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L’enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro est un acte brutal d’agression trumpienne. Mais il illustre aussi la faiblesse du leadership étatsunien, alors que Washington cherche à verrouiller son contrôle sur l’hémisphère occidental. Donald Trump s’est longtemps présenté comme un président opposé aux guerres. Pourtant, à mesure que les États-Unis réaffirment leur domination sur leur « arrière-cour », leur gouvernement assume une politique toujours plus ouvertement impérialiste.

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Au cœur d’une nuit d’hiver, des forces aéroportées étatsuniennes hurlent au-dessus des eaux des Caraïbes. Des avions bombardent des infrastructures clés, tandis que des hélicoptères d’attaque lâchent des commandos sur des cibles au sol. Au milieu de ce spectacle « de choc et d’effroi », un président est enlevé et inculpé pour trafic de drogue. Il s’agit d’un cas d’école révélant la manière dont une administration républicaine ambitieuse entend gérer une époque de bouleversements sismiques.

Nous sommes le 20 décembre 1989 : l’opération en question est le renversement du dictateur panaméen Manuel Noriega, ancien atout de la CIA. Mais le parallèle avec l’enlèvement, par Donald Trump, du président vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse est frappant. Il révèle tout ce qui a changé — et tout ce qui est resté identique — au cours des trois décennies séparant ces deux actes d’agression. Le premier s’inscrivait à l’aube d’un nouvel âge d’hyperpuissance étatsunienne. Le second est le symptôme du déclin chaotique et violent de cet âge.

Deux enlèvements

La destitution de Noriega par George H. W. Bush a marqué l’entrée dans une nouvelle ère de façonnage du monde par les États-Unis, à l’issue de la guerre froide. En l’espace d’à peine dix-huit mois après l’invasion du Panama (1989), les États-Unis déchaînaient la première guerre du Golfe (1991) — tout en s’engageant dans de nouveaux conflits sur trois continents. Comme Noriega, Saddam Hussein devait rapidement découvrir que servir les intérêts des États-Unis ne garantissait en rien sa protection.

L’effondrement de l’Union soviétique a certes affaibli l’attrait de l’anticommunisme comme justification d’une guerre permanente. Mais la « guerre contre la drogue » [inaugurée par Richard Nixon en 1971 et relancée sous les mandats de Ronald Reagan (1981-1989)] avait déjà été érigée en justification de remplacement pour des guerres sans fin, engloutissant vies humaines et ressources à l’échelle mondiale. Le retrait soviétique n’a guère apporté de paix à l’Amérique latine face au militarisme étatsunien. Bien au contraire : Washington a joué un rôle central dans l’alimentation de la guerre civile colombienne.

La région a également constitué un terrain d’observation privilégié d’une résurgence de la gauche à l’époque de la domination néolibérale. Les barrios vénézuéliens ont porté Hugo Chávez au pouvoir en 1998, et une nouvelle alliance menée par des forces indigènes a conduit Evo Morales et le Mouvement vers le socialisme (MAS) au pouvoir en Bolivie en 2005, dans ce que l’on a appelé sur le continent la « vague rose ».

Ce projet a connu un regain au début des années 2020, mais il a subi depuis de lourds revers : l’effondrement du pouvoir du MAS en Bolivie ; la fragilité économique et politique du Venezuela, qui a donné lieu à l’une des plus grandes crises d’émigration au monde ; et les victoires de partisans résolus de Trump tels que José Antonio Kast au Chili, Nayib Bukele au Salvador et Javier Milei en Argentine. Le soutien des États-Unis n’est qu’un facteur parmi d’autres dans ces processus complexes, mais il s’agit d’un facteur important.

Dans ce contexte, l’attaque de Trump contre le Venezuela ressemble à une démonstration de théâtre impérial relativement lisible. L’enlèvement d’un président, la fumée s’élevant des ports, les navires immobilisés, et la faible probabilité que le Venezuela dispose de la capacité de riposter, même si son gouvernement tient bon, apportent tout à la fois du réconfort aux alliés réactionnaires de Washington et de la crainte à ses ennemis.

Ce n’est là qu’une partie de ce qui se joue.

