Comment le féminisme, jadis pratique utopique et révolutionnaire, a-t-il pu devenir un discours hégémonique parfaitement adapté aux exigences du marché ? Comment ses ennemis d’hier ont-ils pu se l’approprier ? Dans ce court essai, Nina Power analyse les principaux points d’application d’un féminisme cheval de Troie du néolibéralisme : la consommation, la guerre, le rapport à soi et le marché du travail.Un extrait du livre à télécharger ici.
Nina Power souligne qu’en dépit de leur diversité voire de leurs incohérences, les usages actuels du mot " féminisme " participent d’un processus global de marchandisation : les femmes doivent apprendre à " valoriser leurs atouts ", considérer leur corps comme un ensemble de pièces détachées, devenir des mères idéales sans oublier d’aller se vendre sur le marché du travail ni de maîtriser à la perfection l’art de la sexualité. Après la femme-objet, voici la femme-marchandise ! Dans notre époque prétendument post-féministe, les femmes se trouvent donc enfermées, sous couvert d’émancipation, dans une nouvelle forme d’essentialisation et de servitude. En s’appuyant sur des exemples tirés du cinéma, de la philosophie, de l’actualité, de la pornographie et des luttes féministes d’hier et d’aujourd’hui, ce livre montre que l’unidimensionnalité n’est pas une fatalité pour les femmes, et que le combat féministe se trouve non pas derrière nous, mais devant nous.

 Les Prairies ordinaires
118 pages
 12 euros.

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