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Les médias dominants et le personnel politique – de Renaissance au FN/RN en passant par LR – prétendent que l’antisémitisme serait passé à gauche. Outre son manque de fondement repéré de longue date par les chercheurs en science politique, cette stratégie de disqualification – promue il y a déjà une vingtaine d’années par Pierre-André Taguieff ou Alain Finkielkraut – a pour effet de dissimuler la persistance, et même le développement, d’un « énorme édifice antisémite », composé de plusieurs dizaines de maisons d’édition, qui prospère à l’ombre des droites radicales.

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Le simple « Qui ? » jugé antisémite sur la pancarte d’une enseignante messine pendant une manifestation contre le « pass sanitaire » en 2021 déclencha un tumulte[1]. En revanche, l’énorme édifice antisémite qui donne son sens à la pancarte brandie par Cassandre Fristot[2] se développe dans une totale invisibilité. Ce faisant, on occulte le fait que la persistance de l’antisémitisme repose sur des structures militantes et éditoriales qui appartiennent indéniablement à la constellation des extrêmes droites, en particulier aux courants catholiques intégristes et néo-nazis.

La littérature antisémite écrite, en 2023, ce sont des centaines d’ouvrages, des livres réédités ou produits et diffusés par des équipes discrètes liées à différents courants de l’intégrisme catholique et des droites radicales contre-révolutionnaires ou nationales-socialistes. Dans une série d’articles que vous propose Contretemps, le spécialiste des extrêmes droites René Monzat, auteur de nombreux ouvrages au cours des quatre dernières décennies, donne un aperçu de cette littérature, à laquelle contribuent sept familles de thématiques antisémites entrecroisées.

Dans ce premier volet, consacré à l’activisme éditorial des milieux antisémites, René Monzat montre que la littérature antisémite prospère grâce à des structures efficaces d’édition et de diffusion, et dans quelle mesure cet antisémitisme construit, structuré, joue un rôle crucial dans la pérennité de la rhétorique antisémite en France. Il recense plus d’une trentaine de maisons d’éditions actives aujourd’hui, quelques-uns ayant des milliers de titres à leurs catalogues, et montre que leur modèle économique efficace repose en particulier sur la facilité de diffusion des livres en ligne.

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Dans la France de 2023 la littérature antisémite imprimée est de plus en plus fournie et facilement accessible[3].

Certes, se procurer certains des ouvrages antisémites tient parfois du jeu de piste mais c’est de plus en plus rare. Ainsi l’hebdomadaire Rivarol [4] tresse les louanges de « la traduction d’un ouvrage de 2000 pages dont l’auteur [américain] est inconnu, dont il n’existe aucune version papier dans aucune langue [et qui] ne se trouve plus désormais sur le net », et donne comme seule indication l’adresse mail de la traductrice. Mais le cas de la distribution du livre en question : Quand les victimes dictent leur loi. Une critique de la domination juive en Amérique et ailleurs, n’est pas représentatif[5].

La littérature antisémite est en réalité aussi aisément que discrètement disponible. Toutes proportions gardées, le phénomène est comparable à la vente de drogues. Les consommateurs savent comment se fournir alors qu’on ne voit jamais d’enseigne « Ici on vend de l’héroïne, de la cocaïne, du crack ».

Une patiente construction depuis un siècle et demi

Rivarol poursuit : « l’intérêt de ce livre est d’apporter une pierre de plus à l’édifice qui s’est construit depuis 150 ans, celui de l’analyse de la domination juive et de son travestissement par le biais de la victimisation à outrance destinée à faire disparaitre la vérité. D’où le titre de l’ouvrage [Quand les victimes…]. Après Drumont, Reed, Jones et Ryssen, voici un ouvrage fondamental qui nous donne des sources inconnues en Europe. »[6]

Les quatre auteurs cités sont édités, diffusés et surtout lus dans différents milieux des droites radicales françaises de 2023. Edouard Drumont (1844-1917), devenu un symbole de l’antisémitisme de plume, est constamment réédité par des éditeurs de la droite radicale. De Douglas Reed (1895-1976), un prolifique auteur américain, un seul titre, La Controverse de Sion[7] a été traduit en français, mais il a été publié en dix ans par au moins 4 éditeurs différents[8]. Hervé Ryssen, né en 1967, épanche son obsession antisémite dans une douzaine d’ouvrages aux éditions Baskerville[9].

E. Michael Jones, né en 1948, est peu connu en France. Son dernier ouvrage en impose par son volume. 1130 pages denses dans une couverture rigide en quadrichromie, 2,1 kilos, 3,7 millions de signes. L’Esprit révolutionnaire juif et son impact sur l’histoire du monde, préfacé par Pierre Hillard et traduit de l’américain par François Thouvenin, est paru en 2019 aux Editions Saint Rémi.

Ces quatre auteurs ne constituent que la pointe émergée de « l’édifice qui s’est bâti depuis 150 ans ». En effet, de nouveaux ouvrages et de nouvelles traductions paraissent tous les mois. Des « classiques » sont réédités parfois successivement voire simultanément par plusieurs maisons d’édition. Ce sont plusieurs centaines d’ouvrages de plus en plus facilement accessibles.

Ces productions hétérogènes partent de présupposés distincts ou de cultures politiques, religieuses ou intellectuelles différentes.

Qu’est ce qui fait partie de la « littérature antisémite » ?

Nous traitons de la littérature imprimée[10] sous forme de livres facilement disponibles[11], en cette troisième décennie du XXIe siècle. Il s’agit de textes récents mais aussi de rééditions de textes anciens. L’ensemble des publications se rattachent à une ou plusieurs de sept catégories ou thématiques.

