Dans son ouvrage, Le fil invisible du capital. Déchiffrer les mécanismes de l’exploitation (éditions La Découverte), Ulysse Lojkine propose une théorisation nouvelle de l’exploitation capitaliste, en mobilisant la pensée marxienne d’une manière critique. Lojkine montre notamment que, dans le capitalisme, l’exploitation est indissociable de la coordination. Cela constitue l’une des caractéristiques essentielles de ce système, ainsi que l’une des difficultés les plus redoutables se posant aux anticapitalistes, dans la mesure où ils doivent d’élaborer des institutions de coordination alternatives décorrélées de l’exploitation.
Contretemps publie un extrait du chapitre 4 du livre, intitulé « La coordination capitaliste », et publiera sous peu deux recensions de l’ouvrage écrites par Jacques Bidet et par Simon Verdun.

Outre leur sous-estimation de la tendance intrinsèque du système à la crise, la seconde critique à apporter aux penseurs libéraux de la coordination capitaliste, et celle qui nous intéresse au premier chef dans cet ouvrage, est donc leur unilatéralité. Hayek insiste sur la « merveille[1] » de coordination que représente le marché, en considérant que c’est l’unique dimension selon laquelle il faut juger des institutions économiques. Comme le dit un hayékien, « la fonction d’un système économique est de coordonner les activités de ses participants[2] », et on peut donc « poser la coordination comme le critère de ce qui est économiquement “bon”[3] ». De même, pour Williamson, la démonstration des effets de coordination de la hiérarchie capitaliste constitue en tant que telle une réponse à l’idée selon laquelle « les patrons exploitent les travailleurs, et la hiérarchie est le dispositif organisationnel par lequel ce résultat est obtenu[4] ». Si les arguments que nous avons développés sont corrects, au contraire, il n’y a nulle raison de considérer que si une institution a des effets de coordination, elle n’a pas d’effets d’exploitation, et inversement. Si on veut attribuer une « fonction » aux institutions du capitalisme, cela doit donc être une fonction double : elles perdurent et prospèrent parce qu’elles remplissent une fonction sociale utile, celle de la coordination économique, mais aussi parce qu’elles remplissent une fonction de classe au service des dominants, celle de leur garantir le pouvoir sur les activités économiques et de s’en approprier les fruits.
Il est alors intéressant de s’interroger sur les articulations possibles entre la thèse défendue ici, celle du couplage entre exploitation et coordination, et l’analyse de Marx avec laquelle nous dialoguons depuis le début de cet ouvrage. Marx avait bien sûr pointé la tendance du capitalisme aux crises du fait de l’« anarchie » du marché, proposant, en particulier dans les livres II et III du Capital, les éléments d’une théorie du circuit macroéconomique capitaliste dont Rosa Luxemburg puis les post-keynésiens marxistes ont pu s’emparer[5]. Mais il ne s’est pas contenté de situer les limites de la coordination capitaliste, il en a aussi saisi la logique et le fonctionnement. Dans la première section du Capital, le marché est compris comme une institution historiquement originale de médiation pour la division du travail : « À travers les relations que l’échange instaure entre les produits du travail et, par leur entremise, entre les producteurs, les travaux privés deviennent effectivement, en acte, des membres du travail social global[6]. » Comme le dit Soren Mau, « le concept de valeur permet de concevoir une forme spécifique de la socialisation du travail, c’est-à-dire une forme historiquement spécifique de la coordination de la production[7] ». À condition de renoncer à l’interprétation causale de la théorie de la valeur que nous avons critiquée dans le premier chapitre, on peut ainsi trouver dans le Capital les éléments d’une théorie de la coordination du travail par les échanges marchands et monétaires[8]. On peut lire de manière semblable les pages du Capital consacrées aux rapports sociaux à l’intérieur de l’entreprise. « Tout travail immédiatement social ou collectif à une assez grande échelle requiert peu ou prou une direction, dont la médiation assure l’harmonie des activités individuelles[9]. » Le directeur qui occupe cette fonction est comparé à un chef d’orchestre[10] : c’est bien de coordination qu’il est question ici.
