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Manifeste des intellectuel·les arabes contre la normalisation avec Israël et pour le droit des peuples arabes à l’autodétermination

Manifeste des intellectuel·les arabes contre la normalisation avec Israël et pour le droit des peuples arabes à l’autodétermination


Alors que les autorités libanaises ont conclu un accord avec l’Etat colonial d’Israël, piétinant la souveraineté libanaise ainsi que le droit de résistance du Hezbollah, plus de 300 intellectuel·les arabes joignent leurs voix pour affirmer l’unité arabe contre la normalisation avec Israël, le soutien aux résistances qui luttent contre le colonialisme israélien, et le droit à l’autodétermination des peuples arabes.

Rassemblant des universitaires, journalistes et dirigeants politiques de premier plan, issu·es des quatre coins du monde arabe, ce manifeste représente une intervention politique d’une grande importance.
par

Lorsqu’un jour le peuple veut vivre,
Force est pour le Destin, de répondre,
Force est pour les ténèbres de se dissiper,
Force est pour les chaînes de se briser


Abu El Kacem Chebbi

Nous, intellectuelles et intellectuels, universitaires, artistes, militantes et militants du monde arabe et de la diaspora, prenons la parole.

Nous la prenons aujourd’hui, à l’heure où le sang de notre peuple coule à flots sous les bombes israélo-occidentales car une autre guerre se mène contre lui, plus silencieuse mais tout aussi mortelle : celle de la normalisation avec l’État ennemi Israël, qui gangrène notre région, décrétée par des dirigeants corrompus contre la volonté de leurs peuples, contre leur mémoire, contre leur sang versé. Des Accords d’Abraham à l’accord-cadre signé entre le Liban et Israël à Washington, le 26 juin 2026 : la trahison s’écrit désormais en série. Nous le dénonçons avec la plus grande fermeté.

Il nous faut appeler les choses par leur nom : ce texte d’accord n’est pas un traité de paix entre égaux, c’est la formalisation d’un rapport de soumission au mépris total des sacrifices du peuple libanais pour la conquête de sa terre et de sa dignité. Pendant que les responsables officiels échangeaient des poignées de main sous l’objectif des caméras américaines, l’armée israélienne frappait encore le territoire libanais le jour même de la signature. Un décalage qui, à lui seul, en dit long sur la véritable nature du texte signé : une capitulation drapée dans le lexique de la souveraineté. Des dirigeants israéliens le disent sans détour : leur projet dépasse le Hezbollah et la frontière sud du Liban. Ce qui se joue est plus ancien. C’est un « Grand Israël », débordant les frontières de 1948 jusqu’au Liban, à la Jordanie, à la Syrie. Un « Grand Israel » ravivant le rêve Jabotinsky de faire du projet sioniste une puissance régionale qui intimide ses voisins, accapare leurs ressources, redessine les frontières à sa guise. Et à chaque étape, le même mot revient pour habiller cette expansion : légitime défense. Comme si conquérir pouvait se conjuguer avec se défendre.

La succession des guerres qui frappent la région : la Palestine, le Liban, l’Irak, le Soudan, la Libye, la Syrie, etc., n’est pas une série de crises indépendantes les unes des autres. Elle s’inscrit dans cette longue histoire coloniale : du congrès de Berlin (1878) aux accords Sykes-Picot (1916) et à la déclaration de Balfour (1917) jusqu’à la confiscation des révolutions arabes de 2011, une même logique impérialiste est à l’œuvre : livrer nos terres et nos droits aux appétits voraces des puissances occidentales. Aujourd’hui encore, il s’agit de fragmenter pour dominer. Aujourd’hui encore, se joue notre anéantissement. Normaliser, ce n’est pas la paix, c’est décider de notre écrasement.

Dans ce projet d’anéantissement, Israël joue un rôle stratégique de premier plan. Il est à l’articulation d’un impérialisme qui, forgé dans ce long 19ème siècle, opère sa mue avec la complicité de certains de nos États. Les Accords d’Abraham, qui ont normalisé les relations de cinq pays arabes avec Israël, s’inscrivent dans ce nouveau moment impérial qui sous couvert d’intégration économique cherche coûte que coûte la sauvegarde d’un avantage hégémonique US dans la région.

C’est à cela que travaille aussi le projet IMEC – India-Middle East-Europe Economic Corridor – annoncé au G20 de New Delhi en septembre 2023 : consolider la normalisation des relations entre Israël et les pays du Golfe et proposer une alternative à la Route de la Soie chinoise. Israël est donc le nœud géographique indispensable du corridor : la normalisation n’est pas une fin en soi, mais la condition infrastructurelle de l’hégémonie États-unienne dans la région. Génocide ou normalisation, deux voies vers le même objectif : faire de la région arabe un marché libre des marchandises et des identités.

Face à cette réalité, une seule conclusion s’impose : les États-nations de la région partagent non seulement une langue, une culture et une histoire, mais surtout une communauté de destin structurée par les mêmes mécanismes d’assujettissement et les mêmes aspirations de libération nationale. Le slogan tunisien « La Tunisie libre et sa capitale Jérusalem » ou les manifestantes et manifestants égyptiens et marocains brandissant le slogan « La Palestine est une cause nationale » le disent clairement : la condition palestinienne est la condition de tous les peuples de la région, à des degrés différents.

Nous, signataires de ce texte, conscientes et conscients de la menace existentielle que présente le projet impérialiste du « Grand Israël » pour toute la région arabe, nous refusons que l’épuisement de nos peuples, provoqué par deux siècles de guerre perpétuelle, de blocus et de destruction, soit présenté comme un choix libre par des régimes arabes traîtres, au service de leurs maîtres occidentaux. Nous refusons qu’un rapport de force fondé sur le génocide et l’écrasement de toute résistance soit célébré comme une paix.

Nous, signataires de ce texte, héritières et héritiers d’une longue histoire de résistance des peuples arabes contre le colonialisme et le sionisme affirmons, dans ce manifeste :

·        Premièrement : le refus d’une paix factice et de toute forme de normalisation avec l’État ennemi Israël 

Les accords d’Oslo, nous ont appris cette leçon : une paix négociée sous la contrainte militaire et économique, où l’une des parties impose à l’autre le calendrier, les conditions et les garanties de sa propre sécurité, n’est pas une paix. C’est une reddition habillée du vocabulaire diplomatique, c’est la garantie, dans les faits, d’une fragmentation plus grande et d’une colonisation israélienne consolidée. Nous dénonçons la complicité d’une partie des élites politiques, économiques et intellectuelles arabes avec le régime de soumission imposée par l’impérialisme occidental au mépris des sacrifices des peuples de la région. Nous nous adressons en particulier aux dirigeantes et dirigeants arabes qui, sous couvert de realpolitik, ont choisi la voie de l’assujettissement plutôt que celle de la dignité. Nous exigeons la rupture de tous les accords de normalisation. Nous rappelons que la légitimité populaire de tout pouvoir dans notre région se mesure aussi à sa capacité à ne pas trahir, par accommodement diplomatique, les principes qu’il proclame. Des luttes anticoloniales aux révolutions arabes, une même leçon s’est inscrite dans l’ADN de la région : aucun régime collaborateur ne survit au mépris des aspirations d’émancipation de son peuple.

·       Deuxièmement : la dénonciation du projet du « Grand Israël » 

Nous prenons acte des déclarations officielles israéliennes qui annoncent ouvertement l’ambition prédatrice et expansionniste du projet colonialiste israélien. Quand un ministre israélien déclare que le fleuve Litani doit devenir la nouvelle frontière avec le Liban, quand un autre revendique des plans de colonisation pour le Sud-Liban, ce ne sont pas des dérapages : c’est l’aveu d’une doctrine. Nous dénonçons avec la plus grande fermeté ces ambitions expansionnistes et nous rappelons qu’aucun accord ne peut être viable tant que cette machine de guerre génocidaire n’est pas explicitement et durablement écartée. Aucun accord ne peut se faire sans libérer toute la terre occupée et sans affirmer le droit au retour de tous les réfugiés palestiniens de 48 et de 67.