Ces ouvrages sont publiés par des structures dont au moins un secteur de l’activité est dédié à la publication de livres antisémites, c’est-à-dire des livres dont le sujet principal, ou un sujet essentiel, s’insère dans la construction d’une vision du monde antisémite. Ces éditeurs publient ou diffusent parfois des ouvrages concernant les juifs ou le judaïsme qui, pris isolément, n’ont rien d’antisémite, mais qui concourent, dans leur politique éditoriale, à conforter « l’édifice » antisémite[12].

Ces livres disparates nourrissent ensemble un « métarécit » dans lequel « les Juifs » constituent un acteur maléfique ou négatif de l’évolution de notre monde. Les juifs seraient déjà les maîtres du monde ou comploteraient pour le devenir. Ces situations et activités seraient inscrites dans leur « race » ou dans le logiciel du Talmud qui régirait leur comportement en tant que groupe solidaire, etc.[13]. Ces ouvrages justifient ou appellent à des discriminations, ségrégations envers les juifs[14].

Plusieurs critères de l’antisémitisme, souvent invoqués, ne sont à l’évidence pas pertinents pour la délimitation de notre corpus.

Le premier consiste à distinguer l’antijudaïsme religieux de l’antisémitisme racial. La distinction est difficile à manier car le mot « race » est utilisé à certaines époques, depuis l’Antiquité, dans des acceptions bien différentes de celles du XXe ou XXIe siècle et parfois dans un contexte d’« antijudaïsme », c’est-à-dire de controverse purement théologique. Certes les polémiques théologiques, y compris les plus rudes, ne relèvent pas de l’antisémitisme. En revanche je fais mienne l’idée selon laquelle, même si elles s’appuient sur l’interprétation de textes religieux, des critiques dépréciatives du prétendu comportement social des juifs et surtout le fait de prôner des mesures discriminatoires et/ou de séparation, de refuser l’accession des juifs à l’égalité civique, constituent bien des formes d’antisémitisme, que le terme « race » soit utilisé ou non[15].

Le second critère, qui a suscité de furieuses polémiques, provient des courants qui tentent d’assimiler antisionisme et antisémitisme. Or nombre d’auteurs parmi les plus antisémites de notre étude, se sont, à un moment ou à un autre, déclarés sionistes, ou ont livré des appréciations positives des projets sionistes[16].

D’autres ont pu louer chez « les juifs » de prétendues qualités individuelles (l’intelligence), ou collectives (la solidarité)… qui les rendraient d’autant plus dangereux. Ou évoquer l’Etat d’Israël, en tant que preuve, à leurs yeux, de la possibilité de réalisation d’un projet ethno-nationaliste[17].

Les 7 thématiques qui nourrissent la littérature antisémite

Les discours qui apparaissent dans la littérature diffusée en 2023, appartiennent à différents registres qui entrent souvent en intersection :

1- l’antijudaïsme et l’antisémitisme chrétiens,

2- l’anti-judéo-maçonnisme,

3- la thématique de la domination juive (à venir ou déjà réalisée),

4- la dénonciation de la subversion juive, thématique étroitement articulée à la précédente car la subversion préparerait la domination,

5- le négationnisme : nier le génocide perpétré par les nazis à l’égard des juifs européens,

6- l’entretien de l’antisémitisme nazi,

7- l’antisémitisme littéraire et collaborationniste et la fiction antisémite contemporaine viennent compléter le tableau.

Un segment éditorial dominé par des catholiques-traditionalistes, ethno-nationalistes et néo-nazis

La plupart des éditeurs francophones s’abstiennent d’éditer des ouvrages dont l’objet est essentiellement antisémite. En revanche des notations antisémites sont présentes chez de nombreux auteurs classiques, édités par les maisons établies. Il n’est pas question par exemple de censurer Voltaire, et d’ailleurs les passages offerts à l’étude des enfants des écoles ne sont pas ceux dans lesquels il exprime un antisémitisme rabique[18].

Les structures qui publient des ouvrages antisémites en ont toujours plusieurs à leur catalogue, ce qui exclut la possibilité d’une édition « par inadvertance ». Certaines d’entre elles donnant à ce segment d’édition une place importante dans leur offre, voire déterminante dans leur organisation : en effet ces structures semblent bâties pour minimiser les risques judiciaires. Le projet de diffuser des ouvrages antisémites et/ou racistes voire nationaux-socialistes a donc déterminé la forme que prennent plusieurs de ces maisons d’édition.

Ces maisons d’édition sont animées par des équipes catholiques, de différentes sensibilités traditionalistes, ou bien par des équipes nazies ou ethno-nationalistes. Les premières assurent l’essentiel de la publication ou republications de l’antijudaïsme chrétien, de l’antimaçonnisme ecclésiastique. Les thématiques de la domination juive y sont moins présentes, tout comme la « subversion juive » qui prend surtout la forme d’une « conjuration antichrétienne »[19].

En revanche les catholiques traditionalistes n’éditent pas (ou plus) les auteurs négationnistes[20] : ceux-ci sont préemptés par les équipes nazies ou ethno-nationalistes qui se réclament d’un traditionalisme plutôt païen.

La réédition en ligne des piliers idéologiques du national-socialisme est le monopole d’équipes partageant cette sensibilité. Ce sont souvent les mêmes néo-nazis qui rééditent l’antisémitisme littéraire ou éditent des fictions antisémites contemporaines. Ces éditeurs militants affichent parfois leur ligne éditoriale et politique, et n’hésitent pas à polémiquer entre eux, par articles ou échanges publics de lettres[21]. Ils considèrent que leur catalogue a un sens, qu’aucun des titres ne doit sa présence au hasard.

