À l’occasion du centenaire de la naissance de Frantz Fanon, né le 20 juillet 1925 à Fort-de-France (Martinique) et mort le décembre 1961, Contretemps vous offre une compilation des articles que nous avons publiés au cours des quinze dernières années sur sa pensée et sa pratique politiques, inscrites dans la lutte de libération menée héroïquement par le peuple algérien et, plus largement, par les peuples colonisés.
Connu notamment pour ses livres Peau noire, masques blancs, et peut-être surtout Les Damnés de la terre, mort malheureusement jeune, Frantz Fanon est longtemps resté dans la gauche révolutionnaire occidentale, et notamment française, une figure davantage célébrée que véritablement lue.
Heureusement, une nouvelle génération de militant·es antiracistes et d’intellectuels anticoloniaux ou décoloniaux a fait revivre son héritage, non seulement en étudiant et diffusant sa pensée, mais en cherchant à prolonger sa pratique politique, dans les combats contemporains contre l’impérialisme et le racisme colonial ou postcolonial, en particulier l’islamophobie.
En restituant sa pensée, en donnant à voir l’imbrication entre le théoricien et le militant, en confrontant Fanon à d’autres penseurs (Bourdieu et Gramsci), nous espérons que ces textes permettront à nos lecteurs·rices de découvrir ou retrouver Fanon, non seulement comme analyste lumineux du racisme et théoricien de la contre-violence des opprimé·es (face à la violence systémique du colonialisme et du racisme), mais aussi comme stratège révolutionnaire.