Beverley Skeggs, Des femmes respectables. Classe et genre en milieu populaire, Marseille, Agone, 2015 [orig. 1997], 456 p., 25€.

 

Dans son ouvrage Des femmes respectables. Classe et genre en milieu populaire, publié aux éditions Agone et paru intialement en 1997, Beverley Skeggs analyse les freins à la diffusion d’un véritable féminisme transclasses. Elle montre, à travers son enquête menée auprès de près de 80 jeunes ouvrières anglaises s’orientant vers les métiers du care, comment le mouvement féministe est assimilé à une forme d’autoritarisme moral ou une contrainte éloignée de leurs préoccupations quotidiennes. Un détour compréhensif essentiel si l’on souhaite dénouer les rapports de domination patriarcaux. Nous présentons ici un extrait de cette plongée dans les réceptions populaires du « féminisme ».

 

La présence de Margaret Thatcher plane sur ma recherche. Dans le marketing politique pour les élections de 1979 et de 1984, elle se présente aux femmes comme une « ménagère ». Elle s’adresse spécifiquement aux femmes à travers la rhétorique familialiste. Pendant le long règne conservateur, les valeurs de l’individualisme, de la méritocratie et de l’effort personnel imprègnent le discours de la culture populaire. Margaret Thatcher incarne ce que Loach nomme le « triomphalisme féminin », la capacité individuelle plutôt que collective à triompher des autres tout en conservant ses qualités féminines. La rhétorique familiale de la maternité est promue alors même que le marché du travail se dégrade pour les mères des classes populaires. (…) La représentation des féministes détestant les hommes, de même que certains fragments des discours individualistes, ont influencé la compréhension que les femmes étudiées peuvent avoir du féminisme. Dans les années 1980, les médias n’ont cessé de discréditer les initiatives de gauche, dans la lignée de la politique thatchérienne d’éradication du socialisme en Grande-Bretagne. Le discrédit a d’abord pris la forme d’attaques contre la « gauche hystérique » et ses politiques antiracistes et antisexistes, puis de « critiques » du politiquement correct. Le féminisme a été rendu trivial, réduit à des comportements mesquins comme claquer la porte au nez des hommes, ou à des campagnes linguistiques visant à rayer du vocabulaire le mot « homme ». (…) Être féministe en était venu à s’attacher plus à ce que l’on ne faisait pas – manger de la viande, baiser avec les hommes, se maquiller – qu’à ce que l’on faisait. Il n’est guère étonnant que les « filles des années 1980 » aient été plus attirées par la force de séduction de la rhétorique du laissez-faire portée par la droite. (…) Stuart estime que dans les années 1980, le féminisme (de la culture) populaire s’est aussi détaché du féminisme du monde du travail et du féminisme universitaire. Le féminisme populaire est, selon elle, celui qui a une valeur marchande et qui envahit notre sens commun, un féminisme ironique, ludique et glamour. J’ai regardé Recherche Susan désespérément (réalisé par Susan Seidelman) avec un groupe de femmes de l’enquête qui manifestaient bruyamment le grand plaisir qu’elles tiraient du sentiment de contrôle émanant du personnage joué par Madonna. La recherche a aussi été scandée par des tubes pop proto-féministes comme Girls Just Wanna Have Fun de Cyndi Lauper ou Sisters Are Doin’ It For Themselves d’Annie Lennox et Aretha Franklin. Ces moments populaires dessinent des espaces de plaisir où les femmes se sentent renforcées en étant collectivement définies comme des femmes. Pourtant, Benn estime qu’en Grande-Bretagne, l’accent s’est déplacé d’un féminisme conçu comme une politique de lutte collective à un féminisme à succès médiatique. (…).

En Grande-Bretagne, la grève des mineurs de 1984 eut lieu à l’époque où ce marketing individualiste du féminisme s’enracinait (consolidé dans les années 1990 par les féminismes de Camille Paglia et Kate Rophie, qui discréditaient le féminisme antérieur comme un féminisme de plainte et de victimisation). La grève débute en réaction à la tentative orchestrée par le gouvernement Thatcher de détruire le syndicat des mineurs, qui était alors le syndicat britannique le plus puissant et qui avait contribué à la chute du gouvernement conservateur précédent. (…) Afin de les soutenir, leurs épouses s’investissent et organisent des fonds de provisions alimentaires et des campagnes pour permettre la poursuite de la grève. L’admiration pour ces femmes n’a pas faibli au cours de la recherche et toutes les femmes étudiées, sans exception, soutenaient la grève des mineurs.

