revue de critique communiste

revue de critique communiste

Vous lisez
Tribune : 500 universitaires, journalistes et artistes libanais signent l’«Appel national à la résistance globale contre l’agression du Liban»
28 mars 2026

Tribune : 500 universitaires, journalistes et artistes libanais signent l’«Appel national à la résistance globale contre l’agression du Liban»


Dans cette tribune parue le 19 mars 2026 au Liban, les signataires dénoncent l’hostilité de l’État libanais à l’égard de la Résistance libanaise, c’est-à-dire du Hezbollah. Ils rappellent que la Résistance libanaise n’est autre que des fils du pays qui défendent la terre et la souveraineté du Liban contre une armée coloniale. Ils appellent au soutien à la Résistance, à la complémentarité entre l’armée, la Résistance et le peuple, et à une « résistance globale », dans tous les domaines et de toutes les manières possibles, contre l’agression coloniale israélienne.
par

L’entité sioniste poursuit son agression contre le Liban, son État, son peuple et son territoire, en commettant les crimes de guerre les plus odieux, notamment le meurtre de civils, les déplacements massifs de population, la destruction de villages et de villes, les attaques contre les installations économiques et les infrastructures, ainsi que le bombardement des équipes médicales et de secours et des rassemblements de personnes déplacées.

Cette vague d’agression, aussi brutale soit-elle, s’inscrit dans le prolongement de la violation systématique et continue par l’ennemi de ses engagements au regard de l’accord de cessation des hostilités de novembre 2024.

Depuis l’annonce de cet accord [et jusqu’au 2 mars 2026], l’ennemi a poursuivi son occupation du territoire pendant quinze mois, tuant des civils, détruisant leurs maisons et leurs biens, déplaçant les habitants du Sud et les empêchant de retourner dans leurs villages. En revanche, l’État libanais et la Résistance ont pleinement respecté l’accord susmentionné. Les autorités politiques sont allées jusqu’au bout pour rassurer l’ennemi sous prétexte de « lever les prétextes ». Elles ont ainsi pris des décisions injustes visant à asphyxier financièrement et socialement la Résistance, manqué à leurs engagements en matière de reconstruction, renié leur obligation d’élaborer une stratégie nationale de défense protégeant le Liban et relevé le niveau de leur représentation dans les négociations avec l’ennemi.

Cette politique n’a pas réussi à mettre fin à l’agression ni à contraindre l’ennemi à respecter les conditions de la cessation des hostilités ; au contraire, elle l’a incité à violer davantage la souveraineté du Liban. Et lorsque la Résistance a lancé son opération militaire le 2 mars, le gouvernement s’est empressé de la condamner. Ce qui mérite d’être dénoncé et condamné, c’est l’abstention de l’État, pendant toute cette période où il s’était engagé à faire respecter sa souveraineté et à respecter l’accord, de répondre à l’agression et aux violations de la souveraineté.

Et alors que l’agression reprenait, le gouvernement libanais a pris de nouvelles mesures portant atteinte à la souveraineté en ordonnant à l’armée de se retirer de la ligne de frontière juste avant le début de l’invasion, sans lui fournir les moyens de se protéger, ni de défendre le territoire. Il a criminalisé les activités militaires et sécuritaires de la Résistance et s’est rendu politiquement complice de leur répression, mettant sur un pied d’égalité la Résistance et l’occupation et justifiant ainsi la criminalité israélienne persistante. En revanche, les résistants, fils de cette terre, mènent des combats héroïques pour défendre leur patrie, préserver sa souveraineté, l’intégrité de son territoire, la sécurité de son peuple et sa dignité.