Des réseaux d’édition touffus, discrets mais efficaces

Autour de plusieurs maisons principales parfois dotées de filiales inofficielles, « faux-nez », gravitent de petites structures d’édition parfois clandestines ou « pirates » mais efficacement diffusées[22]. La localisation de ces structures est souvent impossible, du fait que seul apparaît le site de vente en ligne, parfois une simple boite postale.

Une proportion significative de la littérature antisémite francophone est absente de la Bibliothèque Nationale de France, soit parce qu’elle est – apparemment – éditée à l’étranger soit faute de satisfaire au dépôt légal. Les mêmes causes expliquent leur quasi-absence des bibliothèques universitaires.

Une proportion croissante de ces ouvrages est imprimée à la demande. Cette technique, que les catholiques traditionalistes ont été parmi les tout premiers éditeurs à utiliser, allège considérablement les coûts de diffusion et supprime les problèmes de gestion des stocks. Une fois la maquette du livre disponible, l’impression est rentable dès la première vente. Restent les coûts fixes, essentiellement pour la composition et pour la maquette, qui représentent chacune un volume de travail important.

Dans tous les cas les livres peuvent être commandés en ligne et sont disponibles[23]. Ils peuvent aussi souvent être commandés par courrier postal. Ils arrivent en quelques jours aux clients, quasiment du jour au lendemain quand c’est Amazon qui livre, voire qui imprime.

Les courants catholiques croient s’inscrire dans deux mille ans de crainte des juifs

Le « groupe de Chiré »[24] est aujourd’hui le principal diffuseur de littérature antisémite, car il relaie la plupart des éditeurs de la mouvance catholique traditionaliste[25]. Cette équipe avait assuré la transmission de l’antisémitisme d’avant 1945, via notamment Henry Coston (1910-2001), un disciple d’Edouard Drumont. Le « groupe de Chiré » a longtemps été le principal propagateur des théories du complot judéo-maçonnique et de la domination juive, par le biais de ses revues Lectures Françaises, et Lecture et Tradition, ainsi que par son militantisme en faveur de l’entretien de la culture catholique traditionaliste contre-révolutionnaire[26].

La plupart des éditeurs catholiques traditionalistes de littérature antisémite sont basés en province. Un n’est pas localisable et un autre serait à l’étranger.

Les éditions Saint Rémi (ESR), à Cadillac en Gironde, procèdent depuis 1997 à des rééditions systématiques, le plus souvent en fac-similé, mais fréquemment recomposées[27], d’ouvrages au volume parfois imposant[28] de la droite catholique, du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Les ESR publient aussi des ouvrages originaux, notamment des traductions. Leur catalogue de 160 pages propose 1300 titres, dont 203 dans la rubrique « judaïsme-maçonnerie ». Les reliures sont le plus souvent en carton souple avec dos carré-collé, couverture en couleur, mais d’autres ouvrages ont une couverture de carton rigide en quadrichromie, cahiers cousus, tranchefile bicolore.

La maison Prœlium Veritatis, (la bataille de la vérité), faux-nez des ESR, édite 42 ouvrages, antisémites pour la plupart. Des titres des ESR comme de Prœlium Veritatis sont aussi diffusés par le Groupe de Chiré, par l’éditeur/diffuseur « révisionniste » Akribeia, ainsi que par Amazon.

Les éditions Delacroix étaient spécialisées dans la réédition de la littérature antisémite et anti-judéo-maçonnique, et elles ont élargi leur production à des auteurs et des éléments du complotisme contemporain. Cette structure discrète a édité plusieurs centaines d’ouvrages et de publications. Située à Châteauneuf d’Ille-et-Vilaine, elle n’insère ni ISSN ni ISBN et ne mentionne qu’une boîte postale[29]. Diffusées par Chiré[30], elles sont absentes de la BNF.

Les éditions Saint Sébastien « sont nées de la volonté de promouvoir des œuvres de littérature catholique entrées dans le domaine public ». Elles ne proposent pas moins de 282 titres sur Amazon[31], et sont adossées à la Bibliothèque (en ligne) Saint Libère. Une partie des titres diffusés en 2023 par les éditions Saint Sébastien surprend, car Mgr Henri Delassus (1836-1921) n’a pas publié de livre appelé « La Juiverie », ni son contemporain l’Abbé Joseph Lémann « Rothschild et Waterloo », alors que ces titres figurent au catalogue des ESS. Les éditions Saint Sébastien impriment en 2016 sous ces titres des parties (151 pages) du troisième tome de La Conjuration anti chrétienne [32] et un chapitre (22 pages) de la seconde partie de l’ouvrage « La prépondérance Juive ».

Ces deux ouvrages (la Conjuration comme la Prépondérance) ont été republiés depuis 2000 chez plusieurs éditeurs, mais les éditions Saint Sébastien ont privilégié dans un cas la publication de la partie de La Conspiration traitant exclusivement des juifs et dans l’autre cas d’un chapitre de La Prépondérance ayant moins « vieilli ». L’intention de contribuer par ces publications à l’entretien de « l’édifice » antisémite du XXIe siècle fait peu de doute[33].