C’est à partir de ces sources contradictoires du féminisme, à partir de ces conditions culturelles, historiques, économiques et sociales que se forment le savoir et les cadres discursifs disponibles. Aussi, à l’époque de la recherche, les femmes disposaient d’un mélange de représentations triomphalistes, dénigrantes ou individualistes, avec d’un côté le stéréotype des hystériques dangereuses et, de l’autre, celui des femmes puissantes ayant réussi (dans la société et l’entreprise). Ces contradictions et les représentations féministes multiples sont reprises par les femmes étudiées quand elles tentent de se positionner par rapport au féminisme et de comprendre ce qu’il signifie.

Il faut lire les propos et les réactions qui suivent comme le résultat d’interactions dans lesquelles je suis impliquée comme horizon du dialogue en tant que féministe : les femmes connaissent mon féminisme (et, pour certaines d’entre elles, je suis devenue représentative du féminisme).

 

La confusion des féminismes

Des fragments du discours féministe apparaissent dans leurs propos quand elles prennent position par rapport aux questions et aux discours restitués dans la première section. Je leur posais la question suivante : « Que signifie le féminisme pour toi ? »

J’en ai jamais été une. Je fais juste ce que je veux. Je fais pas de sermon. Je suis intéressée par Amnesty et l’ANC mais j’irais pas aux manifs. J’irais même pas à une marche pour les mineurs même si j’ai fait la queue pendant des heures pour signer la pétition. Ce gouvernement est au bout du rouleau, mais je pense que les médias en font trop sur Diana, c’est plus la peine [référence au divorce de Charles et Diana]. J’aime bien la princesse Diana… Mais je suis forte, hein. Je dis, me regardez pas de haut, quand les gens essaient de me rabaisser et me mentent. Je me laisse pas traiter comme de la merde. C’est comme, quand les mecs disent, Sarah, t’es splendide, t’es quelqu’un de bien, ben pourquoi ils sortent pas avec moi dans ce cas ? Tu peux plus te permettre de laisser ce que t’as maintenant, y a plus rien de sûr. Si je pars maintenant, qu’est-ce qu’il me reste ? Que dalle, retour à la case chômage, et je veux pas me retrouver au chômage à 30 ans. [Sarah, 1992]

La réponse de Sarah ne cesse de partir dans des directions différentes. Initialement, le féminisme est synonyme d’engagement politique, quelque chose qu’il faut manifester, dans lequel on s’engage, auquel il faut participer. Puis, le propos revient au niveau personnel, où Sarah explore la contradiction de se sentir forte mais non désirable. Le féminisme est associé à la question du contrôle de sa vie. Puis, le propos retourne à la sphère publique et au sentiment de sécurité matérielle. On a l’impression que le féminisme implique un changement et que Sarah a le sentiment qu’elle doit changer de travail pour pouvoir se qualifier de féministe. (…) Linda, qui répond à la même question, associe aussitôt le féminisme à l’opposition à la pornographie :

Je suis vraiment pas du tout branchée porno, je peux être très classique des fois. Je trouve que la page trois rabaisse les femmes, pourquoi on veut que les femmes fassent ça ? C’est quoi la différence entre un homme et une femme, hein ? Je trouve ça rabaissant. Mais par contre, Mary Whitehouse, c’est une chieuse. Si les gens aiment pas, personne les force à regarder. Ça me dérange pas que le porno existe, c’est juste que je pourrais pas regarder devant un homme, ça me ferait rire. Une amie au boulot fait des soirées vidéo, avec du porno, avec des animaux et tout. Faut lui dire d’arrêter de rire, elle rit tout du long. Les gens qui en regardent doivent déjà être bizarres à la base. [Linda, 1992]

Linda trouve la pornographie et les inégalités qu’elle met au jour clairement déplaisantes, mais elle s’empresse de montrer qu’elle refuse la censure en se dissociant de celle, puritaine, incarnée ici par Mary Whitehouse (présidente de l’Association des auditeurs et des téléspectateurs, qui traque la violence et le sexe dans les médias et en réclame constamment l’interdiction). Son ambivalence peut trouver des sources dans le tabloïd le Sun, qu’elle lit occasionnellement, et qui a lancé une longue campagne, au milieu des années 1980, contre les « rabat-joie » féministes. (…) Pour Mary, l’image d’une féministe est celle de quelqu’un qui contrôle toujours sa vie. Elle n’a pas de préventions idéologiques contre le féminisme et assumerait l’étiquette si elle avait le sentiment de contrôler sa vie. Le discours individualiste de l’autonomie, de l’indépendance et du contrôle, si bien vendu par des magazines comme Cosmopolitan et célébré par le féminisme populaire, conduit Mary à se mesurer à lui et à se trouver défaillante. Les fantasmes d’indépendance, d’autonomie et d’estime de soi ne correspondent pas à la réalité de la vie de Mary, qui a le sentiment d’avoir perdu le contrôle. Le féminisme lui semble nécessiter de contrôler le cours des choses et d’avoir du pouvoir, et il n’est pas facile d’être à sa hauteur. La vulnérabilité, le manque d’autonomie, la dépendance et le manque de contrôle font partie intégrante de la plupart de nos vies. S’évaluer à l’aune du contrôle revient à une sorte de punition ; c’est un moyen très efficace de mettre à distance le féminisme. Le féminisme populaire a ainsi engendré des désaffiliations. C’est sur la base de leur situation et de leurs expériences que les femmes peuvent se reconnaître ou se désidentifier. Elles ne peuvent pas se voir comme féministes : les structures du pensable n’intègrent pas le féminisme, il est inconcevable et ne fait pas partie de leur imaginaire. (…) Le féminisme est situé à l’extérieur de l’espace social de Jane McD. ; il est associé au monde des autres, qui utilisent un langage différent :