Tout cela se déroule dans un contexte régional et international marqué par une guerre américaine sur plusieurs fronts, à travers laquelle Washington et son allié « Israël » cherchent à soumettre leurs rivaux, à anéantir les forces indépendantistes et à assujettir leurs alliés afin de coloniser les peuples, de s’emparer de leurs terres et de piller leurs richesses. La dernière de ces grandes aventures est la guerre d’agression américano-israélienne contre l’Iran, qui ne peut être dissociée du projet expansionniste et renouvelé des sionistes visant à établir le « Grand Israël » et de la menace existentielle que ce projet fait peser sur le Liban, ce qui impose de lui résister.

En conséquence, nous, les signataires ci-dessous, déclarons ce qui suit :

– L’ennemi israélien, en tant qu’entité de colonisation de peuplement, expansionniste, continue de constituer une menace existentielle pour le Liban. Il s’agit d’une menace que les résolutions internationales et les tentatives de pression diplomatique n’ont pas réussi à contenir.

– L’escalade actuelle de l’agression israélienne contre le Liban s’inscrit dans le prolongement d’une phase offensive depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement sioniste d’extrême droite, accompagnée de transformations structurelles intervenues dans la doctrine militaire israélienne, qui vise à empêcher l’émergence de ce qu’elle qualifie de menace, et ce, par le recours à une force préventive excessive, la création de zones tampons, l’imposition d’une « liberté de mouvement » au sein du cadre souverain des États (c’est-à-dire l’institutionnalisation du meurtre et de la destruction comme droit acquis) et l’imposition d’une capitulation politique aux États de la région.

– L’agression israélienne attise la logique confessionnelle dans sa guerre visant à diviser les Libanais. Son agression ne vise pas, fondamentalement, un parti, une secte ou une région, mais a pour but de pousser le Liban à se soumettre à « Israël » en tant que puissance régionale hégémonique, ce qui implique de subordonner l’État libanais aux exigences sécuritaires et politiques israéliennes et de le transformer en gardien de l’entité sioniste et en son mandataire pour liquider la Résistance. La lutte contre l’agression n’est pas l’affaire d’une faction ou d’une région, mais une cause nationale qui touche à la sécurité de tous les Libanais, à l’avenir de leur État et de leur économie, ainsi qu’à leur droit de vivre dans la dignité sur leur terre.

– L’approche du gouvernement, notamment les décisions d’août 2025 sur le monopole des armes jusqu’à la décision de criminaliser les activités militaires et sécuritaires de la Résistance le 2 mars 2026, ainsi que la défaillance de l’État dans la défense des habitants des zones ciblées que l’État prétendait placer sous sa souveraineté, tout cela a conduit à légitimer l’agression israélienne en la présentant comme une forme de lutte contre l’insurrection et a facilité la punition collective de la société soutenant la Résistance afin de la retourner contre elle.

– Le comportement catastrophique des autorités libanaises face à l’agression et à la Résistance, qu’elles considèrent comme le problème, n’est qu’un affaiblissement de la souveraineté, qui ne se limite pas à une qualification juridique formelle accordée de l’extérieur, mais qui s’acquiert et se préserve par la pratique vivante.

– La résistance face à l’agression aujourd’hui n’est autre que la consécration du concept de souveraineté en tant que lien organique entre le peuple et la terre, fondé sur la continuité historique et la mémoire collective, et qui se produit et se reproduit continuellement à travers le conflit et le sacrifice, ainsi que par l’affirmation quotidienne du lien du peuple avec sa terre.

– La conception étatique de la souveraineté s’est réduite à l’exigence du monopole de la violence (c’est-à-dire des armes), un monopole qui n’existe pas dans les faits, compte tenu de la persistance de l’occupation et de l’agression israéliennes ainsi que des diktats américains. Sous l’occupation ou la domination coloniale, la résistance précède le droit : c’est le moyen par lequel un peuple poursuit son existence en tant qu’entité politique collective lorsque la souveraineté juridique lui est retirée. Par conséquent, criminaliser la résistance et empêcher le peuple de se défendre, alors que l’armée est elle aussi empêchée de remplir son devoir, tout cela constitue un acte de dilapidation de la souveraineté et une confiscation d’un droit inaliénable du peuple, reconnu par toutes les lois, traités et conventions.

