La notion de « techno-féodalisme » proposée par Cédric Durand et Yanis Varoufakis suscite un vaste débat au sein des économistes hétérodoxes et des chercheurs en sciences sociales. Contretemps y a déjà consacré plusieurs publications (ici, ici et ici).
Dans cette contribution d’abord publiée par la revue Catalyst, l’économiste et philosophe Nicholas Vrousalis s’oppose à l’idée selon laquelle le mode de production capitaliste serait en voie d’être remplacé par un autre mode de production, moins productif mais reposant sur une modalité nouvelle et un niveau supérieur d’exploitation, le « techno-féodalisme » dans la terminologie de Durand et Varoufakis.
Selon Vrousalis, cette notion repose sur des hypothèses peu plausibles concernant la constitution des classes, le statut des utilisateurs de plateformes numériques et les sources d’extraction de la rente et des profits. En réalité, le techno-féodalisme n’est qu’une forme du mode de production capitaliste dont il confirme la vitalité et l’incessante transformation interne.
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Le récit techno-féodal
Le concept de techno-féodalisme évoque des images d’un monde à la Mad Max, dans lequel des seigneurs féodaux contrôlent les capacités de travail des serfs à travers une combinaison de coercition directe et de contrôle sur un actif productif extrêmement rare. Les économistes Cédric Durand et Yanis Varoufakis proposent des versions plus tempérées de cette idée.
Leur récit se présente globalement ainsi. Les « techno-féodaux » sont des capitalistes dont le pouvoir repose sur le contrôle et l’appropriation de données (data), à l’instar d’Amazon, de Facebook ou de Google. Grâce à leur propriété privée sur le cloud, ces géants de la Tech se sont appropriés l’essentiel de l’espace numérique nécessaire à nos activités : travail, communication, déplacements, organisation collective. Par cette maîtrise, ils peuvent extraire des rentes massives des utilisateurs de leurs technologies de plateforme et des capitalistes qui gagnent de l’argent en prescrivant des applications vendues dans leurs fiefs numériques.
À cette structure de propriété correspondent deux classes de travailleu.r.ses: les prolos du cloud et les serfs du cloud. Les prolos sont les travailleu.r.ses sans propriété, exploités via l’usage d’algorithmes — pensons à Uber, Lyft, Grubhub. Selon Varoufakis, cela contraste avec « la conversion de milliards d’entre nous en serfs consentants du cloud, volontaires pour travailler gratuitement afin de reproduire le capital du cloud au bénéfice de ses propriétaires ». Le capital du cloud exploite ainsi à la fois le ou la prolo du cloud (son employé.e ou sous-traitant.e) et le serf du cloud (le ou la consommat.eur.ice).
Ce développement a été impulsé, selon ces auteurs, par la panique des banques centrales. Après la récession de 2007–2008, la Réserve fédérale étatsunienne et la Banque centrale européenne ont augmenté la masse monétaire et abaissé les taux d’intérêt. Cet afflux massif de capitaux a fini dans les mains des capitalistes du cloud, gonflant leur valeur nette et leur permettant d’accéder à des superprofits constants. En remplaçant le profit par la rente du cloud, le techno-féodalisme aurait « tué le capitalisme » et l’aurait remplacé par quelque chose de moins productif et de plus parasitaire. C’est ainsi du moins que l’histoire nous est contée.
Ce récit saisit un ensemble de faits stylisés importants : la transformation du capitalisme post-2008 en Europe et aux États-Unis en un système rentier généralisé du fait du déplacement de l’investissement productif à la recherche du profit[1] ; la persistance d’investissements inefficaces dans les énergies fossiles qui brûlent la planète[2] ; l’assaut systématique contre la propriété publique et ce qui reste de l’État social ; la domination montante de la finance et des Big Tech sur l’économie mondiale ; et la dérive oligarchique concomitante vers un monde de plus en plus militarisé. Tout cela semble aller dans le sens de l’idée de techno-féodalisme.