Resserrer les rangs

À Bogotá, la capitale colombienne, il y a deux ans, alors que je menais des recherches sur la politique étrangère des États-Unis dans la région, j’ai eu une longue conversation avec un ancien responsable de l’immigration.

Sans être nécessairement un partisan enthousiaste du gouvernement de gauche de Gustavo Petro, cet ancien responsable saluait l’émergence possible d’une nouvelle phase d’indépendance stratégique. Le gouvernement venait de refuser un vol de déportation ramenant des Colombien.ne.s accusé.e.s d’être entrés illégalement aux États-Unis. Si Bogotá continuait à collaborer aux tentatives étatsuniennes visant à empêcher les migrations à travers le dangereux corridor du Darién, à la frontière panaméenne, elle se montrait néanmoins disposée à afficher une certaine autonomie.

Lorsque Trump est arrivé au pouvoir, les limites de cette approche ont été mises à l’épreuve. La nouvelle tentative de Petro de refuser ces vols a été rapidement écrasée par des menaces de droits de douane punitifs. Petro semble avoir surestimé sa marge de manœuvre, ce qui a sans doute contribué à l’attitude plus prudente adoptée par la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum dans sa gestion des relations avec Washington.

Cette controverse montre à quel point le contrôle migratoire a supplanté des figures telles que le communisme, la drogue ou le terrorisme comme justification du moment du bellicisme étatsunien. Les récits sensationnalistes du milieu politico-médiatique washingtonien spécialisé en politique étrangère sur un supposé « narcoterrorisme » reliant le Hezbollah, les cartels de la drogue et l’État vénézuélien ont pu servir d’ancrage au renforcement militaire américain dans les Caraïbes ces derniers mois. Mais l’attribution par les faucons de la responsabilité des flux migratoires irréguliers à Caracas a été centrale pour « vendre » la guerre, tant au sein de l’administration Trump qu’auprès du public étatsunien.

Il y a dans tout cela quelque chose d’étrangement européen. L’affirmation selon laquelle des acteurs hostiles utiliseraient la migration comme une tactique de déstabilisation a été centrale dans la mise en place, aux frontières est et sud de l’Union européenne, d’un régime de violations des droits humains militarisées. Parallèlement, l’impunité accordée aux violences meurtrières en mer — comme on l’a vu avec les frappes étatsuniennes contre des embarcations supposées transporter de la drogue — trouve un écho dans le soutien européen à des milices attaquant des bateaux de migrants et des navires de sauvetage, ou encore dans les attaques contre des bâtiments acheminant de l’aide vers la Palestine.

Plus directement, les États-Unis poursuivent désormais des accords de déportation avec toute une série de pays où les États européens sont actifs de longue date, comme l’Ouganda, le Kosovo ou la Libye. Mais Washington va aujourd’hui plus loin que l’Europe. Après avoir été contraint d’accepter le retour d’un ressortissant salvadorien expulsé illégalement au printemps dernier, le gouvernement étatsunien s’est lancé dans une frénésie d’accords hyperactifs avec des dizaines de pays africains, forçant certains des États les plus pauvres du monde à accepter des expulsés de l’ICE.

Il ne s’agit pas réellement de flux migratoires. Aucun de ces accords ne porte sur des flux particulièrement élevés de personnes expulsées. Des éléments indiquent même que Trump a ignoré des avertissements selon lesquels l’intervention des États-Unis au Venezuela constituait elle-même un facteur des arrivées de réfugié.e.s à la frontière sud.

Il ne s’agit pas non plus uniquement de donner l’apparence d’une politique dure en matière migratoire, même si cet aspect joue un rôle. La stratégie africaine de Trump s’est accompagnée d’une démonstration de force plus large dans la région, allant de frappes aériennes menées le jour de Noël au Nigeria à une campagne fictive contre un prétendu « génocide blanc » en Afrique du Sud. Il existe une forte corrélation entre les pays où des accords de déportation ont été conclus — et où ont probablement été attribués des contrats lucratifs à des entreprises étatsuniennes de l’enfermement — et ceux dans lesquels les États-Unis ont des intérêts dans des minerais stratégiques, alors que Washington dépasse Pékin en matière d’investissements en Afrique. Comme l’illustre l’obsession de Trump pour le pétrole vénézuélien, le contrôle des ressources demeure fondamental.

