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Douze observations sur le référendum italien et la victoire du Non
16 avril 2026

Douze observations sur le référendum italien et la victoire du Non


Giorgia Meloni a récemment perdu son référendum visant à soumettre le système judiciaire au pouvoir politique. On ne peut comprendre cette défaite inattendue sans mettre l’accent sur les mobilisations populaires qui se sont développées ces dernières années, en particulier du côté de la jeunesse en solidarité avec les Palestinien·nes, qui ont fait de ce référendum une véritable bataille politique.

À la surprise de la plupart des observateurs médiatiques, et de la cheffe de l’exécutif elle-même qui en a été l’initiatrice, le « non » l’a nettement emporté lors du référendum des 22 et 23 mars derniers en Italie.

Son enjeu était en apparence limité : une réforme judiciaire qui entendait séparer la carrière des juges et celle des procureurs et modifier le fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature. En réalité, il traduisait les efforts que la droite italienne entreprend de longue date pour mettre au pas le pouvoir judiciaire, qu’elle perçoit comme une entrave à sa politique. Au-delà se dessinait la perspective de modifications plus profondes de la Constitution, considérée comme l’une des plus démocratiques d’Europe et qui porte l’empreinte de l’unité des forces antifascistes qui a présidée à sa rédaction.

Le camouflet essuyé par Giorgia Meloni, en tête depuis octobre 2022 d’une coalition gouvernementale de la droite et de l’extrême droite, dont elle est elle-même la figure de proue, marque un tournant de la situation politique dans la péninsule. Loin de se limiter à une saute d’humeur dans les urnes, il révèle les tendances profondes qui traversent la société italienne, et qui se sont notamment manifestées par le puissant mouvement de solidarité avec la Palestine qui a secoué le pays en septembre et octobre dernier.

Ce sont ces tendances qu’analyse dans cet article Giuliano Granato, porte-parole de Potere al Popolo.