– L’hostilité envers la Résistance, l’incitation de l’armée libanaise à s’y opposer et la négociation politique directe avec l’ennemi, qui sont des pratiques rejetées et condamnées, sont des positions et des politiques qui consacrent un état de défaite face à l’entité ennemie, une soumission totale aux diktats américains et un abandon des responsabilités souveraines. Tout cela s’inscrit dans une approche visant à transformer le Liban en un protectorat américain soumis au projet israélien.

– Le président de la République, compte tenu de sa position constitutionnelle, doit respecter le serment qu’il a prêté et les positions qu’il a adoptées avant et après celui-ci, en considérant la question des armes de la Résistance comme une question souveraine qui ne relève pas des diktats extérieurs et qui peut être discutée dans le cadre d’une stratégie de défense nationale. Le président de la République doit assumer sa responsabilité dans la défense du Liban. Lorsqu’il dirigeait l’armée, le président n’a cessé d’affirmer publiquement et à maintes reprises le caractère central de la menace israélienne sur le Liban, la nécessité de parachever la libération des terres encore occupées (les fermes de Chebaa et les collines de Kfar Chouba) et le droit de la résistance jusqu’à la libération.

– La défense globale garantit au peuple le droit, voire le devoir, de prendre les armes pour défendre la patrie. Lorsque la patrie est victime d’une agression, la survie de l’État repose sur la mobilisation de l’ensemble de la société et la défense populaire résistante devient le pilier de la sécurité nationale. Nous affirmons la nécessité de la complémentarité entre l’armée et les citoyens qui défendent leur patrie en période d’agression et de guerre totale, et que pousser l’armée libanaise à s’opposer au peuple et à ceux qui résistent face à l’agression menace l’unité du pays et le destin national. De plus, la cohésion et la solidarité du peuple face à l’agression extérieure, ainsi que la coordination et la complémentarité entre l’État et la Résistance à ce stade, et la mobilisation par l’État de toutes ses ressources, tout cela renforce la capacité de l’État à parvenir à un accord de cessez-le-feu, à libérer le territoire, à empêcher les agressions, à ramener les prisonniers et à préserver la souveraineté.

– L’accueil et le soutien des personnes déplacées constituent un devoir national qui incombe d’abord à l’État, puis à l’ensemble de la société, en particulier à ses forces politiques et civiles, y compris les institutions sociales, éducatives et religieuses, de manière à garantir la dignité des personnes déplacées et à alléger les fardeaux matériels et moraux liés au déplacement. Ce sont eux qui paient le plus lourd tribut au nom de la société face à l’agression. Nous saluons le rôle des forces vives de la société, des citoyens résidents et des expatriés qui se sont portés volontaires pour venir en aide aux déplacés et leur apporter un soulagement ; cette responsabilité doit se poursuivre et s’intensifier jusqu’à leur retour imminent dans leurs villes et leurs villages.

La gravité du projet sioniste contre le Liban, à son stade actuel, impose à toutes les forces de libération, individus, élites et groupes, de s’organiser autour du concept de résistance globale qui doit se manifester dans tous les aspects de la vie quotidienne et occuper l’espace public, en particulier face à la domination coloniale sur les médias traditionnels au Liban et dans la région. La lutte politique et populaire est un devoir nécessaire, urgent et impératif. Nous ne transigerons pas. Nous résisterons.

*

Liste des signataires ici, sur le site du journal al-Akhbār où la tribune est parue initialement.

Illustration : « Défendre la patrie », 1995. Tableau du peintre palestinien Ismail Shammout.