La focalisation quasi totémique sur la migration reflète une évolution plus profonde de la pensée étatsunienne. La vision de Washington comme garant de l’ordre mondial — si centrale dans les politiques libérales et conservatrices de la guerre froide et de la « guerre contre le terrorisme » — ne suscite plus l’adhésion, ni dans l’opinion publique ni même au niveau stratégique. Elle a été remplacée par une conception bien plus étroite et défensive. L’agression extérieure continue d’être présentée comme une menace, mais elle est avant tout vendue comme un moyen d’ériger des murs toujours plus hauts autour d’un État perçu comme fragile et assiégé.

Il ne s’agit pas seulement de la frontière, mais d’un sentiment plus large de menace stratégique. Le contrôle migratoire est devenu central parce qu’il constitue l’un des rares points d’unité en matière de politique étrangère au sein d’un gouvernement dépourvu de cadre stratégique commun et qui oscille entre différentes tentatives pour concilier des ambitions fantasmées et une réduction frappante de ses capacités matérielles.

Ambiguïté stratégique

L’approche de Trump en matière de stratégie internationale semble comporter deux éléments clés.

Le premier est l’accélération d’une logique héritée de l’ère George W. Bush (2001-2009), dans laquelle de petites équipes de responsables clés mènent rapidement des interventions juridiques, politiques et militaires en court-circuitant les institutions. Dans le cas vénézuélien, cela a conduit à une série d’exécutions extrajudiciaires en haute mer, dénoncées comme des crimes de guerre par toute une série de responsables.

Le second élément renvoie à une dynamique rappelant celle de souverains laissant leurs courtisans s’affronter sur les choix stratégiques afin que la meilleure option émerge par une forme de sélection darwinienne. Dans le cas du Venezuela, cela semble avoir produit une convergence d’intérêts autour d’un centre de gravité caribéen. Les faucons de l’immigration y ont vu l’occasion d’intensifier les expulsions massives vers un Venezuela post-intervention ; les observateurs du secteur pétrolier ont perçu des perspectives de profit et de sécurité énergétique ; les idéologues ont saisi l’opportunité d’éliminer une épine ancienne dans leur flanc. Pour Trump, c’est l’occasion de faire ce que Karl Rove[1] aurait appelé « créer notre propre réalité » — établir des circonstances dans lesquelles Washington fait ce qu’il veut, où il veut, quand il veut.

Cette concordance opportune autour du Venezuela dissimule toutefois une profonde désunion entre les différentes fractions. Il subsiste une tendance qui s’oppose sincèrement au « globalisme » » en tant que construction libérale et qui partage certains points communs avec la gauche anti-guerre, en estimant que l’orientation « l’Amérique d’abord » implique de se retirer des « guerres sans fin ». D’autres secteurs, plus importants, sont animés par la volonté de concentrer l’effort stratégique sur une région plutôt qu’une autre. Les faucons de l’Amérique latine, ceux qui sont obsédés par l’armement d’Israël et la volonté de démanteler l’Iran, ou encore ceux qui se sont affrontés sur la politique à l’égard de la Russie, en sont les exemples les plus évidents. Même si ses méthodes ont exaspéré des responsables de l’administration, Elbridge Colby[2] a tenté de fournir une logique de compromis interne sur la Russie et le Moyen-Orient — un recentrage implacable sur l’endiguement de la Chine.

Ce cadrage à somme nulle s’est renforcé pour une raison précise. Au cours des derniers mois de l’administration Joe Biden, il est apparu clairement que l’armement simultané de l’Ukraine et d’Israël poussait les capacités militaro-industrielles des États-Unis à leurs limites, malgré des budgets militaires absurdement gonflés. Le redéploiement rapide du Gerald R. Ford, le plus grand porte-avions du monde, du Moyen-Orient vers les Caraïbes à l’automne dernier, renforce cette impression d’un empire désorienté courant d’un point à l’autre pour éteindre — ou, en réalité, pour allumer — des incendies.

