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Les médias dominants et le personnel politique – de Renaissance au FN/RN en passant par LR – prétendent que l’antisémitisme serait passé à gauche. Outre son manque de fondement repéré de longue date par les chercheurs en science politique, cette stratégie de disqualification – promue il y a déjà une vingtaine d’années par Pierre-André Taguieff ou Alain Finkielkraut – a pour effet de dissimuler la persistance, et même le développement, d’un « énorme édifice antisémite », composé de plusieurs dizaines de maisons d’édition, qui prospère à l’ombre des droites radicales.

La littérature antisémite écrite, en 2023, ce sont des centaines d’ouvrages, des livres réédités ou produits et diffusés par des équipes discrètes liées à différents courants de l’intégrisme catholique et des droites radicales contre-révolutionnaires ou nationales-socialistes. Dans une série d’articles que vous propose Contretemps, le spécialiste des extrêmes droites René Monzat, auteur de nombreux ouvrages au cours des quatre dernières décennies, donne un aperçu de cette littérature, à laquelle contribuent sept familles de thématiques antisémites entrecroisées.

Le troisième volet de cette exploration de l’édition antisémite contemporaine est là encore un nouveau voyage dans le temps, vers les années 1880 à 1945, qui virent le pic de la rhétorique anti-judéo-maçonnique. Celle-ci constitue une laïcisation paradoxale de l’antijudaïsme chrétien, initiée par des clercs en vue de contrer la laïcisation de la société, la séparation des Eglises et de l’État. L’aspect intrigant, mystérieux, sensationnel, que prit cette thématique contribua puissamment à sa diffusion.

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Cette thématique s’est forgée au XIXe siècle dans la fusion[1] d’un antisémitisme chrétien qui n’est pas né anti-maçonnique et d’un anti-maçonnisme qui n’a pas toujours été antisémite, comme le démontrent les travaux d’Emmanuel Kreis[2]. Plusieurs éditeurs se sont attelés depuis les années 1980 et surtout depuis 2000 à un travail systématique de réédition de ces textes, initialement publiés au XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle. Cette thématique a été notamment, mais pas exclusivement, exposée par des ecclésiastiques.

La Synagogue de Satan, publié initialement en 1883 par Mgr Léon Meurin[3], est réédité aujourd’hui[4] par quatre éditeurs différents. Dès la page 2, l’auteur affirme : « Les Chefs secrets de la franc-maçonnerie, les Juifs, » ou, dans les dernières pages « N’espérez pas, ô Juifs, pouvoir échapper à la calamité qui vous menace encore une fois ! Votre nation déicide est dans ce moment arrivée à un de ces apogées de pouvoir et de prospérité, si souvent répétés dans votre histoire, qui doit aboutir, comme toujours, à un grand malheur national. Le jour qui vous écrasera sera la veille d’une expansion vitale de l’Église, votre victime, telle que l’histoire n’en a jamais vue. »[5].

La multiplicité des éditeurs semble indiquer que le titre trouve aujourd’hui un public, bien qu’il soit une indigeste compilation de sources fantaisistes, y compris l’imposteur mystificateur Léo Taxil[6].

L’œuvre maîtresse de cette fusion des deux thématiques paraît en 1910 avec les trois tomes de La Conjuration antichrétienne de Mgr Henri Delassus. Celui-ci n’insiste pas d’abord sur le différend théologique entre juifs et chrétiens, selon lequel les juifs auraient le tort de refuser de reconnaître la divinité du Christ, mais il reproche surtout aux juifs et aux maçons d’attaquer la société chrétienne, conservatrice, l’alliance intime du pouvoir et de l’institution ecclésiastique, l’autorité de l’Église sur la société.

Après la Première Guerre mondiale et la diffusion des Protocoles des Sages de Sion, la thématique anti-judéo-maçonnique verra s’effacer le lien avec son substrat théologique, ainsi que la mention du christianisme et de l’Église catholique comme cibles principales. Seuls les catholiques traditionalistes continueront à voir l’influence de la judéo-maçonnerie dans l’évolution de l’Église depuis le XXe siècle. Cela n’a apparemment pas découragé des rééditions d’une dizaine de titres de Mgr Delassus au XXIe siècle, essentiellement aux ESR[7]. Cela n’a pas non plus nui à la diffusion de ce texte volumineux car La Conjuration antichrétienne a connu depuis 2000 une dizaine d’éditions différentes chez au moins six éditeurs liés aux droites radicales[8].

La conjuration antichrétienne, clé de voûte de l’anti-judéo-maçonnisme ecclésiastique

La Conjuration antichrétienne et sa « synthèse de toute la réflexion contre-révolutionnaire du siècle précédent »[9] expose bien un antisémitisme de clerc, mais dans un cadre politique de conservatisme antilibéral. Le cœur de sa thèse a été repris par les écrits antisémites du XXe et XXIe siècles :

« En toute construction, les maçons sont guidés dans leurs travaux par des contremaîtres, des directeurs et ces directeurs veillent à la bonne exécution des plans dressés par l’architecte. »

« Déjà bien souvent nous avons surpris l’intervention des juifs dans l’œuvre maçonnique. Ce sont eux qui ont conçu l’idée d’une république universelle et d’une religion humanitaire pour asseoir leur domination sur tout le genre humain. »

« Le moment est donc venu de porter notre attention sur ce qui, en ce moment, préoccupe le plus les esprits éclairés qui cherchent à se rendre compte de l’état actuel de la France, de l’Église et du monde : la question juive. Depuis un demi-siècle, son importance croît de jour en jour. Elle est étudiée par les théologiens et les philosophes, les historiens et les hommes politiques, les économistes et tout le public. Depuis surtout que M Edouard Drumont a attiré l’attention de ce côté, que de travaux sont venus attirer l’attention sur la gravité croissante de problème juif ! »

« Nous avons vu la conjuration antichrétienne manifester sa présence dans les deux mondes, employer partout la même tactique, frapper aux mêmes points, souvent en même temps. Mgr Martin, évêque aux États-Unis, conclut de là à l’existence d’une direction centrale, d’un but arrêté vers lequel tout tend, d’un plan d’ensemble pour l’atteindre et d’une forte organisation qui l’exécute. Nous avons vu cette organisation dans sa structure et son fonctionnement au cours de plusieurs siècles. Mais qui a construit la machine ? Et qui la fait fonctionner ? le nombre de ceux qui nomment le juif s’accroître de jour en jour. Se trompent-ils ? »

« La supposition de l’intervention des juifs donne une réponse. Ils avaient intérêt à se faire les agents de transmission des idées maçonniques puisqu’elles enseignaient l’égalité des races et que la leur était partout repoussée comme ennemie, seuls, eux seuls dans le monde aveint cet intérêt. De plus ils avaient la possibilité d’être efficacement des agents parce qu’ils avaient des communautés partout, que depuis longtemps ils avaient l’habitude d’organiser des groupements secrets et qu’ils en connaissaient le maniement et la force. »

« La nation juive est d’ailleurs la seule à se trouver dans les conditions nécessaires pour remplir un tel office. Sa dispersion depuis dix-neuf siècles sur toute la surface de la terre, la situation qui lui fut faite chez tous les peuples, l’amenèrent à chercher les moyens de maintenir sa nationalité, sa foi, ses espérances et de pourvoir à ses intérêts.

Pour cela, elle dut se constituer en une société bien disciplinée, gouvernée par des chefs religieusement obéis et protégée par la loi du secret la plus rigoureuse.

Grâce à cette organisation, les juifs durant ces dix-neuf siècles, eurent toujours entre eux, d’un bout du monde à l’autre, des rapports très actifs. L’étendue presque universelle de leur commerce, l’habileté et la discrétion de leurs agents procuraient aux chefs de la nation des moyens surs et nombreux de donner des mots d’ordre, de faire parvenir sans difficulté dans les pays les plus éloignés, et par là d’obtenir une action commune et persévérante en vue du résultat à obtenir.

Réduite à elle-même et sans alliance avec la juiverie, jamais la Franc-Maçonnerie n’eut pu accomplir ce que nous lui avons vu faire ».[10]

Mgr Delassus précise ensuite ce qui serait le but du judaïsme : « Ce développement n’est rien moins, inutile de le répéter, que l’hégémonie du juif sur toute la race humaine, sa domination sur tous les peuples, devenus sujets, esclaves d’Israël. » [11]

La radicalisation de l’antisémitisme clérical le laïcise

Juste après la guerre, en 1920, Mgr Ernest Jouin publia Le Péril Judéo-Maçonnique, en plusieurs volumes, maintes fois réédité dans les années 1920 et 1930, et, après 2010, par les éditions Saint Rémi[12]. L’ouvrage s’ouvre sur la publication du texte intégral du Protocole des sages de Sion, texte totalement étranger à l’antijudaïsme théologique. La couverture du tome V Les Actes de la contre-église. Juifs. Sources de l’impérialisme juif porte en exergue « Notre attitude vis-à-vis des judéo-maçons doit être une attitude de combat ». L’antisémitisme de Mgr Jouin est certainement clérical, mais il s’appuie sur Drumont et, longuement[13], sur les Protocoles des sages de Sion qu’il orthographie « Protocols » : de ce fait le qualifier de chrétien serait une erreur ajoutant à la confusion.

