Lire hors-ligne :

Depuis une dizaine d’années, le Rassemblement National de Marine Le Pen, à travers sa stratégie de « dédiabolisation », tente d’effacer des pans entiers de son histoire, en particulier de ses origines. Dans une série de plusieurs articles, Jean-Paul Gautier revient sur différents épisodes et aspects de l’histoire du Front national (devenu Rassemblement national en 2018 sans que rien ne change de son profil politique, stratégique et programmatique). Ce retour propose ainsi une plongée détaillée dans l’histoire du fascisme français, du début des années 1960 à nos jours. 

Jean-Paul Gautier est historien des extrêmes droites, auteur du livre Les extrêmes droites en France, de 1945 à nos jours (Syllepse, 2017). 

Après l’échec de l’Algérie française, le revers électoral de Tixier-Vignancour lors de l’élection présidentielle en 1965, l’extrême droite est en crise et en voie de disparition dans le champ politique français. Certains reprennent leurs pantoufles, d’autres décident de ressourcer l’extrême droite, d’autres encore préfèrent l’action violente. La tentative de rénovation de l’extrême droite, dès 1962, va être portée par Dominique Venner (ancien bras droit de Pierre Sidos à Jeune Nation, emprisonné pour son soutien à l’OAS) et la publication d’Europe Action.

 

La critique stratégique de Venner

Dans les années 1960, on assiste à une intense activité idéologique de l’extrême droite, à travers les publications de la Fédération des Etudiants nationalistes (FEN), Les Cahiers universitaires et surtout Le Manifeste de la classe 60, texte de référence pour la jeunesse nationaliste, sorte de matrice d’un nationalisme qui se veut « pur et dur ». Le Manifeste est la charte idéologique et politique, le point de repère d’une nouvelle génération néo-fasciste d’après-guerre. Il reprend, sous des aspects qui se veulent modernes, tous les ingrédients du fascisme : révolution, élite révolutionnaire, unité nationale au-dessus des idéologies, des partis et des classes sociales, syndicalisme corporatiste, culte de la force, négation des principes démocratiques, primauté d’une élite hiérarchisée, racisme.

À l’automne 1962, Dominique Venner publie « Pour une critique positive » : une tentative d’autocritique « écrite par un militant pour des militants ». Il dresse un bilan sans concession des « tares de l’opposition nationale », du « défaut de conception » lié « aux rêves irréalisables des nationaux, les hypothétiques sursauts nationaux spontanés » et « l’armée bougera », des carences organisationnelles et du recours au terrorisme[1]. Il faut donc faire du neuf, éliminer, parce que néfastes « les dernières séquelles de l’OAS qui sont désormais un atout puissant du régime ». Pêle-mêle, Dominique Venner dénonce « les pétards sous les fenêtres des concierges […] qui n’ont pas apporté un seul partisan à l’Algérie française, le terrorisme aveugle […] acte désespéré […] meilleur moyen de se couper de la population.

Il assène : « L’échec algérien a mis un point final aux prétentions des politicards d’extrême droite. Il a montré la stérilité du seul activisme ». Il faut donc maintenant se résoudre à tourner la page algérienne, enregistrer une bonne fois pour toutes son échec, mettre à bas la vieille droite nationale. Dominique Venner se voit en chantre d’une nouvelle théorie révolutionnaire dont il découle que le nationalisme est dans l’attente d’un Lénine et d’un Que faire ? Il faut, dit-il, « faire du Lénine collectif », d’où un effort d’élaboration doctrinale et un renouvellement profond de l’organisation et de l’action. Il s’agit de développer « une conception globale de la Révolution contre une société globale »[2].

Avec son texte, Dominique Venner tente une ébauche de théorie et de stratégie pour une organisation nationaliste à créer ; problématique assez rare dans les rangs de l’extrême droite peu encline à ce type de réflexion idéologique. Ces perspectives constituent la colonne vertébrale du projet. Il reçoit le soutien de Lucien Rebatet qui se déclare favorable à la critique effective des « nationaux » (thème abordé dans son ouvrage Les Décombres). Lucien Rebatet soutient la génération montante : « Les premiers combattants d’un monde nouveau » selon Jean Mabire. L’auteur des Décombres se déclare certain « qu’elle n’ira pas à la démocratie »[3]. Comme Lucien Rebatet, un certain nombre de vétérans du fascisme rallient Dominique Venner, notamment Maurice Bardèche[4].