Marx pense donc bien le marché d’une part, la hiérarchie d’entreprise de l’autre, comme des formes de coordination qui se combinent dans le système capitaliste : la « division du travail dans la manufacture » et la « division du travail dans la société »[11]. L’une est autoritaire et hiérarchique, l’autre est marchande, réglée par la concurrence. Ce passage est éminemment intéressant car il suggère que Marx a l’intuition de la division du travail comme fonction fondamentale des institutions économiques, se déclinant en plusieurs formes selon leur échelle.
De même, si nous avons vu dans les chapitres précédents que les marchés des capitaux réels, financiers et de la terre posent problème à Marx dans le livre III du Capital, de nombreux éléments de ces analyses peuvent aussi être relus en termes de coordination. Ainsi, la péréquation des taux de profit nous invite justement à considérer le marché du capital comme un système d’allocation des moyens de production et donc de coordination entre les branches. Le commentateur David Harvey, que nous avons déjà croisé dans le précédent chapitre, montre que certains textes de Marx suggèrent, de manière parfois implicite, une interprétation de la finance et de la rente comme des systèmes de coordination : « Le système de crédit apparaît, en un mot, comme une sorte de système nerveux central qui assure la coordination des diverses activités poursuivies par les capitalistes individuels[12] » ; de même, la rente « contribue à coordonner la production de survaleur » en « façonnant une organisation spatiale “appropriée” des activités »[13].
Marx a donc bien indiqué, parfois explicitement et parfois implicitement, les fonctions de coordination remplies par les institutions fondamentales qui permettent l’exploitation capitaliste. Mais chez lui, c’est un autre concept qui a pris la première place pour désigner la structure fondamentale à laquelle l’exploitation est en dernier ressort reconduite : la notion de rapport de production. Il est donc utile de préciser le rapport que peuvent entretenir ces deux grilles de lecture, en termes de formes de coordination et en termes de rapport de production. On peut distinguer deux sens de la notion de « rapport de production » chez Marx et les marxistes, un sens restreint et un sens large, comme cela apparaît déjà dans les titres des trois livres du Capital : Le développement de la production capitaliste, Le procès de circulation du capital et Le procès d’ensemble de la production capitaliste. La production désigne doncdeux processus distincts correspondant à deux échelles distinctes, la production dans l’unité de production (l’objet du livre I), aussi parfois qualifiée de « production immédiate », et l’économie dans son ensemble conçue comme orientée vers la production (l’objet du livre III).
Dans le sens restreint, le processus de production désigne le procès de travail collectif au sein de l’unité de production, organisé par l’employeur ; et le rapport de production est alors le rapport entre l’employeur et le salarié. « Le capital exprime un rapport de production déterminé, un rapport social déterminé dans lequel les possesseurs des conditions de production font face aux capacités vivantes de travail à l’intérieur de la production[14]. » Ainsi, « c’est toujours dans le rapport immédiat entre le propriétaire des moyens de production et le producteur immédiat […] qu’il faut chercher le secret le plus profond, le fondement caché de tout l’édifice social[15] ». Le rapport de production s’écrit ici au singulier, il est un rapport de contact entre deux agents sociaux. C’est en ce sens qu’on trouve plus loin dans le livre III du Capital l’affirmation selon laquelle « le rapport entre capital et travail salarié détermine entièrement le caractère du mode de production », si bien que « les principaux agents de ce mode de production [sont] le capitaliste et l’ouvrier salarié »[16]. On peut alors dire avec Althusser que « le rapport de production capitaliste est le rapport salarial[17] », au sens non de la seule dimension juridique du contrat de travail, mais aussi de la dépendance économique du prolétaire envers le salaire, du contrôle de l’employeur sur le procès de travail et de la cristallisation matérielle de ce pouvoir dans l’assujettissement du travailleur aux machines[18].