D’ailleurs quand Mgr Jouin évoque la conversion des juifs, ses propos manquent singulièrement d’empathie :

« Faites rentrer le Christ-Jésus et le juif reculera de lui-même, les vendeurs du Temple verront leurs tables d’or renversées, les débaucheurs de la prostitution seront asphyxiés par l’odeur des lys qui seront nos âmes purifiées, les fabricants d’idole humaine seront écrasés par l’effondrement de leur statue inanimée, tandis que l’âme se dégageant de leur étreinte redeviendra croyante dans le Christ qui a sauvé le monde et qui veut le sauver encore.

En un mot, cessons de nous enjuiver. Alors le juif redeviendra le juif errant ; et il se terrera dans ses ghettos, en attendant sa conversion sincère, le jour où nous-mêmes nous redeviendrons sincèrement catholiques. »

Dans la lignée de Mgr Delassus, de Mgr Jouin, l’antimaçonnisme des clercs brilla de ses derniers feux entre les deux guerres mondiales, notamment avec des auteurs de la Revue Internationale des Sociétés Secrètes de Mgr Jouin (1912-1939), dont nous avons mentionné les deux rééditions intégrales contemporaines.

La radicalisation de l’antisémitisme clérical durant un siècle est frappante, des écrits prônant la conversion des juifs du chevalier Drach, du subtil enchâssement du théologique et du politique chez les frères Lémann, à la somme très radicale de Mgr Delassus et à la haine pure et terrifiée de Mgr Jouin, cette radicalisation est en fait une laïcisation de l’antisémitisme, qui a absorbé les thématiques de Drumont, puis celles des Protocoles et qui laisse de côté la doctrine des papes sur les juifs et le judaïsme.

L’exemple tardif d’un religieux irlandais R. P. Denis Fahey dont sept ouvrages, parus entre 1927 et 1953, ont été traduits et édités en français au XXIe siècle, illustre bien ces tensions. Dans La Royauté du Christ et la conversion du peuple Juif,[14] publié en 1953, mais écrit en 1938 ou 1939, Denis Fahey s’exprime avec vigueur contre l’antisémitisme racial des nazis « l‘antisémitisme, cette détestable haine dirigée contre les Juifs en tant que race »[15] dans la ligne de l’encyclique Mit Brennender Sorge qui fut publiée en mars 1937 par le Pape Pie XI.

Puis il multiplie les formulations embrouillées d’où il ressort d’une part, qu’un juif bon est « objectivement » un juif mauvais[16], que d’autre part les juifs doivent être déchus de la nationalité française[17] et privés de l’égalité civique :

« Si les juifs ne sont pas rendus inoffensifs au moyen de lois spéciales les privant de cette égalité civique à laquelle ils n’ont aucun droit, rien d’utile ou de durable ne sera accompli. »[18]

Sans doute faut-il comprendre que ces auteurs expriment par une violence croissante la dégradation du rapport de force en défaveur de l’Eglise catholique, depuis les monarchies de droit divin, la conquête des droits civils avec la Révolution française, la perte du pouvoir temporel des papes lors de l’unité italienne, l’affirmation laïque progressive de la IIIe République, la généralisation de l’enseignement public, la loi de 1905 sur la séparation des églises et de l’État, la montée d’un mouvement communiste qui s’était en Russie brutalement attaqué à l’église orthodoxe.

Cela rend d’autant plus anachronique leurs rééditions au XXIe siècle.

L’anti-judéo-maçonnisme repris par des laïcs catholiques contre-révolutionnaires

L’anti-judéo-maçonnisme laïc se répand sous la plume de Drumont : La Tyrannie maçonnique[19], qu’Edouard Drumont publie en 1899 à la Librairie antisémite, porte notamment sur la franc-maçonnerie et l’affaire Dreyfus, réédition ESR (148 pages). Alors que les ecclésiastiques tels Mgr Delassus prêtent aux juifs une organisation comparable à celle de l’Eglise catholique, quand les auteurs se disent d’anciens francs-maçons, les juifs sont dépeints à l’image de la franc-maçonnerie telle que dénoncée par ailleurs.

En 1909, dans La Conjuration juive contre le monde chrétien[20], le franc-maçon « repenti » Paul Copin-Albancelli, raconte qu’il existe un gouvernement national juif, et secret, depuis la dispersion (an 70) : « Il existe une nation juive qui est gouvernée secrètement comme la franc-maçonnerie »[21]. Les éditions Saint Rémi disposent d’une rubrique « Judaïsme – Franc-maçonnerie » bien fournie de 203 volumes avec notamment les rééditions des « classiques » du complotisme conservateur anti-judéo-maçonnique du XXe siècle. Ceux-ci sont souvent écrits par des laïques catholiques, ainsi Emmanuel Malynski ou Léon de Poncins.

Emmanuel Malynski (1875-1938), comte polonais, est surtout connu pour La Guerre Occulte – la mystérieuse internationale juive, publié en 1936, puis en 1940. Plusieurs fois réédité au XXIe siècle[22], le livre interprète les révolutions du XVIIIe au XXe siècle comme « une lutte titanesque opposant l’esprit du christianisme à celui de la contre église d’esprit hébraïque », il fut traduit en italien par Julius Evola[23].

« Toute l’histoire du XIXe siècle, » affirme Malynski « est marquée par l’évolution du mouvement révolutionnaire qui va de 1789 au bolchevisme russe ». « C’est en France que prenaient naissance les révolutions, sous le pseudonyme des idées libérales, nobles et généreuses, dont la réalisation graduelle modifiait insensiblement, au profit des éléments révolutionnaires, au premier rang desquels il faut placer les Juifs, la face du monde chrétien et la structure interne de la société. » [24]

« Ce processus a abouti à deux résultats. » : « la conversion de la sixième partie du globe habité en un foyer révolutionnaire imprégné de F M et de judaïsme », « l’élaboration d’un milieu mondial […] dominé par le capitalisme, anémié par la démocratie, détraqué par le socialisme et divisé par les nationalismes » [25]

Évoquant Les prodromes du bolchevisme- l’avènement du capitalisme en Russie, il résume la politique d’industrialisation du tsar Alexandre III :

« C’était la lune de miel de la Russie convolant en justes noces avec le Capital qui cachait en son arrière-plan le Juif à l’affût de sa proie » [26].

Quant à la phase clé de la Révolution russe :

« Derrière les Lénine, les Staline et les Trotsky, comme au premier acte de la tragédie derrière les Millioukof, les Goutchkof, les Kerensky et les Tchernof, il y avait les Jacob Schiff et le consortium judaïque international. » [27]

« Les serviteurs, les dirigeants successifs de la conspiration mondiale passent. Mais le plan initial et sa continuation immuable, sa mise en exécution impeccablement progressive, est indépendante de leurs existences éphémères.» [28]

Emmanuel Malynski y résumait une œuvre abondante, dont 32 titres, souvent de 400 ou 500 pages, ont été réédités aux ESR[29]. La lecture des présentations élaborées par les éditeurs du XXIe siècle met en valeur la dimension antisémite de chacun des titres, dimension à laquelle, de toute évidence, ces éditeurs sont particulièrement (et positivement) sensibles.

L’antisémitisme obsessionnel du comte Emmanuel Malynski est enchâssé dans une vision du monde traditionaliste : à ses yeux, libéralisme, capitalisme, nationalisme sont les manifestations de la destruction des sociétés traditionnelles, monarchies de droit divin associées au pouvoir spirituel de l’Eglise catholique.

Léon de Poncins (1897-1975) son co-auteur, poursuivit dans la même veine après-guerre. Son œuvre tout aussi abondante fut éditée et rééditée pendant la 2e moitié du XXe siècle par divers éditeurs catholiques contre-révolutionnaires, au XXIe siècle principalement aux ESR (17 titres), par le groupe de Chiré (5 titres) et hors du courant catholique par Kontre Kulture (Les Juifs et le concile Vatican II, 2014). Les Éditions Saint Sébastien ont édité en 2016 La Judaïsation du monde moderne, Pages extraites de La mystérieuse internationale juive. (24 pages) : la prose de de Poncins se diffuse donc bien aujourd’hui comme de la propagande antisémite.