Dominique Vener définit la méthode et les tâches. La distinction chère à Maurras « pays légal/ pays réel » est devenue obsolète car le « pays réel » est mort et le « pays légal » est incarné par le régime (technocratie, nouvelle exploitation capitaliste). Une « révolution salvatrice » est donc à l’ordre du jour. Il apparait dès lors nécessaire de former des cadres, sortes de militants professionnels, afin de préparer cette révolution qui se fixe pour objectif « la transformation radicale du monde ». Il est donc vital de remplacer les « notables » par des « militants », de « refuser l’union des nationaux » car « zéro plus zéro cela fait toujours zéro », et de créer « une organisation des révolutionnaires » structurée, disciplinée, hiérarchisée, monolithique et enracinée dans les milieux populaires, solidaire des nationalistes des autres pays d’Europe :

« Mille cadres d’élites donneront au nationalisme la victoire. Le nationalisme n’a pas besoin de sauveurs mais de militants […] qui se sacrifient pour leurs idées non pour un homme ».

 

Le lancement d’Europe Action

Fort de cette analyse, Venner va donc lancer Europe Action, épaulé par deux militants de la FEN : Fabrice Laroche et François d’Orcival. Son comité de rédaction regroupe Jean Denipierre (Pierre Pauty, ex-poujadiste), Pierre Hofstetter (Défense de l’Occident, Lectures françaises), Gilles Fournier et François d’Orcival. Dominique Venner en est le directeur politique, Jean Mabire le rédacteur en chef (Algérie française, Esprit public, Défense de l’Occident, comité parrainage de Nouvelle École, Éléments, plus tard les chroniques littéraires dans National Hebdo, journal du Front National, Mouvement normand, auteur d’ouvrage sur la Waffen SS et la Légion des Volontaires Français) et Maurice Gingembre (ex-trésorier de l’OAS), le directeur de publication.

Parmi les principaux collaborateurs se côtoient Marc Augier, Jacques Ploncard d’Assac, Maurice-Yvan Sicard et le dessinateur Coral[5]. La revue accueille dans ses colonnes un certain nombre d’auteurs, parmi lesquels : Jacques Laurent (Algérie française et Esprit public), Pierre Gripari (Défense de l’Occident, Écrits de Paris, comité de parrainage revue Militant, Comité parrainage GRECE, revue Nouvelle École[6]), Jean Bourdier (futur patron de Minute), Gabriel Matzneff, Paul Rassinier (négationniste), André Figueras (anti IVG, catholique traditionnaliste, courant Mgr Lefebvre, auteur de « Cette canaille de D », qui considère que Dreyfus était coupable), Michel de Saint-Pierre (catholique traditionnaliste).

Des contacts et des correspondants se mettent en place en Allemagne, en Espagne, aux États-Unis, en Amérique latine, ainsi qu’en Italie avec le MSI « héritier d’une politique écrasée en 1945 ». Europe Action soutient le régime d’apartheid en Afrique du Sud, en Rhodésie, dans les colonies portugaises d’Angola et du Mozambique et la ségrégation aux États-Unis, ainsi que la politique de la collaboration, « la seule résistance payante en pays occupé ». Les éditions Saint-Just et une collection « Action »[7] complètent le dispositif. Europe Action se réfère à l’héritage occidental, développe un nationalisme européen s’orientant vers l’européisme[8]. Qui dit révolution dit doctrine, et Europe Action s’attelle à la rédaction et à la publication d’un Dictionnaire du militant.

Fabrice Laroche, dans une tribune, tente de répondre à la question centrale : « Qu’est-ce que le nationalisme ? » et de définir le rôle du militant[9]. Les auteurs théorisent « la critique nationaliste comme un instrument indispensable du jugement politique » et définissent le nationalisme comme « la doctrine qui exprime en termes politiques la philosophie et les nécessités vitales des peuples blancs. Doctrine d’énergie, doctrine de l’Europe, de l’avenir ». Caractérisation très proche de celle énoncée par Ernst Jünger :

« Nous revendiquons le nom de nationaliste, un nom qui est le fruit de la haine que nous voue la populace grossière et raffinée »[10].

