Lire hors-ligne :

Alors que la crise politique atteint un degré rarement vu, les mobilisations sociales se préparent. Depuis plusieurs jours, les assemblées générales en vue des mobilisations du 10 septembre se multiplient, tout en ayant en ligne de mire l’appel intersyndical à la grève du 18 septembre. Alors que beaucoup d’inconnues planent sur ce 10 septembre, Contretemps va publier dans les jours à venir contributions et témoignages sur la séquence sociale et politique qui débute. Dans ce texte, Bernard Valin, militant de la FSU44 raconte quelques préparatifs dans la ville de Nantes. A suivre…

***

C’est sous les nefs de Nantes, héritières du patrimoine industriel et ouvrier de la ville, que s’est tenue, le 30 août, l’Assemblée Générale départementale des collectifs citoyens appelant à la mobilisation « Bloquons tout le 10 septembre ». Entre 500 et 600 personnes se sont réunies pour débattre du 10 septembre, de ses modalités, des enjeux et des suites. Les présent·es viennent de l’agglomération nantaise mais aussi de St Nazaire, d’Ancenis, du pays de Retz… Le 10 septembre se prépare partout et des collectifs apparaissent ici et là et pas seulement dans les grandes villes. C’est bien le département qui est représenté et c’est déjà une première réussite car il est très rare de parvenir à atteindre cette dimension départementale, surtout lors d’une AG.

Parmi les présent·es, on trouve des syndicalistes de la CGT, FSU, Solidaires, FO, Confédération paysanne, des membres de partis politiques mais pas d’élu·es, des représentant·es d’associations et majoritairement des citoyen·nes voulant rompre avec le libéralisme autoritaire défendu par Emmanuel Macron et François Bayrou.

Il convient de noter que la quasi-totalité des organisations syndicales et les partis politiques ne sont pas intervenus lors de l’AG citoyenne afin de ne pas apparaître comme voulant « récupérer » l’initiative. La Confédération paysanne a elle rappelé son appel clair au 10 et sa disponibilité à participer aux actions. De même, aucune prise de parole anti syndicale n’a été entendue et deux ont même rappelé la nécessité de travailler avec les syndicats et ont indiqué la date du 18 septembre dans le paysage social, ce qui est loin d’être le cas dans les boucles d’échanges des réseaux sociaux.

Une fois les présent·es installé·es, les débats commencent, ainsi que le premier vote qui voit la proposition du collectif d’organisation de travailler par thèmes refusée par l’AG qui souhaite rester en plénière et débattre tout de suite de son sujet principal : organiser et réussir collectivement le 10 septembre. Après les explications toujours utiles du fonctionnement d’une AG (durée de la prise de parole, respect de l’orateur·trice, gestes pour ne pas perturber les prises de parole), le rappel de la nécessité d’avoir des fonds, une cantine pour le ravitaillement lors des actions, les premiers échanges rappellent le projet du gouvernement de faire payer au peuple la dette, d’accroître les inégalités et de permettre aux riches de s’enrichir toujours plus. Et pour y parvenir, la nécessité de construire un mouvement inscrit dans la durée, car le seul 10 septembre ne suffira pas.

L’heure qui suit rentre dans le vif du sujet : que faire le 10 septembre concrètement pour arriver à bloquer le pays, et ici dans le département de Loire-Atlantique ? Les propositions sont construites, diverses, réfléchies.

L’AG, consciente de la nécessité de ne pas se disperser et de regrouper les forces existantes mais à ce jour inconnues en termes de nombre, a conclu sur les décisions suivantes :

-blocage du périphérique nantais avec des barrages filtrants, trois points de blocage dans l’agglomération, AG centrale à 18 heure le 10 septembre sous les nefs.

-Les décisions prises pour le 10 septembre n’obèrent pas celles déjà actées et qui se tiendront avant : tractages, formation militante, rassemblements devant les mairies le 8 septembre…

Les échanges ont permis d’aboutir à des actions adoptées très largement par les présent·es, et il a été rappelé à plusieurs reprises qu’elles devront, si possible, se tenir dans la joie, la bonne humeur car un mouvement social se doit d’être euphorisant. Maintenant, le plus dur reste à faire : réussir à bloquer le pays et le département à minima le 10 septembre, inscrire cette mobilisation dans la durée avec l’objectif de renforcer des alternatives politique, économique, sociale, écologique… au libéralisme autoritaire du gouvernement Bayrou. Cette question de la durée, du rebond obligatoire a été évoquée lors d’une prise de parole qui a proposé une manifestation un samedi pour permettre un possible « tou·tes ensemble » et faire ainsi en sorte que celles et ceux qui ne peuvent être en grève le 10 ou se déplacer sur les lieux de blocage puissent se retrouver un samedi.

Enfin, lors de cette AG départementale, il n’y a eu ni présence avérée ni prise de parole de l’extrême-droite. La Loire-Atlantique est encore préservée d’une présence ou d’un vote conséquent pour le Rassemblement National, même si des secteurs géographiques commencent à être gangrenés. L’épouvantail agité par des médias ou des cercles politiciens y compris locaux sur le poids de l’extrême-droite dans le 10 n’existe pas en Loire-Atlantique, au moins dans ce cadre militant et citoyen.

Lire hors-ligne :