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Conséquences – séminaire et ciné-club d’intervention politique
11 octobre 2016

Conséquences – séminaire et ciné-club d’intervention politique


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Tous les jeudi à l’ENS, salle Weil, 19h30. 1ère séance le 13 octobre. L’affiche ici. 

 

Inauguration du cycle « Organisation, Mouvement, Stratégie »

« La question des formes nouvelles de la discipline politique émancipatrice est la question centrale du communisme qui vient »

 

Il est courant aujourd’hui d’entendre décréter la mort de la politique traditionnelle d’émancipation identifiée le plus souvent à la « forme-parti » léniniste, elle-même associée aux échecs de ses avatars étatiques. Parmi les raisons qu’on invoque, nous retenons surtout qu’elle apparaît comme n’étant plus en adéquation avec l’époque : la mise en déroute de la « centralité objective de la classe ouvrière » consécutive à la grande restructuration capitaliste (postfordiste) et les modifications profondes de la composition sociale prolétarienne ; la demande accrue d’horizontalité que manifestent les formes d’organisation contemporaines  (des zapatistes aux mouvements des places) loin de tout « centralisme démocratique » ; le développement de pratiques de lutte exprimant un désir d’initiative et de spontanéité, où le tactique prime sur le stratégique, dont l’euphémisme médiatique est « débordement » (des émeutes du Black-Block de la Place Tahrir à celles de la Place de la Nation).

Le mouvement contre la loi travail et son monde a exhibé la force d’inertie qui caractérise tous les partis et tous les syndicats existants. Nous partageons depuis un commun refus du « tout-stratégique » inhibiteur et l’ossification bureaucratique dont il est le symptôme ; de l’inclusion institutionnelle et la quête de respectabilité qu’elle implique. Cependant, les impasses liées à la prolifération de tactiques locales et d’initiatives ponctuelles sont de plus en plus évidentes. Il s’agit dorénavant de déterminer comment la puissance explosive dont ce mouvement a fait preuve jusqu’au 15 septembre peut s’inscrire dans une temporalité plus durable que celle du temps intervallaire d’une « mobilisation sociale » à la française ; à savoir une sorte de rite de passage pour lycéens et étudiants tolérée paternellement par nos éducateurs ; ainsi que le spectacle d’un bras de fer tronqué qui oppose l’arrogance contemporaine de la classe dirigeante à un syndicalisme moribond. En bref, nous n’avons qu’une seule préoccupation : comment pouvons-nous nous inscrire dans une dynamique subversive prolongée ?

Notre hypothèse est que cette préoccupation doit impérativement se convertir pratiquement et théoriquement en un effort d’organisation politique ou plus modestement celui de s’organiser.  

 

1ère séance : Politique communiste et théorie de l’organisation au XXe siècle

Pour cette première séance, il s’agira d’esquisser une histoire de la forme-parti comme forme dominante de la politique communiste au XXème siècle en deux moments : sa séquence bolchévique initiale et sa « reprise » gauchiste (opéraïste et maoïste) des années 60/70.  Dans un souci d’historicisation, il s’agira de penser ces séquences comme des propositions organisationnelles singulières inséparables d’une conjoncture déterminée, un réseau de problèmes et de forces avec lesquelles il a fallu composer en vue de parvenir à une (certaine idée de la) victoire, elle-même tributaire de la situation historique.

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11 octobre 2016

Conséquences – séminaire et ciné-club d’intervention politique

Tous les jeudi à l'ENS, salle Weil, 19h30. 1ère séance le 13 octobre. L'affiche ici.    Inauguration du cycle « Organisation, Mouvement, Stratégie »
« La question des formes nouvelles de la discipline politique émancipatrice est la question centrale du communisme qui vient »
  Il est courant aujourd’hui d’entendre décréter la mort de la politique traditionnelle d’émancipation identifiée le plus souvent à la « forme-parti » léniniste, elle-même associée aux échecs de ses avatars étatiques. Parmi les raisons qu’on invoque, nous retenons surtout qu’elle apparaît comme n’étant plus en adéquation avec l’époque : la mise en déroute de la « centralité objective de la classe ouvrière » consécutive à la grande restructuration capitaliste (postfordiste) et les modifications profondes de la composition sociale prolétarienne ; la demande accrue d’horizontalité que manifestent les formes d’organisation contemporaines  (des zapatistes aux mouvements des places) loin de tout « centralisme démocratique » ; le développement de pratiques de lutte exprimant un désir d’initiative et de spontanéité, où le tactique prime sur le stratégique, dont l’euphémisme médiatique est « débordement » (des émeutes du Black-Block de la Place Tahrir à celles de la Place de la Nation). Le mouvement contre la loi travail et son monde a exhibé la force d’inertie qui caractérise tous les partis et tous les syndicats existants. Nous partageons depuis un commun refus du « tout-stratégique » inhibiteur et l’ossification bureaucratique dont il est le symptôme ; de l’inclusion institutionnelle et la quête de respectabilité qu’elle implique. Cependant, les impasses liées à la prolifération de tactiques locales et d’initiatives ponctuelles sont de plus en plus évidentes. Il s’agit dorénavant de déterminer comment la puissance explosive dont ce mouvement a fait preuve jusqu’au 15 septembre peut s’inscrire dans une temporalité plus durable que celle du temps intervallaire d’une « mobilisation sociale » à la française ; à savoir une sorte de rite de passage pour lycéens et étudiants tolérée paternellement par nos éducateurs ; ainsi que le spectacle d’un bras de fer tronqué qui oppose l’arrogance contemporaine de la classe dirigeante à un syndicalisme moribond. En bref, nous n’avons qu’une seule préoccupation : comment pouvons-nous nous inscrire dans une dynamique subversive prolongée ? Notre hypothèse est que cette préoccupation doit impérativement se convertir pratiquement et théoriquement en un effort d’organisation politique ou plus modestement celui de s’organiser.     1ère séance : Politique communiste et théorie de l'organisation au XXe siècle Pour cette première séance, il s’agira d’esquisser une histoire de la forme-parti comme forme dominante de la politique communiste au XXème siècle en deux moments : sa séquence bolchévique initiale et sa « reprise » gauchiste (opéraïste et maoïste) des années 60/70.  Dans un souci d’historicisation, il s’agira de penser ces séquences comme des propositions organisationnelles singulières inséparables d'une conjoncture déterminée, un réseau de problèmes et de forces avec lesquelles il a fallu composer en vue de parvenir à une (certaine idée de la) victoire, elle-même tributaire de la situation historique.

Direction de la publication : Fanny Gallot & Ugo Palheta. ISSN : 2496-5146

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