 

Doctrine raciste et filiations idéologiques

L’Occident y est présenté comme la « communauté des peuples blancs, communauté de culture ». Gilles Fournier écrit dans Europe Action « Notre Patrie c’est le monde blanc »[11]. L’« honneur » est intraduisible dans les langues non indo-européennes. Quant au « xénophobisme » c’est « une haine de type racial propre aux peuples de couleur » qui traduit « leur complexe d’infériorité par rapport aux Blancs ». La « négritude » est « une pseudo-culture noire, support de la haine contre l’homme blanc » et « la gloire du cannibalisme ». De même affirme-t-il que « le sous-développement technique est dû à la sous-capacité de ces peuples ».

Europe Action s’autoproclame le défenseur de l’Occident ; de nouveaux chevaliers pour une nouvelle croisade… Ses principales cibles sont le mondialisme et l’universalisme, néfastes pour la race blanche menacée de submersion, d’où son opposition au métissage qualifié de « suicide génétique […] un génocide lent »[12] et sa défense de la ségrégation. Dominique Venner considère qu’il n’y a aucun moyen d’améliorer une race inférieure, ce qui lui permet de justifier « une inégalité mentale entre les races et que celle-ci ne soit pas amendable ». Le racisme biologique se place au centre de sa construction idéologique et il tente de le justifier scientifiquement.

Cette construction idéologique est proche de celle développée par les nazis comme Rosenberg et Himmler, tout en proposant une adaptation plus soft. Il ne s’agit pas d’extermination mais de pratiques eugénistes, en fidèle disciple d’Alexis Carrel[13]. Europe Action défend la hiérarchie des races et définit une « échelle raciale » de l’intelligence et de la civilisation : au bas de l’échelle, les noirs puis les jaunes et au sommet les blancs : « Le noir est la seule grande race qui n’a pas d’écriture. L’Afrique a ignoré la charrue, la roue, l’énergie animale pour la tirer »[14]. Un bric-à-brac idéologique qui puise ses sources chez Vacher de Lapouge, qualifié « d’éclair de génie », Gobineau, Soury[15].

D’un côté « la civilisation blanche » et de l’autre « les races inférieures », incapables du fait de leur caractéristiques psychologiques héréditaires d’accroître au-delà d’une certaine limite leur emprise et leur domination sur le milieu naturel »[16]. Europe Action prône une « élimination de l’écume biologique ». Il faut « ségréguer sans vaine sensiblerie le peuple et le déchet biologique, […] trier la classe dirigeante et renvoyer les médiocres de cette classe à leur rang et conserver l’élite véritable » et surtout « ne pas permettre la croissance démographique du déchet »[17]. Ce positionnement justifie l’hommage appuyé à Alexis Carrel, « un esprit scientifique et occidental par excellence ».

Dominique Venner légitime la colonisation mais préfère utiliser le concept de « décivilisation » plutôt que le terme de décolonisation[18]. Les peuples européens n’ont colonisé que « contraints et forcés », face à des sociétés traditionnelles « ankylosées, véritables freins au développement ». Car aucun peuple n’a été colonisé s’il n’était pas d’abord « colonisable ». Deux prises de position découlent de cette analyse. La première sous la forme d’un soutien au régime de Prétoria , car à l’heure «  de la décolonisation et de la négrification internationale […] la nation blanche sud-africaine est, en tant qu’Etat, le dernier fortin de l’Occident d’où nous sommes issus »[19]. La seconde position déplore « l’abolition de la ségrégation raciale »[20] et voit Martin Luther King comme « un des principaux responsables des heurts raciaux aux Etats-Unis »[21].