Il en va de même de la volonté des États-Unis de déchirer leur contrat social-militaire traditionnel avec l’Europe, dans lequel Washington contribuait de manière disproportionnée à la sécurité du continent en échange de l’acceptation par les Européens de ses priorités stratégiques et de leur dépendance à son équipement militaire.

C’est dans ce contexte qu’a émergé, sous l’administration Biden, la tentative de promouvoir une « politique étrangère pour la classe moyenne »[3], caractérisée par le friend-shoring[4] et une stratégie industrielle renforcée — à l’inverse des guerres commerciales de Trump contre les alliés — ainsi que par le retrait chaotique d’Afghanistan.

Une critique fréquente de l’attaque contre le Venezuela est que les États-Unis auraient abandonné toute prétention à maintenir l’ordre mondial libéral. C’est exact, mais cela passe à côté de l’essentiel. Cet ordre – dans lequel les États-Unis promettaient un soutien indéfectible à leurs alliés, une aide économique en cas de besoin et le maintien de l’architecture financière et politique mondiale en échange du consentement à leur prééminence – n’est tout simplement plus structurellement viable.

La question est donc la suivante : que vient-il ensuite ? L’attaque contre le Venezuela apporte de nombreuses réponses.

Quand les empires touchent à leur fin

Si, en tant qu’opération militaire, l’attaque rappelle superficiellement l’invasion du Panama, ses racines intellectuelles sont plus proches de la tentative de coup d’État délirante menée au Venezuela en 2020 par une poignée de mercenaires indépendants. Elle relève du court terme et de l’improvisation. Elle ne paraît pas particulièrement « stratégique » à l’échelle globale –  et tel est précisément le but.

L’administration Trump a trouvé une réponse au problème des contraintes pesant sur sa puissance mondiale en « inondant la zone de merde », pour reprendre l’expression de Steve Bannon. À l’image du dispositif panoptique analysé par Michel Foucault dans Surveiller et punir, Washington n’a ni les ressources ni la capacité de frapper partout, mais entend maintenir la possibilité de frapper de manière imprévisible n’importe où. Aujourd’hui le Nigeria et le Venezuela; demain, qui sait ? L’essentiel n’est pas l’omniprésence effective de la violence, mais l’intériorisation permanente de sa possibilité. Le message est clair : se tenir prêt à de nouveaux enlèvements et bombardements arbitraires.

Une grande partie de la politique étrangère étatsunienne peut désormais se lire comme une tentative de gérer le déclin par l’ambiguïté et la menace. Son allégeance sans faille à Israël, alors même que cet État piétine les fondements du droit international humanitaire, doit être comprise — au moins en partie — comme un signal adressé à d’autres clients. Washington affiche délibérément une absence de retenue morale.

Son obsession pour le contrôle des ressources n’a rien de nouveau ; mais dans un contexte de tensions climatiques accrues et de nouvelles rivalités géoéconomiques, elle est appelée à prendre des formes plus frénétiques et existentielles. Le pari désespéré d’une économie étatsunienne fragilisée sur la « révolution » de l’intelligence artificielle, ainsi que la subordination croissante de l’État à des oligarchies technologiques millénaristes et au complexe carcéro-militaro-frontalier, encadrent très probablement les accords de déportation à visée carcérale conclus en Afrique – et sans doute bien d’autres politiques encore.

Les empires ne disparaissent jamais en douceur. L’âge impérial européen a été brutalement écourté par les destructions de la Seconde Guerre mondiale. Même alors, son retrait fut long, sanglant et demeure, dans de nombreuses régions, inachevé. Il est devenu courant à gauche d’évoquer le déclin et la chute de l’empire étatsunien, mais ce déclin est relatif à celui d’autres puissances et s’opère à partir d’un niveau d’hyperpuissance historiquement sans précédent. Même les défaites stratégiques des États-Unis – au Vietnam ou en Afghanistan – ont ravagé les pays où elles se sont produites.

