, est directeur de l’École doctorale de philosophie de la région Rhône-Alpes. Prochain ouvrage : Marx à rebours, à paraître aux éditions Kimé.

 

Mardi 11 mars à 19 heures

au Lieu-Dit

6, rue Sorbier. Paris XXe(Mo Ménilmontant ou Gambetta).

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