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Le travail du sexe en ligne : entre exploitation numérique et criminalisation
7 octobre 2026

Le travail du sexe en ligne : entre exploitation numérique et criminalisation


À l’heure où la proposition de loi relative aux violences sexistes et sexuelles, discutée cette semaine, entend étendre certaines dispositions pénales aux services sexuels virtuels, Thierry Schaffauser analyse le télétravail du sexe comme un laboratoire du néolibéralisme numérique, où les aspirations à l’émancipation se heurtent à de nouvelles formes d’exploitation et de contrôle.

L’article 25 de la proposition de loi dite « intégrale », est discuté cette semaine tandis le développement des plateformes numériques a profondément transformé l’industrie pornographique et le travail du sexe, en favorisant l’essor d’une autoproduction à domicile qui promet davantage d’autonomie et de sécurité. Mais cette indépendance apparente a pour envers l’isolement, la mise en concurrence et une dépendance accrue aux plateformes et à leurs algorithmes.

L’article 25 vise à redéfinir le proxénétisme, et par extension la prostitution, pour l’étendre au télétravail sexuel en ligne, notamment au TDS en webcam, alors que jusqu’à présent toutes les jurisprudences rappelaient la nécessité d’un contact physique avec un client. Sachant que le consentement des travailleurSEs du sexe est considéré inopérant, cela aura des conséquences importantes en matière de criminalisation, discriminations, et en particulier, le blocage de tout recours possible en matière de droit du travail, puisque la qualification de proxénétisme, déplace tout vers le droit pénal, empêchant par exemple toute possibilité de requalification salariale, protection sociale, recours prud’hommaux, etc.

***

À l’heure où les frontières entre travail, intimité et technologie s’effacent, le télétravail du sexe (TTDS) s’impose comme un laboratoire avancé des mutations du capitalisme contemporain. Loin d’échapper aux rapports de domination, l’essor de l’autoproduction pornographique sur les plateformes numériques (OnlyFans, MYM, et autres plateformes de webcamming) illustre à quel point le néolibéralisme sait coloniser les aspirations à l’émancipation. Pour le comprendre, croisons la critique des affects de Frédéric Lordon, l’analyse du capitalisme de surveillance de Shoshana Zuboff, et les grilles de lecture du féminisme matérialiste. C’est précisément ce secteur et ses équilibres précaires que menace aujourd’hui l’arsenal répressif de l’État sécuritaire, à l’instar des dispositions de la proposition de loi anti VSS (PPL 3106) ciblant le travail sexuel virtuel (articles1&25)1.

Le désir et le capitalisme de contrôle numérique

Lordon montre que le capitalisme ne s’impose pas seulement par la matraque ou la contrainte externe, mais par l’enrôlement des affects. Le système séduit les individus en nourrissant leur désir d’autonomie, de créativité et de liberté d’entreprendre. Dans le capitalisme de surveillance, Shoshana Zuboffdécrit comment l’écosystème numérique ne se contente pas d’héberger des activités. Il extrait, analyse, et monétise l’expérience humaine sous forme de données comportementales. Couplé aux politiques sécuritaires, ce modèle prospère sur la mise en place d’une infrastructure de contrôle, de traçage et de censure algorithmique (à l’instar de la loi étatsunienne FOSTA-SESTA qui criminalise le travail sexuel en ligne au nom de la lutte contre la traite) et qui s’attaque aux libertés en ligne. Les approches féministes (les travaux sur le care et le travail émotionnel) rappellent que cette économie repose sur une injonction genrée. La marchandisation de l’empathie, de l’écoute, et de l’intimité, industrialise des dispositions que le patriarcat exigeait traditionnellement gratuitement des femmes.