·       Troisièmement : l’affirmation du droit des peuples arabes à l’autodétermination comme principe inaliénable

Nous rappelons ici au respect de ce droit, consacré par la Charte des Nations Unies et par le droit international, qui sanctionne la légitimité de la lutte armée en contexte de domination coloniale et d’occupation étrangère. Ce droit est attaché à la dignité des peuples colonisés luttant pour leur survie. Aucune transaction géopolitique ne saurait l’entamer. Aucun rapport de force qui, aujourd’hui comme hier, nous est défavorable ne pourrait le réduire. Nous réaffirmons ici ce droit pour le peuple palestinien, pour le peuple libanais, et pour l’ensemble des peuples arabes confrontés au même choix entre génocide et dignité. Nous saluons le courage de celles et ceux qui ont dignement choisi de résister et de faire face directement à la machine de destruction israélo-occidentale. Nous demandons la libération de l’ensemble des prisonniers politiques palestiniens et libanais, ainsi que de toutes les personnes condamnées dans les pays arabes pour avoir manifesté leur solidarité avec la cause palestinienne.

·       Quatrièmement : le refus de la solidarité internationale purement symbolique

La solidarité internationale contemporaine s’est largement repliée, notamment au niveau des gouvernements, sur des formes qui ne coûtent rien et n’engagent à rien : condamnations diplomatiques sans suite, aide humanitaire qui soulage la souffrance sans jamais s’attaquer à ses causes structurelles, campagnes de sensibilisation qui informent sans transformer. Ces gestes ne sont pas inutiles mais ils permettent aux États et aux opinions publiques de se donner bonne conscience sans jamais remettre en cause l’ordre impérialiste qui produit l’oppression. Soutenir un peuple occupé uniquement dans les formes qui ne dérangent personne, c’est soutenir sa souffrance, pas sa libération. C’est accepter que les opprimés attendent, patientent, négocient indéfiniment avec celles et ceux qui les oppriment, pendant que le monde regarde avec sympathie sans jamais accepter de payer le prix politique d’un soutien réel à leur émancipation par les moyens qu’ils jugent nécessaires.

·       Cinquièmement : la responsabilité de l’intellectuelle et de l’intellectuel arabes

Nous faisons nôtre l’exigence formulée par Ghassan Kanafani ou de Bassel Al-Araj : les intellectuelles et intellectuels issus des sociétés colonisées ou dominées ne peuvent se réfugier dans une neutralité de façade qui, dans les faits, sert toujours les intérêts de la partie la plus forte. Notre rôle n’est pas de traduire la révolte de nos peuples dans une langue acceptable pour les bourreaux. Il ne s’agit pas de polir, d’édulcorer, de rendre présentable ce qui doit rester une insurrection. Notre rôle est de la porter, de la défendre, avec tous les outils dont nous disposons et d’abord en refusant toute normalisation, qu’elle soit intellectuelle, culturelle ou politique. Nous dénonçons la guerre impérialiste permanente qui frappe cette région. Nous soutenons, sans réserve, toutes les formes de résistance qui s’y opposent. Ce que nous voulons n’est pas un armistice maquillé en paix, une pacification qui nous dépossède en silence. Ce que nous voulons, c’est la libération totale et la souveraineté pleine et entière : sur nos terres, sur nos ressources et sur nos modes de production. Rien de moins.

Nous signons ce manifeste en tant qu’intellectuelles et intellectuels, militantes et militants arabes, conscients et conscientes que le silence, en un moment où se rejoue l’avenir de toute une région, est lui-même une forme d’abdication. Nous choisissons de ne pas nous taire. Nous appelons à en finir une bonne fois pour toutes avec les négociations indignes et les compromis honteux, qui légitiment l’inacceptable, et à identifier clairement la menace centrale : celle du projet expansionniste du « Grand Israël » qui constitue le nœud stratégique de l’impérialisme occidental. Nous adoptons la posture d’un refus radical montré par les différentes formes de résistance dans le monde arabe, seule à même de garantir la dignité individuelle et collective des peuples de la région à la « distance zéro » de la machine de destruction, au point où l’effacement est le plus intense.