C’est cette définition restreinte du rapport de production qui fonde une thèse qui structure l’ensemble du Capital : le primat de la sphère de la production immédiate – celle du salariat donc – sur la sphère de la circulation – celle des échanges. La dichotomie est introduite dans un passage célèbre où Marx invite le lecteur à le suivre : « Nous quitterons cette sphère bruyante, ce séjour en surface accessible à tous les regards, en compagnie [du capitaliste et du travailleur], pour les suivre tous deux dans l’antre secret de la production, au seuil duquel on peut lire : No admittance except on business[19]. » Il s’agit là dans le texte du Capital de l’introduction d’une puissante représentation architecturale du monde économique à deux niveaux, la surface de la circulation et le secret de la production. Cette métaphore revient en effet ensuite régulièrement pour opposer la sphère de la circulation – celle des échanges, de la concurrence, des prix – et celle de la production immédiate[20]. Ainsi, toute une topique du monde social se dessine à partir du primat de la production immédiate sur la circulation, lui-même fondé sur la dichotomie entre transaction salariale et transaction commerciale et le primat de la première sur la seconde. Mais ce sont précisément cette dichotomie et ce primat que le chapitre précédent nous a conduit à écarter, en montrant au contraire que l’exploitation se nichait aussi bien dans les rapports commerciaux que salariaux, et que ceux-ci entretenaient entre eux des rapports d’interaction et d’interdépendance réciproques sans qu’il soit possible d’établir une hiérarchie.
L’exploitation capitaliste ne peut donc pas être reconduite à la sphère de la production immédiate. Elle se déploie irrémédiablement à plusieurs échelles. C’est tout l’intérêt de la lecture du capitalisme comme système de coordination : la coordination est transversale entre unité de production et rapports de circulation, elle n’a pas d’échelle privilégiée, au contraire, une unité économique résultant de la coordination de plusieurs sous-unités d’échelle inférieure peut toujours être inscrite à son tour dans des rapports de coordination à une autre échelle.
C’est donc plutôt au sens large de la notion de rapport de production que peut s’articuler la théorie proposée ici. Dans plusieurs textes de Marx et d’Engels, en effet, loin de se restreindre à la relation d’emploi, les rapports de production désignent l’ensemble de la structure économique du capitalisme et ne sont donc pas opposés aux rapports de circulation. C’était le cas dans les textes de jeunesse de la fin des années 1840 : dans l’Idéologie allemande, les rapports de production côtoient, sans prétendre à la primauté, les notions de « mode d’échange » et de « mode de coopération[21] » ; dans Misère de la philosophie, « le rapport social de la monnaie est un rapport de production, comme tout autre rapport économique, tel que la division du travail[22] » ; dans le Manifeste du parti communiste, sont évoqués dans le même souffle les « rapports bourgeois de production et d’échange, les rapports bourgeois de propriété[23] ».
Dans les textes économiques de la maturité, à côté du sens restreint, on retrouve le sens large des rapports de production ou du procès de production. « Dans la production sociale de leur vie, les hommes entrent dans des rapports déterminés, nécessaires et indépendants de leur volonté », écrit Marx en 1859, et « l’ensemble de ces rapports de production constitue la structure économique de la société[24] ». Dans le Capital, « le procès de production capitaliste, pris en bloc » (nous soulignons), est défini comme « l’unité du procès de production et du procès de circulation »[25]. C’est en s’appuyant sur certains de ces passages que l’historien Jairus Banaji, dont nous avons utilisé dans le précédent chapitre les travaux sur le capitalisme commercial, peut affirmer que « les rapports de production incluent bien plus que le procès de travail et les formes par lesquelles il est organisé et contrôlé (le procès immédiat de production)[26] ». Pris en ce sens, les rapports de production peuvent coïncider avec les formes de coordination que nous avons décrites ici.
Telle est donc l’inflexion que nous proposons par rapport à la théorie marxiste du capitalisme : mettre de côté le primat de la production immédiate sur la circulation dans la détermination des rapports d’exploitation, et prendre plutôt appui sur les textes qui, de la notion de « mode de coopération » dans l’Idéologie allemande jusqu’à la théorie des formes de division du travail dans le Capital, permettent de penser le capitalisme comme couplage entre un système de coordination et un système d’exploitation.