Bev : Le féminisme, qu’est-ce que ça signifie pour toi ?
Jane McD.
 : Les grands mots, c’est pas mon fort. Je suppose que le féminisme c’est, euh… des gens qui veulent avoir des droits pour les femmes et tout ça, ce genre de choses. Des personnes qui font pas ce que je fais, rester à la maison avec les gosses. Je pense que c’est un peu l’opposé, mais peut-être que je confonds. (…). [1992]

Jane n’associe pas forcément le féminisme à des femmes qui sont comme elles des mères au foyer à plein temps. Le féminisme est pour elle une identité qui ne repose pas sur une attitude et une affiliation, mais sur un rôle social. Comme Linda, elle est déroutée par le terme. Mais elle sait que le féminisme est connecté à l’extrémisme, d’où ses commentaires sur le fait que cela va trop loin. La tentative de réduire le féminisme au trivial semble avoir été efficace : elle facilite sa mise à l’écart par ceux qui en savent peu sur le sujet. (…) Les résistances de Lucy et Cindy ne sont pas du tout du même ordre :

Lucy : Je suis pas du tout une bonne recrue pour les féministes. Déjà, je suis heureuse dans mon mariage, ensuite j’ai deux enfants, une fille et un garçon, et je les aime tous les deux. Je vais pas me débarrasser de mon mari ou de mon fils juste parce que c’est des hommes. C’est du grand n’importe quoi. (…)  [1992]

Je suis pas de ce genre. Déjà d’une, je suis pas lesbienne et j’aime vraiment les hommes. Je veux dire vraiment, tu sais, tout ce qui va avec [rires]. J’aime bien qu’on m’ouvre la porte, à la base j’aime bien être traitée comme une dame. Je veux tous les trucs bien. (…). [Cindy, 1992]

Lucy et Cindy ont une image claire de ce que sont les féministes et savent qu’elles ne sont pas comme elles. Elles associent le féminisme au lesbianisme et s’en désidentifient en affirmant leur relation avec les hommes. Les propos de Lucy s’appuient sur le portrait trivial que les tabloïds dressent du féminisme (« Ça doit être vrai, je l’ai lu dans le journal »). (…) Cindy croit que le féminisme la priverait de parler des hommes et de s’amuser avec ses amies. Cette perception du féminisme comme une forme de censure morale n’est pas surprenante. Les recherches de Constance Penley suggèrent que l’approche puritaine, anti-sexe et anti-glamour attribuée au féminisme à travers la publicité faite aux militantes anti-pornographie comme Catharine MacKinnon et Andrea Dworkin, et leurs liens avec la droite fondamentaliste américaine, ont repoussé de nombreuses jeunes femmes. Hunt observe une résistance similaire en Grande-Bretagne. Les chapitres précédents ont montré que ces femmes se sentent constamment jugées. Une nouvelle imposition d’autoritarisme moral est bien la dernière chose qu’elles puissent souhaiter : elles ne veulent pas être jugées par d’autres femmes. Il y a un écart phénoménal entre la facilité avec laquelle certaines femmes « blanches » des classes supérieures adoptent le féminisme et les réticences des femmes de cette étude. Le capital culturel des femmes des classes supérieures les prédispose au féminisme, et inversement pour les femmes des classes populaires de cette enquête. Elles luttent quotidiennement pour ne pas être surveillées et jugées. C’est là que ces femmes « blanches » des classes populaires rejoignent la résistance au féminisme documentée chez leurs homologues « noires », dans l’affiliation aux hommes et le refus du jugement moral. Les femmes investies dans des relations positives avec des hommes ne se reconnaissent pas dans les relations violentes, inégales et oppressantes décrites par le féminisme. De leur côté, Cathy et Jane ne voient pas les hommes de la même façon que Cindy. Elles ne les associent pas à l’amusement et au plaisir, mais estiment qu’ils sont victimes de l’inégalité :

