Samedi 15 Février 2014 de 14h00 à 19h00 à 61 rue Violet, 75015 Paris, M° Commerce ou La Motte-Picquet-Grenelle. 

Rencontre-débat autour du livre d’Olivier Besancenot : La conjuration des inégaux. La lutte des classes au XXI° siècle, qui vient de paraître aux éditions Cherche Midi. 

 

14h00 à 15h30

« Quelles représentations de la classe ouvrière ? »

Echange avec :

  • Marcel Trillat : Réalisateur, « Etranges étrangers », « Les Prolos », « Femmes précaires », « Silence dans la vallée » 
  • Gérard Mordillat : Romancier, auteur de « Les vivants et les morts », « Notre part des ténèbres », «Rouge dans la brume », « Xénia »
  • Ghislaine Tormos : Ouvrière de PSA Aulnay, syndicaliste, auteure de « Le salaire de la vie ».

 

15h30 à 18h00

« Sujets et acteurs de l’émancipation sociale » – Table Ronde

  • Olivier Besancenot
  • Marlène Benquet : Sociologue, auteure de « Encaisser, enquête en immersion dans la grande distribution »
  • Nicolas Jounin : Sociologue, auteur de «Chantier interdit au public : Enquête parmi les travailleurs du bâtiment», «On bosse ici, on reste ici! La grève des sans-papiers – une aventure inédite»
  • Patrick Le Moal : Inspecteur du travail à la retraite

 

Dans l’élan de la Révolution française, en 1796, Gracchus Babeuf imaginait prolonger l’égalité sur les questions économiques à travers un ultime combat contre le Directoire qui lui coûta la vie, à lui et à ses camarades, lors de la «conjuration des Égaux ». Deux siècles plus tard, à front renversé, une «conjuration des inégaux » semble s’être imposée à nous.

Pour ceux d’en haut, la lutte des classes ne fait pas débat, elle se mène, point barre, et elle se gagne. Elle n’est ni anonyme ni virtuelle ; elle est au contraire symbolisée par une élite – des noms et des visages, unis par de multiples relations opératoires et redoutablement efficaces.

Pour ceux d’en bas, il s’agit de dépasser les ravages de la division sociale savamment provoquée et entretenue par les classes possédantes afin de saper toute amorce de reprise de conscience de classe. Derrière ce pare-feu illusoire que constitue le mythe des « classes moyennes », les identités sociales se diluent, se perdent et s’ignorent. Au point que l’écrasante majorité s’oublie jusqu’à en devenir invisible. 

Les prolétaires – celles et ceux qui sont obligés de vendre leur force de travail, manuelle ou intellectuelle, pour vivre – n’ont jamais été aussi nombreux dans l’histoire du capitalisme. Pourtant, et c’est un paradoxe, ils n’ont jamais eu aussi peu conscience d’exister en tant que tels.

Dans cet essai, Olivier Besancenot apporte une contribution pour tenter de redéfinir les contours de ce que la Communarde Louise Michel désignait déjà en son temps comme « le nombre immense qui ne connaît pas sa propre force ». A partir de cette  contribution, le projet de la rencontre du 15 février est de débattre entre chercheurs,  militants politiques et syndicaux, pour avancer dans la compréhension de l’évolution du  « prolétariat ».

Ces débats croisés sont essentiels pour comprendre l’ampleur des modifications en cours, et mesurer leur importance pour faire revivre un projet émancipateur du XXI°  siècle.

 

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