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Florian Voros, Désirer comme un homme. Enquête sur les fantasmes et les masculinités, Paris, La Découverte, 2020, 18 euros

Dans son livre, Florian Vörös analyse les masculinités gays et hétérosexuelles à partir de la question des désirs et de la consommation de films pornographiques. Dans le chapitre 5, il questionne la façon dont les masculinités des spectateurs de porno sont traversées par la question raciale, tant dans leurs pratiques sexuelles que leurs fantasmes et leurs représentations des non-blancs. 

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Le regard gay blanc sur la virilité arabe

Les hommes gays et bisexuels blancs qui se focalisent sur le « pénis noir » et la « virilité arabe » s’intéressent rarement aux implications politiques et aux conséquences sociales de ce type d’activité fantasmatique. La racialisation est bien sûr tout aussi présente dans les fantasmes hétéros[1]  – on pense par exemple au tag « Beurette » qui arrive régulièrement en tête des requêtes réalisées depuis la France sur les grands sites pornographiques. Si je me concentre ici sur les fantasmes homoérotiques, c’est parce que leur dimension raciale est abordée plus frontalement lors des entretiens. Certains participants à l’enquête comme Jean‑Claude annoncent la couleur d’entrée de jeu : « Ouah ils sont chauds les Indiens dans ton quartier, je crois que c’est la seule ethnie avec qui j’ai pas encore baisé ! », me lance‑t‑il amusé alors que nous nous trouvons à la fenêtre de mon appartement situé dans le quartier de La Chapelle à Paris. D’autres, comme Marc, usent d’euphémismes et de circonvolutions. Lorsque je lui demande ce qu’il aime voir en termes de porno, il commence par lister tout ce qu’il ne regarde pas car trop « vulgaire » et « violent », avant d’évoquer du bout des lèvres son attrait pour le « studio des Arabes », Citébeur :

Ça m’agace de me dire que ça m’excite… parce que je suis absolument pas… dans la domination, la violence, la vulgarité… Or c’est quand même ce qui est véhiculé dans ces films‑là… Et donc ça m’agace d’être en contradiction avec moi‑même.

Citébeur est un studio de porno « ethnique »  spécialisé dans l’érotisation de la figure du « lascar ». Fondé en 2001 par Stéphane Chibikh, il domine pendant toute une décennie le marché du porno gay européen. Sa mise en scène d’hommes blancs dominés sexuellement par des hommes arabes et noirs des quartiers populaires est à l’époque jugée « raciste » par les journalistes des principaux titres de la presse gay. Cette condamnation morale ne rend toutefois pas justice à l’ambivalence de l’imaginaire érotique de Citébeur, entre clichés orientalistes sur l’« homme arabe » à destination d’un public gay blanc et espace d’affirmation d’une identité gay franco‑maghrébine[2]. Les hommes gays blancs que j’ai rencontrés confondent cependant les films de Citébeur avec ceux d’autres studios, comme Eric Videos, qui se sont inspirés de l’esthétique amateur, brute, hard et streetwear qui a fait le succès de Citébeur. Ce que Laurent retient de ces vidéos, c’est le « contraste de couleurs de peau » quand « un Black ou un Beur nique un petit Français ». Il recherche des « mecs typés » en « survet’ », des « corps bronzés », le type d’acteur qui « impose par sa présence, par sa couleur de peau, par sa grandeur, par le fait qu’il a un gros morceau ». Cette virilité est d’autant plus excitante qu’elle est située dans un « squat », où « un petit Rebeu surprend un petit Céfran » et où « des mecs qui dominent n’hésitent pas à s’occuper franchement de petits jeunes français dociles » :

Le fantasme caillera, c’est d’abord le déguisement [sourit]. C’est le jogging, c’est la basket. Parfois la casquette. C’est la coupe à ras. Il peut y avoir le collier de barbe qui entoure le visage. Et puis y a une attitude : un peu macho, voire même un peu agressive, supervirile.

Ce désir blanc de virilité arabe se déploie également sur les applications de drague géolocalisées. Laurent regrette l’efféminement des hommes arabes qu’il croise dans le quartier du Marais : « C’est tout sauf excitant. » Il est par contraste à l’affût des profils de « Rebeus actifs » qui s’affichent sur Grindr lorsqu’il traverse la banlieue nord parisienne pour se rendre à son lieu de travail :

Depuis quinze ans je traverse tous les jours la Seine‑Saint‑ Denis avec le RER D et ça m’excite beaucoup [rit] ! […] Je suis très, très content d’utiliser cette ligne, où je voyage avec tous mes fantasmes, le matin et le soir. Ce qui m’a valu parfois quelques rencontres dans le RER. Des parties de branle, sans se toucher. […] T’as un Beur en face de toi, et tu te paluches la teub devant lui. Et lui aussi. Et c’est super excitant !

