La Révolution bolivarienne a été largement débattue parmi les gauches depuis le début des années 2000, et ces discussions se prolongent actuellement après l’agression impérialiste brutale par les Etats-Unis, leur prise de contrôle des ressources pétrolières du pays, et l’enlèvement de Nicolas Maduro et de sa femme. Nous avons publié de nombreux articles sur la situation et les dynamiques sociales et politiques au Venezuela, que vous pouvez retrouver dans ce dossier.
L’expérience de la Révolution bolivarienne a suscité un enthousiasme justifié parmi les gauches, pour ses expériences de démocratie participative, pour ses tentatives de redistribution de l’abondante rente pétrolière, pour sa reprise de la visée socialiste, pour son opposition à l’impérialisme étatsunien. Alors que les années 1980-1990 avait été marquées par d’immenses régressions idéologiques et intellectuelles, et des reculs sociaux et politiques, l’émergence du chavisme, quelques années après le soulèvement néo-zapatiste au Chiapas, semblait rouvrir l’horizon de la transformation sociale, en Amérique latine et au-delà.
Au sein de la rédaction de Contretemps, nous avons toujours eu un regard critique sur cette expérience pour voir ses forces mais aussi ses faiblesses, en l’occurrence un autoritarisme croissant, une répression de plus en plus implacable, y compris à l’encontre des gauches, un modèle de développement extractiviste condamnant l’économie vénézuélienne à des cycles d’abondance et de crise et sujet aux atteintes à la souveraineté nationale par les firmes multinationales.
L’enlèvement de Nicolás Maduro dans la nuit du 2 au 3 janvier remet le Venezuela au centre des regards comme cible prioritaire du gangstérisme impérial de Donald Trump. Au Venezuela, les difficultés pour les Vénézuélien·nes demeurent liées aussi bien au blocus et aux sanctions imposés par les États-Unis depuis de longues années et à un régime autoritaire et kleptocratique qui a fait émerger une nouvelle bourgeoisie intégralement dépendante de l’Etat.
Les militants syndicaux, environnementaux, détenus pour des raisons politiques sous Nicolás Maduro, le sont toujours sous Delcy Rodríguez, qui semble avoir accepté un deal avec l’administration Trump pour continuer à gouverner le pays. C’est, depuis le point de vue des Vénézuélien·nes, celui des militant·es de base et notamment de cette gauche qui avait cherché à approfondir la révolution bolivarienne, qui subissent à la fois le joug impérial des États-Unis et la répression d’un gouvernement autoritaire, que nous avons publié les articles suivants.