La structure discrète DFT, Diffusion de la Fin des Temps, éditeur/association créé en 1983 à Argentré du Plessis, près de Vitré, est maintenant diffusée par Livres en Famille. DFT est éditeur d’une soixantaine de livres et diffuseur de 3000 titres, son catalogue papier de 2006-2007 ne comportait pas moins de 310 pages[34]. Certains missels sont reliés en fibres de cuir, tranche dorée etc.[35]

Les Editions Saint Agobard, animées par l’abbé Olivier Rioult (1971-), sont issues d’une dissidence ultra de la Fraternité sacerdotale saint Pie X (FSSPX), appelée « la résistance ». Elles publient depuis le Pays Basque des livres théologiquement sédévacantistes[36], et politiquement proches de Rivarol et de l’ex Œuvre Française. Dans leur orbite gravite le Collectif Saint Robert Bellarmin[37], pour le compte duquel publie XB Editeur.

Les Editions des ACRF (Amis du Christ Roi de France)[38] ont publié plus d’une centaine de titres dont Le Sac de Jérusalem, la justice de Dieu, par dom Guéranger[39]. Le site de cette association royaliste et sédévacantiste comprend plusieurs centaines de documents et ouvrages en version PDF. Elles sont animées par Louis-Hubert Rémy, qui semble aussi jouer un rôle de prescripteur aux Editions Saint Rémi[40].

Reconquista Press, étrange équipe catho-fasciste, s’affirme « maison d’édition basée dans les Orcades, en Écosse, qui est ouvertement nationaliste, catholique traditionnelle et contre-révolutionnaire. » L’éditeur dispose d’un site web avec un masque de saisie pour les contacts : aucune adresse n’y figure. Début 2022 elle avait déjà publié trente-quatre ouvrages en français, sept en anglais et un en suédois.

Reconquista Press a notamment édité Antidote : pour une pensée libérée de la tyrannie judéo-maçonnique[41], Catholique et Fasciste toujours[42], ainsi que Pour un fascisme thomiste. Commentaire de La Doctrine du fascisme de Benito Mussolini[43].

Plusieurs auteurs et préfaciers de Reconquista Press sont proches de l’ex-Œuvre Française, ou de l’hebdomadaire Rivarol.

Les sensibilités « ethno-nationalistes » propagent et modernisent l’antisémitisme du XXe siècle

Kontre Kulture d’Alain Soral, et Lire rend Libre (LrL) dans son ombre, éditent plusieurs centaines de titres dont nombre d’ouvrages ou rééditions antisémites. Cette structure bénéficie de la notoriété d’Alain Soral qui a vendu de gros tirages, et de l’audience de ses sites internet. Editeur éclectique Kontre Kulture publie des rééditions illustrant les principales thématiques (de Hitler aux catholiques contre-révolutionnaires en passant par Drumont) ainsi que des nouveaux auteurs. Ceux-ci multiplient entretiens vidéo et conférences.

Akribeia, structure des négateurs du génocide implantée en région lyonnaise[44], diffuse un demi-millier de titres au total, dont sa propre production et celle de petits éditeurs qui, n’ayant aucun autre canal de diffusion, semblent évoluer dans son orbite. Aidôs (Saint-Genis-Laval) est ouvertement une filiale d’Akribeia, mais plusieurs autres structures semblent graviter à proximité d’Akribeia, elles respectent des chartes de maquette communes, elles ne donnent aucune adresse, ni ISSN ni ISBN, et ne mentionnent pas explicitement de liens avec Akribeia.

– La Sfinge (Rome). La Sfinge (le sphynx) est le nom d’une collection chez les Edizioni all’insegna del Veltro (Sous la bannière du lévrier), éditeur italien réel, mais basé à Parme[45]. Cet équivalent italien d’Akribeia a eu depuis la fin des années 1970 une orientation islamophile pro iranienne et, avec la revue trimestrielle Eurasia, s’inscrit depuis 2004 dans la pensée géopolitique d’Alexandre Douguine[46], soutien de Vladimir Poutine.

– Pierre Marteau (Milan), reprend le nom d’un imprimeur fictif utilisé, aux XVIIe et XVIIIe siècles, par des éditeurs de livres européens pour se prémunir contre la censure et, au XXIe siècle, pour éditer notamment les traductions du psychologue antisémite américain Kevin MacDonald.

– Histoire & Rumeurs (Leyde). Le nom renvoie au sous-titre de la revue Akribeia, Histoire, rumeurs et légendes. La localisation fait écho au fait que le premier imprimeur à utiliser l’alias Pierre Marteau, en 1699, était Jean Elzevier de Leyde.

– Editions Plein Soleil (Paris), pour un ouvrage révisionniste[47].

– WRB (White Revolution Books) (Londres) qui dépendait à l’origine du groupe suprémaciste américain National Alliance. Pour des traductions de nationalistes blancs américains.

– Le Cercle Noir, pour les Libres Propos sur la Guerre et la Paix d’Adolf Hitler (en deux tomes).

– Le Tocsin Blanc (Budapest), pour l’édition en 2020 d’une brochure à la mémoire de Guillaume Faye[48].

– Editions du Cercle du chêne, (Prague), pour l’édition 2007 de Hitler ou Juda de Saint-Loup[49].

D’autres équipes très actives publient de quelques dizaines à quelques centaines de titres, dont une proportion notable d’ouvrages antisémites.

L’Æncre édite ou réédite des ouvrages de collaborateurs sous l’Occupation[50], de politiques ou militaires nationaux-socialistes, et des textes classiques de l’antisémitisme[51].