Si l’hypothèse techno-féodale est juste, alors la politique de gauche ne porte plus fondamentalement sur le privilège de classe ni sur la construction d’une coalition de partis, de syndicats et d’organisations multiraciales de la classe travailleuse pour neutraliser le pouvoir capitaliste et construire un socialisme démocratique. Elle consisterait plutôt à former une coalition avec certains capitalistes contre nos nouveaux maîtres techno-féodaux.
Pourquoi l’hypothèse du techno-féodalisme ne tient pas
Malheureusement, le cadre analytique du techno-féodalisme ne tient pas. S’il est erroné, alors son prolongement politique l’est aussi. Je me concentre ici sur trois affirmations centrales des promoteurs de l’hypothèse techno-féodale :
- En marchandisant l’attention de leurs utilisateurs, les plateformes numériques exploitent ces utilisateurs. Donc tous les usagers du cloud sont des « serfs du cloud ».
- Du fait de la rentiérisation massive de la production, les capitalistes du cloud n’agissent plus comme des capitalistes, mais comme une nouvelle classe : les « cloudalistes ».
- Les cloudalistes peuvent, grâce à une combinaison de corruption politique et d’argent bon marché, préserver leur domination sans détruire complètement la base de la reproduction capitaliste.
Aucune de ces affirmations n’est tenable.
Je commence par la première. Je ne conteste pas la prémisse — à savoir que les plateformes numériques marchandisent l’attention. Mais la marchandisation de l’attention n’implique pas l’exploitation. Et certainement pas que les utilisateurs soient des serfs.
Prenons d’abord l’inférence entre marchandisation et exploitation. Varoufakis insiste : « chez une entreprise comme Meta, une grande partie de son stock de capital est produite non par ses employé.e.s, mais par ses utilisateurs dans la société en général — par des personnes non rémunérées qui, comme des “serfs du cloud” modernes, entrent en contact avec ses algorithmes et travaillent gratuitement pour accroître leur capacité à attirer d’autres serfs du cloud ».[3] Mais l’attention n’est pas une activité productive ; mon activité sur Facebook ne constitue pas un travail.
Penchons-nous sur cette analogie. L’attention portée par un propriétaire d’esclaves au travail de son esclave n’ajoute rien à son capital, même si ce capital se compose de photographies du propriétaire observant l’esclave. L’attention du propriétaire peut être marchandisée lorsque sa photo est vendue. Mais il ne s’ensuit pas que le maître d’esclaves effectue un travail non rémunéré pour ceux qui vendent la photo – c’est donc une erreur de le penser. Contrairement à ce qu’affirme Varoufakis, le vol d’attention n’est pas un vol de travail.
Il existe, de plus, une distinction importante entre vol et exploitation. Une transaction est à somme nulle si les gains qui font suite à la transaction pour l’un des agents sont égaux aux pertes subies par l’autre ; elle est positive si les gains l’emportent sur les pertes. Ces gains et ces pertes peuvent être mesurés en termes d’utilité, de biens ou monétaires. Une transaction est volontaire si et seulement si elle n’est pas le résultat d’une contrainte ou d’une coercition directe.
À partir de ces deux définitions, j’ai soutenu ailleurs[4] que le vol est nécessairement à somme nulle et involontaire, tandis que l’exploitation ne l’est pas forcément. Parfois, elle est les deux (cas de l’esclavage antique), parfois elle n’est qu’un des deux (par exemple dans le capitalisme rentier), parfois elle n’est ni l’un ni l’autre (par exemple dans le capitalisme industriel).
Dans l’esclavage antique le gain du propriétaire d’esclaves équivaut nécessairement à une perte pour l’esclave, ce qui signifie que la transaction est à somme nulle. De plus, l’esclave est soumis à une coercition directe, ce qui signifie que la transaction est involontaire. Le capitalisme industriel, en revanche, implique généralement des transactions « gagnant-gagnant » à somme positive, négociées volontairement par le biais d’un contrat de travail. Les deux modes de production reposent donc sur l’exploitation, mais de manière fondamentalement différente.