Politique de la coordination
Nous avons ouvert le premier chapitre de ce livre en rappelant qu’un des effets de la notion marxiste d’exploitation est de mettre en lumière la continuité cachée entre le servage et le salariat. C’est l’une des raisons de l’insistance de Marx sur le rapport direct, « immédiat », entre le travailleur et celui qui s’approprie le fruit de son travail : elle permet des comparaisons historiques, en particulier entre l’esclavage, le servage et le salariat.
Or, si nous espérons avoir montré qu’il est pertinent de penser l’exploitation dans son rapport avec la coordination, dans le contexte d’un capitalisme mûr où les travailleurs possèdent leur force de travail, ce couplage semble moins clair pour les systèmes économiques antérieurs, pour deux raisons. D’une part, le capitalisme a donné aux interdépendances économiques une extension et une intensité historiquement inouïes. Dans les systèmes économiques antérieurs, le parcours typique d’un produit, en termes géographiques, mais surtout du nombre d’agents impliqués dans sa transformation, son transport et son usage, était plus court. Si toute activité collective pose des problèmes de coordination, même au sein de la famille ou du village, ce problème n’avait pas dans ces sociétés la centralité qui est la sienne lorsque le nombre et la dispersion des activités dont l’interaction est nécessaire à la reproduction matérielle de la société acquièrent l’importance que le capitalisme leur a donné.
D’autre part, le travail forcé et sa forme la plus radicale, l’esclavage, résistent à la pensée en termes de coordination. Si, comme Orlando Patterson, on définit l’esclave par sa « mort sociale[27] », c’est-à-dire le refus de reconnaître son inscription dans un tissu social local, familial ou économique, et par conséquent le refus de reconnaître la légitimité de ses fins ou de ses besoins autrement que comme prolongement de ceux de son maître, alors l’esclavage est un rapport de pure domination, qui n’est pas l’envers d’une forme de coordination. Le marché de l’emploi salarié, nous l’avons vu, en tant qu’il autorise le travailleur à changer d’employeur, dans le degré relatif où le pouvoir de monopsone de ce dernier le permet, est une forme de coordination dans laquelle, de manière certes partielle et asymétrique, les fins du travailleur sont prises en compte – elles le sont aussi sur le marché des biens de consommation, sous la double contrainte bien sûr de ses besoins et de son pouvoir d’achat monétaire. Au contraire, les fins de l’esclave ne sont pas prises en compte. L’esclavage peut certes s’articuler à diverses formes de coordination, et en particulier des formes marchandes comme cela a été le cas pour l’esclavage de plantation dans les Amériques au xviiie et au xixe siècles, mais les esclaves ne font pas partie des personnes dont les intérêts sont coordonnés. Le marché aux esclaves et celui des biens qu’ils produisaient permettaient de coordonner entre eux les marchands d’esclaves, les propriétaires d’esclaves et la demande pour ce produit, mais pas les travailleurs eux-mêmes.
C’est donc sans doute seulement à l’ère du capitalisme post-esclavagiste que l’analyse croisée en termes d’exploitation et de coordination devient véritablement pertinente. Pour qu’elle le soit, il faut en effet d’une part que les interdépendances économiques soient devenues vastes, intenses et systématiques et, d’autre part, que le développement des droits universels ait imposé au système productif de s’ajuster dans une certaine mesure aux buts et aux besoins de chacun. Le mode d’analyse défendu dans ce chapitre ne s’applique donc qu’à un champ limité. Mais ce champ n’est pas restreint aux sociétés capitalistes.
En effet, ces deux impératifs – la gestion de l’interdépendance à grande échelle, et la reconnaissance des fins de chacun comme socialement légitimes – sont ceux du monde contemporain en général. Dès lors, la question d’un système économique alternatif, et en particulier d’un système socialiste, c’est-à-dire dépourvu de rapports structurels d’exploitation, peut elle aussi se poser dans le cadre des catégories défendues ici : si les rapports d’exploitation actuels sont ancrés dans les institutions de coordination du capitalisme, alors ce sont d’autres institutions de coordination aux propriétés différentes qu’il faudrait mettre en place pour abolir l’exploitation. En d’autres termes, si la thèse du couplage entre exploitation et coordination détourne notre regard de l’histoire longue des rapports d’exploitation, c’est pour le tourner résolument non seulement vers le présent, mais aussi vers l’avenir.