Versipellis éditeur plus national-socialiste qu’antisémite[52], basé dans le département de l’Aube, correspond à l’entreprise Bleuset, du nom de Laure Bleuset qui signe ses ouvrages, préfaces et traduction Edwige Thibaut. Membre du groupe de néo-nazis qui gérait la librairie Ogmios, elle y assurait à la fin des années 1980 la vente tout en perfectionnant son allemand car elle traduisait, pendant qu’elle tenait la caisse, des articles de revues nationales-socialistes en gothique. Son « chef d’œuvre » initial, l’Ordre SS, publié aux éditions Avalon avec une préface de Léon Degrelle, fut traduit et réédité. Versipellis édite des ouvrages aux reliures soignées, alliant couleurs et reliefs. Le plus discret des éditeurs de la mouvance a demandé que ses données ne soient pas consultables au registre du commerce[53].

L’Homme Libre édite une centaine de titres tel L’Âme des races du raciologue nazi Ludwig-Ferdinand Clauß (1892-1974) [54]. Même profil aux Editions du Lore qui ont publié, depuis 2005, 115 titres, « notre maison d’édition et librairie par correspondance se sont spécialisées dans la publication et la diffusion d’ouvrages historiques, d’essais et de témoignages d’anciens combattants. Notre politique éditoriale est ouvertement anticonformiste ». Comprendre : un catalogue qui va de Comment reconnaître et expliquer le Juif [55]de George Montandon (1879-1944)[56] à Pour l’honneur de la Milice[57] en passant par Oberstgruppenführer Sepp Dietrich, une hagiographie du créateur de la « Leibstandarte SS Adolf Hitler » et criminel de guerre[58].

Omnia Veritas / Le Retour aux sources, société basée à Dublin depuis 2013, édite 474 titres en octobre 2022 dont 243 en français[59]. The Savoisien & Baglis, une constellation de sites nazis antisémites diffusent un grand nombre de textes en fichiers PDF et plus de 120 titres imprimés, tout comme Hades dont la production présente une nette coloration complotiste. Didi18, plus artisanal, a néanmoins édité ou réédité 24 ouvrages.

Il faut mentionner la structure de diffusion FrancePhi qui diffuse notamment L’Æncre -que nous avons déjà évoqué-(92 titres), Déterna (156 titres), Dualpha (513 titres), Synthèse nationale (44 titres), autres éditeurs (11 titres)[60]. Une recherche parmi les titres diffusés donne 132 résultats pour le mot clé Hitler, 100 pour le mot clé Juifs, 33 sur les Waffen SS[61]. Les dizaines de contributions du très prolifique Dr Bernard Plouvier (1949- ) en tant qu’auteur ou préfacier sur ces trois thèmes, affichent un point de vue assez marqué : « éditeur scientifique » de Aux côtés de Goebbels[62], comme des Protocoles des sages de Sion[63], préfacier de Ma Doctrine[64](2011), de De Londres à Moscou de Joachim Von Ribbentrop (2017)[65], ou de Les Campagnes de la Waffen SS de François Duprat (2014), il est l’auteur de Hitler, une biographie médicale et politique en 6 volumes (2007-2008)[66], de Les Juifs dans le Reich hitlérien en 2 volumes (2015)[67], Les Juifs de France pendant la IIe guerre mondiale en 2 volumes (2018)[68], Traitres et comploteurs dans l’Allemagne hitlérienne (2013)[69].

Enfin certaines maisons d’édition sont plus « fantômes » encore : ainsi Vettazedition Oü, qui semble basée en Estonie depuis septembre 2019, au capital de 2500 euros, sans employés déclarés. Sur 85 titres recensés par son diffuseur anglais, 76 sont en français, 5 en anglais, 3 en russe. La plupart sont des rééditions de textes antisémites.

Lulu.com ou blurp edition ont été des enseignes-écran éphémères.

Les structures The Savoisien & Baglis ou S&B, The Savoisien, Wawa Conspi[70], sont en intersection avec Vettazedition. Il semble s’agir de différentes enseignes (une petite dizaine au total) d’une équipe néo-nazie, ou de micro structures juridiquement éphémères vouées à la diffusion d’ouvrages antisémites[71].

Quand bien même l’objectif serait en partie commercial, la permanence de ce type d’activité depuis une à deux décennies suppose l’existence d’un lectorat et d’équipes capables d’assumer un travail d’édition.

Comment l’offre antisémite rencontre-t-elle la demande ?

Il ne suffit pas qu’un ouvrage existe pour trouver un public. Plusieurs moyens permettent à ce segment éditorial discret de rencontrer son lectorat. Les recensions sont rares et limitées à la « presse amie » et aux sites de la mouvance. Seul Rivarol est disponible en kiosque. Lectures Françaises et Réfléchir & Agir ont quelques milliers d’abonnés.

Les éditeurs et maisons de diffusion disposent de catalogues, sur papier ou en ligne, et de lettres prévenant des parutions. Les sites de vente en ligne mainstream proposent aux acheteurs de nouveaux titres, qui sont des ouvrages proches par le contenu de leurs commandes passées ou en cours. Dans ce domaine Amazon reste le plus agressif, me proposant à plusieurs reprises des textes antisémites dont j’ignorais préalablement l’existence, imprimés en Allemagne ou en Pologne par Amazon pour des éditeurs « fantômes ».

Des discours plus ou moins construits 

Bien que nous ayons comparé l’édifice antisémite à un tas de gravats, il reste que chaque ouvrage a l’ambition d’exposer un discours construit, discours partiel ou au contraire englobant toute l’histoire humaine. Et à l’exception de certains pamphlets, chacun se veut démonstratif, rationnel, voire scientifique. Presque tous débordent de notes, qui pointent sur les ouvrages d’autres compilateurs.

Au sein de chacune des 7 familles, les logiques sont apparentées, il n’est pas rare que les ouvrages renvoient à d’autres de la même famille, tiennent leurs conclusions réciproques pour acquises. Ils réutilisent sans les vérifier les « faits » mis en exergue dans les autres livres et chez les autres auteurs.

