Mardi 21 janvier : « URSS : vingt ans de nouvelles archives – Regards historiens sur le stalinisme aujourd’hui. »

Conférence avec Alain Blum, historien ; suivie d’une lecture avec Hervé Dubourjal, metteur en scène et comédien.

Mardi 21 janvier, à 19 heures, au Lieu-Dit : 6 rue Sorbier, 75020 Paris (métro Ménilmontant ou Gambetta). 

 

Alain Blum compte parmi ces historiens français qui ont tiré parti de l’ouverture des archives pour comprendre les mécanismes qui furent à l’œuvre en URSS. Il a profondément renouvelé la compréhension de la Grande Terreur des années 1937-1938, en s’attachant en particulier au sort qui a été celui des statisticiens et des démographes. Il est directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales.

La question de l’URSS et du stalinisme a soulevé les passions dans toute la gauche avant de s’estomper avec la chute du Mur. Et pourtant l’ouverture des archives permet de mieux comprendre ce qui s’est passé après la révolution d’octobre 1917, puis la prise de pouvoir par Staline, l’élimination de toutes les oppositions et les crimes de masse. La connaissance que nous avons de la Grande Terreur des années 1937-1938 n’est désormais plus seulement fondée sur les récits des victimes mais aussi sur la documentation produite par la chaîne bureaucratique des responsables politiques et policiers, y compris les textes secrets de Staline lui-même. « 1933 [année de la grande famine à l’origine de 6 millions de morts] et 1937 sont des dates cruciales dans l’établissement de la dictature de Staline, marquée par la violence de la collectivisation, l’échec économique et les catastrophes démographiques et sociales qui suivirent » écrit Alain Blum dans L’Anarchie bureaucratique. Pouvoir et statistique sous Staline (en collaboration avec Martine Mespoulet. La Découverte. 2003). Il a aussi montré comment le goulag a touché tous les peuples européens, en particulier les Baltes, les Allemands, les Polonais. « Ce drame humain est recouvert par un épais silence », note-t-il. Il est donc temps de reprendre le débat. On ne sortira pas de cette période terrible par une amnésie générale mais, au contraire, par un effort de clairvoyance. Analyser ce qui s’est passé en URSS reste un enjeu essentiel pour tous ceux qui veulent sortir du capitalisme.

 

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