Ce cadre théorique trouve une illustration saisissante dans les mutations profondes de l’industrie pornographique, passant d’un modèle de production centralisé à une logique d’auto-entrepreneuriat atomisée. Comme le met en lumière le documentaire Pornocracy d’Ovidie, l’industrie a basculé d’une production encadrée par des studios traditionnels (type Dorcel ou J&M) vers un nouveau modèle économique où le profit se génère davantage via la distribution des sites dits « tubes », y compris en diffusant des contenus volés ou piratés, ou bien des clips offerts par les sites cherchant à s’attirer du flux. Puisque l’accès est gratuit, c’est la publicité, en particulier des plateformes de webcam type Live Jasmine qui assure la rentabilité. C’est ce contexte qui conduit à délaisser progressivement les modes de production classique moins rémunérateurs, pour aller vers une autoproduction généralisée où chaque travailleurSE gère sa propre création de contenus depuis chez soi.

Ce modèle a rencontré un succès immense, s’accélérant à la faveur de la crise du COVID-19, car il semblait offrir un double avantage décisif : la promesse d’une totale indépendance (choisir ses horaires, fixer ses prix, s’affranchir des réalisateurs abusifs) et, surtout après les scandales de violences sexuelles impliquant les sous-traitants French Bukkake et autres, un sentiment de sécurité physique inédit, l’activité ne nécessitant aucun contact corporel direct avec un client ou des partenaires non choisis. Cependant, c’est précisément dans cette configuration que se noue le piège néolibéral décrit par Frédéric Lordon. Le système capture le désir d’émancipation en le pliant à une forme extrême d’individualisation.

Masturbation = viol ? La solitude interactive et le capitalisme de l’écran

Le télétravail du sexe en ligne repose sur une étrange chorégraphie de la solitude. D’un côté, la créateuRICE se filme seulE chez elle (ou fait semblant d’interagir) ; de l’autre, le client se masturbe seul derrière son écran. Cette transaction intime à distance, bien qu’exonérée des risques de violences physiques potentiels du travail sexuel en contact physique, consacre une hyper-individualisation de la production. Vouloir amalgamer ces pratiques virtuelles à des violences sexuelles, un « viol tarifé », ou à du « proxénétisme en ligne », comme le suggèrent les discours prohibitionnistes, revient à plaquer une absurdité morale sur une réalité où le rapport de force a muté. Pourtant, cette configuration individualisée sert à merveille les intérêts du néolibéralisme.

Comme le relate avec justesse le documentaire de Carmina et Prune TTDS, le passage au télétravail du sexe casse les dynamiques traditionnelles de solidarité. Contrairement aux formes traditionnelles de travail sexuel, avec possibilités de coopératives, d’entraide et solidarité directe, ou aux espaces de travail collectifs où les travailleurSEs du sexe pouvaient s’organiser, échanger des conseils de sécurité ou politiser leurs conditions, le TTDS confine chacunE chez soi, derrière sa webcam.

Dans cette économie du click et de l’attention gérée par des algorithmes opaques, les travailleurSEs ne sont plus des collègues partageant un lieu de travail, mais des concurrentEs sur un marché saturé. ChacunE doit faire son propre personal branding et rentabiliser son image 24h/24. L’illusion de la maîtrise totale de son outil de travail masque ainsi une aliénation d’un type nouveau. En plus de l’isolement, les télétravailleurSEs doivent mobiliser leurs affects et mettre en scène chaque aspect de la vie, du lever au coucher, jusqu’aux loisirs et vacances auparavant séparées du temps de travail. Iels sont moins souvent syndiquéEs, davantage privéEs de la force politique du collectif, devenant des proies d’autant plus vulnérables face aux arbitraires des plateformes et, désormais, aux coups de l’État sécuritaire.

L’État sécuritaire en renfort du capitalisme

Plutôt que de reconnaître cette réalité pour ce qu’elle est, à savoir un travail numérique précaire nécessitant des droits, une protection sociale et des voies de requalification salariale, l’État français s’inscrit dans une dérive prohibitionniste et sécuritaire destructrice. Comme le dénonce avec force le STRASS (Syndicat du Travail Sexuel) dans son interpellation des parlementaires au sujet de la proposition de loi (PPL 3106) relative aux VSS (notamment ses articles 1 et 25)2, la réponse publique aggrave dramatiquement la situation.