Léon de Poncins a publié pendant trois décennies après-guerre chez le Groupe de Chiré, avec Henry Coston[30], assurant une continuité et transmission de l’anti-judéo-maçonnisme des années 1930 vers les droites radicales des années 1970 et vers une partie des cadres du Front National. Les héritiers d’Edouard Drumont étaient un des piliers de la presse du Front National de Jean-Marie Le Pen.

En 2022 cette sensibilité idéologique n’a plus de représentation politique, sauf par le groupe politico-religieux Civitas et le courant de l’ex-Œuvre Française ou l’hebdomadaire Rivarol.

Johan Livernette (1973 – ), ancien journaliste sportif du quotidien marseillais La Marseillaise, contribue à assurer aujourd’hui la relève. Les thématiques ne brillent pas par leur originalité : Une loge maçonnique dirige le Vatican, Le Complot contre Dieu[31]. Comme le résume le site de Chiré :

« Johan Livernette étudie depuis plusieurs années le complot judéo-maçonnique, le mouvement révolutionnaire mondial, les différentes facettes du mondialisme, dans la lignée des auteurs catholiques contre-révolutionnaires anti-libéraux. »[32]

La Franc-Maçonnerie. 300 ans d’imposture[33] se présente comme « un des livres les plus complets ayant été écrits sur le sujet ». Dédié « à Monseigneur Henri Delassus et Monseigneur Ernest Jouin », l’ouvrage se révèle être une simple compilation soutenant que tout ce qui va mal dans le monde est de la faute de juifs, appuyée principalement sur les écrits des deux auteurs précités et du Père Nicolas Deschamps[34]. Johan Livernette reproduit sans ciller les pires naïvetés et les faux les plus maladroits des auteurs qui l’ont précédé[35].

L’anti-judéo-maçonnisme ecclésiastique survit chez les catholiques ultra intégristes

Une fraction du clergé refusa l’orientation du concile Vatican II 1962-1965, en particulier « adapter l’Eglise aux besoins du temps présent ». Les traditionalistes attribuèrent cette orientation à des influences juives[36] comme dans Les Juifs et le Concile Vatican II[37], d’autant que l’attitude de l’Eglise vis-à-vis des juifs a évolué[38], ou bien à une offensive judéo-maçonnique, voire à un complot ourdi par des évêques et cardinaux membres depuis des décennies de loges judéo-maçonniques.

Des textes ont été distribués aux pères conciliaires (cardinaux), dont le plus ambitieux Le Complot contre l’église, signé Maurice Pinay, aurait été rédigé par un groupe de cardinaux et d’évêques. Léon de Poncins et Pierre Virion, auteurs français dénonciateurs du complot judéo-maçonnique, distribuèrent leurs contributions personnelles[39]. Tous ces textes sont édités ou réédités un demi-siècle après le concile. ESR a traduit de l’italien et édité le texte de « Maurice Pinay » sous le titre 2000 ans de complots contre l’Eglise[40], afin de souligner, par l’adjonction des mots « 2000 ans » le rôle des juifs[41].

Le plus bel exemple en est l’imposant ouvrage Le Réseau Rampolla & l’éclipse de l’église catholique[42]. Ce best-seller est un « ouvrage de combat » dédié à 70 « écrivains combattants hors pairs » aréopage et phalange d’auteurs pour la plupart antisémites, de culture contre-révolutionnaire et antilibérale, des XIXe et XXe siècles, pour la plupart réédités aujourd’hui. Depuis l’Abbé Barruel, (1741-1820), Jacques Crétineau-Joly (1803-1875), Roger Gougenot des Mousseaux (1805-1876), jusqu’aux compagnons de route ou militants du Front National, auteurs du Groupe de Chiré, Jacques Bordiot (1900-1984), Henry Coston (1910-2001), Jacques Ploncard d’Assac (1910-2005), Yann Moncomble (1953-1990) en passant par des auteurs de la IIIe République tels l’Abbé Emmanuel Barbier (1851-1925) et ses collaborateurs de la Revue internationale des sociétés secrètes, Ernest Jouin (1844-1932), ainsi que des auteurs étrangers du XXe siècle surtout anglo-saxons : Denis Fahey (1883-1954), Nesta Webster (1876-1960), William Guy Carr (1895-1959), Antony Sutton (1925-2002).

L’auteur prend soin de récuser le terme « antisémite » « nouvelle rouelle dont nos ennemis usent et abusent pour couvrir d’un manteau de Noé les exactions d’Israël et les crimes des israélites véreux » car « nous prions pour la conversion des israélites »[43].

Néanmoins Pierre Hillard souligne dès l’introduction le rôle des organisations et valeurs juives dans l’éclipse de l’église catholique, « les multiples infiltrations ou tentatives d’esprit judaïsant dans les hautes sphères du pouvoir papal » depuis 2000 ans, jusqu’aux intégristes « ralliant largement le Front National de Jean-Marie Le Pen, parti politique reposant sur les principes judaïsants de 1789. »

Selon l’auteur, le cardinal Rampolla (1843-1913), qui faillit être élu pape en 1903, était un franc-maçon de haut rang. Avec l’aide d’autres cardinaux eux-mêmes maçons, il aurait engagé l’église catholique sur une voie qui aboutit au concile Vatican II (1962-1965), concile à partir duquel tous les papes successifs ne seraient désormais plus de vrais papes, mais représenteraient la « Contre église ».

Une démarche poussée jusqu’à l’absurde : c’est trop incroyable pour être faux !

L’imposant ouvrage pousse jusqu’à l’absurde la dénonciation du complot judéo-maçonnique. Le Réseau Rampolla est une compilation /juxtaposition de la quasi-totalité des ouvrages publiés sur le sujet. Avec près de 800 notes et un index de milliers de noms, ce livre constitue une ressource bibliographique remarquable. Le livre est basé sur des « preuves » sous formes de listes et d’illustrations, de reproductions de documents. Les plus impressionnantes sont les photos d’un annuaire imprimé de l’OTO (Ordo Templi Orientis d’Aleister Crowley) comportant, parmi les illustres personnalités fondatrices de l’ordre le nom du cardinal Rampolla, aux côtés de Perceval, Merlin l’enchanteur, Mahomet[44].

L’inquiétude sur la santé mentale de l’auteur, alimentée par de multiples aspects de l’ouvrage, génère des interrogations du même ordre sur le lectorat, au fil de la lecture des centaines de pages denses et riches d’informations surprenantes (des papes se livrant à des crimes rituels, ou organisant une « intronisation officielle mais secrète de Satan, en plein cœur du Vatican »[45]).

Cela commence par l’évidente faiblesse de preuves et indices, telle la blague d’un libraire anonyme qui conforte rien de moins que la thèse de l’appartenance du numéro deux de la hiérarchie catholique à une loge sataniste[46].

Ici, à la charnière de l’antisémitisme et anti-judéo-maçonnisme élargi à un anti-« judéo-bolchevisme » et versant dans un complotisme tous azimuts, se pose l’intrigante question de la croyance envers des sources, informations, documents fabriqués par des gens dont les profils de mythomanes, mystificateurs ou provocateurs sont établis.

Ainsi le « Marquis de la Franquerie » dans Lucifer & le pouvoir occulte, cite trois ouvrages de « Diana Vaughan », laquelle est une pure invention du mystificateur Leo Taxil. Il recommande les ouvrages de ceux qui ont été roulés par Taxil mais qui n’ont jamais reconnu avoir gobé la mystification.

Tableau identique dans le Réseau Rampolla qui recommande d’« étudier » les livres des mêmes auteurs, dont ceux écrits par Taxil lui-même sous d’autres pseudonymes[47], il donne en référence Clotilde Bersone à propos de laquelle l’ouvrage précise « Les hauts dirigeants des Républiques démocratiques aux ordres de la Secte sont tous des serviteurs de Lucifer, comme l’a démontré un ouvrage paru en 1926, intitulé « L’Elue du dragon » de Clotilde Bersone. »[48]A la page précédente le livre a été qualifié de « roman à clé », et sa réédition de 1998 aux NEL précise clairement « Roman ». Clotilde Bersone est bien en peine de démontrer quoi que ce soit, car c’est le pseudonyme de Paul Boulin (1875-1933), prêtre du Diocèse de Troyes, auteur de plus de vingt livres sous quatre signatures différentes, dont plusieurs, signées I. de Recalde, illustrent le genre assez paradoxal de la polémique catholique anti-jésuites[49].