28 mars 2026

Tribune : 500 universitaires, journalistes et artistes libanais signent l’«Appel national à la résistance globale contre l’agression du Liban»

Dans cette tribune parue le 19 mars 2026 au Liban, les signataires dénoncent l’hostilité de l’État libanais à l’égard de la Résistance libanaise, c’est-à-dire du Hezbollah. Ils rappellent que la Résistance libanaise n’est autre que des fils du pays qui défendent la terre et la souveraineté du Liban contre une armée coloniale. Ils appellent au soutien à la Résistance, à la complémentarité entre l’armée, la Résistance et le peuple, et à une « résistance globale », dans tous les domaines et de toutes les manières possibles, contre l’agression coloniale israélienne.

L’entité sioniste poursuit son agression contre le Liban, son État, son peuple et son territoire, en commettant les crimes de guerre les plus odieux, notamment le meurtre de civils, les déplacements massifs de population, la destruction de villages et de villes, les attaques contre les installations économiques et les infrastructures, ainsi que le bombardement des équipes médicales et de secours et des rassemblements de personnes déplacées.

Cette vague d’agression, aussi brutale soit-elle, s’inscrit dans le prolongement de la violation systématique et continue par l’ennemi de ses engagements au regard de l’accord de cessation des hostilités de novembre 2024.

Depuis l’annonce de cet accord [et jusqu'au 2 mars 2026], l’ennemi a poursuivi son occupation du territoire pendant quinze mois, tuant des civils, détruisant leurs maisons et leurs biens, déplaçant les habitants du Sud et les empêchant de retourner dans leurs villages. En revanche, l’État libanais et la Résistance ont pleinement respecté l’accord susmentionné. Les autorités politiques sont allées jusqu’au bout pour rassurer l’ennemi sous prétexte de « lever les prétextes ». Elles ont ainsi pris des décisions injustes visant à asphyxier financièrement et socialement la Résistance, manqué à leurs engagements en matière de reconstruction, renié leur obligation d’élaborer une stratégie nationale de défense protégeant le Liban et relevé le niveau de leur représentation dans les négociations avec l’ennemi.

Cette politique n’a pas réussi à mettre fin à l’agression ni à contraindre l’ennemi à respecter les conditions de la cessation des hostilités ; au contraire, elle l’a incité à violer davantage la souveraineté du Liban. Et lorsque la Résistance a lancé son opération militaire le 2 mars, le gouvernement s’est empressé de la condamner. Ce qui mérite d’être dénoncé et condamné, c’est l’abstention de l’État, pendant toute cette période où il s’était engagé à faire respecter sa souveraineté et à respecter l’accord, de répondre à l’agression et aux violations de la souveraineté.

Et alors que l’agression reprenait, le gouvernement libanais a pris de nouvelles mesures portant atteinte à la souveraineté en ordonnant à l’armée de se retirer de la ligne de frontière juste avant le début de l’invasion, sans lui fournir les moyens de se protéger, ni de défendre le territoire. Il a criminalisé les activités militaires et sécuritaires de la Résistance et s’est rendu politiquement complice de leur répression, mettant sur un pied d’égalité la Résistance et l’occupation et justifiant ainsi la criminalité israélienne persistante. En revanche, les résistants, fils de cette terre, mènent des combats héroïques pour défendre leur patrie, préserver sa souveraineté, l’intégrité de son territoire, la sécurité de son peuple et sa dignité.

Tout cela se déroule dans un contexte régional et international marqué par une guerre américaine sur plusieurs fronts, à travers laquelle Washington et son allié « Israël » cherchent à soumettre leurs rivaux, à anéantir les forces indépendantistes et à assujettir leurs alliés afin de coloniser les peuples, de s’emparer de leurs terres et de piller leurs richesses. La dernière de ces grandes aventures est la guerre d’agression américano-israélienne contre l’Iran, qui ne peut être dissociée du projet expansionniste et renouvelé des sionistes visant à établir le « Grand Israël » et de la menace existentielle que ce projet fait peser sur le Liban, ce qui impose de lui résister.