L’Algérie a vaincu, la Palestine vaincra

*

Liste des signataires

  1. Hèla Yousfi, academic, Tunisia
  2. Layal Ftouni, academic, Lebanon
  3. Noureddine Amara, academic, Algeria
  4. Omar Abdel Jawad, academic, Palestine
  5. Mounira Khayat, academic, Lebanon
  6. Ghassan Ben Khelifa, journalist, Tunisia
  7. Hadeel Karkar, researcher, Palestine
  8. Pierre Abi Saab, journalist, Lebanon
  9. Ubada Kassar, university professor and researcher, Lebanon
  10. Malek Abi Saab, professor of contemporary Middle Eastern history at McGill University, Canada/Lebanon
  11. Faiq Mari, academic, Palestine
  12. Bahia Shehab, artist/academic, Lebanon/Egypt
  13. Latifa El Bouhsini, academic, Morocco
  14. Naima Chalour, academic, Algeria
  15. Ali Batha, researcher, Palestine
  16. Sara El Masry, academic, Egypt
  17. Ali Mattar, researcher and academic, Lebanon
  18. Meryem Sellami, academic, Tunisia
  19. Hala Amri, researcher, Tunisia
  20. Nada Raad, academic, Lebanon
  21. Malika El Assimi, academic, poet and writer, Morocco
  22. Lubna Tarabey, academic, Lebanon
  23. Yasmine Khayat, academic, Lebanon
  24. Roula Khayat, academic, Lebanon
  25. Islam El Khatib, researcher, Lebanon
  26. Ali Aboud, academic, Lebanon
  27. Muna Dajani, academic, Palestine
  28. Julia Choukair Vezoso, researcher and organizer, Lebanon
  29. Hamdeen Sabahi, politician, Egypt
  30. Khaled Youssef, filmmaker, Egypt
  31. Faida Hindawi, film critic, Egypt
  32. Mariam Guellouz, academic, Tunisia
  33. Iyad Abou Gaida, artist, Lebanon
  34. Samar Kanafani, researcher, Lebanon
  35. Sami Boukadida, researcher, Lebanon
  36. Jad Melki, academic, Lebanon
  37. Rana Sukkarieh, academic, Lebanon
  38. Alaa Attia Mitwaly, researcher, Egypt
  39. Chawki Attieh, researcher and professor, Lebanon
  40. Laure Abi Khalil, academic, Lebanon
  41. Kassem Kassir, academic, Lebanon
  42. Majdolin Darwish, member of the BDS campaign, Lebanon
  43. Tania Naplasi, visual artist, Palestine
  44. Raja Jaafar, political activist, member of the boycott campaign, Lebanon
  45. Hamza Hamouchene, researcher and activist, Algeria
  46. Rami Salame, academic, member of the boycott campaign, Lebanon
  47. Bashar Ahmad Al-Laqis, PhD in political sociology, Lebanon
  48. El-Mouzafar El-Diguel, politician, Sudan
  49. Moussa El-Sadah, researcher, Gulf
  50. Mourad Ayyash, Palestinian activist, Baddawi camp, northern Lebanon
  51. Dr. Layla Ghanem, editor-in-chief of Badael magazine and international activist
  52. Riyad Melhem, journalist and political activist, Lebanon
  53. Farah Abi Morched, « Noun » Feminist Solidarity Group, Lebanon
  54. Sonya Ben Yahmed, Researcher, Tunisia
  55. Mazen Elghoul, academic, Lebanon
  56. Houssem Matar, academic, Lebanon
  57. Fidaa Abdel Fattah, Lawyer, Lebanon
  58. Shadi Abou Ayed, Palestinian activist, Baddawi camp, Lebanon
  59. Hisham Othman El-Shawani, activist and intellectual, Sudan
  60. Aza Boughandoura, academic, Libya
  61. Moutaa Amin El-Waer, university professor residing in Canada, Tunisia
  62. Muhannad Delikan, member of the leadership of the Popular Will Party, Syria
  63. Chahrazad Abdallah, academic, Tunisia
  64. Ahmad Adnan El-Ramahi, director and secretary of the Anti-Zionism Association, Jordan
  65. Houssem Matar, Academic, Lebanon
  66. Mariam El-Obeidi, artist, Tunisia
  67. El-Ghalia Djimi, human rights defender, Western Sahara
  68. Mohamed Amir, Arab nationalist activist, Egypt
  69. Mohamed Mawwas, Arab nationalist activist, Lebanon
  70. Ubada Osama, academic, Sudan
  71. Mahmoud El-Maaytah, Jordan
  72. Ayoub Habraoui, media activist, Morocco
  73. Dr. Rabhi Halloum, Jordan
  74. Khaled El-Basiouny, film production manager, Egyp
  75. Azyz Krichen, Writer, Tunisia
  76. Samah El-Gemari Osman, Sudan
  77. Khaldoun El-Barghouti, Jordan
  78. Dr. Malek Khoury, academic residing in Cairo
  79. Alaa El-Mawla, politician, Lebanon
  80. Dr. Sami Massoud, academic residing in Canada
  81. Dr. Hadi Eid, academic residing in Canada
  82. Dr. Assaad El-Attat, academic residing in Canada
  83. Dr. Yahya El-Lahib, academic residing in Canada
  84. Dr. Norma Rantisi, academic residing in Canada
  85. Dr. Rola Jurdi, academic residing in Canada
  86. Dr. Rabab Abdulhadi, Palestinian academic residing in the United States
  87. Dr. Jamil Khader, academic residing in the United States
  88. Jaber Suleiman, Palestinian researcher residing in Lebanon
  89. Dr. Mohamed Sawwan, academic residing in China
  90. Dr. Nawfal Nayouf, writer and translator, former academic, residing in Canada
  91. Zaid Hamad, Jordan
  92. Issa El-Khatib, Jordan
  93. Mountasser Wosos, Jordan
  94. Iyad Ben Mabrouk, journalist and political activist, Tunisia
  95. Amin Amr, Youth Office of the Karama Party, Egypt
  96. Ziad El-Basiouny, Youth Secretary of the Karama Party, Egypt
  97. Sama Muawiya, researcher, Egypt
  98. Tamer Hindawi, journalist, Egypt
  99. Sayed El-Toukhy, editor-in-chief of Al-Karama newspaper, Egypt
  100. Mohamed El-Basiouny, physician, Egypt
  101. Mahmoud Fahmy, journalist and writer, Egypt
  102. Ali Kniss, researcher, Tunisia
  103. Mohamed Melhem, Jordan
  104. Wafaa Ashry, Nubian, feminist and labor rights advocate, Egypt
  105. Mohamed Bajes El-Hassasneh, political activist, Jordan
  106. Dr. Omar Nashabe, academic and international law specialist, Lebanon
  107. Walid Ezroukan, lawyer, Algeria
  108. Dr. Ihab Nasser, Dean of the Faculty of Applied Medical Sciences, Al-Azhar University, Gaza
  109. Yazid Ben Hounet, academic, Algeria/France
  110. Anissa Haddadi, academic, Algeria
  111. Mohamed Abdoun, writer, Algeria
  112. Bouakrif Ali Amin, translator and professor, Algeria
  113. Daho Djerbal, academic, Algeria
  114. Said Bouibel, academic, Lebanon
  115. Elia El-Khazen, researcher, Lebanon
  116. Mohamed Maahoub, academic, Morocco
  117. Youssef El-Tamimi, academic, Austria  
  118. Safaa Chebbi, activist, Tunisia
  119. Khelill Khalsi, researcher, Tunisia
  120. Sahar Hammoud, academic, Lebanon
  121. Ali Al-Batran, political activist, Jordan
  122. Ghazi Anaim, critic and visual artist, former president of the Jordanian Association of Visual Artists
  123. Dr. Abdel Moneim Al-Hurr
  124. Kahena Sanaa, artist and researcher, Tunisia
  125. Moncef Taleb, filmmaker, Tunisia
  126. Reem Mokhtari, university professor, Algeria
  127. Marwan Majaes, Lebanon, France
  128. Joëlle Abou Chabké, director, Lebanon
  129. Maissam Al-Marrouki, journalist, Tunisia
  130. Regina Sanfir, writer and researcher, Lebanon
  131. Nabila Kallache, designer, Algeria
  132. Rabih Sultan, professor and academic researcher, Lebanon
  133. Louay Zeytouni, professor, Lebanon
  134. Dr. Ahmad Lotfi Shaheen, legal and development consultant, Palestine
  135. Dr. Wissam Nassif Yassine, writer and political researcher, Lebanon
  136. Kholoud Shehada
  137. Nizam Assaf, academic, Jordan
  138. Ali Hekmat Shouaib, academic, Lebanon
  139. Rania Majdoub, teacher
  140. Kassem Cheatani, academic, Canada
  141. Zahra Mohamed Banaho, human rights defender / Southern Morocco
  142. Dr. Omar Nashabeh, academic and international law specialist, Lebanon
  143. Dr. Amin Tarbiyeh, Lebanese resident of the United States
  144. Allan Alam Eddine, writer, Bilad al-Sham
  145. Omar Farhat, academic, Egypt
  146. Omar Jabary Salamanca, academic, Palestine
  147. Slim Ala Eddine, filmmaker, Tunisia
  148. Aziz Barkaoui, Tunisia
  149. Salma Mesieri, Tunisia
  150. Donia Ben Osman, lawyer, Tunisia
  151. Fayrouz Salama, academic researcher, Tunisia
  152. Hatem El Wali, professor, Southern Morocco
  153. Nouress Bleili, academic researcher, Tunisia
  154. Ahmed Sabri Sayed Ali, historical researcher, Egypt