  1. Le taux de participation de 58,9% nous montre qu’être un « pays de somnambules » (selon la définition du Censis-Centro Studi Investimenti Sociali lié aux institutions publiques et à de grandes entreprises) n’est pas une fatalité, mais une tendance qui peut être renversée.
  2. Le taux de participation dans le Sud est d’environ dix points inférieur à celui du Nord. Une raison, qui devient de plus en plus structurelle, de ce décalage est souvent négligée : sur les listes électorales du Sud figurent de nombreuses personnes qui n’y vivent plus. C’est le résultat de l’émigration, de l’hémorragie de main-d’œuvre et de cerveaux : plus d’un million d’émigré·e·s depuis 2014; une perte nette de 116 000 personnes rien que pour la période 2023-2024. C’est un aspect de l’énorme « question méridionale » [une référence aux célèbres notes de Gramsci], que le projet d’autonomie différenciée ne ferait qu’aggraver.
  3. Le taux de participation chez les jeunes a été plus élevé que dans les autres tranches d’âge: selon les estimations de l’Institut Ipsos, dans la tranche des 18-28 ans, « seulement » 33% des électeurs se sont abstenus. Parmi eux, on compte également des étudiant·e·s qui étudient hors de leur lieu de résidence auxquels ce gouvernement refuse le droit de vote. L’une des mesures urgentes consiste à rendre ce droit à cette partie de la population (ainsi qu’aux travailleurs et travailleuses inscrits hors de leur lieu de résidence). Là encore, nous observons une inversion de tendance par rapport à celle observée lors des derniers scrutins. Nous sommes confrontés aux effets de l’émergence de la Génération Gaza, celle qui a manifesté contre le génocide depuis fin 2023, dans les rues et les places bondées en septembre et octobre 2025, et qui a voté aujourd’hui en masse.
  4. Pourquoi ce taux de participation élevé ? Parce qu’il ne s’agissait pas d’un référendum technique mais bien d’un scrutin politique. Celles et ceux qui sont allés voter ont compris que l’objectif n’était pas la séparation des carrières des magistrats, mais l’attaque contre la séparation des pouvoirs, avec la tentative d’accélérer la marche vers une influence et un contrôle accrus du pouvoir exécutif sur le pouvoir judiciaire. Les grands perdants de ce scrutin sont avant tout celles et ceux qui, à droite comme à gauche, ont insisté pour qu’on s’en tienne aux aspects techniques de la réforme judiciaire.
  5. Dans ce scrutin se sont affrontées des idées-forces qui remettaient en cause certains des piliers du système : le gouvernement, la magistrature, la Constitution elle-même. D’un côté, on trouve l’idée forte de la droite : pour gouverner en ces temps de crise, il faut s’en remettre à un exécutif plus fort, libéré des freins et des contrepoids, dégagé du contrôle de la magistrature, une institution considérée comme un obstacle aux projets gouvernementaux. De l’autre, il y a la défense de la Constitution, « réduite » à sa dimension démocratique, qui s’est exprimée par un « non » au gouvernement de Giorgia Meloni et à l’ensemble des initiatives que cette réforme annonçait : de l’élection au suffrage universel du président du Conseil des ministres, en l’occurrence Giorgia Meloni, à la modification de l’article 112 de la Constitution sur le caractère obligatoire de l’action pénale des procureurs [ cet article est un pilier de l’indépendance de la justice depuis 1947 : il impose une obligation stricte de poursuite lorsqu’il est informé d’une infraction, ce qui garantit l’égalité des citoyens devant la loi].
  6. Les 15 millions de votes « non » ont exprimé une sorte de « réserve » d’énergies démocratiques qui ne s’expriment pas dans la vie politique quotidienne, mais qui sont entrées en scène lors du scrutin, car ces électeur.ice.s ont estimé que le risque était grand et concret et surtout que l’expression de leur volonté comptait, contrairement à ce qui se passe lors des élections politiques où la qualité de l’offre politique est, tout compte fait, difficile à évaluer.
  7. Le «non» a également été le catalyseur du mécontentement profond qui règne dans le pays. Un mécontentement que les sondages mesurant la popularité des partis politiques ne parviennent sans doute pas à capter et qui a refait surface avec le référendum. Le « non » a été le moyen de punir un gouvernement suiviste des actions de Trump et de Netanyahou, qui fait payer à notre propre peuple un prix élevé pour les guerres et les génocides – en termes éthiques et moraux, mais aussi matériels, comme en témoigne l’envolée du coût de la vie. Un gouvernement qui n’a pas amélioré les conditions de vie matérielles des travailleurs et des travailleuses, à qui il ne promet aucune ascension sociale mais seulement qu’il s’en prendra à à celles et ceux qui sont encore plus mal lotis, afin qu’ils et elles restent au moins avant-derniers. En réalité, le pouvoir d’achat s’est effondré pendant les années du gouvernement Meloni, la désindustrialisation s’est accélérée sans qu’aucune politique industrielle ne s’oppose un tant soit peu à des multinationales comme Stellantis qui, pas à pas, démantèlent la production et les emplois.
  8. Le « non », en tant que catalyseur du mécontentement, ne se traduit pas automatiquement par un « oui » à des options alternatives à l’extrême droite. Au contraire, l’écart entre ceux qui ont voté « non » et ceux qui ont choisi le centre-gauche aux élections législatives, régionales ou européennes renvoie au fait que le bloc du « non » recouvre une large frange de la population qui ne se reconnaît tout simplement pas dans cette option. Une frange qui a aujourd’hui exprimé un « non » à Meloni et à la tentative de manipuler la Constitution, mais qui n’a probablement pas confiance dans le Parti démocrate [dirigé par Elly Schlein depuis mars 2023] ou ses alliés, et refuse de voter pour eux.
  9. Si ce référendum était politique, son résultat l’est tout autant. Lundi 23 mars après-midi, dans les rues, nous avons réclamé la démission de ce gouvernement, contrairement à certains membres du centre-gauche, de Schlein au maire de Naples [depuis octobre 2021] Gaetano Manfredi [indépendant], qui se sont au contraire empressés de déclarer que Meloni doit rester à la tête de l’exécutif et ne se guère empressés de revendiquer la nécessité de transformations urgentes et profondes.
  10. La victoire du « non » a barré la route au gouvernement Meloni, mais si l’on se cantonne à une position purement défensive, on se prépare à une future défaite. Ce n’est qu’une question de temps. En politique, comme dans la vie, on ne reste jamais immobile. Si on fait du sur place, les autres avancent. Il devient alors essentiel, sur la base de la force exprimée par le « non », de construire un projet de transformation profonde de notre pays.
  11. Un projet de transformation signifie modifier les rapports de force au profit de la majorité sociale : un salaire minimum horaire d’au moins 10 euros indexé sur l’inflation; des investissements dans les énergies renouvelables pour doter le pays d’une autonomie énergétique et ne plus dépendre des sources fossiles, qu’elles proviennent des États-Unis, du Qatar ou de l’Algérie [le 25 mars, Meloni est allée en Algérie pour « augmenter la fourniture de gaz » étant donné que le Qatar suspend ses livraisons de gaz GNL – réd.]; sortir de l’OTAN, qui n’est que le prolongement de la puissance de Washington (selon les propres termes du secrétaire de l’Alliance atlantique, Mark Rutte); un Plan logement qui, au lieu de donner de l’argent aux grands fonds immobiliers, serve à rouvrir les logements sociaux fermés et abandonnés et à augmenter l’offre du parc immobilier actuel d’au moins un million d’unités (sans consommation de sol); un système de santé national qui élimine les distorsions produites par 20 systèmes de santé régionaux, royaume du clientélisme et source d’énormes disparités entre les citoyens et citoyennes; des politiques industrielles permettant à l’Italie de rester un pays producteur en évitant le risque de se transformer en un immense parc d’attractions pour riches touristes étrangers.
  12. Avant même un programme, il faut une méthode : celle de la participation et de la mobilisation populaire, qui s’est manifestée l’automne dernier dans les rues contre la complicité italienne avec le génocide en Palestine, puis dans les urnes les 22 et 23 mars. C’est pourquoi, en tant que Potere al Popolo, nous travaillons avec les Comités pour le « Non social » en vue de l’organisation d’une assemblée nationale qui relance ces dynamiques.