Penser le socialisme en ces termes implique de répondre à une autre thèse commune aux penseurs libéraux de la coordination capitaliste. « Fondamentalement, écrivait Milton Friedman en pleine guerre froide, il n’y a que deux manières de coordonner les activités économiques de millions d’individus : l’une est la direction centrale impliquant l’usage de la coercition – c’est la technique de l’armée et de l’État totalitaire moderne ; l’autre est la coopération volontaire des individus – la technique du marché[28]. » Le chaos, le capitalisme ou la servitude : telle est l’alternative politique fondamentale pour la pensée libérale[29]. Si l’on veut donner à l’analyse de l’exploitation capitaliste un horizon politique, alors c’est cette alternative qu’il faut dépasser. Cela demande de montrer qu’un système de coordination alternatif à celui du capitalisme est possible, qui d’une part n’engendre pas de rapports d’exploitation, et d’autre part ne soit pas sujet aux crises, gagnant donc encore en cohérence et en souplesse.
Notes
[1] Friedrich Hayek, « The Use of knowledge in society », art. cit., p. 527.
[2] Israel Kirzner, The driving force of the market. Essays in Austrian economics, Londres, Routledge, 2000,chap. 7 – « Coordination as a criterion for economic “goodness” », § « Coordination defined », p. 137.
[3] Ibid.
[4] Oliver Williamson, Economic institutions of capitalism, op. cit., chap. 9 – « The Organization of work », p. 207.
[5] Voir en particulier Joan Robinson, Essai sur l’économie de Marx, trad. U. Lojkine, Paris, Editions sociales, 2022 [1942] et Michal Kalecki, « The problem of effective demand with Tugan-Baranovsky and Rosa Luxemburg » [1967], dans ses Collected Works, vol. II – Capitalism. Economic dynamics, trad. Ch. Kisiel, Oxford, Clarendon Press, 1991, partie 5, p. 451-8.
[6] Capital, liv. I, section 1, chap. 1, §4, p. 75 [83]. Ou encore : « Les masses de produits correspondant aux diverses masses de besoins exigent des masses différentes et quantitativement déterminées de la totalité du travail social. (…) La forme sous laquelle cette répartition proportionnelle se réalise, dans un état social où la connexité du travail social se manifeste sous la forme d’un échange privé de produits individuels du travail, cette forme, c’est précisément la valeur d’échange de ces produits. » (lettre à Ludwig Kugelmann du 11 juillet 1868, dans la Correspondance, tome 9 – juillet 1867 à décembre 1868, p. 263)
[7] Soren Mau, Stummer Zwang, op. cit., chap. 8 – « Die universelle Macht des Werts », p. 182.
[8] Sur l’aspect monétaire, voir Michael Heinrich, « Monetäre Werttheorie. Geld und Krise bei Marx », Prokla. Zeitschrift für kritische Sozialwissenschaft, vol. 31, n° 2, 2001, p. 151-176.
[9] Capital, liv. I, section 4, chap. 11 – « Coopération », p. 325 [372].
[10] Ibid.
[11] Capital, liv. I, section 4, chap. 12 – « Division du travail et manufacture », §4 – « Division du travail dans la manufacture et division du travail dans la société », p. 344-351 [395-404]. Jacques Sapir voit également dans ce passage les éléments d’une théorie marxiste de la coordination (Les Trous noirs de la science économique. Essai sur l’impossibilité de penser le temps et l’argent, Paris, Albin Michel, 2000, Introduction, p. 22).
[12] David Harvey, Limites du capital, op. cit., chap. 9 – « Monnaie, crédit et finance », §I.5 – « L’égalisation du taux de profit », p. 354. Voir aussi Ibid.,§I.4 – « Capital fictif », p. 350.