  155. Amir Mohieddine, researcher, anthropologist, France / Algeria
  156. Hossam Abdelkhalek, arts director, Lebanon
  157. Hicham Ajbouni, Tunisian political activist
  158. Emir Mohieddine, researcher, France / Algeria
  159. Anis Mansouri, internationalist Tunisian activist, Tunisia
  160. Dr. Jihad Hamdan, academic and member of the Political Bureau of the Jordanian Communist Party, Jordan
  161. Houda Ibrahim, journalist, Lebanon
  162. Adriana Kobeissi, academic residing in Austria
  163. Fadel, journalist and sociologist, France
  164. Iqbal Zlila, academic, Tunisia
  165. Sofian El Fani, cinematographer, Tunisia
  166. Jalal Kaouch, Palestinian academic
  167. Leila Abi Samra
  168. Mohamed El Ghafiri, General Coordinator of the International Network for People’s Solidarity
  169. Imed Abdelli, Swiss lawyer
  170. Azzam Al-Samadi, Jordan
  171. Haifa Saleh, Palestinian academic residing in Belgium – Jordan
  172. Violette Daguer, writer and human rights activist
  173. Leila Naffaa, Arab Women’s Association, Jordan
  174. Moncef Guedouar, Tunisian immigrant
  175. Nour Turkmani, poet, Jordan
  176. Mauritanian Association for Human Rights (AMDH), Nouakchott, Mauritania
  177. Mahmoud Hodhod, writer and academic, Egypt
  178. Amer Abdallah Abou Nidal / Palestine / General Coordinator of the Global Network for the Palestinian Cause
  179. Suzanne El Kenz
  180. Dr. Shahd Abusalama, scholar and artist, Palestinian British
  181. Engineer Jawad Jaber, President of the Anbat Democratic Forum, Jordan
  182. Thouraya Hammami, researcher, Tunisia
  183. Sofiane Kachroudi, researcher, Tunisia
  184. Faouzia Ben Salem, human rights activist, Tunisia
  185. Saad Mohamed Abdallah, single, Sudan
  186. Ines Tlili, human rights and cultural activist, Tunisia
  187. Nasser Al-Ghazali, Director of the Damascus Center for Theoretical Studies and Civil Rights, Sweden
  188. Saber Zammouri, director, Tunisia
  189. Abdelmounaim El Hour
  190. Hanaa Abbas, lawyer, Tunisia
  191. Hela Yousfi, Qatar
  192. Ibrahim Moussayih, Sahrawi Human Rights Defenders Collective « CODESA », Western Sahara
  193. Galai Ahmed, Defender of human and peoples’ rights
  194. Selma Zghidi, cinema editor, Tunisia
  195. Nasser Soumi, contemporary artist, Franco-Palestinian
  196. Khalil Triki, cultural worker, Tunisia
  197. Amal Jerbi, Citizen, Canada
  198. Radhia Ouezini, human rights activist, Tunisia
  199. Rayan Ayari, academic researcher, Tunisia
  200. Salah Salah, Palestine
  201. Guizani Souhail, Italy
  202. Babouzeid Labbihi, political and human rights activist, Western Sahara
  203. Salma Ghazal, professor, Netherlands
  204. Youssef Chaker, visual artist, Tunisia
  205. Akesbi Azeddine, Morocco, economist
  206. Abdennour Akoudad Ekajouan, PhD Candidate in Economics (Spain)
  207. Ahmed Jaradat, writer, Jordan
  208. Mahmoud AlAli, coordinator, Center for Refugee Rights, Aidoun, Lebanon
  209. Rania Abid, Doctor, Tunisia
  210. Jemil Ben Romdhane, Engineer, Tunisia
  211. Myriam Bribri, Tunisian citizen
  212. Reem Abdelwahed, Tunisia
  213. Rafika Mensteri, citizen, Tunisia
  214. Fatma Dahmani, university professor, Tunisia
  215. Omar Berrada, poet and researcher, Morocco
  216. Ali Yehia, journalist and international relations consultant, Lebanon
  217. Fatma Erraach, academic, Tunisia
  218. Noha Alzaneen, Researcher, Palestine
  219. Nafieh Assaf, professor, Palestine
  220. Noha Al-Zaanin, Palestinian researcher residing in Egypt
  221. Mohamed Mathee, Senior Lecturer, South Africa
  222. Samir Moghbel, Iran
  223. Terras Karim, Tunisia
  224. Ms. Maya Saikali, France
  225. Sevgi Dogan, postdoc, Italy
  226. Bahija Ouezini, human rights activist, Tunisia
  227. Naila Al Wardi, Tunisia
  228. Othman Ben Youssef, Tunisia
  229. Leila El Phil, Tunisia
  230. Dr. Mohamed El Bourji, human rights activist and physician, Egyptian residing in France
  231. Ali Mallah, Canada
  232. Mohamed Soltani, media activist, from Tunisia
  233. Baya Moudhafer, film director and film programmer, Tunisia
  234. Ahmed Jemaa, researcher, Tunisia
  235. Thawra El Abidi, student — Tunisia
  236. Abdel-Raouf Ismaïl, Plastic Surgeon, Canada
  237. Fatma Tounsi, Tunisia
  238. Nacira Guénif, sociologist, anthropologist, university professor, Université Paris 8, France
  239. Jocelyne Dakhlia, researcher, France
  240. Nidal Safi, political activist, Lebanon
  241. Hakima Chaoui, writer and poet from Morocco
  242. Hani Maatar, musician and researcher from Tunisia
  243. Emilio Dabed, Law professor, Canada
  244. Bilel Jdid, Tunisia
  245. Rimel Mehleb, PhD candidate, Canada
  246. Rami Shaath (Palestinian/Egyptian), deported to France
  247. Sami Degachi
  248. Nazih El Tarcha
  249. Inès Zoghdoudi, Tunisia
  250. Roula Yehia, journalist and researcher, France/Lebanon
  251. Aicha Bendouba, Algeria/France
  252. Dany El Amine, journalist, Lebanon
  253. Nadhir Mohamed, Tunisia, researcher in political science
  254. Zohra Mathlouthi, Tunisia
  255. Elmaaloum Isselmou
  256. Sihem Benabderrahmane, academic, Algeria
  257. Fidaa El Jouneidi, Palestine Film Festival Barbès, France
  258. Atfa Memaï, Algeria
  259. Youssef Ettourjoumen
  260. Dr. Hussein El Rahal, university professor
  261. Hella Ben Youssef, Vice President of Socialist International Women network
  262. Ghassan Amami, filmmaker, Tunisia
  263. Habib Belhadi, producer, Tunisia
  264. Bahri El Bahri, Tunisia
  265. Abdenasser Djebbar, university professor, Algeria
  266. Mohamed Al-Abdallah, Palestinian writer
  267. Mohamed Amine Khedhiri, researcher, Tunisia
  268. Hisham Abdel Hay, Palestinian, Damascus
  269. Siman Khoury
  270. Salvadoran-Palestinian Association — El Salvador
  271. Omar Faris, political activist and chairman of the Polish-Palestinian Association, Poland
  272. Kawthar Jouabri, academic, Tunisia
  273. Mariam Ben Salem, academic, Tunisia
  274. Riadh Ferjani, academic, Tunisia
  275. Tawfiq Abu Arshid, political and union activist, Jordan
  276. Tawfiq Abu Arshid, political and union activist, Jordan (duplicate entry)
  277. Omar Alfazza, Lawyer, Jordan
  278. Musa Saleh, Jordan
  279. Abd Al-Rahman Salem, academic, Jordan
  280. Ahmad Darraj, Palestine
  281. Ziad Bakri
  282. Azza Chaabouni, academic and researcher, Tunisian
  283. Jounaïdi Abdeljaoued, politician, Tunisia
  284. Dalila Mahfoudh, feminist political activist, Tunisia
  285. Nouri Abid, publisher
  286. Hamma Hammami, politician, Tunisia
  287. Sara Salloum, Socio-Economic Rights Action Group
  288. Jihen Laouati, journalist, Tunisia
  289. Jilani El Hammami – Workers’ Party – Tunisia
  290. Rafika Errafik – Women’s Organization of the Workers’ Party « Musawat » (Equality) – Tunisia
  291. Taoufi Ben Brik,, journaliste et écrivain, Tunisie
  292. Belalloufi Hocine, Retired Journalist, Algeria
  293. Khamis El Bahri, Artist, Tunisia
  294. Montasser Salem, Youth Activist, Tunisia
  295. Louati Mohamed Ismail, Filmmaker, Tunis
  296. Yamina Merchri Bendana
  297. Aimen Remida, Researcher, Tunisia
  298. Hayet Benabderrahmane, Architecte, Algérie
  299. Mahmoud Hamza, Human rights activist, Egypt
  300. Sana M’sellami, Enseignante-chercheure, Tunisie
  301. Oussama Ouiremi, academic, France
  302. Hanin Tarabey, academic and researcher, Palestine
  303. Al-Aybiki Suhieda, Jordan       
  304. Tarek Kahlaoui, academic, Tunisia
  305. Fatma Ben Osman, artiste peintre, Tunisia      
  306. Marwa Bejaoui, militante syndicale-unionist
  307. Malek Zeghdoudi, Freedoms Committee, National Union of Tunisian Journalists 
  308. Abdelatif Zeroual, academic, Maroc
  309. Halima Jouini, Militant, Feminist, Tunisia

