Ce colloque se tiendra du mercredi 19 au samedi 22 février 2014 à l’Université de Paris-Ouest Nanterre, en France. La date limite pour soumettre une proposition de communication est repoussée au 30 juillet 2013. 


Date limite du colloque Penser l’émancipation : Suite à de nombreuses demandes de délai supplémentaire, la date limite d’envoi des propositions au colloque Penser l’émancipation a été repoussée au 30 juillet. Nous rappelons que les propositions sont des résumés d’intervention d’environ 2000 signes. Elles répondent à l’appel à contribution disponible ici. Le comité de sélection du colloque examinera avec intérêt toute proposition « portant sur les modalités contemporaines d’exploitation, de domination et d’aliénation, de même que sur les formes de résistance, de réappropriation du pouvoir et d’organisation alternative. »


Les propositions, d’environ 2000 signes, sont à envoyer à l’adresse électronique suivante : penserlemancipation2014@gmail.com

Les frais de voyage et d’hébergement ne pourront être pris en charge par les organisateurs et organisatrices que de façon exceptionnelle. La priorité sera donc donnée à des participants et participantes ne disposant que de très faibles moyens.

Un champ théorique dispersé tente aujourd’hui de repenser les combats pour l’émancipation sociale à partir d’une réflexion critique sur les dynamiques régressives dominantes ainsi que sur les expériences politiques et formes d’organisation sociale alternatives.

 

APPEL A CONTRIBUTION 

Ces dernières années, le monde capitaliste a traversé des bouleversements dont il est encore difficile d’estimer l’ampleur. Au rythme des effondrements financiers, des occupations des places, des révoltes et insurrections, les mécanismes de domination sociale et politique sont contraints de se transformer – et tentent de s’imposer avec plus de férocité encore. Les forces de transformation sociale doivent penser la nouveauté des défis contemporains et l’urgence d’une réponse politique en vue de l’émancipation humaine.

Face à une crise d’une gravité sans précédent, les classes dominantes s’efforcent d’intensifier l’exploitation du travail humain et des ressources naturelles, mais aussi de développer des mécanismes de prédation et d’oppression en partie nouveaux, qui, dans les pays du Sud, se traduisent par la réémergence de modalités de domination de type quasiment colonial, y compris sur le plan militaire. L’enjeu est alors de bien saisir le redéploiement en cours du capitalisme et de sa conquête des temporalités et des espaces, non seulement dans les domaines de la production de richesses nouvelles, mais aussi de la privatisation des communs et de la captation des ressources disponibles par un nombre toujours plus réduit de propriétaires et de décideurs. 

À l’opposé, les expériences des mouvements d’émancipation du passé, mais aussi les réflexions originales qui accompagnent les luttes actuelles, contribuent à éclairer les contours d’une société radicalement différente. Un champ théorique dispersé tente aujourd’hui de repenser les combats pour l’émancipation sociale à partir d’une réflexion critique sur les dynamiques régressives dominantes ainsi que sur les expériences politiques et formes d’organisation sociale alternatives.

Chaque dimension du monde social, et des luttes qui le traversent, fait ainsi l’objet d’analyses renouvelées. A l’asservissement croissant du travail par le capitalisme répondent des tentatives de réappropriation collective de l’activité et un retour de la critique du salariat. La généralisation de la précarité, qui conduit au délitement des solidarités « traditionnelles », suppose ainsi de repenser la centralité du travail, de l’aliénation qu’il génère, mais aussi la place des acteurs-actrices qui luttent pour s’en émanciper. Face aux politiques racistes et à l’islamophobie, de nouvelles dynamiques émergent dans les mouvements de l’immigration et des quartiers populaires, ainsi que dans le champ des études postcoloniales et décoloniales. Les transformations de l’exploitation du travail féminin à l’échelle mondiale, les formes renouvelées d’oppressions sexuelles, et toutes les expressions recomposées du patriarcat, posent la question d’un agenda féministe, queer et LGBT pour le 21e siècle. L’urgence écologique suscite une réflexion globale pour comprendre les désordres systémiques et penser un métabolisme durable entre les sociétés humaines et la nature. La généralisation de politiques inégalitaires et autoritaires appelle la construction d’alliances radicalement démocratiques travaillant ensemble à redessiner les contours d’un horizon post-capitaliste. 