L’exotisation des banlieues coexiste avec celle des anciennes colonies[3]. Jean‑Claude, réduit dans sa mobilité en raison de problèmes de santé, investit le porno « ethnique » comme un prolongement de fantasmes qu’il a développés lors de séjours touristiques. Il invoque des contrées où le métissage et la chaleur des tropiques auraient produit des virilités exacerbées et des sexualités débridées :

Un autre truc qui me plaît beaucoup, c’est le porno avec des Latinos. Il y a beaucoup de Brésiliens très beaux. Les Mexicains aussi, bien que je ne sois jamais allé au Mexique. Bon alors les Mexicains qui sont d’origine indienne, je peux pas dire qu’ils m’intéressent particulièrement. Mais par contre les métis… mais plus ceux d’Amérique du Sud que ceux d’Amérique du Nord… Les Afro‑Indiens, les Afro‑Hispaniques, les Afro‑Portugais… en général ils sont très, très, beaux dans les films pornos.

Le potentiel érotique des différentes « races » et « ethnies » est envisagé à l’aune de la taille de leur pénis. Les hommes asiatiques sont placés en bas et les Africains en haut d’une échelle qui prend pour étalon de mesure le pénis blanc de taille moyenne[4] :

Jean‑Claude : Je crois que j’ai couché avec toutes les races. […] Mais les Asiats, je peux pas dire qu’ils me passionnent tellement, parce que moi de toute manière je suis passif, et bon ils sont pas réputés pour avoir des membres  surdimensionnés.

Florian : Donc c’est plus Citébeur ?

Jean‑Claude : Oui les Et puis les Blacks, oui. Mais plutôt les Antillais, tu vois.

Florian : C’est quoi la spécificité des Antillais par rapport aux autres Blacks ?

Jean‑Claude : Ben, c’est la queue hein ! [rit] Quoique leur réputation est un peu surfaite.

Les  hommes  arabes  et  noirs  sont  imaginés  comme « chauds », « virils » et « extrêmes » par des hommes blancs qui se présentent par contraste comme plus tempérés, modérés et civilisés. On retrouve ici l’idée selon laquelle les peuples colonisés auraient un « accès secret au plaisir intense, et notamment aux plaisirs charnels[5] ». La virilité « lascar » devient alors « le piment, le condiment qui vient épicer le plat fade de la culture blanche[6] ». Michel oppose à l’intensité des vidéos de Citébeur une réalité plus raisonnable, où il ose moins se lâcher :

C’est chaud, c’est hard, j’aime bien le côté un peu « c’est moi qui suis le chef, c’est moi qui commande, c’est moi qui tiens le manche ». C’est tellement extrême que jamais je pourrais assumer ce rôle‑là. Je ne pourrais pas me lâcher comme ça. Je ne pourrais pas traiter quelqu’un avec autant de… Enfin je ne pourrais pas à ce point considérer comme un objet la personne avec qui je couche. Je serais incapable d’aller jusque‑là.

Le désir blanc de virilité « lascar » repose sur la transgression d’une norme de bon comportement  bourgeois. Le relâchement sexuel, l’érotisation de la domination et la vulgarité raciste sont autant de « mauvais » comportements qui procurent du plaisir. C’est cette expérimentation de la domination au‑delà des limites du raisonnable qui est également recherchée par Marc :

Je n’assume peut‑être pas les tendances de domination ou de soumission que je peux avoir. Quand on s’entend bien avec son partenaire, chacun à son tour on est le dominant et le dominé. Si c’est quelque chose qui tourne, qui est bien partagé et qui reste dans les limites du raisonnable. Je pense que c’est ce que l’on vit tous dans nos alcôves. Et je trouve que, là, c’est juste un petit peu plus.

La figure du « lascar » est, dans le regard blanc, aussi celle du délinquant voleur, violent et homophobe[7]. Laurent parle au passé de son engouement pour le « style racaille survet’, capuche, skets [baskets] et tout ça ». Il a changé d’avis sur la question suite aux mises en garde de son entourage : « Mon ex désapprouve, il voit ces mecs typés avant tout comme de la racaille, le profil du Rebeu qui vole dans la rue et tout. » Laurent voit désormais l’emprise du style « lascar » dans les espaces gays comme une forme d’homophobie intériorisée :

Ce qui m’a plu à une époque, c’est ce qui me déplaît maintenant. La représentation de la relation avec l’homo‑ sexuel passif porte en elle une forme de violence. Ce qui me gêne, c’est que beaucoup d’entre eux se présentent comme des mecs hétéros ou bisexuels. Ils n’assument pas. Et ils ont une représentation du « pédé » qui est très, très dévalorisante quand même.