*

Illustration :  الحياة السائدة. Tableau du peintre palestinien Ismail Shammout, 1999.

18 juillet 2026

Manifeste des intellectuel·les arabes contre la normalisation avec Israël et pour le droit des peuples arabes à l’autodétermination

Alors que les autorités libanaises ont conclu un accord avec l’Etat colonial d’Israël, piétinant la souveraineté libanaise ainsi que le droit de résistance du Hezbollah, plus de 300 intellectuel·les arabes joignent leurs voix pour affirmer l’unité arabe contre la normalisation avec Israël, le soutien aux résistances qui luttent contre le colonialisme israélien, et le droit à l’autodétermination des peuples arabes.

Rassemblant des universitaires, journalistes et dirigeants politiques de premier plan, issu·es des quatre coins du monde arabe, ce manifeste représente une intervention politique d’une grande importance.

Lorsqu’un jour le peuple veut vivre,
Force est pour le Destin, de répondre,
Force est pour les ténèbres de se dissiper,
Force est pour les chaînes de se briser


Abu El Kacem Chebbi

Nous, intellectuelles et intellectuels, universitaires, artistes, militantes et militants du monde arabe et de la diaspora, prenons la parole.

Nous la prenons aujourd'hui, à l'heure où le sang de notre peuple coule à flots sous les bombes israélo-occidentales car une autre guerre se mène contre lui, plus silencieuse mais tout aussi mortelle : celle de la normalisation avec l’État ennemi Israël, qui gangrène notre région, décrétée par des dirigeants corrompus contre la volonté de leurs peuples, contre leur mémoire, contre leur sang versé. Des Accords d'Abraham à l'accord-cadre signé entre le Liban et Israël à Washington, le 26 juin 2026 : la trahison s'écrit désormais en série. Nous le dénonçons avec la plus grande fermeté.

Il nous faut appeler les choses par leur nom : ce texte d’accord n'est pas un traité de paix entre égaux, c'est la formalisation d'un rapport de soumission au mépris total des sacrifices du peuple libanais pour la conquête de sa terre et de sa dignité. Pendant que les responsables officiels échangeaient des poignées de main sous l'objectif des caméras américaines, l'armée israélienne frappait encore le territoire libanais le jour même de la signature. Un décalage qui, à lui seul, en dit long sur la véritable nature du texte signé : une capitulation drapée dans le lexique de la souveraineté. Des dirigeants israéliens le disent sans détour : leur projet dépasse le Hezbollah et la frontière sud du Liban. Ce qui se joue est plus ancien. C'est un « Grand Israël », débordant les frontières de 1948 jusqu'au Liban, à la Jordanie, à la Syrie. Un « Grand Israel » ravivant le rêve Jabotinsky de faire du projet sioniste une puissance régionale qui intimide ses voisins, accapare leurs ressources, redessine les frontières à sa guise. Et à chaque étape, le même mot revient pour habiller cette expansion : légitime défense. Comme si conquérir pouvait se conjuguer avec se défendre.

La succession des guerres qui frappent la région : la Palestine, le Liban, l’Irak, le Soudan, la Libye, la Syrie, etc., n’est pas une série de crises indépendantes les unes des autres. Elle s’inscrit dans cette longue histoire coloniale : du congrès de Berlin (1878) aux accords Sykes-Picot (1916) et à la déclaration de Balfour (1917) jusqu'à la confiscation des révolutions arabes de 2011, une même logique impérialiste est à l’œuvre : livrer nos terres et nos droits aux appétits voraces des puissances occidentales. Aujourd’hui encore, il s’agit de fragmenter pour dominer. Aujourd’hui encore, se joue notre anéantissement. Normaliser, ce n’est pas la paix, c’est décider de notre écrasement.

Dans ce projet d’anéantissement, Israël joue un rôle stratégique de premier plan. Il est à l’articulation d’un impérialisme qui, forgé dans ce long 19ème siècle, opère sa mue avec la complicité de certains de nos États. Les Accords d'Abraham, qui ont normalisé les relations de cinq pays arabes avec Israël, s'inscrivent dans ce nouveau moment impérial qui sous couvert d'intégration économique cherche coûte que coûte la sauvegarde d’un avantage hégémonique US dans la région.

C’est à cela que travaille aussi le projet IMEC - India-Middle East-Europe Economic Corridor - annoncé au G20 de New Delhi en septembre 2023 : consolider la normalisation des relations entre Israël et les pays du Golfe et proposer une alternative à la Route de la Soie chinoise. Israël est donc le nœud géographique indispensable du corridor : la normalisation n'est pas une fin en soi, mais la condition infrastructurelle de l'hégémonie États-unienne dans la région. Génocide ou normalisation, deux voies vers le même objectif : faire de la région arabe un marché libre des marchandises et des identités.

Face à cette réalité, une seule conclusion s'impose : les États-nations de la région partagent non seulement une langue, une culture et une histoire, mais surtout une communauté de destin structurée par les mêmes mécanismes d'assujettissement et les mêmes aspirations de libération nationale. Le slogan tunisien « La Tunisie libre et sa capitale Jérusalem » ou les manifestantes et manifestants égyptiens et marocains brandissant le slogan « La Palestine est une cause nationale » le disent clairement : la condition palestinienne est la condition de tous les peuples de la région, à des degrés différents.

Nous, signataires de ce texte, conscientes et conscients de la menace existentielle que présente le projet impérialiste du « Grand Israël » pour toute la région arabe, nous refusons que l'épuisement de nos peuples, provoqué par deux siècles de guerre perpétuelle, de blocus et de destruction, soit présenté comme un choix libre par des régimes arabes traîtres, au service de leurs maîtres occidentaux. Nous refusons qu'un rapport de force fondé sur le génocide et l'écrasement de toute résistance soit célébré comme une paix.

Nous, signataires de ce texte, héritières et héritiers d'une longue histoire de résistance des peuples arabes contre le colonialisme et le sionisme affirmons, dans ce manifeste :

·        Premièrement : le refus d'une paix factice et de toute forme de normalisation avec l’État ennemi Israël 

Les accords d’Oslo, nous ont appris cette leçon : une paix négociée sous la contrainte militaire et économique, où l'une des parties impose à l'autre le calendrier, les conditions et les garanties de sa propre sécurité, n'est pas une paix. C'est une reddition habillée du vocabulaire diplomatique, c’est la garantie, dans les faits, d'une fragmentation plus grande et d'une colonisation israélienne consolidée. Nous dénonçons la complicité d’une partie des élites politiques, économiques et intellectuelles arabes avec le régime de soumission imposée par l’impérialisme occidental au mépris des sacrifices des peuples de la région. Nous nous adressons en particulier aux dirigeantes et dirigeants arabes qui, sous couvert de realpolitik, ont choisi la voie de l’assujettissement plutôt que celle de la dignité. Nous exigeons la rupture de tous les accords de normalisation. Nous rappelons que la légitimité populaire de tout pouvoir dans notre région se mesure aussi à sa capacité à ne pas trahir, par accommodement diplomatique, les principes qu'il proclame. Des luttes anticoloniales aux révolutions arabes, une même leçon s'est inscrite dans l'ADN de la région : aucun régime collaborateur ne survit au mépris des aspirations d'émancipation de son peuple.

·       Deuxièmement : la dénonciation du projet du « Grand Israël » 

Nous prenons acte des déclarations officielles israéliennes qui annoncent ouvertement l’ambition prédatrice et expansionniste du projet colonialiste israélien. Quand un ministre israélien déclare que le fleuve Litani doit devenir la nouvelle frontière avec le Liban, quand un autre revendique des plans de colonisation pour le Sud-Liban, ce ne sont pas des dérapages : c'est l'aveu d'une doctrine. Nous dénonçons avec la plus grande fermeté ces ambitions expansionnistes et nous rappelons qu’aucun accord ne peut être viable tant que cette machine de guerre génocidaire n'est pas explicitement et durablement écartée. Aucun accord ne peut se faire sans libérer toute la terre occupée et sans affirmer le droit au retour de tous les réfugiés palestiniens de 48 et de 67.