En conséquence, nous, les signataires ci-dessous, déclarons ce qui suit :

- L’ennemi israélien, en tant qu’entité de colonisation de peuplement, expansionniste, continue de constituer une menace existentielle pour le Liban. Il s’agit d’une menace que les résolutions internationales et les tentatives de pression diplomatique n’ont pas réussi à contenir.

- L’escalade actuelle de l’agression israélienne contre le Liban s’inscrit dans le prolongement d’une phase offensive depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement sioniste d’extrême droite, accompagnée de transformations structurelles intervenues dans la doctrine militaire israélienne, qui vise à empêcher l’émergence de ce qu’elle qualifie de menace, et ce, par le recours à une force préventive excessive, la création de zones tampons, l’imposition d’une « liberté de mouvement » au sein du cadre souverain des États (c’est-à-dire l’institutionnalisation du meurtre et de la destruction comme droit acquis) et l’imposition d’une capitulation politique aux États de la région.

- L’agression israélienne attise la logique confessionnelle dans sa guerre visant à diviser les Libanais. Son agression ne vise pas, fondamentalement, un parti, une secte ou une région, mais a pour but de pousser le Liban à se soumettre à « Israël » en tant que puissance régionale hégémonique, ce qui implique de subordonner l’État libanais aux exigences sécuritaires et politiques israéliennes et de le transformer en gardien de l’entité sioniste et en son mandataire pour liquider la Résistance. La lutte contre l’agression n’est pas l’affaire d’une faction ou d’une région, mais une cause nationale qui touche à la sécurité de tous les Libanais, à l’avenir de leur État et de leur économie, ainsi qu’à leur droit de vivre dans la dignité sur leur terre.

- L’approche du gouvernement, notamment les décisions d’août 2025 sur le monopole des armes jusqu’à la décision de criminaliser les activités militaires et sécuritaires de la Résistance le 2 mars 2026, ainsi que la défaillance de l’État dans la défense des habitants des zones ciblées que l’État prétendait placer sous sa souveraineté, tout cela a conduit à légitimer l’agression israélienne en la présentant comme une forme de lutte contre l’insurrection et a facilité la punition collective de la société soutenant la Résistance afin de la retourner contre elle.

- Le comportement catastrophique des autorités libanaises face à l’agression et à la Résistance, qu’elles considèrent comme le problème, n’est qu’un affaiblissement de la souveraineté, qui ne se limite pas à une qualification juridique formelle accordée de l’extérieur, mais qui s’acquiert et se préserve par la pratique vivante.

- La résistance face à l’agression aujourd’hui n’est autre que la consécration du concept de souveraineté en tant que lien organique entre le peuple et la terre, fondé sur la continuité historique et la mémoire collective, et qui se produit et se reproduit continuellement à travers le conflit et le sacrifice, ainsi que par l’affirmation quotidienne du lien du peuple avec sa terre.

- La conception étatique de la souveraineté s’est réduite à l’exigence du monopole de la violence (c’est-à-dire des armes), un monopole qui n’existe pas dans les faits, compte tenu de la persistance de l’occupation et de l’agression israéliennes ainsi que des diktats américains. Sous l’occupation ou la domination coloniale, la résistance précède le droit : c’est le moyen par lequel un peuple poursuit son existence en tant qu’entité politique collective lorsque la souveraineté juridique lui est retirée. Par conséquent, criminaliser la résistance et empêcher le peuple de se défendre, alors que l’armée est elle aussi empêchée de remplir son devoir, tout cela constitue un acte de dilapidation de la souveraineté et une confiscation d’un droit inaliénable du peuple, reconnu par toutes les lois, traités et conventions.

- L’hostilité envers la Résistance, l’incitation de l’armée libanaise à s’y opposer et la négociation politique directe avec l’ennemi, qui sont des pratiques rejetées et condamnées, sont des positions et des politiques qui consacrent un état de défaite face à l’entité ennemie, une soumission totale aux diktats américains et un abandon des responsabilités souveraines. Tout cela s’inscrit dans une approche visant à transformer le Liban en un protectorat américain soumis au projet israélien.