Les thématiques peuvent néanmoins être exclusives l’une de l’autre. Car l’antisémitisme est souvent antichrétien chez les nazis. Et réciproquement les catholiques ne sont pas intéressés à défendre, directement ou indirectement, le régime national-socialiste, et encore moins son substrat idéologique.

Notes

[1] Articles de presse, « buzz » sur les réseaux sociaux, plaintes, procès, etc.

[2] Lors d’une manifestation contre le pass sanitaire à Metz, le 7 aout 2021, une enseignante d’allemand, ex candidate du Front National, Cassandre Fristot a manifesté avec une pancarte comportant en gros caractères les mots « MAIS QUI ? » dont le Q était orné de deux petites cornes évoquant celles du diable et en plus petit « traîtres !!! » et enfin les noms suivants : « Fabius, Attali, Buzyn, Attal, Veran, BFM Drahi, Rotschild, Macron, Salomon, Soros, K. Schwab, BHL, Ferguson ». Poursuivie pour « provocation publique à la haine raciale » Cassandre Fristot a été condamnée à six mois de prison avec sursis et à près de 10 000 euros à titres divers. Elle a de surcroît été radiée de l’Education Nationale le 10 mars 2022.

[3] Je compare avec ce que j’avais constaté en écrivant l’article « Disponibilité croissante de la littérature antisémite », Ras l’front, n° 104, février/mars 2005

[4] Rivarol du 2 juin 2021

[5] D’ailleurs l’article de Rivarol exagère : l’ouvrage en question peut être commandé en ligne en quelques clics.

[6] Juda Le Prince, Les victimes dictent leur loi, Rivarol n° 3474, 2 juin 2021, p.4. Ses articles dans Rivarol ont été réunis dans Talmud. Voyage au bout de la nuit, avec une préface de l’abbé Olivier Rioult, Editions Saint Agobard, 2020 (476 pages). Il était au programme des « 53e Journées Chouannes » le 2 septembre 2023. Ce pseudonyme est emprunté à Rabbi Juda le Prince, Rabbi Yehouda Hannassi (135-220).

[7] Selon la notice des éditeurs, La Controverse de Sion « retrace plus de deux mille ans d’Histoire du peuple juif et du sionisme, de la « Genèse » jusqu’à la création de l’état d’Israël. Dans ce texte, Reed s’emploie très habilement à démontrer que des groupes politiques cherchent à atteindre un « projet » dont l’origine est biblique et dont l’idéologie est purement et simplement celle de l’Ancien Testament (document le plus vieux où le projet est exposé -selon l’auteur-, et qui sera la source principale de sa démonstration). Un projet consistant à détruire toutes les nations, afin de mettre en place un Gouvernement mondial. » Notice éditeur Hades/Ethos

[8] Une première traduction de La Controverse de Sion est publiée en 2012 par Kontre Kulture, maison d’édition d’Alain Soral. La Licra obtient en novembre 2013 la censure partielle de l’édition. Egalité et Réconciliation (E&R), mouvement d’Alain Soral, a annoncé en décembre 2015 la réédition de la version non censurée dans la collection Lire rend Libre (LRL) (604 pages). Les éditions LRL ne semblent pas avoir eu d’autre activité que d’éditer quatre livres diffusés par Kontre Kulture. Une autre édition de la « version intégrale » de La Controverse de Sion est parue en 2017 chez Hades éditions (636 pages) avec une préface de Ivor Benson. Hades publie depuis 1984 des textes conspirationnistes et antisémites. L’ouvrage est disponible aujourd’hui (2022) chez Omnia Veritas (sans date car imprimé à la demande) (710 pages).

[9] Les Espérances planétariennes, 2005, (432 pages). « Un livre qui met en lumière les origines religieuses du projet mondialiste ».

Psychanalyse du Judaïsme, 2006, 400 pages. « Montre que le judaïsme intellectuel présente tous les symptômes de la pathologie hystérique ».

Le Fanatisme juif, 2007, 400 pages.

La Mafia juive, 2008, 400 pages.

Le Miroir du judaïsme, 2009, 400 pages.

Histoire de l’antisémitisme, 2010, 432 pages.

Comprendre le judaïsme, comprendre l’antisémitisme, 2012, 150 pages.

La Guerre eschatologique,2013, 192 pages.

Les Milliards d’Israël, Escrocs juifs et financiers internationaux, 2014, 336 pages.

L’Antisémitisme, sans complexe ni tabou : Plaidoyer pour la liberté d’expression, 270 pages.

Dans son dernier ouvrage, (Le Coup de la loi. Tribulations judiciaires d’un écrivain sous surveillance, chez Baskerville, 2022. (235 pages), Hervé Ryssen affirme avoir fait le tour de la question et laisser « à d’autres le soin de se charger de ce sujet épineux » (p 201). Il précise néanmoins avoir conservé ses convictions négationnistes, à l’aide du message codé propre à ce milieu depuis près de 30 ans, message qui a l’allure d’une faute de frappe, lettre surnuméraire présente dans une des pages de l’ouvrage.

[10] Nous ne traitons pas des sites, blogs, commentaires en ligne, réseaux sociaux, tweets. Cet univers, qui a donné lieu à plusieurs études, est extrêmement volatile et son écriture impulsive reflète rarement un travail structuré, réfléchi, corrigé, comme constitue par nature un livre imprimé.