Confrontés à l’évidence de la fabrication de ces « documents », dans lesquels les chefs des comploteurs exposent par écrit et par le menu les tenants et aboutissants, moyens et participants du complot pourtant archi-secret, les auteurs ou leurs éditeurs utilisent l’argument mis au point pour les Protocoles : inutile de discuter de leur « authenticité », les Protocoles sont vrais car ils se réalisent. Ces textes sont peut-être fabriqués, mais par des gens qui ont su synthétiser des complots en cours.

Ils exposent la réalité perçue par les antisémites qui les ont fabriqués. Ils sont vrais car les auteurs du faux y croyaient[50]. C’est la croyance qui crée la réalité.

L’affaire Taxil a démontré que c’est la demande qui crée l’offre

C’est parce que des auteurs catholiques, membres du clergé, multipliaient les descriptions de la franc-maçonnerie comme une puissance maléfique, que l’imposteur a pu diffuser des inventions de plus en plus invraisemblables.

Il avait à dessein multiplié les descriptions les plus grotesques, comme ce diable prenant l’apparence d’un crocodile ailé jouant du piano et « tandis qu’il pianotait, le crocodile ailé tournait vers la maîtresse de maison des regards expressifs qui, on le pense bien, mettaient celle-ci fort mal à l’aise » devant les autres membres de la loge maçonnique[51], ou l’usine clandestine du diable installée dans le rocher de Gibraltar[52].

Le désir de voir confirmer la vilenie des francs-maçons constituait le biais de confirmation qui a annihilé tout esprit critique chez des catholiques qui, il est vrai, pouvaient attacher une grande importance aux « révélations privées », apparitions et prophéties de personnes, dont plusieurs seraient aujourd’hui redevables d’une prise en charge psychiatrique.

Évidente parenté avec la « réalité alternative » des partisans de Donald Trump, mais sans doute plus encore avec un mécanisme mental et psychologique à l’œuvre (notamment dans l’église catholique ou parmi les fidèles musulmans) dans le cas de croyants qui « perdent la foi ». Il n’est pas rare que des croyants, à un moment donné, se rendent compte qu’ils ne croient plus en Dieu, ils « perdent la foi ».

Cette situation peut toucher de simples fidèles mais aussi des prélats, femmes ou hommes entrés dans les ordres. Dans ce cas, développent les prédicateurs chrétiens ou musulmans, la seule solution réside dans l’étude et la prière. Il faut prier Dieu qu’Il nous fasse à nouveau croire en Lui. Dieu redevient réel pour la personne qui prie car elle a voulu y croire à nouveau.

L’anti-maçonnisme perd aujourd’hui, en France, de sa vigueur

Les loges maçonniques principales ont perdu en France leur aura de mystère. L’association juive B’nai B’rith a été dénoncée depuis les années 1930 puis, dans les années 1980, par le quotidien catholique traditionaliste Présent[53], ainsi que par le journaliste et militant du GRECE, Emmanuel Ratier (1957-2015)[54], voire plus récemment Stéphane Blet (1969-2022) dans Franc-maçonnerie. L’effroyable vérité[55].

Cette organisation, fondée en 1843 par des juifs newyorkais refusés par les loges maçonniques, aurait pu symboliser l’intersection du judaïsme et de la franc-maçonnerie. Mais si le B’nai B’rith anime l’ADL (Anti-Defamation League), importante organisation antiraciste aux USA, la réalité fort modeste de ses structures européennes (notamment en France) ne permet pas d’en faire les maîtres du monde.

L’accent tend à se porter sur l’échelon maçonnique international, voire les « super loges ». Du coup le statut des juifs dans cette histoire évolue, ils deviennent le support d’une entreprise luciférienne, qui vise à imposer une dictature mondiale via la diffusion du noachisme, donc de la religion/morale que les juifs veulent diffuser chez les « gentils ».

La thématique du « noachisme » s’appuie sur les rééditions du livre du rabbin Elie Benamozegh Israël et l’humanité[56] et de celui d’Aimé Pallière La Religion noachide. L’enseignement d’Elie Benamozegh. Le Sanctuaire inconnu. Ma conversion au judaïsme[57]. Aucun des livres n’est antisémite, mais ils viennent ici à l’appui de la dénonciation d’une des modalités de la domination juive qui prendrait la forme de l’adoption, par le reste de l’humanité d’une morale noachique[58], laissant les juifs pratiquer le judaïsme et servir de guide à l’humanité[59]. Le livre fascinait le psychanalyste Jacques Lacan [60].

Articulée au noachisme, la thématique du « mondialisme », système/complot visant à établir un gouvernement mondial, tente de se reconnecter avec un noyau de réalité : l’internationalisation, l’intrication des économies et le développement d’organisations internationales de toutes natures.

L’auteur référence des droites radicales en ce domaine, Pierre Hillard (1966- ), a édité fin 2021, un « vade-mecum », « super synthèse », « afin de constituer le socle nécessaire à la compréhension du mondialisme et de ses origines. Ce livre se subdivise donc en trois parties : 1) La Bible hébraïque et ses implications politiques et spirituelles ; 2) la ‘Guerre des mondes’ ou de la guerre entre l’Eglise et la synagogue aveugle ; et 3) la Révolution de 1789 ou le lancement de la réparation du monde» Par réparation du monde il faut entendre « le monde étant souillé par de nombreuses qelipot christiques contraires aux principes talmudo-kabbalistiques, il doit être désinfecté, réparé ou ‘tikkunisé’ ( en référence au tikkoun olam cher à la Kabbale). Une extraordinaire politique hygiéniste et collectiviste est lancée avec la Révolution de 1789. »[61]

Quand l’anti-judéo-maçonnisme fusionne avec le complotisme moderne

Le Décalogue de Satan est significatif de cette fusion : il fut initialement publié en 1989 puis réédité en 2004 par l’éditeur catholique traditionaliste strasbourgeois Editions Pamphiliennes, devenu Expéditions Pamphiliennes (480 pages). Cette édition initiale est préfacée par Mgr Lefebvre et le texte met l’accent sur l’action des franc-maçons, et se donne comme objet « de persuader le lecteur que ces principes des droits de l’homme sont parfaitement sataniques » Karl Marx et Friedrich Engels, tous deux juifs, ont rédigé le Capital avec l’aide des Illuminati, les dirigeants communistes russes sont juifs, comme la mère de Jean Paul II, le réseau Rampolla a travaillé à détruire l’Eglise de l’intérieur etc.[62].

Le même texte sera réédité sous le même titre Le Décalogue de Satan[63], présenté comme émanant d’un « auteur anonyme », préfacé par Laurent Glauzy[64], Editions du Salat, (524 pages). Mais l’accent est moins mis sur la critique de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen que sur celle des juifs satanistes. Laurent Glauzy durcit encore le trait, affirme en 4e page de couverture que « dans cet empire soviétique dédié aux talmudistes et à Satan, l’architecte Stjusev construisit en 1932 le Mausolée de Lenine dédié au prince des Ténèbres… D’ailleurs, conformément à ces mêmes préceptes, le juif Karl Marx était un sataniste qui adhérait à la secte de Johannea Southcott, vénérant la déesse Shilo. ». La couverture s’orne d’une étoile de David sur laquelle s’inscrivent les visages de Lénine, Karl Marx, Charles de Gaulle et Paul VI.

Chez le même éditeur, Glauzy signe en 2016 Une élite sataniste dirige le monde, (250 pages). « L’alchimie et la Cabale juive, exploitées par les sociétés occultes et satanistes, servent au contrôle mental des masses, pour conduire les populations à l’acceptation du Nouvel Ordre Mondial et du règne de l’Antéchrist » affirme la 4e page de couverture où l’on apprend aussi que le Pape Benoit XVI descend « du rabbin Yeouda Loew ben Bezael » qui aurait été « le cabaliste le plus puissant au monde, créateur du célèbre Golem de Prague. »

Cette nuance du complotisme nourrit la rédaction de dizaines de livres, la plupart fort volumineux. Elle amène souvent à propager d’autres thématiques complotistes, depuis les « chemtrails » (la trainée de condensation des avions qui serait un épandage délibéré de produits toxiques), chez ESR[65]ou chez Kontre Kulture[66], à la terre plate chez Didi, en passant par La Terre creuse chez Hades[67]. Sur des thématiques proches de celles de Glauzy, Henry Makow (1949-), auteur conspirationniste canadien né en Suisse, multiplie les ouvrages sur les Illuminati[68], contre le féminisme etc.

Ils forment un équivalent français de l’exubérante imagination de QAnon aux Etats Unis[69]. Malgré le nombre imposant de rééditions, l’antisémitisme d’origine chrétienne et de diffusion cléricale, comme l’anti-judéo-maçonnisme classique devraient être appelés à dépérir. Le premier, parce qu’il n’a vraiment de sens que dans la nostalgie anachronique d’une chrétienté dominée par l’Église. Le second, parce que l’épouvantail maçonnique ne fait plus peur : les vrais pouvoirs, réels ou imaginaires, résident ailleurs.