Certains hommes blancs affichent un racisme sexuel décomplexé. Jean‑Claude fantasme par exemple sur « les Beurs » et « les musulmans » en tant que « bons niqueurs » tout en refusant toute accointance avec « eux ». Le plaisir et le danger, la fascination et la répulsion sont alors les deux versants d’un même processus d’altérisation raciale[8]  :

Les musulmans qui baisent ensemble, ça, j’aime bien. Mais j’entamerais pas une relation, tarifée ou pas, avec un Beur. J’aurais trop peur de me faire escroc’ [escroqué]. Par contre je connais un escort Beur, celui‑là oui par contre, parce que c’est un garçon de confiance et tout, et puis c’est un bon niqueur. Donc j’aime bien regarder des films pornos où y en a, mais je ne veux pas de relations avec eux.

D’autres se défendent d’être racistes, tout en se réservant le droit de mobiliser des stéréotypes raciaux[9], à la manière d’Alain, un hétéro célibataire :

Florian : Et est‑ce que la couleur de peau ça a de l’importance pour toi à l’écran ?

Alain : Aucune !

Florian : Aucune ?

Alain : Aucune !

Florian : C’est pas un truc auquel tu fais attention ?

Alain : Mais alors aucunement !

Florian : Parce que c’est souvent spécifié dans le porno…

Alain : Oui mais maintenant il y a de tout, tu Regarde les grands films pornos américains : tu verras toujours au moins un homme black, parce que vu la réputation qu’on leur fait… qui est très souvent justifiée, vu la taille de leur engin. Par contre, je ne trouve pas que ce soient de bons éjaculateurs. […] Mais, non, non, franchement, la couleur, non, ça ne fait pas de différence […]. Le racisme ne me touche pas. […] Je ne fais pas partie de ce milieu‑là, vraiment pas. […] Ça ne me touche pas, tu vois. C’est comme pour l’homophobie. Ce sont des mots qui n’existent pas pour moi. Enfin, je sais qu’ils existent, mais…

D’autres encore critiquent les stéréotypes raciaux, tout en en situant leur origine dans les corps racisés plutôt que dans leur propre regard racisant. Sébastien invoque son expérience d’enseignant en zone d’éducation prioritaire pour montrer son recul par rapport au stéréotype du lascar : « Avec les gamins de douze, treize, quatorze ans que j’ai au bahut, je vois bien que c’est juste une devanture et que, derrière ce déguisement, il y a quelque chose de plus tendre. » Il « sait » que les films de Citébeur sont caricaturaux et qu’il « ne faut pas confondre fantasme et réalité ». Il verse pourtant dans la fétichisation raciale lorsqu’il s’émeut devant le « nez busqué », le « pénis circoncis », la « couleur de peau » et l’« attitude un peu supérieure » qu’il attribue aux hommes maghrébins. Dans un sens freudien, la fétichisation raciale peut désigner l’opération de visualisation du corps par laquelle les spectateurs blancs maîtrisent la différence raciale à la fois excitante et dangereuse des « lascars ». Dans un sens marxien[10], qui me semble en fait plus heuristique, la fétichisation désigne l’ignorance blanche des conditions matérielles dans lesquelles s’effectue la performance de la virilité « lascar » sur le marché du porno gay « ethnique ». Beaucoup de spectateurs blancs pensent que si les films de Citébeur sont caricaturaux, c’est parce que les hommes arabes ont eux‑mêmes une sexualité caricaturale. Ce discours essen‑ tialiste empêche de comprendre le contexte économique et culturel dans lequel s’effectue le travail sexuel de la performance de la différence raciale[11]. Sébastien verse par exemple dans la fétichisation lorsqu’il considère la virilité « lascar » comme une émanation naturelle du corps des acteurs de Citébeur, plutôt que comme un travail sexuel fourni sur un marché du porno gay européen où le consommateur cible est, comme lui, un homme gay blanc sensible aux imaginaires orientalistes[12]  :

Et puis c’est vrai qu’il y a un côté… Il y a le physique maghrébin aussi qui me… Voilà, le côté un peu nez busqué… La couleur de peau, ouais, ça peut le faire… la bite circoncise, ça peut aussi être excitant. Généralement, en plus, ils ont généralement assez… Enfin dans le fantasme – mais même dans ce que j’ai pu vivre –, ils sont assez bien montés généralement. Et c’est surtout l’attitude. L’attitude un peu supérieure. Un peu roi de la cité quoi. Ça, ça peut vraiment me faire kiffer.