·       Troisièmement : l'affirmation du droit des peuples arabes à l'autodétermination comme principe inaliénable

Nous rappelons ici au respect de ce droit, consacré par la Charte des Nations Unies et par le droit international, qui sanctionne la légitimité de la lutte armée en contexte de domination coloniale et d’occupation étrangère. Ce droit est attaché à la dignité des peuples colonisés luttant pour leur survie. Aucune transaction géopolitique ne saurait l’entamer. Aucun rapport de force qui, aujourd’hui comme hier, nous est défavorable ne pourrait le réduire. Nous réaffirmons ici ce droit pour le peuple palestinien, pour le peuple libanais, et pour l'ensemble des peuples arabes confrontés au même choix entre génocide et dignité. Nous saluons le courage de celles et ceux qui ont dignement choisi de résister et de faire face directement à la machine de destruction israélo-occidentale. Nous demandons la libération de l'ensemble des prisonniers politiques palestiniens et libanais, ainsi que de toutes les personnes condamnées dans les pays arabes pour avoir manifesté leur solidarité avec la cause palestinienne.

·       Quatrièmement : le refus de la solidarité internationale purement symbolique

La solidarité internationale contemporaine s'est largement repliée, notamment au niveau des gouvernements, sur des formes qui ne coûtent rien et n'engagent à rien : condamnations diplomatiques sans suite, aide humanitaire qui soulage la souffrance sans jamais s'attaquer à ses causes structurelles, campagnes de sensibilisation qui informent sans transformer. Ces gestes ne sont pas inutiles mais ils permettent aux États et aux opinions publiques de se donner bonne conscience sans jamais remettre en cause l'ordre impérialiste qui produit l'oppression. Soutenir un peuple occupé uniquement dans les formes qui ne dérangent personne, c'est soutenir sa souffrance, pas sa libération. C'est accepter que les opprimés attendent, patientent, négocient indéfiniment avec celles et ceux qui les oppriment, pendant que le monde regarde avec sympathie sans jamais accepter de payer le prix politique d'un soutien réel à leur émancipation par les moyens qu'ils jugent nécessaires.

·       Cinquièmement : la responsabilité de l'intellectuelle et de l'intellectuel arabes

Nous faisons nôtre l'exigence formulée par Ghassan Kanafani ou de Bassel Al-Araj : les intellectuelles et intellectuels issus des sociétés colonisées ou dominées ne peuvent se réfugier dans une neutralité de façade qui, dans les faits, sert toujours les intérêts de la partie la plus forte. Notre rôle n'est pas de traduire la révolte de nos peuples dans une langue acceptable pour les bourreaux. Il ne s'agit pas de polir, d'édulcorer, de rendre présentable ce qui doit rester une insurrection. Notre rôle est de la porter, de la défendre, avec tous les outils dont nous disposons et d'abord en refusant toute normalisation, qu'elle soit intellectuelle, culturelle ou politique. Nous dénonçons la guerre impérialiste permanente qui frappe cette région. Nous soutenons, sans réserve, toutes les formes de résistance qui s'y opposent. Ce que nous voulons n'est pas un armistice maquillé en paix, une pacification qui nous dépossède en silence. Ce que nous voulons, c'est la libération totale et la souveraineté pleine et entière : sur nos terres, sur nos ressources et sur nos modes de production. Rien de moins.

Nous signons ce manifeste en tant qu'intellectuelles et intellectuels, militantes et militants arabes, conscients et conscientes que le silence, en un moment où se rejoue l'avenir de toute une région, est lui-même une forme d’abdication. Nous choisissons de ne pas nous taire. Nous appelons à en finir une bonne fois pour toutes avec les négociations indignes et les compromis honteux, qui légitiment l’inacceptable, et à identifier clairement la menace centrale : celle du projet expansionniste du « Grand Israël » qui constitue le nœud stratégique de l’impérialisme occidental. Nous adoptons la posture d’un refus radical montré par les différentes formes de résistance dans le monde arabe, seule à même de garantir la dignité individuelle et collective des peuples de la région à la « distance zéro » de la machine de destruction, au point où l'effacement est le plus intense.