Ainsi, la marchandisation de l’attention et de l’information par le cloud n’implique pas que les utilisateur.ice.s soient exploité.e.s. Ils et elles subissent presque certainement d’autres torts — manipulation, domination, vol de données — mais ils et elles ne sont pas exploité.e.s. Seul.e.s les prolétaires du cloud le sont, par les cloudalistes.
Une autre conséquence est que nous, utilisateur.ices du cloud, ne sommes pas des serfs. En effet, il vaut la peine de clarifier cela au nom de la cohérence intellectuelle. La servitude féodale implique l’extraction forcée d’un travail non rémunéré (corvée) du producteur direct. Le capital du cloud ne procède à aucune extraction de ce type.
Certes, le terme « féodalisme » désigne un mode de production qui dépasse la seule servitude. Les rentes féodales tardives, par exemple, n’étaient plus extraites sous forme de corvée : elles étaient généralement monétarisées. Mais le paysan féodal tardif n’avait aucune mobilité du travail, aucun accès libre au marché du travail, et les seigneurs pouvaient, en principe, extraire la rente par la force. Aucun cloudaliste ne peut défoncer ma porte pour exiger une rente. L’analogie féodale est donc trompeuse.
Qu’en est-il de la deuxième affirmation : les cloudalistes seraient-ils une nouvelle classe ? Il s’agit d’un non sequitur [i.e. une conclusion qui ne découle pas des prémisses posées].
Capital, rente et propriété
Les économistes progressistes s’accordent sur un point : depuis la fin des années 1990, le capitalisme est devenu de plus en plus financiarisé — ou, mieux dit, rentierisé. La prophétie de John Maynard Keynes selon laquelle de faibles taux d’intérêt conduiraient à « l’euthanasie du rentier » ne s’est pas réalisée. Nous avons au contraire assisté à une explosion du rentiérisme, alimentée en partie par l’argent bon marché et les taux d’intérêt bas.
Durand et Varoufakis soulignent la hausse spectaculaire de la capitalisation boursière grâce aux rachats d’actions et aux produits dérivés sur les marchés financiers ; Varoufakis, citant Warren Buffett, a raison de qualifier ces instruments d’« armes de potentielle destruction financière massive ».
Mais rien de tout cela n’implique que les capitalistes du cloud constituent désormais un autre type de classe. Ils restent une classe caractérisée par la propriété privée d’actifs productifs rares. Cette propriété sur les actifs leur donne légalement droit au surproduit matériel, et, ce faisant, leur confère un pouvoir de contrôle sur les capacités de travail de ceux qui n’ont que cela à vendre et, par extension, sur l’exercice même de ces capacités — c’est-à-dire l’activité de travail. Toutefois, ce contrôle sur l’activité de travail passe toujours par le contrôle sur le produit net, et non, comme sous le féodalisme, par la coercition directe.
Il existe, je pense, une meilleure manière de penser le rentiérisme des Big Tech, qui s’appuie sur des outils méthodologiques plus classiques. Karl Marx opère une distinction bien connue entre le capitaliste comme propriétaire et le capitaliste comme fonction. Dans le premier rôle, le capitaliste perçoit un revenu du fait de sa propriété sur un actif productif. Dans le second, il organise la production à l’aide de cet actif. Le capitaliste peut donc, simultanément, organiser la production pour en extraire un profit et extraire une rente non productive liée à la propriété de ces actifs.