*

Illustration : affiche d’un film de 1942.

Notes


[1] Sur la RISS, lire l’article d’Emmanuel Kreis « Les réseaux antijuifs et antimaçonniques autour de la Revue internationale des sociétés secrètes (RISS) de l’entre-deux-guerres à la période de l’Occupation », Revue d’Histoire de la Shoah, vol. 198, no. 1, 2013, p. 117-139. ici

[2] Quis ut Deus ? : Antijudéo-maçonnisme et occultisme en France sous la IIIe République, Emmanuel Kreis, Les Belles Lettres, 2017. (1296 pages). Cette somme permet de comprendre le contexte des parutions initiales des ouvrages illustrant cette thématique.

[3] Mgr Léon Meurin (1825-1895) évêque/archevêque de Port Louis.

[4] La Synagogue de Satan, Mgr Léon Meurin fac-similé de l’édition de 1893 (2016), aux Editions Delacroix (s.d.), chez Hades éditions (2017) aux ESR (s.d.), ainsi qu’aux Editions Saint Sébastien (s.d.) (558 pages).

[5] Conclusion, page 466.

[6] Voir Satan Franc maçon, la mystification de Léo Taxil, Eugen Weber, Ed Julliard, 1964. (240 pages), ou bien la notice Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_L%C3%A9o_Taxil[7] Plusieurs s’inscrivent dans cette conception de la « conjuration anti chrétienne » :-L’Américanisme et la conjuration antichrétienne, 2012. (316 pages), -La Démocratie Chrétienne, Parti et école, 2009 (76 pages) « Dans cet opuscule, Mgr Delassus nous livre le détail de ses batailles acharnées et héroïques, qu’il mena contre les abbés novateurs, imbus, probablement à leur insu, des idées libérales, que les juifs avaient programmées de distiller dans les séminaires » précise l’éditeur ESR, -Le Pourquoi de la première Guerre mondiale en 3 tomes, 2000. (1388 pages) « II n’est pas nécessaire d’en dire davantage pour faire comprendre combien la puissance juive, ayant à sa disposition la Franc-Maçonnerie et les autres associations révolutionnaires, trouve de facilités dans la poursuite de ses sataniques desseins ». « Ces éclaircissements étaient nécessaires pour mettre les esprits dans le milieu où doivent être vus et peuvent être compris les événements dont le récit remplit ce livre, et en particulier comment princes et peuples ont été menés à l’assaut de la souveraineté pontificale, puis à celui des Puissances catholiques, Autriche et France, préparant ainsi le renversement de l’Eglise romaine, sur les ruines de laquelle les Juifs veulent asseoir leur domination universelle. ».Le problème de l´heure présente – Antagonisme de deux civilisations 2 vol., 2009, (892 pages).

[8] La Conjuration antichrétienne a été rééditée aux éditions Saint Rémi, d’abord en trois volumes en fac-similé (1350 pages), puis dans une nouvelle édition recomposée en 2011 (760 pages), remaquettée en 2012 (437 pages) avant la sortie en 2018 et 2020 d’une édition cousue avec une couverture rigide.

Les Expéditions Pamphiliennes avaient re-composé et réuni le texte en un volume de 720 pages dès 2005. Autres éditions chez Kontre Kulture en 2013 (781 pages), en plusieurs volumes aux Editions Saint Sébastien en 2017, en un volume chez Hades /Ethos en 2018 (740 pages), l’ouvrage était édité aussi chez Nabu Press en 2011. Mentionnons aussi les services de reprint classiques, non liés à des éditeurs antisémites dont Andesite Press en 2016, et Classic reprints en 2018.

[9] Ce que souligne son éditeur Ethos sur l’édition de 2018 (p. 3)

[10] P. 376, 377, 378 ,379 de La Conjuration antichrétienne, éd. Ethos, 2018, Tome II, L’agent de la civilisation moderne, III son but la construction du Temple, II Les maîtres de l’œuvre, Chapitre XLVII Les juifs, leur action dans la chrétienté.

[11] Ibid. p. 389.

[12] Le Péril Judéo-maçonnique Tomes I à III, Mgr Ernest Jouin, Editions Saint Rémi, 2012 (893 pages).

Tome I : Les Protocols des Sages de Sion, édition G. Butmi-Nilus.
Tome II : La judéo-maçonnerie et l’Eglise catholique I : Les fidèles de la contre-église, juifs et maçons.
Tome III : La judéo-maçonnerie et l’Eglise catholique II : Les maçons.

Le Péril Judéo-maçonnique V & X, Les Actes de la contre-église TI & II, Mgr Ernest Jouin, Editions Saint Rémi, 2014 (524 pages).

Tome I des actes de la contre-église : Les Juifs. Sources de l’impérialisme juif (Talmud, Schulschan Arukh, Zohar) et discipline de l’impérialisme juif (Qahal, conclusion).

Tome II des actes de la contre-église : Francs-Maçons. L’anticléricalisme dans l’Etat de 1800 à 1872.

Les éditions ACRF ont réédité La Guerre maçonnique, Mgr Jouin, 2017 (216 pages).

[13] Ainsi les 16 pages de la préface de ce volume sont un commentaire de larges citations des Protocoles dont le texte intégral a déjà été reproduit dans le premier volume du Péril judéo-maçonnique.

[14] La Royauté du Christ et la conversion du peuple juif, R P. Denis Fahey, traduit en français pour la première fois par François Thouvenin, ESR, 2012 (219 pages).

[15] La Royauté.. p.20

[16] « Les Juifs, en tant que nation, ont objectivement pour but de donner à la société une direction en opposition complète à l’ordre voulu par Dieu. Il se peut qu’un membre du peuple juif rejetant Notre Seigneur possède la vie surnaturelle que Dieu veut conférer à toute âme, donc qu’il soit bon de la bonté voulue par Dieu, mais objectivement, la direction qu’il entend imprimer au mode est opposée à Dieu et à cette vie ; elle est donc mauvaise. Si un juif qui rejette Notre Seigneur est bon de la manière exigée par Dieu, c’est en dépit du mouvement dans lequel lui-même et sa nation se sont engagés. Notre Seigneur Jésus-Christ est à lui seul la source de la bonté que Dieu veut trouver en chaque être humain et qui est l’effet de la participation à la Vie intérieure de la Sainte Trinité. Aucun Juif, étant donné ce dont il est objectivement partisan, n’est bon surnaturellement comme Dieu veut qu’il le soit. » passages soulignés par Denis Fahey. La Royauté.. p.58

Les lecteurs pressés risquent de comprendre que Dieu aurait beau faire des pieds et des mains, le Révérend Fahey lui remonte les bretelles expliquant au Créateur que c’est peine perdue, aucun Juif ne peut être, objectivement, bon.

[17] « Nous devons abroger la loi en vertu de laquelle les Juifs ont été autorisés à usurper le titre de citoyens français et les déclarer privés de la nationalité française. ». La Royauté.. p.74 . Fahey reprend ici à son compte les écrits de Mgr Henri Delassus dans Les Pourquoi de la Première Guerre Mondiale, initialement paru en 1922, réédité par les ESR, 2000. (3 volumes 1388 pages).[18]La Royauté.. p.75 Fahey s’appuie ici sur un recueil d’articles de la revue La Civiltà Cattolica vol. VII, no. XIV. 1890 (Oct., Nov., Déc.) qui auraient été réunis sous le titre La Question Juive en Europe. Ces articles ont été utilisés par le régime fasciste italien, en 1938, au moment de la promulgation des lois antisémites.

[19] La Tyrannie maçonnique, Edouard Drumont, réédition ESR (148 pages).

[20] Le Drame maçonnique. La Conjuration juive contre le monde chrétien, Paul Copin-Albancelli, rééd. ESR, (534 pages).

[21] Ibid. p. 318-374.

[22] Notamment par les éditions Delacroix (276 pages), ESR 2015, 2022, (278 pages), et par Omnia Veritas, 2015. (248 pages).

[23] La guerra occulta. Armi e fasi dell’attacco ebraico-massonico alla tradizione europea, a cura di Julius EvolaRéédité en 2008 aux Edizioni di AR (264 pages).

[24] La Guerre Occulte, Omnia Veritas, p15.

[25] Ibid. p. 16.

[26] Ibid. p. 143.

[27] Ibid. p. 244.

[28] Ibid. p. 245.