[11] Les ouvrages cités pouvaient être commandés, neufs, en ligne en 2018, 2021, 2022 et 2023. Une partie d’entre eux (mais pas tous à la fois) sont en vente sur les rayons des -rares- librairies intégristes ou identitaires et ethnonationalistes). La plupart des titres sont disponibles en e-book de divers formats (auquel cas ces titres peuvent être de simples scans de versions originales mis à disposition par des acteurs sans liens avec les droites radicales, la présente étude ne les recense pas, et se cantonne aux rééditions par des éditeurs ayant un projet éditorial spécifique). Enfin les fichiers PDF, mis en ligne par de simples pirates mais aussi par les éditeurs mentionnés ici concernent nettement plus de titres que ceux qui ont donné lieu à une publication physique sur papier. Par exemple les éditions Saint Sébastien sont adossées à une bibliothèque Saint Libère en ligne bien plus fournie (1400 livres, 300 articles). Nous n’avons pas pris en compte les textes seulement accessibles en PDF. Nous ne nous sommes pas attachés aux articles de journaux et revues en ligne ou papier, ces textes, publiés dans un nombre limité de périodiques, ne présentent pas le caractère structuré que reflètent les livres.

[12] Cela concerne notamment les rééditions notamment Elie Benamozegh (Ethos/Hades), Anacharsis Cloots (Omnia Veritas), Isaac Kadmi-Cohen (Akribeia), Heinrich Graetz (Omnia Veritas), Theodor Herzl (Déterna), Bernard Lazare (Kontre Kulture), Abraham Léon (Kontre Kulture), Gershom Scholem (Hades), (Omnia Veritas) – il s’agit de rééditions pirates d’un texte publié en 1981 chez Gallimard et au moins partiellement recomposées –, Israël Shahak (Omnia Veritas) et pour la simple diffusion Joël Kotek (Homme Libre) ou Pierre-André Taguieff (Homme Libre). Le présent article n’a pas pour objet de désigner des livres qui seraient antisémites et d’autres qui ne le seraient pas. Encore moins d’appeler à leur censure. Cette position serait absurde, puisque certaines briques de l’édifice antisémite ont été écrites – certes à leur corps défendant – par Bernard Lazare, Theodor Herzl, Gershom Scholem ou Pierre-André Taguieff. Il ne s’agit pas pour les éditeurs de se « dédouaner », mais la réédition de chacun des titres contribue à alimenter « l’édifice antisémite » pour des raisons précises qui mériteraient une exposition plus approfondie.

[13] Norman Cohn, dans Histoire d’un mythe. La « conspiration » juive et les protocoles des sages de Sion, Gallimard 1992, donne p. 18 une définition utilisable : « l’antisémitisme le plus virulent, celui qui conduit aux massacres et au génocide, n’a presque rien à voir avec les conflits entre les êtres humains, et il a peu de choses en commun avec les préjugés raciaux comme tels. Il repose essentiellement sur la croyance que les Juifs, – tous les Juifs, en tous lieux – forment partie intégrante d’une conspiration destinée à ruiner, et ensuite à dominer le reste de l’humanité. Or cette croyance n’est qu’une version modernisée et laïcisée des représentations populaires médiévales, d’après lesquelles les Juifs étaient une ligue de sorciers au service de Satan, et poursuivaient de concert avec lui la ruine spirituelle et corporelle de la Chrétienté ».

[14] Autrement dit, nous n’entendons pas évaluer si, à la date de leur parution initiale, certains textes présentaient un caractère antisémite, mais constater que sont imprimés et diffusés aujourd’hui des livres appelant ou justifiant des discriminations envers les juifs.

[15] Les discussions abstraites sur la distinction antisémitisme/antijudaïsme n’apportent rien de très utile pour la rédaction du présent article. En revanche les travaux concrets portant sur le contenu des textes chrétiens contre les juifs permettent de mesurer combien est délicat de plaquer ces notions sur la période de l’antiquité et d’en comprendre le contexte. On peut lire en particulier Les Polémiques religieuses du Ier au IVe siècle, études réunies par Guillaume Cuny, Diane Bady, Beauchesne, 2019 (450 pages) et L’Antijudaïsme des Pères, Mythe et/ou réalité, textes édités par Jean-Marie Auwers, Régis Burnet et Didier Luciani, Beauchesne, 2017. (210 pages). Pour la période des XIXe et XXe siècles, lire Valbousquet, Nina. « Tradition catholique et matrice de l’antisémitisme à l’époque contemporaine », Revue d’histoire moderne & contemporaine, vol. 62-2/3, no. 2-3, 2015, p. 63-88. https://www.cairn.info/revue-d-histoire-moderne-et-contemporaine-2015-2-page-63.htm L’article éclaire bien en quoi cette opposition reste d’un maniement délicat.

[16] Un cas emblématique est le The Jews de Hilaire Belloc, Constable & Company Ltd, 1922 (308 pages), qui échappe à notre corpus car il n’a jamais été traduit de l’anglais, mais qui est diffusé par des chapelles catholiques intégristes de Londres. Les juifs, estime Belloc, constituent un corps étranger dans les nations au sein desquelles ils vivent, la solution du problème juif réside dans une séparation, c’est-à-dire par la reconnaissance d’une nationalité juive séparée. The Jews a été réédité en 2019 par l’éditeur antisémite anglophone Ostara publications (206 pages). Ostara est la maison d’édition du nationaliste blanc Arthur Kemp. Autre situation sortant du cadre de cette étude, la mansuétude dont fit montre le régime nazi envers les organisations sionistes de droite dans ses premières années n’existait pas en dépit de l’antisémitisme du régime, mais en conséquence de cet antisémitisme. Voir sur ce point Francis Nicosia, Zionism and Anti-Semitism in Nazi Germany, Cambridge University Press, 2008. (324 pages).