Un exemple évident de cette distinction est Apple. Apple tire plus de la moitié de ses revenus de la vente de téléphones et d’ordinateurs ; environ un tiers seulement provient de son App Store. Dans son premier rôle, Apple représente le capitaliste comme fonction[5]; dans le second, le capitaliste comme propriétaire. De nombreux critiques du techno-féodalisme ont souligné que les Big Tech investissent des milliards dans la R&D et dans leurs propres produits. Amazon, par exemple, a commencé à produire ses propres films. Là encore, il s’agit du capital comme fonction.[6]
Durand et Varoufakis font tous deux référence à la théorie marxienne de la rente foncière, qui vise à expliquer le déclin de la rente comme part du revenu total sous le capitalisme. Marx partage avec David Ricardo l’idée que, sous certains postulats rudimentaires, le capitalisme conduit à l’obsolescence du propriétaire foncier, tout comme il conduit à l’obsolescence du capitaliste. Mais cette théorie est compatible avec l’absence d’une classe foncière distincte. En effet, les capitalistes peuvent en venir à posséder eux-mêmes la terre qu’ils utilisent pour s’approprier le produit net, qu’ils mobilisent ensuite pour exploiter un salariat dépossédé, ce qui est le corollaire de la distinction entre capital comme fonction et capital comme propriété.[7]
L’implication est évidente : si l’espace numérique peut être analysé de manière analogue, alors la théorie marxienne de la rente se prête à l’analyse du rentiérisme numérique. Ainsi, les capitalistes du cloud qui tirent profit de l’écart entre les prix de marché et les prix de production de marché extraient une rente absolue et sont des rentiers absolus. Ceux qui vivent des différences de degré d’utilisation du capital entre entreprises sont des rentiers différentiels⁸.
Ces rentes ne s’excluent pas mutuellement, puisqu’un capitaliste peut être à la fois rentier absolu et rentier différentiel dans sa position de propriétaire.[8] Durand complète cette analyse par la théorie de l’appropriation prédatrice de Thorstein Veblen. C’est un complément bienvenu à la théorie marxienne, mais qui n’implique pas que cette structure prédatrice émergente soit un « nouveau mode de production », comme Durand le suggère.
Enfin, il existe une limite supérieure au rentiérisme. C’est ce qui nous ramène à la troisième affirmation. Les partisans de l’hypothèse techno-féodale pensent que les cloudalistes peuvent, grâce à une combinaison de corruption politique et d’argent bon marché, préserver leur domination sans détruire complètement la base de la reproduction capitaliste. Mais cela est impossible : si les rentes et les profits sont inversement liés, il arrivera un point où les capitalistes producteurs d’applications ne réaliseront plus un profit acceptable. Ils cesseront alors de produire des applications, et les capitalistes du cloud perdront leurs rentes.
Bien sûr, l’argent bon marché, la corruption politique, les interdictions d’activité syndicale, la militarisation croissante de la production, voire le fascisme pur et simple, pourraient maintenir à flot les capitalistes du cloud pendant quelques années. Au moins certaines de ces orientations semblent figurer au programme de Donald Trump. Mais aucune ne restaurera la rentabilité de long terme du capital productif, qui est la source des rentes des capitalistes du cloud (dans leur rôle de propriétaires). Augmenter indéfiniment leurs rentes reviendrait à scier la branche sur laquelle ils sont assis.
Une hypothèse plus plausible est la théorie du robinet : toutes choses égales par ailleurs, lorsque l’argent est bon marché, les cloudalistes se tournent vers la rente et comptent moins sur le profit ; lorsque l’argent est cher, ils délaissent la rente au profit de l’investissement productif. Pendant tout ce temps, leurs décisions dépendent largement du coût du travail. Si l’argent est cher et les salaires en hausse, ils investiront dans des technologies économisant le travail (robots, IA, etc.) ; si les salaires stagnent, ils embaucheront davantage de travailleur·ses.
La notion de techno-féodalisme est donc superflue, puisque nous pouvons rendre compte des faits stylisés qu’elle vise à saisir à l’aide de la bonne vieille analyse de classe. Elle est aussi incohérente, car elle n’offre aucune explication à la survie à long terme du capital du cloud.
Cependant, il existe une connexion importante entre féodalisme et Big Tech que Durand et Varoufakis mentionnent à peine. Il s’agit de l’affinité idéologique entre un ethos féodal et le techno-libertarianisme qui imprègne la Silicon Valley.