*

Article publié dans le quotidien Il Fatto Quotidiano le 25 mars 2026 ; traduction de la rédaction de A l’Encontre, revue par Contretemps.

16 avril 2026

Douze observations sur le référendum italien et la victoire du Non

Giorgia Meloni a récemment perdu son référendum visant à soumettre le système judiciaire au pouvoir politique. On ne peut comprendre cette défaite inattendue sans mettre l’accent sur les mobilisations populaires qui se sont développées ces dernières années, en particulier du côté de la jeunesse en solidarité avec les Palestinien·nes, qui ont fait de ce référendum une véritable bataille politique.

À la surprise de la plupart des observateurs médiatiques, et de la cheffe de l’exécutif elle-même qui en a été l’initiatrice, le « non » l’a nettement emporté lors du référendum des 22 et 23 mars derniers en Italie.

Son enjeu était en apparence limité : une réforme judiciaire qui entendait séparer la carrière des juges et celle des procureurs et modifier le fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature. En réalité, il traduisait les efforts que la droite italienne entreprend de longue date pour mettre au pas le pouvoir judiciaire, qu’elle perçoit comme une entrave à sa politique. Au-delà se dessinait la perspective de modifications plus profondes de la Constitution, considérée comme l’une des plus démocratiques d’Europe et qui porte l’empreinte de l’unité des forces antifascistes qui a présidée à sa rédaction.

Le camouflet essuyé par Giorgia Meloni, en tête depuis octobre 2022 d’une coalition gouvernementale de la droite et de l’extrême droite, dont elle est elle-même la figure de proue, marque un tournant de la situation politique dans la péninsule. Loin de se limiter à une saute d’humeur dans les urnes, il révèle les tendances profondes qui traversent la société italienne, et qui se sont notamment manifestées par le puissant mouvement de solidarité avec la Palestine qui a secoué le pays en septembre et octobre dernier.

Ce sont ces tendances qu’analyse dans cet article Giuliano Granato, porte-parole de Potere al Popolo.