Naturellement, Europe Action cible les ouvriers immigrés qualifiés de « lèpre de l’immigration, de grenouillement hostile »[22], accusés de tous les maux qui frappent l’Occident (assassinats, vols, viols, maladies vénériennes, chômage, etc.). « Ces messieurs (les Algériens) qui arrivent à cadences accélérées, apportent en guise de cadeaux leurs maladies, leur vermine et leurs vices, la syphilis »[23]. Quant aux Noirs, « ils affutent leurs rasoirs ». Il y a donc urgence pour la civilisation blanche de stopper l’immigration afin d’éviter que le monde blanc se recouvre « d’une croûte d’hideuse paillotes, de gourbis et de cagnas ».

Dans le catalogue idéologique d’Europe Action, l’antisémitisme n’est pas oublié. En juillet 1963, la revue publie un article à la gloire du sénateur américain Joseph McCarthy, grand organisateur de la chasse aux sorcières aux États-Unis et dénonce Roosevelt comme responsable de la pénétration communiste dans l’appareil d’État car il était « manipulé par des Juifs ». Quant à Israël, en mars 1964, Europe Action publie un article signé Guy Persac, « Israël sans faux nez », qui développe les thèmes classiques de l’extrême droite antisioniste non par anti-colonialisme (on a vu plus haut qu’ils justifiaient la colonisation française) mais par antisémitisme : « Israël est né, sur un sol contesté de la passion messianique d’un prophète en redingote : Théodore Herzl et de l’or des sionistes richissimes ». Position proche de celle de François Duprat.

Quittant le pré-carré national, Europe Action développe une vision très européiste qui vise à affirmer une fois de plus la « supériorité de l’Occident ». Une conception qui dépasse largement le cadre européen : « Pour nous, l’Europe est un cœur dont le sang bat de Johannesburg à Québec, à Sidney et à Budapest »[24]. Dans sa perspective d’une « révolution globale », la revue dénonce les dangers du christianisme pour la communauté occidentale : « Une émanation de la pensée orientale, une erreur aussi pernicieuse que celle du matérialisme »[25]. Le christianisme lui apparait comme une religion sémite pervertie. Dominique Venner lui oppose une « éthique européenne » très marquée par le paganisme.

Parmi les pères spirituels d’Europe Action, certains revendiquent une filiation avec une figure du socialisme français, Proudhon, qui d’après eux « exprime la vieille révolte ancestrale de l’homme européen », mais aussi avec Sorel, Comte et le positivisme, Drumont (du fait de son antisémitisme et de son opposition au cosmopolitisme), Barrès (pour son déterminisme de l’hérédité), Drieu La Rochelle (pour son culte du héros). Maurras y est aussi en bonne place. Tous ces penseurs auraient su exprimer la conception permanente de la pensée occidentale, celle qui défend « les strictes observations des lois de la vie » en opposition au christianisme.

 

Comment peser politiquement ?

Europe Action va se trouver rapidement confronté à une question centrale : comment participer à l’action politique et comment y peser ? En octobre 1964, le comité de soutien à Europe Action est lancé, ainsi que les Volontaires d’Europe Action. Il s’agit de faire apparaitre les militants dans la rue en vendant la revue. En 1965, Europe Action soutient la candidature de Tixier-Vignancour. Dominique Venner y voit un tremplin pour l’opposition nationale : « Le 5 décembre [1965] n’est pas une fin en soi. C’est au contraire un point de départ »[26].

En mai 1965, un meeting est organisé à la Mutualité avec François Brigneau (Minute), François d’Orcival (Cahiers universitaires) et Dominique Venner (Europe Action), qui se conclut par un appel pour une pétition nationale, commémorant la « semaine des barricades » d’Alger, symbole de la « révolte populaire nationaliste », comme l’aurait été la Commune de Paris[27]. Des campagnes se développent autour du souvenir de l’Algérie française ainsi qu’une mobilisation contre le voyage de Ben Bella en France et des actions contre l’immigration nord-africaine et africaine en France : « Bientôt, ils seront un million ». Pour Europe Action, il faut libérer l’homme blanc « du complexe de culpabilité dont il est victime »[28].