Confronté à la critique antiraciste, Sébastien présente « les racistes » comme des « autres » caractérisés par l’« intolé‑ rance » et le « manque de culture ». Cela lui permet de se présenter comme « ouvert » sans pour autant interroger ses propres stéréotypes :

Je ne me considère pas du tout comme raciste. […] Les gens qui me sont proches, c’est pas du tout des racistes. C’est pas des gens intolérants. Généralement, ce sont tout le temps des gens ouverts à d’autres cultures. […] Vu que j’ai pas de gens qui réagissent comme ça autour de moi, je suis vraiment incapable d’émettre un avis là‑dessus.

Les hommes gays blancs peuvent aussi jouer la carte minoritaire pour se dédouaner du racisme. Par contraste avec les habitants des quartiers populaires, jugés homophobes parce que musulmans[13], Laurent présente la « communauté » gay comme un lieu d’« acceptation » de toutes les différences :

S’il y a bien une communauté où on s’accepte, c’est celle‑là […]. En sens inverse, pour avoir vu des reportages et des choses comme ça, effectivement, il y a beaucoup d’homo‑ phobie dans les cités. Et il y a notamment peut‑être plus de préjugés, liés au poids de la religion. Enfin, moi, je l’attribue plus au poids de la religion qu’à la couleur de peau quoi… enfin chez les Rebeus.

Il est plus agréable de réfléchir à ses mécanismes d’iden tification érotique en tant que minoritaire qu’en tant que dominant. Le fantasme du « mec hétéro » est volontiers pensé comme un fantasme gay que l’on peut analyser au prisme du rapport de domination hétéro/homo (voir le chapitre 3). En revanche, le fantasme de la « virilité lascar » peine à être pensé comme un fantasme blanc, produit de l’histoire coloniale française. En l’absence de réflexivité critique sur le regard blanc, l’expression de ce désir laisse libre cours à l’assignation des hommes arabes et noirs à une hypervirilité appréhendée comme à la fois excitante et dégoûtante. Ce racisme sexuel a pour effet de rendre les espaces gays difficilement habitables par ceux qui sont perçus comme « trop virils » (Noirs[14], Arabes, musulmans) ou « pas assez » (Asiatiques[15]). Malgré sa grossièreté, ce racisme sexuel a aussi pour effet de conforter les hommes blancs dans leur prétention à incarner la « bonne » masculinité, prétendument républicaine, civilisée,  moderne et égalitariste.

Le genre et la race sont des systèmes de signification et de domination qui valorisent la masculinité et la blanchité[16]. L’attrait des hommes blancs pour les fantasmes de disponibilité féminine et de virilité arabe s’explique en partie par le fait que ces manières stéréotypées de désirer les placent dans une position gratifiante. Leur déficit de réflexion personnelle sur leur rapport à la domination masculine et à l’hégémonie blanche revêt une dimension volontaire. Si les hommes blancs tendent à ignorer les positions féministes et antiracistes, c’est, entre autres, parce que cette ignorance les maintient dans une position de confort[17]. Comprendre comment le genre et la race travaillent nos fantasmes implique de sortir du confort de la présentation de soi comme « adulte, responsable et au‑dessus de tout soupçon ». Se défaire de cette cuirasse de vertu républicaine est la condition sine qua non au développement d’une réflexion critique et incarnée sur les stéréotypes et les rapports de domination. C’est ce pas de côté par rapport à la construction dominante de la masculinité blanche française qui permet de relier des fantasmes personnels à une histoire coloniale des imaginaires, à un marché genré de la pornographie ou encore à une organisation raciale des espaces de rencontre. Entrer dans cette démarche réflexive implique de quitter la posture confortable du « bon » spectateur qui condamne publiquement les « mauvaises » images « sexistes et racistes », tout en profitant, en privé, de leur pouvoir érotique genré et racialisé. Sans s’y complaire, on peut tout à fait reconnaître l’emprise de ces stéréo‑ types comme un état de fait à interroger et transformer. Ce sont ces possibilités de transformation que je discute en conclusion.