A cette fin, le retour en force de questions liées aux communs – dans leurs dimensions historiques, environnementales, sociales, économiques, politiques, juridiques, culturelles, etc. – demande une attention particulière. Par communs, on peut entendre à la fois la préservation et le partage égalitaire du monde matériel, de la production sociale et de ses conditions, des histoires et des cultures humaines, ainsi que du pouvoir d’agir et de transformer la société. A l’ère du capitalisme global, de la financiarisation, de la privatisation et de l’accumulation par dépossession qui exploitent, démantèlent et occultent ces communs, les enjeux liés à leur préservation, à leur production, à leur distribution et à leurs usages deviennent cruciaux. La centralité de tels enjeux nécessite de renouveler la réflexion sur les stratégies et expérimentations, les théories et pratiques de l’émancipation passées et en cours, souvent isolées en fonction de leurs enjeux et lieux spécifiques. 

C’est donc dans la perspective de ce qui peut constituer des enjeux communs pour les luttes d’émancipation, que nous faisons appel à toute proposition d’analyse découlant d’une recherche théorique et/ou pratique – dans le temps court ou plus long – portant sur les modalités contemporaines d’exploitation, de domination et d’aliénation, de même que sur les formes de résistance, de réappropriation du pouvoir et d’organisation alternative. Nous espérons ainsi contribuer à un débat théorique et politique, trop souvent délaissé, sur les expériences possibles, voire en cours, visant au dépassement du capitalisme, de l’impérialisme et du patriarcat.

En vue d’un travail collectif large – alliant analyses de fond ou conjoncturelle, questions théoriques et politiques générales ou examens critiques de processus et d’objets particuliers – s’appuyant sur des outils philosophiques, sociologiques, économiques, psychologiques, historiques pour mettre en discussion des positions théoriques et politiques de manière explicite, nous sollicitons des propositions de contribution à ce deuxième colloque du réseau « Penser l’émancipation », notamment autour des thématiques suivantes : 

Crises, structures et transformations du capitalisme contemporain : dette et financiarisation ; formes renouvelées d’exploitation ; néolibéralisme, post-fordisme et capitalisme cognitif ; théories et critiques de la valeur et de l’argent. 

Critiques du travail : Le salariat aujourd’hui ; Nouvelles formes de précarité et d’exploitation ; Domination de race et de genre au travail ; Résistances au travail ; Quel syndicalisme ? 

État et domination : État pénal, violences militaro-policières ; Luttes anti-carcérales ; État et rapports de classe ; État intégral et hégémonie. 

Racialisation et luttes anti-racistes : Histoire du capitalisme et stratifications raciales ; Quelle pensée du racisme et/ou du colonialisme ? ; Luttes de l’immigration et des quartiers populaires hier et aujourd’hui. 

Révolte, insurrection, révolution : Révolutions arabes ; Grèce et Europe en révoltes ; Insurrections populaires (notamment en Afrique et en Asie) ; Réforme et révolution en Amérique latine ; Lutte des classes dans le monde. 

Nouvel impérialisme : L’accumulation par dépossession aujourd’hui ; Nouvelles guerres impérialistes ; Dominations, nouvelles alliances et recompositions géopolitiques mondiales. 

Rapports sociaux de sexe et luttes féministes : Quel agenda féministe ? ; Transformations du patriarcat ; Production des sexualités et capitalisme global ; Oppression et libération sexuelles. 

Formes de l’émancipation : Auto-émancipation et auto-organisation ; Éducation populaire ; Démocratie, droits et transformation sociale ; Communs, communisme, communisation ; Méthodes de l’émancipation : critique, stratégie, révolution ; Échecs et conquêtes de l’émancipation sociale. 

Espace-temps de l’émancipation : Bulles immobilières et droit à la ville ; Histoire globale et résistances locales ; Religions, domination et luttes pour l’émancipation. 

Critique de la culture : Cultures populaires et contre-cultures ; Critiques des idéologies ; Théorie esthétique et critique sociale ; Critiques et avant-gardes culturelles ; Cultures communes de l’émancipation ; Recherche, édition et diffusion des savoirs émancipateurs. 

Écologies politiques : L’écologie et les communs ; Le capitalisme vert, un paradoxe ? ; Socialisme, croissance alternative ou décroissance ? ; Critique de la modernité : rationalisation, industrie, technique. 

Mémoires des luttes : Histoire des socialismes et des gauches radicales ; Histoire des grandes « dissidences » (ultra-gauche, avant-gardes, gauches communistes) ; Expériences d’organisation alternative. 

Epistémologie des concepts critiques : Aliénation, réification, idéologie, fétichisme, lutte des classes ; Psychanalyse et critique sociale ; Intersectionnalité et consubstantialité des rapports sociaux de classe, de race et de genre. 

 

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