[29] Notamment :

Cycle La Mission du peuple de Dieu en 25 volumes, 2015. Ces rééditions ne figurent pas au catalogue de la BNF

1 L’Erreur du prédestiné. Le Talmud contre la sainte écriture (393 pages).

2 Le Réveil du maudit (362 pages).

3 Le Triomphe du réprouvé (345 pages).

4 L’Empreinte d’Israël. Le naturalisme à l’assaut de la nature humaine. 2 tomes(440 et ?? pages) « – Jamais on ne rencontre, dans les écrits privés des théoriciens bolcheviques, un mot de sympathie, moins encore d’affection ni de compassion pour ceux qui souffrent. Weishaupt, Marx Engels, Lénine, Blum les décrivent comme « des gueux, une racaille, des imbéciles ». Chose que devraient méditer ceux qui les écoutent et les célèbrent comme des philanthropes. Malynski est plus avisé : il va aux sources juives du capitalisme et du socialo-communisme ; c’est la même affaire. »

5 Les Eléments de l’histoire contemporaine. Histoire de notre impuissante résignation.

6 La Grande Conspiration mondiale.

7 John Bull et l’Oncle Sam.

8 Le Colosse aux pieds d’argile. La diffamation et la calomnie à l’œuvre. (393 pages).

9 Le Triangle et la croix. Les mensonges des anticléricaux. (297 pages).

10 La Veillée des armes. La chrétienté subsistante face à la secte. « La Veillée des armes est un ouvrage de géopolitique qui prolonge Le Triangle et la Croix. Il sera question de l’Italie et de l’Autriche, avec ces pièges vulgaires tendus par la Secte : exciter les nationalismes (c’est le péché où se sont perdus Maurras et d’Annunzio) qui vont faire s’exterminer les malheureux soldats de la vieille Europe au prétexte de l’Alsace-Lorraine ou de Sarajevo (Ch. II à VI). »

11 La Grande Guerre sociale. La Poussée démocratique (354 pages) « La démocratie judéo-moscovite était anxieuse de battre tous les records de ce que les Lumières avaient nommé le progrès. A sa remorque, elle traînait les « jeunes » démocraties européennes, elles aussi déjà plus démocraties que nationalismes, emprisonnées entre les deux mâchoires de l’étau juif occulte : l’hypercapitalisme d’état ou communisme en URSS et la ploutocratie américaine. « Voilà la seule, la profonde signification de la guerre. Voilà l’hypothèse qui s’impose comme un postulat à l’impartialité scientifique : la confrontation du Ciel et de l’Enfer, car seule elle rend compte de tous les phénomènes à la fois. » 

12 La Démocratie victorieuse. L’Oncle Sam au service de Lénine (432 pages).

13 Le Bouleversement de l’Europe. La Force prime le droit (414 pages).

14 Dans la Galerie des Glaces. A qui profite la révolution mondiale (474 pages) « – Malynski a su montrer jusqu’à présent comment procède la judéo-maçonnerie sur l’échiquier mondial : elle suscite des égoïsmes, des particularismes dans les nations des goyms, œuvre pour les solidifier au nom d’une religion, d’une race, d’une patrie ; elle créée de toute pièce des mouvements qui divisent : les pauvres contre les riches, le féminisme, le conflit des générations, les ouvriers contre les paysans. Puis une fois ces mouvements agencés, ses agitateurs les enflamment au nom du sacro-saint progrès. Les pions s’entredéchirent, le chaos se généralise. »

15 La Nouvelle Babel. La SDN interdit l’auto-suffisance européenne. (554 pages) « Les procédés de la stratégie subversive sont en apparence souples et flexibles à l’extrême pour parer efficacement aux éventualités les plus variables. Cependant, en réalité, ces procédés sont toujours identiques à la stratégie subversive elle-même, à tous les degrés de son évolution et sur tous les plans de son action. En effet, le judéo-maçonnisme est animé depuis toujours par une même volonté centrale farouche : celle des Princes de l’Exil, cachés à Constantinople ou à New-York (V. Copin-Albancelli, La conjuration juive contre le monde chrétien, ESR.). »

16 Les Problèmes de l’Est & la Petite Entente (560 pages).

17 La Pologne nouvelle. La Réforme agraire contre la propriété. (394 pages).

18 L’Aube Rouge. Le Bolchevisme, avenir de l’humanité (452 pages).

19 Une Main cachée dirige. Les deux théologies (414 pages) « Une main cachée dirige reprend le paysage qu’offre la Russie des tsars : « émanciper les Juifs c’est ouvrir la porte à des incendiaires (p. 183, sq.) dont la seconde nature indélébile de conjurés mondiaux s’est formée au cours de trois mille ans de rage et de secret ». La civilisation est leur ennemi ; c’est le servage des goym qu’ils visent ; l’obstacle sur leur chemin ce sont les amis de la Trinité civilisatrice. »

20 Les Finalités communistes du capitalisme. La victoire du communautarisme sur la civilisation (558 pages).

21 La Grande Erreur d’Alexandre II. 1861-1917, soixante ans de pénétration juive en Russie. (376 pages).

22 Le Tsar libérateur fourrier du bolchevisme. Le libéralisme, porte ouverte au terrorisme (330 pages).

23 Alexandre III artisan de la révolution. Le Piège du progrès sacré (452 pages).

24 Au seuil du cataclysme révolutionnaire. (500 pages). « Les droits égaux pour les Juifs a signifié, selon l’observation constante, dans tous les pays, à toutes les époques, une inégalité de plus en plus criante au profit des seuls maîtres les Juifs anonymes. Cela, tout le monde l’observe, le sent, le murmure ; personne n’ose le dire ; moins encore protester. Les Juifs sont en outre comme la goutte de carmin qui suffit à teinter de rouge – un rouge bien symbolique -un plein verre d’eau ; ce phénomène se nomme judaïsation de la société*. » La Russie était le seul pays qui échappait à un tel dérèglement avant qu’Alexandre III ne contractât des dettes (ch. VI). »

25 La Fin de la Russie. Le peuple élu, peuple roi de la Russie millénaire. (412 pages).

Les éléments de description sont ceux fournis par les éditeurs, le dessein antisémite du cycle semble essentiel dans la plupart des 25 volumes.

Malynski, en matière d’antisémitisme ne s’est pas contenté de ce cycle, sont réédités aussi :

-Pour Sauver l’Europe. Remarques sur la Conférence de Paris parution initiale 1922 (222 pages). Les « idées toutes faites et puissamment réclamées par la presse judaïsante, que confectionnent […] les cliques peu nombreuses, mais solidement organisées, comme des sortes de syndicats anonymes et internationaux, pour propager la désagrégation, la contamination, la confusion et le chaos. »

– La Gauche et la droite. Calomnie, propagande et terreur, parution initiale 1923 (217 pages) « vient un jour où la calomnie, la propagande et la terreur judéodémocratique se fait si insinuante, si suggestionnante, qu’elle parvient à faire jeter la bulle sur les Marie Stuart et les Marie-Antoinette modernes, sur la malheureuse impératrice d’Autriche, sur l’infortunée impératrice de Russie, et même sur ses filles martyres innocentes. »

– Le Peuple roi. Une Lutte à mort entre Orient et Occident. (216 pages). « Il est un peuple qui n’est pas politiquement une nation qu’on appelle juive, mais qui fait partie, depuis deux mille ans, de la structure inter-anatomique de chaque nation, sans cesser pour cela d’être, un seul et même peuple, qui se dit « Peuple-Roi ». Il est en lui-même une véritable nation, plus solidaire, plus unie et plus exclusivement nationaliste que les autres. Il est même plus qu’une nation, car c’est une race, un clan, une secte et, dans certains pays, une classe à part. Ces caractères lui permettent de se travestir avec le maximum de déloyauté, selon les besoins de sa cause, avec l’étoffe de tous les drapeaux. Et la démocratie est née du mariage contre nature du judaïsme oriental avec des agents de mutinerie occidentaux (E. Malynski, passim). »

-Capital et propriété. Accaparement et chaos. Parution initiale 1926, rééd. 2015 (203 pages) « L’ennemi est la « morale » talmudique qui a cette supériorité matérialiste sur la morale évangélique qu’elle ne brusque pas les instincts, elle ne violente pas la nature sensuelle, vaniteuse et cupide de ses fidèles sans scrupule. »

– Le Système économique de l’avenir (458 pages).

– La Grande Conspiration mondiale (340 pages).