L’aventure d’Europe Action a-t-elle constitué une véritable tentative de régénération de l’extrême droite ou un simple toilettage ? La deuxième hypothèse apparait comme la plus probable. Cependant, quand Europe Action cesse sa parution à la fin de l’année 1966, les bases doctrinales, les fondements de ce qui deviendra à la fin des années 1960 la Nouvelle Droite et le GRECE sont posées. L’expérience d’Europe Action comme mouvement politique a duré quatre ans. L’espérance de vie de vie de ses successeurs, le Mouvement nationaliste de progrès (MNP) et le Rassemblement européen de la liberté (REL) sera beaucoup plus brève. Il s’agit d’une tentative de relance de l’idéologie néofasciste adaptée à l’après-Algérie française.

L’étiquette de « révolution nationaliste » lui permettait d’éviter l’assimilation au national-socialisme qui « à côté d’intentions générales a commis des erreurs, dues en grande partie à une absence de fondements doctrinaux, qui ont entrainé sa perte »[29]. Cependant, l’objectif visé par les rédacteurs de Qu’est-ce-que le nationalisme ?, la prise du pouvoir, n’a pas été atteint. En 1964, le mouvement éclate. Certains lui reprochent son intellectualisme ; d’autres, comme Pierre Sidos, le considèrent comme « antichrétien, apatride, matérialiste et hérétique »[30]. C’est l’éclatement entre un courant de tendance nationale-européenne et la tendance nationaliste.

Dominique Venner se retire de la vie politique pour se consacrer à la rédaction d’ouvrages sur les armes, la chasse et l’histoire de la Seconde Guerre Mondiale, ainsi qu’à la publication de revues historiques. Bien plus tard, le 22 mai 2013, il se suicide à Notre-Dame-de-Paris : geste symbolique qu’il présente comme un « appel à la résistance ». Il laisse un livre testament : Le Samouraï de l’Occident. En juin 2014, sur le Mont Olympe, est créée l’association Iliade (Institut pour la longue mémoire européenne) en hommage à Dominique Venner. Association qui regroupe, entre autres, Philippe Conrad (président, ancien membre du GRECE et directeur de la Nouvelle Revue d’Histoire, fondée par Dominique Venner. Cette revue a cessé de paraitre), Henry de Lesquen (à l’époque président de Radio Courtoisie, président du Club de l’Horloge, devenu Carrefour de l’Horloge), Jean-Yves Le Gallou (ex-GRECE, ex-secrétaire général du Club de l’horloge, ex-FN, ex-MNR, actuellement président de la fondation Polémia).

Europe Action a encadré et formé les éléments les plus radicaux de l’extrême droite française dans les années 1960, développant un « fascisme amélioré » sans que cela soit formellement énoncé, à la différence de Maurice Bardèche qui se déclarait fasciste[31]. Bon nombre de dirigeants de l’extrême droite ont fait en quelque sorte un « stage » à Europe Action, et Dominique Venner sert toujours de référence à la frange la plus radicale de l’extrême droite.

 

Notes

[1]  « Pour une critique positive », texte publié par Politique Eclair, hebdomadaire de l’élite française, supplément n° 98, du 28 août 1962. Voir Europe Action, n° 5, mai 1963, « Qu’est-ce que le nationalisme ? » qui reprend en partie « Pour une critique positive ».

[2] Europe Action, avril 1964.

[3] Lucien Rebatet, Rivarol, 6 décembre 1962.

[4] Maurice Bardèche, Europe Action, n° 1, janvier 1963. Maurice Bardèche, beau-frère de l’écrivain- journaliste collaborationniste Robert Brasillach, fusillé à la Libération, est le directeur de la publication d’extrême droite Défense de l’Occident. Auteur, en 1948, de Nuremberg ou la Terre promise, il a été un des premiers négationnistes en France.