En tant que théorie de l’État, une grande partie du libertarianisme états-unien contemporain repose sur l’idée que tout pouvoir politique découle du pouvoir privé – c’est-à-dire de la somme de la propriété privée et du contrat. C’est une idée féodale, dans la mesure où l’idéologie féodale ne reconnaît que le pouvoir privé comme source de légitimité. L’idée contraire, celle d’un pouvoir public agissant exclusivement au nom de citoyen·nes libres et égaux·les, est une innovation de la modernité[9].
Compte tenu de son adhésion à cette forme de libertarianisme, la Big Tech est idéologiquement alignée sur une conception féodale de l’État, ce qui explique sa méfiance envers la démocratie, son penchant pour une forme d’ « anarchisme propriétaire » et son goût pour Friedrich Nietzsche et Ayn Rand.[10] Mais ces affinités sont communes à l’ensemble du libertarianisme de cette obédience, et pas seulement au techno-libertarianisme.
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Article publié dans la revue Catalyst, vol. 9, n° 1 (2025). Traduit de l’anglais pour Contretemps par Christian Dubucq avec la collaboration de Stathis Kouvélakis et de l’auteur.
Notes
[1] Les prêts hypothécaires représentent aujourd’hui plus de 70 % du PIB dans les dix-sept économies les plus riches du monde, tandis que les dividendes financés par l’endettement des propriétaires actuels du capital comptent pour environ 40 % de l’ensemble des dividendes versés. L’architecture financière mondiale présente ainsi, pour une large part, les traits d’une pyramide. Pour une synthèse récente, voir Mariana Mazzucato, Josh Ryan-Collins et Giorgos Gouzoulis, « Mapping modern economic rents: the good, the bad, and the grey areas », Cambridge Journal of Economics, vol. 47, n° 3, mai 2023.
[2] Les énergies renouvelables sont, du point de vue économique, au moins aussi efficaces que les énergies fossiles, mais ces dernières restent plus rentables. Voir Brett Christophers, The Price is Wrong, Londres, Verso, 2024.
[3] Yanis Varoufakis, « Quantity to Quality », Sidecar, 20 novembre 2024.
[4] Nicholas Vrousalis, Exploitation as Domination, Oxford, Oxford University Press, 2023, chap. 1.
[5] Karl Marx, Capital, Volume 3, Harmondsworth, Penguin, 1981, p. 503.
[6] L’économie néoclassique est aveugle à ces distinctions, puisqu’elle assimile toute rente à un monopole.
[7] Voir Andrea Ricci, « Unequal Exchange in the Age of Globalization », Review of Radical Political Economics, vol. 51, n° 2 (2019).
[8] Ron Baiman estime, par exemple, qu’en 2014 seulement, Facebook a pu extraire 3,8 milliards de dollars sous forme de rente absolue (« The Impact of Rent from Unequal Exchange on Shaikh’s Classical-Keynesian Political Economic Analysis: The Example of Facebook », Review of Radical Political Economics, vol. 52, n° 2, 2020). La forme ultime de rentiérisme absolu est probablement la dépendance à la position hégémonique du dollar comme monnaie mondiale. Si le dollar se dépréciait, les profits de ces rentiers — principalement les firmes de Wall Street — s’évaporeraient.
[9] Voir Samuel Freeman, « Illiberal Libertarians: Why Libertarianism Is Not a Liberal View », Philosophy and Public Affairs, vol. 30, n° 2 (printemps 2001).
[10] Ayn Rand (1905-1982) est une philosophe et écrivaine étatsunienne d’origine russe. Ses ouvrages, en particulier ces romans philosophiques tels que La Grève (Atlas Shrugged), La Source vive (The Fountainhead) ou Nous, les vivants (We the Living), ont connu un énorme succès commercial aux Etats-Unis et sont des références majeures pour les mouvances libertariennes [NdT].