Vouloir élargir l’infraction de proxénétisme aux contenus et services sexuels virtuels à distance relève d’un contresens total. Comme l’a rappelé la jurisprudence et l’avis prudent du Conseil d’État, il n’y a pas de « prostitution » sans contact corporel. Assimiler des interactions numériques consenties à des violences sexuelles (article 1) invalide arbitrairement le consentement et nie l’agentivité des travailleurSEs.

En pénalisant l’activité sous couvert de protection, les politiques proposées ferment la porte à toute prétention au droit du travail, à la protection sociale, et aux recours prud’hommaux. Déjà confrontéEs à des fermetures de comptes bancaires arbitraires et à une censure en ligne massive, les travailleurSEs du sexe voient, encore une fois, l’exercice de leur travail entravé. Plutôt que de lutter contre les véritables abus ou la grande précarité, l’État se mue en censeur. En jetant les créateurICEs dans une clandestinité forcée et en favorisant la fuite des données personnelles, ces lois ne résolvent rien de l’exploitation. Au contraire, elles jettent dans les bras de plateformes étrangères peu scrupuleuses des personnes privées de tout recours légal.

Conclusion

Analyser le TTDS à travers le prisme conjugué de Lordon, de Zuboff et du féminisme matérialiste met en lumière un piège redoutable : sous couvert de modernité entrepreneuriale, le néolibéralisme numérique a individualisé l’exploitation en flattant les désirs d’autonomie, avant que l’État sécuritaire ne vienne achever d’asphyxier les travailleurSEs du sexe par la censure et la criminalisation. Pour contrer cette double peine, l’urgence démocratique et sociale n’est pas à la répression morale, mais à l’écoute des concernéEs, à la garantie de leurs droits fondamentaux et à la reconnaissance pleine et entière du travail sexuel en ligne comme un travail digne de protection.

7 octobre 2026

Le travail du sexe en ligne : entre exploitation numérique et criminalisation

À l’heure où la proposition de loi relative aux violences sexistes et sexuelles, discutée cette semaine, entend étendre certaines dispositions pénales aux services sexuels virtuels, Thierry Schaffauser analyse le télétravail du sexe comme un laboratoire du néolibéralisme numérique, où les aspirations à l’émancipation se heurtent à de nouvelles formes d’exploitation et de contrôle.

L'article 25 de la proposition de loi dite « intégrale », est discuté cette semaine tandis le développement des plateformes numériques a profondément transformé l’industrie pornographique et le travail du sexe, en favorisant l’essor d’une autoproduction à domicile qui promet davantage d’autonomie et de sécurité. Mais cette indépendance apparente a pour envers l’isolement, la mise en concurrence et une dépendance accrue aux plateformes et à leurs algorithmes.

L’article 25 vise à redéfinir le proxénétisme, et par extension la prostitution, pour l'étendre au télétravail sexuel en ligne, notamment au TDS en webcam, alors que jusqu'à présent toutes les jurisprudences rappelaient la nécessité d'un contact physique avec un client. Sachant que le consentement des travailleurSEs du sexe est considéré inopérant, cela aura des conséquences importantes en matière de criminalisation, discriminations, et en particulier, le blocage de tout recours possible en matière de droit du travail, puisque la qualification de proxénétisme, déplace tout vers le droit pénal, empêchant par exemple toute possibilité de requalification salariale, protection sociale, recours prud'hommaux, etc.