 

Notes

[1] Malek Alloula, Le Harem colonial. Images d’un sous-érotisme, Atlantica‑ Séguier, Anglet, 2001 ; Christelle Taraud, Mauresques. Femmes orientales dans la photographie coloniale (1860-1910), Albin Michel, Paris, 2003 ; Éric Fassin et Mathieu Trachman, « Voiler les beurettes pour les dévoiler. Les doubles jeux d’un fantasme pornographique blanc », Modern & Contemporary France, vol. 21, n° 2, 2013, p. 199‑217.

[2] Maxime Cervulle et Nick Rees‑Roberts, Homo exoticus. Race, classe et critique queer, Armand Colin/INA, Paris, 2010 ; Mehammed Amadeus Mack, Sexagon. Muslims, France and the Sexualization of National Culture, Fordham University Press, New York, 2017.

[3] Jean‑Raphaël Bourge, « Des colonies aux banlieues : un continuum pornographique », communication au colloque « Les hétérotopies sexuelles. Formes et pratiques du désir d’ailleurs », Université libre de Bruxelles, 2008.

[4] Richard Fung, « Looking for my penis : the eroticized Asian in gay video porn », in Bad Object‑Choices (dir.), How Do I Look ? Queer Film and Video, Bay Press, Seattle, 1991, p. 102‑109.

[5]Eating the other : Desire and resistance” In Black Looks: Race and Representation, pp. 21–39. Boston: South End Press, 1992, p. 34.

[6] Ibid., p. 21.

[7] Nacira Guénif‑Souilamas et Éric Macé, Les Féministes et le garçon arabe, Ed. de l’Aube, 2006.

[8] Stuart Hall, « Le blanc de leurs yeux: idéologies racistes et médias », in Identités et cultures. Politiques des cultural studies. Éd. Maxime Cervulle, trad. Christophe Jaquet. Paris: Amsterdam, 2007.

[9] Colette Guillaumin, « Je sais bien mais quand même, ou les avatars de la notion “race” », Le Genre humain, vol. 1, 1981, p. 55‑65.

[10] Pour une discussion des approches freudienne et marxienne de la fétichisation, voir Linda Williams, « Fetishism and hardcore : Marx, Freud and the “money shot” », Hard Core. Power, Pleasure and the Frenzy of the Visible, University of California Press, Berkeley, 1999, p. 93‑119. Pour le texte original, voir Karl Marx, Le Capital. Livre I, PUF, Paris, 1993, p. 81‑83.

[11] Mireille Miller‑Young, A Taste for Brown Sugar. Black Women and Pornography, Duke University Press, Durham, 2014.

[12] Sur l’emprise de cet imaginaire, voir Todd Shepard, Mâle décolonisation. L’« homme arabe » et la France, de l’indépendance algérienne à la révolution iranienne, Payot, Paris, 2017 ; Mehdi Derfoufi et James Berclaz‑Lewis, « Pour une autre histoire du cinéma français : blanchité et maghrébinité de la francité », Diogène, n° 258‑259‑260, 2017, p. 110‑124.

[13] Sur cet amalgame, voir Jasbir Puar, Homonationalisme. Politiques queer après le 11 Septembre, Éditions Amsterdam, Paris, 2012.

[14] Damien Trawalé, « Être interpellé en tant que gay noir dans la France contemporaine. Tensions subjectives et hiérarchies identificatoires », Les Cahiers du Cedref, n° 21, 2017 ; Ary Gordien, « Gais, “blacks” et antillais, l’art de ruser avec des impositions hétéronormatives et postcoloniales », L’Homme & la Société, n° 208, 2018, p. 83‑115.

[15] Tan Hoang Nguyen, A View from the Bottom. Asian American Masculinity and Sexual Representation, Duke University Press, Durham/Londres, 2014.

[16] L’approche des rapports de domination par les enjeux de signification et de représentation a notamment été développée au sein des cultural studies, voir Identités et Cultures 1. Politiques des cultural studies, Éditions Amsterdam, Paris, 2007 (3e édition, 2017) et Identités et Cultures 2. Politiques des différences (2e édition, 2019), Éditions Amsterdam, Paris ; Maxime Cervulle, Nelly Quemener et Florian Vörös (dir.), Matérialismes, culture et communication. Vol. 2 : Cultural Studies, théories féministes et postcoloniales, Presses des Mines, Paris, 2016.

[17] Sur le lien entre in/confort et mé/connaissance des systèmes de domination, voir Sara Ahmed, Living a Feminist Life, Duke University Press, Durham, 2017.

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