- Le président de la République, compte tenu de sa position constitutionnelle, doit respecter le serment qu’il a prêté et les positions qu’il a adoptées avant et après celui-ci, en considérant la question des armes de la Résistance comme une question souveraine qui ne relève pas des diktats extérieurs et qui peut être discutée dans le cadre d’une stratégie de défense nationale. Le président de la République doit assumer sa responsabilité dans la défense du Liban. Lorsqu’il dirigeait l’armée, le président n’a cessé d’affirmer publiquement et à maintes reprises le caractère central de la menace israélienne sur le Liban, la nécessité de parachever la libération des terres encore occupées (les fermes de Chebaa et les collines de Kfar Chouba) et le droit de la résistance jusqu’à la libération.

- La défense globale garantit au peuple le droit, voire le devoir, de prendre les armes pour défendre la patrie. Lorsque la patrie est victime d’une agression, la survie de l’État repose sur la mobilisation de l’ensemble de la société et la défense populaire résistante devient le pilier de la sécurité nationale. Nous affirmons la nécessité de la complémentarité entre l’armée et les citoyens qui défendent leur patrie en période d’agression et de guerre totale, et que pousser l’armée libanaise à s’opposer au peuple et à ceux qui résistent face à l’agression menace l’unité du pays et le destin national. De plus, la cohésion et la solidarité du peuple face à l’agression extérieure, ainsi que la coordination et la complémentarité entre l’État et la Résistance à ce stade, et la mobilisation par l’État de toutes ses ressources, tout cela renforce la capacité de l’État à parvenir à un accord de cessez-le-feu, à libérer le territoire, à empêcher les agressions, à ramener les prisonniers et à préserver la souveraineté.

- L’accueil et le soutien des personnes déplacées constituent un devoir national qui incombe d’abord à l’État, puis à l’ensemble de la société, en particulier à ses forces politiques et civiles, y compris les institutions sociales, éducatives et religieuses, de manière à garantir la dignité des personnes déplacées et à alléger les fardeaux matériels et moraux liés au déplacement. Ce sont eux qui paient le plus lourd tribut au nom de la société face à l’agression. Nous saluons le rôle des forces vives de la société, des citoyens résidents et des expatriés qui se sont portés volontaires pour venir en aide aux déplacés et leur apporter un soulagement ; cette responsabilité doit se poursuivre et s’intensifier jusqu’à leur retour imminent dans leurs villes et leurs villages.

La gravité du projet sioniste contre le Liban, à son stade actuel, impose à toutes les forces de libération, individus, élites et groupes, de s’organiser autour du concept de résistance globale qui doit se manifester dans tous les aspects de la vie quotidienne et occuper l’espace public, en particulier face à la domination coloniale sur les médias traditionnels au Liban et dans la région. La lutte politique et populaire est un devoir nécessaire, urgent et impératif. Nous ne transigerons pas. Nous résisterons.

*

Liste des signataires ici, sur le site du journal al-Akhbār où la tribune est parue initialement.

Illustration : « Défendre la patrie », 1995. Tableau du peintre palestinien Ismail Shammout.

Direction de la publication : Fanny Gallot & Ugo Palheta. ISSN : 2496-5146

Ne vous arrêtez pas en si bon chemin !

Pour aller plus loin

Soutenez Contretemps

pour une revue critique et indépendante

Vos dons nous permettent de publier des analyses libres, sans publicité ni compromis. Chaque contribution est essentielle.

Inscrivez-vous
à la newsletter

Abonnez-vous à la newsletter de Contretemps et suivez nos analyses entretiens et débats critiques.

Partager l'article

Email
Facebook
LinkedIn
Telegram
WhatsApp
X