[30] Les nombreux ouvrages de Henry Coston, ne sont plus diffusés que d’occasion (175 titres- dont des numéros de revues chez Amazon). Cela reflète mal le rôle essentiel de Coston. La brochure Hommage à Henry Coston, publiée en 2018 par les éditions de Chiré, (18 pages), reproduit l’intervention de François-Xavier Hautefeuille aux Journées Chouannes en 2017 et met bien en lumière ce rôle de passeur. « Notre cher Henry Coston », « fut sans doute le plus authentique successeur de Drumont, à la fois quant au plan de l’antisémitisme que de l’anticapitalisme » (p.7). D’autre auteurs, Jacques Ploncard d’Assac (1910-2005) journaliste propagandiste du régime du dictateur Salazar au Portugal, Jacques Bordiot (Jean Costes) (1900-1984), compagnon de cellule de Coston après la Libération, Pierre Virion (1898-1988) ex collaborateur de Mgr Jouin à la RISS ont accompagné Coston dans la réimplantation des théories du complot judéo-maçonnique après-guerre. Mais nombre de leurs textes sont, comme ceux de Coston, trop « datés » par leurs références au moment de leur rédaction, pour avoir été réédités récemment.

Néanmoins le livre clé donnant le schéma global d’interprétation a été continument diffusé. Bientôt un gouvernement mondial ? Une super et contre Eglise, Pierre Virion, Editions Pierre Téqui, 2013. (340 pages), réédition augmentée et dernière en date d’un ouvrage initialement publié en 1965 chez le même éditeur (265 pages). Autre réédition recomposée aux Editions Saint Remi, 2012. (276 pages).

[31] Le Complot contre Dieu. Le mondialisme démasqué. Johan Livernette, Autoédition, 2014 (480 pages). « Rédigé dans un esprit de synthèse, Le complot contre Dieu dévoilé, faits et documents à l’appui, la conspiration talmudo-maçonnique contre l’Église catholique, les monarchies, les nations et les peuples. »

[32] Johan Livernette précise « Nous sommes dans l’antijudaïsme affirmé et non dans la haine du juif : face à l’incessant chantage à l’antisémitisme du camp judéo-sioniste, il convient d’être précis sur les termes employés tout en restant ferme sur les principes. Antijudaïsme et haine du juif sont deux choses différentes. La première est nécessaire alors que la seconde est contraire à l’esprit de charité. » vidéo du 20 juin 2020 https://www.youtube.com/watch?v=2WH1lNPUFaE

[33] La Franc-Maçonnerie. 300 ans d’imposture, Johan Livernette, auto-édition mise en page réalisée par les ESR, 2019 (372 pages). Amazon, qui diffuse ce livre indique Groupe Saint Rémi comme éditeur.

[34] Les Sociétés secrètes et la société ou philosophie de l’histoire contemporaine, Nicolas Deschamps, ESR (2 vol.), 2012, Ethos/Hades (2 tomes), 2021 (476 pages, 706 pages).

[35] Tel Guizeppe Mazzini (1805-1872) décrit comme un « franc maçon palladiste », alors que le « palladisme » fut une des inventions du mystificateur Taxil, dont nous reparlerons plus bas. Ou la grotesque lettre d’Albert Pike à Mazzini, censée dater de 1871 mais inventée par William G Carr dans son livre Pawns in the game, paru en 1956.

[36] Comme les ouvrages et initiatives de Jules Isaac, notamment L’Enseignement du mépris paru chez Fasquelle en 1962.

[37] Les Juifs et le Concile de Vatican II, Léon de Poncins, Kontre Kulture, 2014. (326 pages).

[38] En particulier avec la déclaration Nostra Ætate d’octobre 1965, traitant des relations avec les religions non chrétiennes.

[39] Le problème Juif face au Concile, Léon de Poncins, Rome, 1962, puis en autoédition 1965 (30 pages) coédité en langue française par The Britons Publishing Cie à Londres et par Editiones Acervo à Barcelone, 1965, Les Juifs et le Concile Vatican II, (augmenté de documents supplémentaires) Kontre Kulture, 2014. (326 pages), sujet développé dans Le Judaïsme et le Vatican, une tentative de subversion spirituelle ? 1967. Rééd ESR 3e éd 2011 (261 Pages), Omnia Veritas, 2015. (266 pages), lulu.com, 2018 (140 pages), Vettazedition Oü, 2019 (194 pages).

Sur le même thème : Le Pape du Concile Vatican II, Abbé Francesco Ricossa, Omnia Veritas, 2020. (486 pages). Ce livre montre, selon son éditeur « les difficultés réelles que Jean XXIII devait affronter et surmonter pour mettre en œuvre sa révolution. Le cas que lui soumettait le Professeur Isaac ce 13 juin 1960 était des plus scabreux : il s’agissait de renier l’Evangile pour donner raison aux juifs. » 

[40] 2000 ans de complot contre l’Eglise, ESR, 2006. (Coffret de deux tomes, 904 pages), réédité en un volume en 2019 (650 pages).

[41] Le texte en a réédité aussi par Omnia Veritas : 2000 ans de complots contre l’Eglise, Omnia Veritas, 2015, (654 pages), à la grande fureur des ESR qui considèrent que leur « traduction française [a été] pillée au mépris des droits d’auteurs et de traduction par Omnia Veritas » Le Réseau… (p. 151), une autre réédition en deux tomes a été imprimée en 2020 par S&B Vettazedition Oü. (368 et 362 pages).

[42] Le Réseau Rampolla & l’éclipse de l’église catholique ou Les Infiltrations de la Maçonnerie ecclésiastique dans l’Eglise, par Henri Barbier, préface de Pierre Hillard, Editions Saint Rémi 2021, (677 pages). La première édition est parue en mai 2018 aux Editions Fatima-Christ-Roi, (vraisemblablement une structure coordonnée avec les ESR), 512 pages (épuisée) suivie en octobre 2018 d’une seconde édition, revue, corrigée, augmentée, avec une préface de Pierre Hillard (680 pages) chez le même éditeur (épuisée). La troisième édition, elle aussi revue complétée augmentée, date de 2020 aux Editions Saint Rémi.

[43] Le Réseau … op cité (p.9).

[44] Le Réseau … op cité (pp 478 et 479.)

[45] Le Réseau… op cité (p154).

[46] Le Réseau… (P 575), Felix Lacointa, (1870- 1947) écrivant en 1929 dans un article du journal du Bloc Anti-révolutionnaire, qu’un prêtre inconnu « mais digne d’une absolue créance », aurait, lors d’un voyage touristique en Suisse en 1907, entendu un libraire suisse dire en parlant du cardinal Rampolla « tous les quinze jours il va à la loge de Zurich. ».

[47] Henri Barbier s’appuie sur l’article d’Ernest Larisse «Pour une réhabilitation de la littérature anti-luciférienne du XIXe & XXe siècles » paru dans La Voix des Francs catholiques, n° 15, Janvier 2010 (56 pages) revue des ESR, il recommande des ouvrages dont certains ont été récemment édités aux ESR : De La Salette à Diana Vaughan, ou le « Siège de l’Antéchrist » dévoilé, Paul-Etienne Pierrecourt 2018, ou réédités aux éditions Delacroix (quatre ouvrages signés Diana Vaughan Le mystère Léo Taxil et la vraie Diana Vaughan (Mgr Jouin et Spectator).

[48] Le Réseau .. (P62).

[49] Lire l’étude A propos d’un étrange manuscrit trouvé à Paray-le-Monial intitulé La Dalida de Garfield (1831-1881), président des Etats-Unis en 1880, assassiné en 1881, Emmanuel Kreis, Politica Hermetica n° 35-2021. P· 171-215. L’abbé Boulin, qui a retravaillé un texte antérieur croyait peut-être lui-même à la réalité de l’histoire.

[50] La réédition du Diable au XIXe siècle par le Docteur Bataille, Editions Saint Rémi, 2007. (1943 pages) illustre ce point de vue. Dr Bataille est en effet pseudonyme de Léo Taxil (Gabriel Jogand-Pagès) (1854-1907) et Charles Hacks (1851-1935), il signe en 1895 Le Diable au XIXe siècle, ouvrage qui réunit 240 brochures parues depuis 1892. Dénonçant la maçonnerie « sataniste » l’ouvrage n’a pas de caractère antisémite, mais il a servi de « sources » à des auteurs tels Mgr Léon Meurin ou l’équipe de la RISS. Bien que l’auteur ait avoué avoir écrit un tissu d’invraisemblances dans l’idée de ridiculiser ceux qui y croiraient, quelques dupes s’accrochèrent à l’idée que c’était trop beau pour être faux.

[51] Cité dans Eugen Weber op. cit. p. 81-82.

[52] Cité dans Eugen Weber op. cit. p. 63-80.