[13] Ibid., chap. 11 – « Théorie de la rente », p. 423. Et de même à la fin du chapitre : « Le capitalisme ne peut se passer des prix du foncier et des marchés fonciers, moyens fondamentaux de coordonner l’allocation des terres à des usages précis. » (Ibid., p. 465.)
[14] Chapitre VI, §2 – « Le procès de production capitaliste comme production de survaleur », p. 129-130.
[15] Capital, liv. III, t. III, chap. 47 – « Genèse de la rente foncière capitaliste », p. 172, traduction modifiée.
[16] Ibid., p. 254.
[17] « Le rapport de production capitaliste est le rapport salarial » pour Louis Althusser, « Livre sur l’impérialisme (extraits) » [1973], dans Écrits sur l’histoire (1963-1986), Paris, PUF, coll. « Perspectives critiques », 2018, § « Qu’est-ce qu’un mode de production ? », p. 145.
[18] Cf. Étienne Balibar, « Les concepts fondamentaux du matérialisme historique », dans Louis Althusser, Étienne Balibar, Roger Establet, Pierre Macherey et Jacques Rancière, Lire le ‘Capital’, Paris, PUF, coll. « Quadrige », 2014 [1965], p. 440-441 et p. 464 ; Marc Abelès, « Rapports de production », dans Gérard Bensussan et Georges Labica (dir.), Dictionnaire critique du marxisme, Paris, PUF, 3e éd., 1999 [1ère éd. en 1982],p. 957 ; Alain Bihr, La Reproduction du capital. Prolégomènes à une théorie générale du capitalisme, Lausanne, Page deux, 2001, chap. 1 – « Le capital comme rapport social de production », p. 55-74.
[19] Capital, liv. I, section 2, chap. 4, p. 172.
[20] Capital, liv. III, t. I, section 1, chap. 2 – « Le taux de profit », p. 61 ; Capital, liv. III, t. I, section 2, chap. 9 – « Établissement d’un taux général de profit », p. 184.
[21] Karl Marx et Friedrich Engels, L’Idéologie allemande, précédée des Thèses sur Feuerbach, trad. G. Badia et al., Paris, Éditions sociales, 1988 [1846], p. 28. Cette terminologie est commentée par Gilbert Badia dans son introduction à l’ouvrage, p. xviii, et par Marc Abelès, « Rapports de production », art. cit., p. 955. Kojin Karatani développe une théorie marxiste des modes d’échange dans The Structure of world history. From modes of production to modes of exchange, trad. du japonais à l’anglais par M. K. Bourdaghs, Durham, Duke University Press, 2014 [2010].
[22] Karl Marx, Misère de la philosophie. Réponse à la Philosophie de la Misère de M. Proudhon, Paris, Editions sociales, 1977 [1847], §I.3.a) – « La monnaie », p. 90.
[23] Karl Marx et Friedrich Engels, Manifeste du parti communiste, op. cit., section 1, p. 62, traduction modifiée (« rapports d’échange » pour « Verkehrsverhältnisse »).
[24] Karl Marx, Contribution à la critique de l’économie politique, trad. G. Fondu & J. Quétier, Paris, Editions sociales, coll. « Geme », 2014 [1857], Avant-propos de 1859, p. 63.
[25] Capital, liv. III, t. I, section 1, chap. 1 – « Coût de production et profit », p. 47.
[26] Jairus Banaji, Theory as history. Essays on modes of production and exploitation, Chicago, Haymarket books, 2010,Introduction, p. 5. La question est reprise à la fin de l’ouvrage, chap. 12 – « Modes of production. A synthesis », p. 356-360.
[27] Orlando Patterson, Slavery and social death. A comparative study, Harvard University Press, 1982.
[28] Milton Friedman, Capitalism and freedom, University of Chicago Press, 2002 [1962], chap. 1 – « The relation between economic freedom and political freedom », p. 13.
[29] L’affirmation du caractère indépassable de la coordination capitaliste traverse toute l’œuvre de Hayek ; sa formulation la plus aboutie se trouve sans doute dans La Présomption fatale. Les Erreurs du socialisme, trad. R. Audouin, Paris, Presses Universitaires de France, 1993 [1988].