L’Algérie a vaincu, la Palestine vaincra

*

Liste des signataires

  1. Hèla Yousfi, academic, Tunisia
  2. Layal Ftouni, academic, Lebanon
  3. Noureddine Amara, academic, Algeria
  4. Omar Abdel Jawad, academic, Palestine
  5. Mounira Khayat, academic, Lebanon
  6. Ghassan Ben Khelifa, journalist, Tunisia
  7. Hadeel Karkar, researcher, Palestine
  8. Pierre Abi Saab, journalist, Lebanon
  9. Ubada Kassar, university professor and researcher, Lebanon
  10. Malek Abi Saab, professor of contemporary Middle Eastern history at McGill University, Canada/Lebanon
  11. Faiq Mari, academic, Palestine
  12. Bahia Shehab, artist/academic, Lebanon/Egypt
  13. Latifa El Bouhsini, academic, Morocco
  14. Naima Chalour, academic, Algeria
  15. Ali Batha, researcher, Palestine
  16. Sara El Masry, academic, Egypt
  17. Ali Mattar, researcher and academic, Lebanon
  18. Meryem Sellami, academic, Tunisia
  19. Hala Amri, researcher, Tunisia
  20. Nada Raad, academic, Lebanon
  21. Malika El Assimi, academic, poet and writer, Morocco
  22. Lubna Tarabey, academic, Lebanon
  23. Yasmine Khayat, academic, Lebanon
  24. Roula Khayat, academic, Lebanon
  25. Islam El Khatib, researcher, Lebanon
  26. Ali Aboud, academic, Lebanon
  27. Muna Dajani, academic, Palestine
  28. Julia Choukair Vezoso, researcher and organizer, Lebanon
  29. Hamdeen Sabahi, politician, Egypt
  30. Khaled Youssef, filmmaker, Egypt
  31. Faida Hindawi, film critic, Egypt
  32. Mariam Guellouz, academic, Tunisia
  33. Iyad Abou Gaida, artist, Lebanon
  34. Samar Kanafani, researcher, Lebanon
  35. Sami Boukadida, researcher, Lebanon
  36. Jad Melki, academic, Lebanon
  37. Rana Sukkarieh, academic, Lebanon
  38. Alaa Attia Mitwaly, researcher, Egypt
  39. Chawki Attieh, researcher and professor, Lebanon
  40. Laure Abi Khalil, academic, Lebanon
  41. Kassem Kassir, academic, Lebanon
  42. Majdolin Darwish, member of the BDS campaign, Lebanon
  43. Tania Naplasi, visual artist, Palestine
  44. Raja Jaafar, political activist, member of the boycott campaign, Lebanon
  45. Hamza Hamouchene, researcher and activist, Algeria
  46. Rami Salame, academic, member of the boycott campaign, Lebanon
  47. Bashar Ahmad Al-Laqis, PhD in political sociology, Lebanon
  48. El-Mouzafar El-Diguel, politician, Sudan
  49. Moussa El-Sadah, researcher, Gulf
  50. Mourad Ayyash, Palestinian activist, Baddawi camp, northern Lebanon
  51. Dr. Layla Ghanem, editor-in-chief of Badael magazine and international activist
  52. Riyad Melhem, journalist and political activist, Lebanon
  53. Farah Abi Morched, "Noun" Feminist Solidarity Group, Lebanon
  54. Sonya Ben Yahmed, Researcher, Tunisia
  55. Mazen Elghoul, academic, Lebanon
  56. Houssem Matar, academic, Lebanon
  57. Fidaa Abdel Fattah, Lawyer, Lebanon
  58. Shadi Abou Ayed, Palestinian activist, Baddawi camp, Lebanon
  59. Hisham Othman El-Shawani, activist and intellectual, Sudan
  60. Aza Boughandoura, academic, Libya
  61. Moutaa Amin El-Waer, university professor residing in Canada, Tunisia
  62. Muhannad Delikan, member of the leadership of the Popular Will Party, Syria
  63. Chahrazad Abdallah, academic, Tunisia
  64. Ahmad Adnan El-Ramahi, director and secretary of the Anti-Zionism Association, Jordan
  65. Houssem Matar, Academic, Lebanon
  66. Mariam El-Obeidi, artist, Tunisia
  67. El-Ghalia Djimi, human rights defender, Western Sahara
  68. Mohamed Amir, Arab nationalist activist, Egypt
  69. Mohamed Mawwas, Arab nationalist activist, Lebanon
  70. Ubada Osama, academic, Sudan
  71. Mahmoud El-Maaytah, Jordan
  72. Ayoub Habraoui, media activist, Morocco
  73. Dr. Rabhi Halloum, Jordan
  74. Khaled El-Basiouny, film production manager, Egyp
  75. Azyz Krichen, Writer, Tunisia
  76. Samah El-Gemari Osman, Sudan
  77. Khaldoun El-Barghouti, Jordan
  78. Dr. Malek Khoury, academic residing in Cairo
  79. Alaa El-Mawla, politician, Lebanon
  80. Dr. Sami Massoud, academic residing in Canada
  81. Dr. Hadi Eid, academic residing in Canada
  82. Dr. Assaad El-Attat, academic residing in Canada
  83. Dr. Yahya El-Lahib, academic residing in Canada
  84. Dr. Norma Rantisi, academic residing in Canada
  85. Dr. Rola Jurdi, academic residing in Canada
  86. Dr. Rabab Abdulhadi, Palestinian academic residing in the United States
  87. Dr. Jamil Khader, academic residing in the United States
  88. Jaber Suleiman, Palestinian researcher residing in Lebanon
  89. Dr. Mohamed Sawwan, academic residing in China
  90. Dr. Nawfal Nayouf, writer and translator, former academic, residing in Canada
  91. Zaid Hamad, Jordan
  92. Issa El-Khatib, Jordan
  93. Mountasser Wosos, Jordan
  94. Iyad Ben Mabrouk, journalist and political activist, Tunisia
  95. Amin Amr, Youth Office of the Karama Party, Egypt
  96. Ziad El-Basiouny, Youth Secretary of the Karama Party, Egypt
  97. Sama Muawiya, researcher, Egypt
  98. Tamer Hindawi, journalist, Egypt
  99. Sayed El-Toukhy, editor-in-chief of Al-Karama newspaper, Egypt
  100. Mohamed El-Basiouny, physician, Egypt
  101. Mahmoud Fahmy, journalist and writer, Egypt
  102. Ali Kniss, researcher, Tunisia
  103. Mohamed Melhem, Jordan
  104. Wafaa Ashry, Nubian, feminist and labor rights advocate, Egypt
  105. Mohamed Bajes El-Hassasneh, political activist, Jordan
  106. Dr. Omar Nashabe, academic and international law specialist, Lebanon
  107. Walid Ezroukan, lawyer, Algeria
  108. Dr. Ihab Nasser, Dean of the Faculty of Applied Medical Sciences, Al-Azhar University, Gaza
  109. Yazid Ben Hounet, academic, Algeria/France
  110. Anissa Haddadi, academic, Algeria
  111. Mohamed Abdoun, writer, Algeria
  112. Bouakrif Ali Amin, translator and professor, Algeria
  113. Daho Djerbal, academic, Algeria
  114. Said Bouibel, academic, Lebanon
  115. Elia El-Khazen, researcher, Lebanon
  116. Mohamed Maahoub, academic, Morocco
  117. Youssef El-Tamimi, academic, Austria  
  118. Safaa Chebbi, activist, Tunisia
  119. Khelill Khalsi, researcher, Tunisia
  120. Sahar Hammoud, academic, Lebanon
  121. Ali Al-Batran, political activist, Jordan
  122. Ghazi Anaim, critic and visual artist, former president of the Jordanian Association of Visual Artists
  123. Dr. Abdel Moneim Al-Hurr
  124. Kahena Sanaa, artist and researcher, Tunisia
  125. Moncef Taleb, filmmaker, Tunisia
  126. Reem Mokhtari, university professor, Algeria
  127. Marwan Majaes, Lebanon, France
  128. Joëlle Abou Chabké, director, Lebanon
  129. Maissam Al-Marrouki, journalist, Tunisia
  130. Regina Sanfir, writer and researcher, Lebanon
  131. Nabila Kallache, designer, Algeria
  132. Rabih Sultan, professor and academic researcher, Lebanon
  133. Louay Zeytouni, professor, Lebanon
  134. Dr. Ahmad Lotfi Shaheen, legal and development consultant, Palestine
  135. Dr. Wissam Nassif Yassine, writer and political researcher, Lebanon
  136. Kholoud Shehada
  137. Nizam Assaf, academic, Jordan
  138. Ali Hekmat Shouaib, academic, Lebanon
  139. Rania Majdoub, teacher
  140. Kassem Cheatani, academic, Canada
  141. Zahra Mohamed Banaho, human rights defender / Southern Morocco
  142. Dr. Omar Nashabeh, academic and international law specialist, Lebanon
  143. Dr. Amin Tarbiyeh, Lebanese resident of the United States
  144. Allan Alam Eddine, writer, Bilad al-Sham
  145. Omar Farhat, academic, Egypt
  146. Omar Jabary Salamanca, academic, Palestine
  147. Slim Ala Eddine, filmmaker, Tunisia
  148. Aziz Barkaoui, Tunisia
  149. Salma Mesieri, Tunisia
  150. Donia Ben Osman, lawyer, Tunisia
  151. Fayrouz Salama, academic researcher, Tunisia
  152. Hatem El Wali, professor, Southern Morocco
  153. Nouress Bleili, academic researcher, Tunisia
  154. Ahmed Sabri Sayed Ali, historical researcher, Egypt
  155. Amir Mohieddine, researcher, anthropologist, France / Algeria
  156. Hossam Abdelkhalek, arts director, Lebanon