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À l'heure où les frontières entre travail, intimité et technologie s'effacent, le télétravail du sexe (TTDS) s'impose comme un laboratoire avancé des mutations du capitalisme contemporain. Loin d'échapper aux rapports de domination, l'essor de l'autoproduction pornographique sur les plateformes numériques (OnlyFans, MYM, et autres plateformes de webcamming) illustre à quel point le néolibéralisme sait coloniser les aspirations à l'émancipation. Pour le comprendre, croisons la critique des affects de Frédéric Lordon, l'analyse du capitalisme de surveillance de Shoshana Zuboff, et les grilles de lecture du féminisme matérialiste. C'est précisément ce secteur et ses équilibres précaires que menace aujourd'hui l'arsenal répressif de l'État sécuritaire, à l'instar des dispositions de la proposition de loi anti VSS (PPL 3106) ciblant le travail sexuel virtuel (articles1&25)1.

Le désir et le capitalisme de contrôle numérique

Lordon montre que le capitalisme ne s'impose pas seulement par la matraque ou la contrainte externe, mais par l'enrôlement des affects. Le système séduit les individus en nourrissant leur désir d'autonomie, de créativité et de liberté d'entreprendre. Dans le capitalisme de surveillance, Shoshana Zuboffdécrit comment l'écosystème numérique ne se contente pas d'héberger des activités. Il extrait, analyse, et monétise l'expérience humaine sous forme de données comportementales. Couplé aux politiques sécuritaires, ce modèle prospère sur la mise en place d'une infrastructure de contrôle, de traçage et de censure algorithmique (à l'instar de la loi étatsunienne FOSTA-SESTA qui criminalise le travail sexuel en ligne au nom de la lutte contre la traite) et qui s’attaque aux libertés en ligne. Les approches féministes (les travaux sur le care et le travail émotionnel) rappellent que cette économie repose sur une injonction genrée. La marchandisation de l'empathie, de l'écoute, et de l'intimité, industrialise des dispositions que le patriarcat exigeait traditionnellement gratuitement des femmes.

Ce cadre théorique trouve une illustration saisissante dans les mutations profondes de l'industrie pornographique, passant d'un modèle de production centralisé à une logique d'auto-entrepreneuriat atomisée. Comme le met en lumière le documentaire Pornocracy d'Ovidie, l'industrie a basculé d'une production encadrée par des studios traditionnels (type Dorcel ou J&M) vers un nouveau modèle économique où le profit se génère davantage via la distribution des sites dits « tubes », y compris en diffusant des contenus volés ou piratés, ou bien des clips offerts par les sites cherchant à s’attirer du flux. Puisque l’accès est gratuit, c’est la publicité, en particulier des plateformes de webcam type Live Jasmine qui assure la rentabilité. C’est ce contexte qui conduit à délaisser progressivement les modes de production classique moins rémunérateurs, pour aller vers une autoproduction généralisée où chaque travailleurSE gère sa propre création de contenus depuis chez soi.

Ce modèle a rencontré un succès immense, s'accélérant à la faveur de la crise du COVID-19, car il semblait offrir un double avantage décisif : la promesse d'une totale indépendance (choisir ses horaires, fixer ses prix, s'affranchir des réalisateurs abusifs) et, surtout après les scandales de violences sexuelles impliquant les sous-traitants French Bukkake et autres, un sentiment de sécurité physique inédit, l'activité ne nécessitant aucun contact corporel direct avec un client ou des partenaires non choisis. Cependant, c'est précisément dans cette configuration que se noue le piège néolibéral décrit par Frédéric Lordon. Le système capture le désir d'émancipation en le pliant à une forme extrême d'individualisation.

Masturbation = viol ? La solitude interactive et le capitalisme de l'écran

Le télétravail du sexe en ligne repose sur une étrange chorégraphie de la solitude. D'un côté, la créateuRICE se filme seulE chez elle (ou fait semblant d'interagir) ; de l'autre, le client se masturbe seul derrière son écran. Cette transaction intime à distance, bien qu'exonérée des risques de violences physiques potentiels du travail sexuel en contact physique, consacre une hyper-individualisation de la production. Vouloir amalgamer ces pratiques virtuelles à des violences sexuelles, un « viol tarifé », ou à du « proxénétisme en ligne », comme le suggèrent les discours prohibitionnistes, revient à plaquer une absurdité morale sur une réalité où le rapport de force a muté. Pourtant, cette configuration individualisée sert à merveille les intérêts du néolibéralisme.