Tu sais, ce qui me dérange vraiment dans le féminisme et, en fait, la vraie raison qui fait que je voudrais pas être féministe, c’est ce côté très anti-hommes. Franchement, ça a pas de sens toutes ces conneries sur les hommes qui seraient d’horribles oppresseurs et tout. Je regarde Kevin et je me dis, ben pareil pour mon père et son frère, qu’est-ce qu’ils ont pour eux ? Ils ont pas d’avenir. Ils ont pas de boulot, ils sont malheureux, ils savent pas quoi faire d’eux-mêmes. J’ai toujours peur que Kevin tienne pas le coup, tu sais, il arrête pas de dire qu’il a aucune raison de vivre, qu’il a pas d’espoir. Il est censé être fort, puissant, et tout. Moi ce que je vois, c’est un gars malheureux, triste, pitoyable à pleurer. C’est n’importe quoi, elles savent pas de quoi elles parlent. Elles vivent sur une autre planète. [Cathy, 1986. Kevin est l’ex-petit-ami de Cathy ; ils sont restés en contact. Il s’est suicidé en 1988, après cinq ans de chômage]

C’est par solidarité avec les hommes de leur classe sociale qu’elles associent le féminisme aux classes supérieures. Les représentations du pouvoir d’oppression de la patriarchie et de la puissance des hommes ne font pas écho à leurs expériences, bien que leur solidarité puisse découler autant de leur dépendance et de l’inégalité que de l’empathie et de la pitié. Leurs représentations n’offrent pas de perspective de dialogue : comme pour Angela, Jane McD. et Mary, le féminisme est pour une autre sorte de « femmes », à laquelle elles ne s’identifient pas. (…)

Le féminisme, cependant, peut parler aux femmes des classes populaires à condition qu’il leur livre un cadre d’interprétation de leurs expériences. La restitution de cette expérience emprunte souvent au récit héroïque et au schéma de la révélation ou de la conversion. Le féminisme devient le facteur explicatif de l’ensemble de leurs expériences. C’est à travers des événements comme la violence conjugale ou le viol que s’établissent des connexions et que le féminisme parvient à s’adresser à ces femmes au-delà des différences. (…) Bien qu’elles ne se reconnaissent pas ou ne s’identifient pas comme féministes, elles livrent aussi de nombreux combats que l’on pourrait qualifier de féministes, sur l’usage de l’espace, la construction d’endroits où les enfants puissent jouer en toute sécurité, en se mobilisant pour garder ouverte une crèche ou en protestant face aux comportements sexistes. La plupart d’entre elles sont ulcérées par les représentations négatives des femmes dans les médias. Elles manifestent beaucoup de colère face aux comportements exigés sur la seule base du sexe. Cette colère persiste au fil de temps, même si les sujets se modifient : plus jeunes, ce sont les attentes inégales concernant les tâches ménagères, l’éducation et l’apparence qui les mettent en colère ; plus tard, ce sont celles qui concernent l’éducation des enfants, la maternité et le marché du travail. (…) Les études sur lesquelles repose la théorie féministe doivent s’interroger sur ce que désigne le sujet de « femme » au cœur de leurs connaissances : il faut redonner un sens au concept. Cette reconnaissance est cruciale pour permettre l’action. Le féminisme doit prendre en compte le contexte et l’accès différencié des femmes aux différentes formes de capitaux et de savoirs ; il doit documenter l’histoire, les réalités économiques, les positions sociales, les représentations culturelles, le discours populaire et les investissements culturels.

En second lieu, nous devons nous intéresser à la façon dont des ponts peuvent s’établir entre différents groupes de femmes. Les cadres interprétatifs sont-ils accessibles ? Il se peut qu’il faille s’investir dans d’autres luttes qui, comme la grève des mineurs, ne font pas référence aux femmes mais établissent des liens avec elles. L’accès au féminisme est un enjeu décisif : on peut se demander « où il se trouve » avant de faire comme s’il existait. Troisièmement, il nous faut peut-être faire preuve d’une plus grande circonspection à l’égard du féminisme populaire : comment replacer ses modes de compréhension individualistes dans ceux qui intègrent le social et l’économique, et quelle expression publique donner à ces derniers ? (L’argument vaut pour un grand nombre de textes théoriques féministes qui semblent sans arrimage, sans lieu.) Mais comment utiliser également les avancées permises par le féminisme populaire ? Le féminisme doit continuer à nommer et à procurer des cadres d’interprétation pour les injustices quotidiennes d’une façon intéressante et attractive, qui puisse embrasser des formes fragmentaires d’action féministe au lieu de viser la pureté féministe, en évitant les formes totalisantes et impérialistes de nomination, selon l’expression de Haraway. Les classifications négatives supplémentaires sont bien la dernière chose dont les femmes des classes populaires ont besoin. La sensibilité à ces questions pourrait inciter à mettre en sourdine la pureté au profit de campagnes plus constructives qui prennent au sérieux les différences et les inégalités existant entre les femmes, qui doivent être prises en compte au lieu d’être simplement supposées.

 

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