  1. Le taux de participation de 58,9% nous montre qu’être un « pays de somnambules » (selon la définition du Censis-Centro Studi Investimenti Sociali lié aux institutions publiques et à de grandes entreprises) n’est pas une fatalité, mais une tendance qui peut être renversée.
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  2. Le taux de participation dans le Sud est d’environ dix points inférieur à celui du Nord. Une raison, qui devient de plus en plus structurelle, de ce décalage est souvent négligée : sur les listes électorales du Sud figurent de nombreuses personnes qui n’y vivent plus. C’est le résultat de l’émigration, de l’hémorragie de main-d’œuvre et de cerveaux : plus d’un million d’émigré·e·s depuis 2014; une perte nette de 116 000 personnes rien que pour la période 2023-2024. C’est un aspect de l’énorme « question méridionale » [une référence aux célèbres notes de Gramsci], que le projet d’autonomie différenciée ne ferait qu’aggraver.
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  3. Le taux de participation chez les jeunes a été plus élevé que dans les autres tranches d’âge: selon les estimations de l’Institut Ipsos, dans la tranche des 18-28 ans, « seulement » 33% des électeurs se sont abstenus. Parmi eux, on compte également des étudiant·e·s qui étudient hors de leur lieu de résidence auxquels ce gouvernement refuse le droit de vote. L’une des mesures urgentes consiste à rendre ce droit à cette partie de la population (ainsi qu’aux travailleurs et travailleuses inscrits hors de leur lieu de résidence). Là encore, nous observons une inversion de tendance par rapport à celle observée lors des derniers scrutins. Nous sommes confrontés aux effets de l’émergence de la Génération Gaza, celle qui a manifesté contre le génocide depuis fin 2023, dans les rues et les places bondées en septembre et octobre 2025, et qui a voté aujourd’hui en masse.
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  4. Pourquoi ce taux de participation élevé ? Parce qu’il ne s’agissait pas d’un référendum technique mais bien d’un scrutin politique. Celles et ceux qui sont allés voter ont compris que l’objectif n’était pas la séparation des carrières des magistrats, mais l’attaque contre la séparation des pouvoirs, avec la tentative d’accélérer la marche vers une influence et un contrôle accrus du pouvoir exécutif sur le pouvoir judiciaire. Les grands perdants de ce scrutin sont avant tout celles et ceux qui, à droite comme à gauche, ont insisté pour qu’on s’en tienne aux aspects techniques de la réforme judiciaire.
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  5. Dans ce scrutin se sont affrontées des idées-forces qui remettaient en cause certains des piliers du système : le gouvernement, la magistrature, la Constitution elle-même. D’un côté, on trouve l’idée forte de la droite : pour gouverner en ces temps de crise, il faut s’en remettre à un exécutif plus fort, libéré des freins et des contrepoids, dégagé du contrôle de la magistrature, une institution considérée comme un obstacle aux projets gouvernementaux. De l’autre, il y a la défense de la Constitution, « réduite » à sa dimension démocratique, qui s’est exprimée par un « non » au gouvernement de Giorgia Meloni et à l’ensemble des initiatives que cette réforme annonçait : de l’élection au suffrage universel du président du Conseil des ministres, en l’occurrence Giorgia Meloni, à la modification de l’article 112 de la Constitution sur le caractère obligatoire de l’action pénale des procureurs [ cet article est un pilier de l’indépendance de la justice depuis 1947 : il impose une obligation stricte de poursuite lorsqu’il est informé d’une infraction, ce qui garantit l’égalité des citoyens devant la loi].
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  6. Les 15 millions de votes « non » ont exprimé une sorte de « réserve » d’énergies démocratiques qui ne s’expriment pas dans la vie politique quotidienne, mais qui sont entrées en scène lors du scrutin, car ces électeur.ice.s ont estimé que le risque était grand et concret et surtout que l’expression de leur volonté comptait, contrairement à ce qui se passe lors des élections politiques où la qualité de l’offre politique est, tout compte fait, difficile à évaluer.