Comme le relate avec justesse le documentaire de Carmina et Prune TTDS, le passage au télétravail du sexe casse les dynamiques traditionnelles de solidarité. Contrairement aux formes traditionnelles de travail sexuel, avec possibilités de coopératives, d’entraide et solidarité directe, ou aux espaces de travail collectifs où les travailleurSEs du sexe pouvaient s'organiser, échanger des conseils de sécurité ou politiser leurs conditions, le TTDS confine chacunE chez soi, derrière sa webcam.

Dans cette économie du click et de l'attention gérée par des algorithmes opaques, les travailleurSEs ne sont plus des collègues partageant un lieu de travail, mais des concurrentEs sur un marché saturé. ChacunE doit faire son propre personal branding et rentabiliser son image 24h/24. L'illusion de la maîtrise totale de son outil de travail masque ainsi une aliénation d'un type nouveau. En plus de l’isolement, les télétravailleurSEs doivent mobiliser leurs affects et mettre en scène chaque aspect de la vie, du lever au coucher, jusqu’aux loisirs et vacances auparavant séparées du temps de travail. Iels sont moins souvent syndiquéEs, davantage privéEs de la force politique du collectif, devenant des proies d'autant plus vulnérables face aux arbitraires des plateformes et, désormais, aux coups de l'État sécuritaire.

L'État sécuritaire en renfort du capitalisme

Plutôt que de reconnaître cette réalité pour ce qu'elle est, à savoir un travail numérique précaire nécessitant des droits, une protection sociale et des voies de requalification salariale, l'État français s'inscrit dans une dérive prohibitionniste et sécuritaire destructrice. Comme le dénonce avec force le STRASS (Syndicat du Travail Sexuel) dans son interpellation des parlementaires au sujet de la proposition de loi (PPL 3106) relative aux VSS (notamment ses articles 1 et 25)2, la réponse publique aggrave dramatiquement la situation.

Vouloir élargir l'infraction de proxénétisme aux contenus et services sexuels virtuels à distance relève d'un contresens total. Comme l'a rappelé la jurisprudence et l'avis prudent du Conseil d'État, il n'y a pas de « prostitution » sans contact corporel. Assimiler des interactions numériques consenties à des violences sexuelles (article 1) invalide arbitrairement le consentement et nie l'agentivité des travailleurSEs.

En pénalisant l'activité sous couvert de protection, les politiques proposées ferment la porte à toute prétention au droit du travail, à la protection sociale, et aux recours prud'hommaux. Déjà confrontéEs à des fermetures de comptes bancaires arbitraires et à une censure en ligne massive, les travailleurSEs du sexe voient, encore une fois, l’exercice de leur travail entravé. Plutôt que de lutter contre les véritables abus ou la grande précarité, l'État se mue en censeur. En jetant les créateurICEs dans une clandestinité forcée et en favorisant la fuite des données personnelles, ces lois ne résolvent rien de l'exploitation. Au contraire, elles jettent dans les bras de plateformes étrangères peu scrupuleuses des personnes privées de tout recours légal.

Conclusion

Analyser le TTDS à travers le prisme conjugué de Lordon, de Zuboff et du féminisme matérialiste met en lumière un piège redoutable : sous couvert de modernité entrepreneuriale, le néolibéralisme numérique a individualisé l'exploitation en flattant les désirs d'autonomie, avant que l'État sécuritaire ne vienne achever d'asphyxier les travailleurSEs du sexe par la censure et la criminalisation. Pour contrer cette double peine, l'urgence démocratique et sociale n'est pas à la répression morale, mais à l'écoute des concernéEs, à la garantie de leurs droits fondamentaux et à la reconnaissance pleine et entière du travail sexuel en ligne comme un travail digne de protection.

Direction de la publication : Fanny Gallot & Ugo Palheta. ISSN : 2496-5146

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