Par ailleurs, les États-Unis n’agissent pas dans le vide. Trump se heurte à peu de contraintes internes, et nombre de ses opposants s’alignent sur lui en matière de politique étrangère. Malgré les récriminations de Bruxelles, l’Union européenne ne peut ni ne veut jouer un rôle modérateur. Pour le reste du monde, cela ne peut qu’encourager une vision cynique et hobbesienne des relations internationales, dans laquelle l’imitation permanente de la violence et de l’imprévisibilité devient une condition de survie. À travers les incendies de Caracas, on entrevoit une multitude d’avenirs sombres.

Dans ce paysage assombri, il vaut toutefois la peine de mentionner un autre événement récent aux États-Unis : l’entrée en fonction de nouveaux responsables locaux démocrates socialistes, comme Zohran Mamdani ou Katie Wilson[5], après leur élection sur la base de campagnes résolument internationalistes. Aux États-Unis comme ailleurs, les forces d’un militarisme débridé cherchent à imposer l’idée que leur approche nihiliste et destructrice du monde serait la seule capable de protéger les populations dans des temps dangereux. Il faudra des dirigeants et des dirigeantes bénéficiant d’un solide ancrage local, ayant une compréhension claire des dimensions nationales et internationales, pour démontrer que l’inverse est vrai, pour proposer de meilleures manières de traverser les convulsions rapides et traumatiques du monde contemporain, et pour imaginer un autre ordre mondial.

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Nathan Akehurst est écrivain, chercheur et militant britannique. Il travaille sur les politiques migratoires, les frontières européennes, le changement climatique et la géopolitique contemporaine. Il est également bénévole au sein d’opérations civiles de recherche et de sauvetage en mer.

Il publie régulièrement dans Jacobin, ainsi que dans de nombreux médias anglophones indépendants (The Guardian, OpenDemocracy, Tribune, Novara Media, The New Arab, The Morning Star, The New Humanitarian, entre autres). Ses textes portent principalement sur l’impérialisme, la militarisation des frontières, les violences d’État et les recompositions contemporaines de l’ordre international.

Il travaille actuellement sur un projet d’ouvrage consacré à l’escalade des violences aux frontières de l’Union européenne.

Publié initialement par Jacobin. Traduit de l’anglais pour Contretemps par Christian Dubucq.

Notes

[1] Karl Rove fut le principal stratège politique de George W. Bush. La formule « créer notre propre réalité » renvoie à une déclaration attribuée à Rove lors d’un entretien avec le journaliste Ron Suskind en 2004, dans lequel il opposait ce qu’il appelait la reality-based community (« communauté fondée sur la réalité ») aux décideurs impériaux, capables selon lui de « créer leur propre réalité » par l’action politique et militaire, obligeant ensuite les analystes et observateurs à s’y adapter.

[2] Elbridge Colby est un stratège de défense étatsunien, ancien haut responsable du Pentagone sous Trump et artisan de la National Defense Strategy (2018), qui recentre la doctrine sur la compétition entre grandes puissances, d’abord la Chine. Il défend une « priorisation » de l’Indo-Pacifique, impliquant un moindre engagement en Europe et au Moyen-Orient, et a plaidé pour limiter l’effort militaire en Ukraine au nom de la concentration contre Pékin.

[3] « Politique étrangère pour la classe moyenne » (foreign policy for the middle class) : mot d’ordre lancé sous Biden à partir de 2021, visant à arrimer la politique étrangère à ses effets intérieurs (emploi, industrie, chaînes de valeur) [NdT].

[4] Le friend-shoring désigne une stratégie consistant à réorganiser les chaînes de valeur autour de pays « amis », alignés politiquement sur Washington, au nom de la résilience et de la sécurité économique [NdT].

[5] Katie Wilson est une militante et responsable politique locale étatsunienne, élue maire de Seattle (État de Washington) en novembre 2025 et entrée en fonction le 1ᵉʳ janvier 2026. Cofondatrice de la Transit Riders Union, elle s’est fait connaître par ses mobilisations en faveur des transports publics, du logement abordable et de la justice sociale. Se revendiquant démocrate socialiste, elle est issue des mouvements progressistes urbains et soutenue par des réseaux proches des Democratic Socialists of America (DSA) [NdT].

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