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  7. Le «non» a également été le catalyseur du mécontentement profond qui règne dans le pays. Un mécontentement que les sondages mesurant la popularité des partis politiques ne parviennent sans doute pas à capter et qui a refait surface avec le référendum. Le « non » a été le moyen de punir un gouvernement suiviste des actions de Trump et de Netanyahou, qui fait payer à notre propre peuple un prix élevé pour les guerres et les génocides – en termes éthiques et moraux, mais aussi matériels, comme en témoigne l’envolée du coût de la vie. Un gouvernement qui n’a pas amélioré les conditions de vie matérielles des travailleurs et des travailleuses, à qui il ne promet aucune ascension sociale mais seulement qu’il s’en prendra à à celles et ceux qui sont encore plus mal lotis, afin qu’ils et elles restent au moins avant-derniers. En réalité, le pouvoir d’achat s’est effondré pendant les années du gouvernement Meloni, la désindustrialisation s’est accélérée sans qu’aucune politique industrielle ne s’oppose un tant soit peu à des multinationales comme Stellantis qui, pas à pas, démantèlent la production et les emplois.
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  8. Le « non », en tant que catalyseur du mécontentement, ne se traduit pas automatiquement par un « oui » à des options alternatives à l’extrême droite. Au contraire, l’écart entre ceux qui ont voté « non » et ceux qui ont choisi le centre-gauche aux élections législatives, régionales ou européennes renvoie au fait que le bloc du « non » recouvre une large frange de la population qui ne se reconnaît tout simplement pas dans cette option. Une frange qui a aujourd’hui exprimé un « non » à Meloni et à la tentative de manipuler la Constitution, mais qui n’a probablement pas confiance dans le Parti démocrate [dirigé par Elly Schlein depuis mars 2023] ou ses alliés, et refuse de voter pour eux.
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  9. Si ce référendum était politique, son résultat l’est tout autant. Lundi 23 mars après-midi, dans les rues, nous avons réclamé la démission de ce gouvernement, contrairement à certains membres du centre-gauche, de Schlein au maire de Naples [depuis octobre 2021] Gaetano Manfredi [indépendant], qui se sont au contraire empressés de déclarer que Meloni doit rester à la tête de l’exécutif et ne se guère empressés de revendiquer la nécessité de transformations urgentes et profondes.
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  10. La victoire du « non » a barré la route au gouvernement Meloni, mais si l’on se cantonne à une position purement défensive, on se prépare à une future défaite. Ce n’est qu’une question de temps. En politique, comme dans la vie, on ne reste jamais immobile. Si on fait du sur place, les autres avancent. Il devient alors essentiel, sur la base de la force exprimée par le « non », de construire un projet de transformation profonde de notre pays.
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  11. Un projet de transformation signifie modifier les rapports de force au profit de la majorité sociale : un salaire minimum horaire d’au moins 10 euros indexé sur l’inflation; des investissements dans les énergies renouvelables pour doter le pays d’une autonomie énergétique et ne plus dépendre des sources fossiles, qu’elles proviennent des États-Unis, du Qatar ou de l’Algérie [le 25 mars, Meloni est allée en Algérie pour « augmenter la fourniture de gaz » étant donné que le Qatar suspend ses livraisons de gaz GNL – réd.]; sortir de l’OTAN, qui n’est que le prolongement de la puissance de Washington (selon les propres termes du secrétaire de l’Alliance atlantique, Mark Rutte); un Plan logement qui, au lieu de donner de l’argent aux grands fonds immobiliers, serve à rouvrir les logements sociaux fermés et abandonnés et à augmenter l’offre du parc immobilier actuel d’au moins un million d’unités (sans consommation de sol); un système de santé national qui élimine les distorsions produites par 20 systèmes de santé régionaux, royaume du clientélisme et source d’énormes disparités entre les citoyens et citoyennes; des politiques industrielles permettant à l’Italie de rester un pays producteur en évitant le risque de se transformer en un immense parc d’attractions pour riches touristes étrangers.
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  12. Avant même un programme, il faut une méthode : celle de la participation et de la mobilisation populaire, qui s’est manifestée l’automne dernier dans les rues contre la complicité italienne avec le génocide en Palestine, puis dans les urnes les 22 et 23 mars. C’est pourquoi, en tant que Potere al Popolo, nous travaillons avec les Comités pour le « Non social » en vue de l’organisation d’une assemblée nationale qui relance ces dynamiques.

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Article publié dans le quotidien Il Fatto Quotidiano le 25 mars 2026 ; traduction de la rédaction de A l’Encontre, revue par Contretemps.

Direction de la publication : Fanny Gallot & Ugo Palheta. ISSN : 2496-5146

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