[53] Notamment dans la brochure de Jean Madiran. Ce que l’on vous cache. Qui a imposé ce diktat : ne s’allier en aucun cas avec le Front National, numéro spécial hors-série de Présent, septembre 1987 (12 pages), troisième édition (16 pages), quatrième édition, janvier 1992 (20 pages), la 5e édition, revue et mise à jour date de 1997 (44 pages) a été publiée sous le titre Ce que l’on vous cache. Comment a été imposé l’interdit : ne s’allier en aucun cas au Front National. Sur le contexte lire le court article de Nicolas Lebourg Un « Complot » presque parfait dans Fragments sur les temps présents en 2010 https://tempspresents.com/2010/07/13/bnai-brith-complot-nicolas-lebourg/. Cette brochure ne présente par ailleurs aucun caractère antisémite.

[54] Emmanuel Ratier, Mystères et secrets du B’Nai B’Rith, La plus importante organisation juive internationale, Facta, 1993. (410 pages).

[55] Franc-maçonnerie. L’effroyable vérité, Stéphane Blet, Kontre Kulture, 2017, (122 pages).

[56] Elie Benamozegh, Rabbin prédicateur à Livourne, Israël et l’humanité, étude sur le problème de la religion universelle et sa solution, Ethos, 2020. (661 pages). Parution initiale en 1914 (XLIII-735 pages).

[57] Aimé Pallière La Religion noachide. L’enseignement d’Elie Benamozegh. Le Sanctuaire inconnu. Ma conversion au judaïsme. Préface et notes de Louis-Hubert Remy, Editions Saint Remi, 2014. (368 pages). Editions ACRF, 2017. (240 pages). Parution initiale en 1926. Voir Catherine Poujol, Aimé Pallière (1868–1949), Un chrétien dans le judaïsme, Desclée de Brouwer, collection Midrash. (418 pages).

[58] Cela désigne quelques principes moraux de base qui auraient été révélés à Noé et partagés par les humains sortant de l’arche de Noé.

[59] Pour avoir une idée du mouvement « noachique » contemporain, alliance d’une mini secte évangélique américaine et de rabbins ultra-orthodoxes, lire Quelle actualité pour le Noachisme ? Sectes, fondamentalisme, antisémitisme la communication de Catherine Poujol lors d’un colloque consacré à Elie Benamozegh, Per Elia Benamozegh : atti del Convegno di Livorno, settembre 2000. Alessandro Guetta (dir.) Thálassa De Paz, 2001 (308 pages). Cette communication (p. 245-258) est reproduite sur le site des ACRF (http://www.a-c-r-f.com/principal.html Bibliothèque de A à Z, B, Elie Benamozegh, Alessandro Guetta, Elie Benamozegh Actes de la conférence de Livourne) , provoquant un dissonance cognitive certaine, entre la réalité extrêmement marginale du mouvement décrite dans la communication de la chercheuse et l’importance démesurée donnée au projet « noachique » dans les ouvrages des droites radicales, en particulier des ACRF.

[60] Voir Clémence Boulouque, Une autre modernité, l’universalisme juif d’Elia Benamozegh, CNRS éditions, 2022. (322 pages). https://www.cnrseditions.fr/catalogue/philosophie-et-histoire-des-idees/une-autre-modernite/

[61] P.127 de Pierre Hillard, Des Origines du mondialisme à la grande réinitialisation. Paganisme·Ecologie·Réparation·Covidisme·Sacrifice, éditions Culture & Racines, Avril 2022. (368 pages).

[62] Le passage concernant Karl Marx s’appuie sur le livre Karl Marx et Satan du pasteur Wurmbrand édité par l’Apostolat des éditions, éditions Paulines en 1976 (111 pages), puis par DFT en 2005 (75 pages). Le Décalogue de Satan des Expéditions pamphiliennes précise ; « Wurmbrand pense que Marx faisait partie de la secte sataniste de Johanna Southcott. « les hommes de son temps portaient en général la barbe, mais pas comme la sienne ! Ni les cheveux aussi longs. L’allure de Marx est typique des adeptes de Johanna Southcott, prêtresse d’une secte extravagante qui prétendait être en relation avec le démon Shiloh » » (P 330). Par ailleurs ledit pasteur a fait état de ses propres scrupules : « En ce qui me concerne personnellement, je ne prétends pas apporter la preuve irréfutable de l’appartenance de Marx à une secte d’adorateurs de Satan, mais je crois qu’il y a assez d’indices pour le laisser supposer. Ou, du moins, pour déceler une influence certaine du démon sur sa vie et sa doctrine, tout en admettant bien qu’il manque encore des anneaux à la chaine d’éléments qui permettraient de vérifier l’hypothèse ».

Non seulement l’indice pileux du satanisme de Marx est faible mais encore Joanna Southcott (1750-1814) était chrétienne, certes « extravagante », mais pas sataniste. Elle annonça à 64 ans être enceinte de Schiloh (mentionné dans la Genèse 49.10) lequel n’était pas un démon mais aurait pu désigner le Messie.

[63] Le Décalogue de Satan, auteur anonyme, préfacé par Laurent Glauzy, Editions du Salat, 2018. (524 pages).

[64] Laurent Glauzy (1970- ) a écrit dans Le Libre journal de la France courtoise, Rivarol, Valeurs actuelles. Il anime un site catholique traditionalistes, il coche nombre de cases du complotisme, comme en témoignent ses ouvrages Pédo-satanisme et Franc-maçonnerie, Les Géants de l’Atlantide, Extraterrestres. Les Messagers du New Age, Illuminati. De l’Industrie du rock à Walt Disney : les arcanes du satanisme.

[65] Les Chemtrails, arme secrète du nouvel ordre mondial, Félix Causas, ESR, 2020. (49 pages). Le livre est proposé dans la rubrique « Judaïsme-Franc-maçonnerie ». La littérature concernant les chemtrails est surabondante, principalement en langue anglaise, une recherche sur Amazon donne 2000 réponses.

[66] Claire Séverac (1948- ), La Guerre secrète contre les peuples, préface de Pierre Hillard, Kontre Kulture, 2015. (420 pages). L’éditeur affirme « On nous dit que ce sont de simples avions de ligne. Dormez bien, braves gens, il ne se passe rien ! De ces traînées blanches laissées par des avions qui pulvérisent sur nos têtes des produits toxiques, transformant nos beaux ciels bleus en plafonds laiteux, au programme Haarp, officiellement destinés à permettre les communications longue distance, mais qui sert à bien d’autres fins. on nous ment sur tout. Le temps qui se détraque, les catastrophes météorologiques à répétition, dus au CO2 vraiment ? Des documents déclassifiés de Parmee, des experts repentis, des scientifiques intègres parlent, eux, de guerre climatique. Quelles meilleures armes que celles qui se dissimulent sous des phénomènes naturels ! ». L’objectif du complot serait de réduire la population humaine à 500 millions de personnes.

[67]Dr Raymond Bernard, La Terre creuse, Hades, 2017. (266 pages). L’auteur américain Walter Siegmeister (1901-1965) a signé Raymond W. Bernard une cinquantaine de livres pour le moins farfelus.

[68] Selon la notice de son diffuseur catholique traditionaliste Chiré : « Aussi bizarre et incroyable que cela puisse paraitre, l’humanité a été colonisée par un culte satanique appelé les Illuminati. Ce culte représente les banquiers maçonniques et juifs qui ont usurpé un monopole sur le crédit du gouvernement, qui leur permet d’exiger des intérêts sur les fonds qu’ils créent à partir de rien. Naturellement, ils veulent protéger ce privilège en le traduisant dans un monopole politique et culturel. Cela prend la forme d’un gouvernement mondial totalitaire dédié à Lucifer, qui représente leur mépris de Dieu. » notice de Illuminati, le culte qui a détourné le monde, Henry Makow Ph.D, Silas Green, 2015 (246 pages).

Décrivant un « métacomplot » sans se référer au catholicisme et opposé à la négation du génocide, Makow, édité en langue française par Silas Green, basé au Canada est néanmoins « imprimé aux Etats Unis » si l’on en croit la 4ème page de couverture, alors que la dernière page indique « Printed in Poland by Amazon Fullfilment Poland Sp. Z o.o., Wroclaw »

Les écrits de Makow qui se présente comme « le petit -fils de victimes de l’Holocauste » (Illuminati… p 160) sont particulièrement incohérents, car il reprend les discours antisémites tout en expliquant qu’il ne s’agit pas des juifs en tant que tels qui sont en cause mais le sionisme dont le crime principal « a cherché à séparer le peuple juif de son Dieu » (p 36), et affirme que « les juifs et non juifs doivent s’unir pour bannir Lucifer » (p 56).

[69] Sur la généalogie et la logique intellectuelle, sociale et politique des discours de QAnon : Q comme Qomplot. Comment les fantasmes de complot défendent le système, Wu Ming 1, éd. Lux, 2022. (562 pages).

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