[5] François d’Orcival, de son vrai nom Amaury de Chaunac-Lanzac, FEN, EA, responsable des Cahiers universitaires, journaliste à Spectacles du Monde, rédacteur en chef de Valeurs Actuelles, Fabrice Laroche (Alain de Benoist), Gilles Fournier (tous deux membres de la future Nouvelle Droite). Certains ont un cv bien rempli : Marc Augier (Saint Loup) fondateur du journal collaborationniste La Gerbe, membre de la LVF et de la division Charlemagne. Il s’installe en Amérique du Sud, soutient Péron en Argentine. De retour en France, il préside, avec Venner, le Comité France-Rhodésie en soutien au régime d’apartheid de Ian Smith. Dans les années 1960, il publie de nombreux ouvrages : Les Volontaires (LVF), Les Hérétiques (Waffen SS), Les Nostalgiques (rescapés du front de l’Est). Jacques Ploncard d’Assac (adepte de Salazar), Maurice-Yvan Sicard, membre du Comité de libération antibolchévique, réfugié en Espagne, il publie, sous le pseudonyme de Saint-Paulien, une Histoire de la Collaboration. Le caricaturiste Coral (de Laroque-Latour) est un des condamnés du complot de Paris, en 1961 qui fomentait un coup d’Etat militaire. Henry Coston, antisémite patenté se charge de la rédaction des fiches de formation politique dans Europe-Action.

[6] Celui-ci déclarera en 1976 au National Hebdo, journal du FN : « Le fascisme n’a pas eu sa chance […]. Cette formule mériterait d’être reprise »,

[7] Parmi les auteurs publiés : Otto Skorzeni (Les commandos du Reich) – Skorzeny était le chef du commando SS qui libéra Mussolini, Gilles Fournier et Fabrice Laroche « Vérité sur l’Afrique du Sud », Fabrice Laroche « Salan » Le catalogue contient : Combat pour Berlin de Goebbels…

[8] Europe Action puise ses références chez Julius Evola, Francis Parker Yockey et Oswald Spengler, voir Europe Action, juillet-août 1964 et octobre 1964.

[9] Europe Action, n° 5, mai 1963 et Laroche Fabrice, « Qu’est-ce qu’un militant ? » Europe Action, n° 8, août 1963.

[10]Texte repris par Première ligne, février 1998, n° 18, bulletin de Front national de la Jeunesse-Paris.

[11] Europe Action, n° 18, juin 1984.

[12] Ibid, juin 1964. Depuis, cette position a fait florès avec l’ouvrage de Jean Raspail, Le camp des saints, publié en 1979 et sous la plume de Renaud Camus dans ses livres : Le Grand Remplacement, en 2011 et Le changement de peuple en 2013. Quant à Génération identitaire, ils se déclarent favorables à ce qu’ils nomment la « remigration ».

[13] Alexis Carrel, L’homme cet inconnu, Plon, 1935, réédition Presses-Pocket, 1981. Responsable sous Vichy de la Fondation pour l’étude des problèmes humains.

[14] Europe Action, mars 1964.

[15] Vacher de Lapouge, L’Aryen, son rôle social, réédition Ars Magna, Nantes, 2015, Les sélections sociales, cours université de Montpellier, 1888-1889. Arthur de Gobineau, Essai sur l’inégalité des races humaines, 1855. Pour Gobineau : « La race blanche a le monopole de la beauté, de l’intelligence et de la force ». Jules Soury, Campagne nationaliste, 1894-1901, publication 1902.

[16] Europe Action, juillet 1963.

[17] Ibid, mai 1963.

[18] Europe Action, mai 1964.

 [19]Laroche Fabrice, Fournier Gilles, Vérité sur l’Afrique du Sud, édition Saint-Just, 1965, p 8-19.

[20] Europe Action, mai 1963.

[21]Ibid, octobre 1965.

[22]Ibid, mai 1964.

[23] Ibid, novembre 1963, septembre 1964, octobre 1964, décembre 1965.

[24] Europe Action, juillet-août 1964.

[25] Ibid, n° 5, mai 1963. Cette thématique sera reprise par Alain de Benoist, un des fondateurs du GRECE, quelques années plus tard.

[26] Ibid, décembre 1965.

[27] Une partie de l’extrême droite analyse la Commune de Paris comme un soulèvement nationaliste et se retrouve au cimetière du Père-Lachaise devant le Mur des Fédérés.

[28] Thématique reprise par le Club de l’Horloge, L’Occident sans complexes, Paris, 1987.

[29] Europe Action, mai 1963.

[30] Pierre Sidos, Le Monde, 16 février 1964.

[31] Maurice Bardèche, Qu’est-ce-que le fascisme ?, Les Sept Couleurs, 1961

Lire hors-ligne :