  157. Hicham Ajbouni, Tunisian political activist
  158. Emir Mohieddine, researcher, France / Algeria
  159. Anis Mansouri, internationalist Tunisian activist, Tunisia
  160. Dr. Jihad Hamdan, academic and member of the Political Bureau of the Jordanian Communist Party, Jordan
  161. Houda Ibrahim, journalist, Lebanon
  162. Adriana Kobeissi, academic residing in Austria
  163. Fadel, journalist and sociologist, France
  164. Iqbal Zlila, academic, Tunisia
  165. Sofian El Fani, cinematographer, Tunisia
  166. Jalal Kaouch, Palestinian academic
  167. Leila Abi Samra
  168. Mohamed El Ghafiri, General Coordinator of the International Network for People's Solidarity
  169. Imed Abdelli, Swiss lawyer
  170. Azzam Al-Samadi, Jordan
  171. Haifa Saleh, Palestinian academic residing in Belgium - Jordan
  172. Violette Daguer, writer and human rights activist
  173. Leila Naffaa, Arab Women's Association, Jordan
  174. Moncef Guedouar, Tunisian immigrant
  175. Nour Turkmani, poet, Jordan
  176. Mauritanian Association for Human Rights (AMDH), Nouakchott, Mauritania
  177. Mahmoud Hodhod, writer and academic, Egypt
  178. Amer Abdallah Abou Nidal / Palestine / General Coordinator of the Global Network for the Palestinian Cause
  179. Suzanne El Kenz
  180. Dr. Shahd Abusalama, scholar and artist, Palestinian British
  181. Engineer Jawad Jaber, President of the Anbat Democratic Forum, Jordan
  182. Thouraya Hammami, researcher, Tunisia
  183. Sofiane Kachroudi, researcher, Tunisia
  184. Faouzia Ben Salem, human rights activist, Tunisia
  185. Saad Mohamed Abdallah, single, Sudan
  186. Ines Tlili, human rights and cultural activist, Tunisia
  187. Nasser Al-Ghazali, Director of the Damascus Center for Theoretical Studies and Civil Rights, Sweden
  188. Saber Zammouri, director, Tunisia
  189. Abdelmounaim El Hour
  190. Hanaa Abbas, lawyer, Tunisia
  191. Hela Yousfi, Qatar
  192. Ibrahim Moussayih, Sahrawi Human Rights Defenders Collective "CODESA", Western Sahara
  193. Galai Ahmed, Defender of human and peoples' rights
  194. Selma Zghidi, cinema editor, Tunisia
  195. Nasser Soumi, contemporary artist, Franco-Palestinian
  196. Khalil Triki, cultural worker, Tunisia
  197. Amal Jerbi, Citizen, Canada
  198. Radhia Ouezini, human rights activist, Tunisia
  199. Rayan Ayari, academic researcher, Tunisia
  200. Salah Salah, Palestine
  201. Guizani Souhail, Italy
  202. Babouzeid Labbihi, political and human rights activist, Western Sahara
  203. Salma Ghazal, professor, Netherlands
  204. Youssef Chaker, visual artist, Tunisia
  205. Akesbi Azeddine, Morocco, economist
  206. Abdennour Akoudad Ekajouan, PhD Candidate in Economics (Spain)
  207. Ahmed Jaradat, writer, Jordan
  208. Mahmoud AlAli, coordinator, Center for Refugee Rights, Aidoun, Lebanon
  209. Rania Abid, Doctor, Tunisia
  210. Jemil Ben Romdhane, Engineer, Tunisia
  211. Myriam Bribri, Tunisian citizen
  212. Reem Abdelwahed, Tunisia
  213. Rafika Mensteri, citizen, Tunisia
  214. Fatma Dahmani, university professor, Tunisia
  215. Omar Berrada, poet and researcher, Morocco
  216. Ali Yehia, journalist and international relations consultant, Lebanon
  217. Fatma Erraach, academic, Tunisia
  218. Noha Alzaneen, Researcher, Palestine
  219. Nafieh Assaf, professor, Palestine
  220. Noha Al-Zaanin, Palestinian researcher residing in Egypt
  221. Mohamed Mathee, Senior Lecturer, South Africa
  222. Samir Moghbel, Iran
  223. Terras Karim, Tunisia
  224. Ms. Maya Saikali, France
  225. Sevgi Dogan, postdoc, Italy
  226. Bahija Ouezini, human rights activist, Tunisia
  227. Naila Al Wardi, Tunisia
  228. Othman Ben Youssef, Tunisia
  229. Leila El Phil, Tunisia
  230. Dr. Mohamed El Bourji, human rights activist and physician, Egyptian residing in France
  231. Ali Mallah, Canada
  232. Mohamed Soltani, media activist, from Tunisia
  233. Baya Moudhafer, film director and film programmer, Tunisia
  234. Ahmed Jemaa, researcher, Tunisia
  235. Thawra El Abidi, student — Tunisia
  236. Abdel-Raouf Ismaïl, Plastic Surgeon, Canada
  237. Fatma Tounsi, Tunisia
  238. Nacira Guénif, sociologist, anthropologist, university professor, Université Paris 8, France
  239. Jocelyne Dakhlia, researcher, France
  240. Nidal Safi, political activist, Lebanon
  241. Hakima Chaoui, writer and poet from Morocco
  242. Hani Maatar, musician and researcher from Tunisia
  243. Emilio Dabed, Law professor, Canada
  244. Bilel Jdid, Tunisia
  245. Rimel Mehleb, PhD candidate, Canada
  246. Rami Shaath (Palestinian/Egyptian), deported to France
  247. Sami Degachi
  248. Nazih El Tarcha
  249. Inès Zoghdoudi, Tunisia
  250. Roula Yehia, journalist and researcher, France/Lebanon
  251. Aicha Bendouba, Algeria/France
  252. Dany El Amine, journalist, Lebanon
  253. Nadhir Mohamed, Tunisia, researcher in political science
  254. Zohra Mathlouthi, Tunisia
  255. Elmaaloum Isselmou
  256. Sihem Benabderrahmane, academic, Algeria
  257. Fidaa El Jouneidi, Palestine Film Festival Barbès, France
  258. Atfa Memaï, Algeria
  259. Youssef Ettourjoumen
  260. Dr. Hussein El Rahal, university professor
  261. Hella Ben Youssef, Vice President of Socialist International Women network
  262. Ghassan Amami, filmmaker, Tunisia
  263. Habib Belhadi, producer, Tunisia
  264. Bahri El Bahri, Tunisia
  265. Abdenasser Djebbar, university professor, Algeria
  266. Mohamed Al-Abdallah, Palestinian writer
  267. Mohamed Amine Khedhiri, researcher, Tunisia
  268. Hisham Abdel Hay, Palestinian, Damascus
  269. Siman Khoury
  270. Salvadoran-Palestinian Association — El Salvador
  271. Omar Faris, political activist and chairman of the Polish-Palestinian Association, Poland
  272. Kawthar Jouabri, academic, Tunisia
  273. Mariam Ben Salem, academic, Tunisia
  274. Riadh Ferjani, academic, Tunisia
  275. Tawfiq Abu Arshid, political and union activist, Jordan
  276. Tawfiq Abu Arshid, political and union activist, Jordan (duplicate entry)
  277. Omar Alfazza, Lawyer, Jordan
  278. Musa Saleh, Jordan
  279. Abd Al-Rahman Salem, academic, Jordan
  280. Ahmad Darraj, Palestine
  281. Ziad Bakri
  282. Azza Chaabouni, academic and researcher, Tunisian
  283. Jounaïdi Abdeljaoued, politician, Tunisia
  284. Dalila Mahfoudh, feminist political activist, Tunisia
  285. Nouri Abid, publisher
  286. Hamma Hammami, politician, Tunisia
  287. Sara Salloum, Socio-Economic Rights Action Group
  288. Jihen Laouati, journalist, Tunisia
  289. Jilani El Hammami - Workers' Party - Tunisia
  290. Rafika Errafik - Women's Organization of the Workers' Party "Musawat" (Equality) - Tunisia
  291. Taoufi Ben Brik,, journaliste et écrivain, Tunisie
  292. Belalloufi Hocine, Retired Journalist, Algeria
  293. Khamis El Bahri, Artist, Tunisia
  294. Montasser Salem, Youth Activist, Tunisia
  295. Louati Mohamed Ismail, Filmmaker, Tunis
  296. Yamina Merchri Bendana
  297. Aimen Remida, Researcher, Tunisia
  298. Hayet Benabderrahmane, Architecte, Algérie
  299. Mahmoud Hamza, Human rights activist, Egypt
  300. Sana M’sellami, Enseignante-chercheure, Tunisie
  301. Oussama Ouiremi, academic, France
  302. Hanin Tarabey, academic and researcher, Palestine
  303. Al-Aybiki Suhieda, Jordan       
  304. Tarek Kahlaoui, academic, Tunisia
  305. Fatma Ben Osman, artiste peintre, Tunisia      
  306. Marwa Bejaoui, militante syndicale-unionist
  307. Malek Zeghdoudi, Freedoms Committee, National Union of Tunisian Journalists 
  308. Abdelatif Zeroual, academic, Maroc
  309. Halima Jouini, Militant, Feminist, Tunisia

*

Illustration :  الحياة السائدة. Tableau du peintre palestinien Ismail Shammout, 1999.

Direction de la publication : Fanny Gallot & Ugo Palheta. ISSN : 2496-5146

Ne vous arrêtez pas en si bon chemin !

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6 juillet 2026

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