[17] C’est l’orientation constante de Terre & Peuple de Pierre Vial qui a consacré, sous le titre Un modèle identitaire : les Juifs, sa plus longue série d’articles, dans onze numéros de la revue du n° 77, 78 79,80,81,83,84,85,88, 89, 92 de l’équinoxe d’automne 2018 jusqu’au solstice d’été 2022 au modèle juif et israélien d’ethnonationalisme. Le ton apologétique de la série offre un contraste apparent avec d’autres articles parus simultanément dans les mêmes numéros de cette revue comme la recension enthousiaste du livre Heinrich Himmler Chroniques d’un destin chez Versipellis « un ouvrage de qualité qui trouvera sa place dans nos bibliothèques. » Terre & Peuple n°89 p.51. Il faut souligner que la publication de cette série d’articles « pro sionistes » ne marque pas une inflexion « dédiabolisatrice » de Terre & Peuple. Elle perpétue une attitude déjà présente au sein du régime nazi. C’est aussi dans une série de 12 articles que le quotidien de Joseph Goebbels Der Angriff publia sous la signature LIM le reportage prosioniste du journaliste militant et SS Leopold Itz Edler von Mildenstein (1902-1968) intitulé Ein Nazi fährt nach Palästina, Der Angriff n°226 à 237, du 26 sept au 9 octobre 1934. Ces articles n’ont pas été traduits mais les originaux sont visibles en ligne, via le Center for Jewish History de New York https://archives.cjh.org/repositories/5/archival_objects/1180467. Cette attitude est à rapprocher des propos de Saint-Loup, ancien cadre idéologique des SS qui rédigea Le Sang d’Israël, dans son cycle de romans sur « les patries charnelles » et qui, en 1970, dans le journal néonazi, Pour une Jeune Europe, N°7, été 1970, (Pp 6-8.), assimilait laudativement l’armée israélienne aux Waffen SS.

[18] Voltaire antisémite, Felix Niesche, Kontre Kulture, 2019. (128 pages). Collationner les innombrables citations antisémites d’auteurs au panthéon des lettres françaises fait notamment l’objet de l’ouvrage de Paul-Eric Blanrue, Anthologie des propos contre les Juifs, le judaïsme et le sionisme édité par LrL, émanation de Kontre Kulture qui diffuse l’ouvrage aujourd’hui.

[19] La Conjuration antichrétienne, titre d’un ouvrage de Mgr Henri Delassus, publié en trois tomes en 1910 et dont nous verrons la fortune contemporaine.

[20] Cela n’empêche pas des catholiques traditionalistes de nier le génocide. Mais le cas de Vincent Reynouard (1969- ), à la fois auteur négateur et longtemps catholique traditionaliste (du petit courant « sédévacantiste ») reste exceptionnel.

[21] Par exemple une polémique publiée en 2018 entre DFT (Diffusion de la Fin des Temps) éditeur longtemps basé près de Rennes et les Editions Saint Rémi. Le directeur de DFT somme (par lettre recommandée AR) celui des ESR de reconnaitre que les âmes du purgatoire sont tourmentées par les démons et conteste son appréciation – « une fou-thèse » estime-t-il- sur l’hypothèse que le pape Paul VI aurait été remplacé au Vatican par un sosie ! https://fr.calameo.com/read/00462863242dbc023a6e1.

[22] Ces structures sont souvent animées par une individualité ou par un petit groupe de personnes, dont le décès ou le désinvestissement, peuvent amener la mise en sommeil ou l’arrêt de l’activité d’édition.

[23] Nous ne citons pas, sauf un cas (les sermons d’Agobard, infra), les livres disponibles seulement en e book, ni non plus les versions PDF. Nous nous sommes limités à ce qui est à la fois imprimé et disponible. En effet éditer des livres imprimés nécessite un travail, tant pour les fabriquer que lors de leur distribution, et cela suppose aussi un public qui les achète.

[24] Ainsi appelé car cette structure est basée à Chiré en Montreuil, village du département de la Vienne. Le groupe de Chiré rassemble une maison d’édition (Editions de Chiré), un diffuseur (Diffusion de la Pensée Française DPF), la lettre catalogue Pour Une Croisade du livre contrerévolutionnaire, de deux revues qui ont fusionné en 2021 (Lectures Françaises et Lecture et Tradition) ainsi que de deux librairies (à Nantes et à Paris).

[25] Par exemple la lettre catalogue des éditions de Chiré Diffusion de la Pensée française, Pour Une Croisade du livre contrerévolutionnaire n°541, de Juillet 2022, consacre sa 7e page à huit ouvrages de Hervé Ryssen dont six des ouvrages antisémites cités plus haut.

[26] Voir Jean-Yves Camus et René Monzat, Les Droites Nationales et Radicales en France, répertoire critique, Presses Universitaires de Lyon, 1992. (526 pages).

[27] Re composer un ouvrage suppose nettement plus de travail que d’imprimer un fac-similé, or ESR recompose des textes souvent de plusieurs centaines de pages, qu’elles ont déjà publiées en fac-similé.

[28] Par exemple l’Histoire générale de l’église de la création jusqu’à nos jours, abbé J.E. Darras, 46 volumes (31 498 pages) fac-similé de l’édition de 1872, 1610€, l’Histoire universelle de l’église catholique, Abbé René- François Rorhbacher, 30 volumes (11 186 pages), fac-similé de l’édition de 1874, 750€, l’Histoire des papes depuis la fin du Moyen-Age, Dr Luis Pastor, 22 volumes (10 243 pages) fac-similé de la traduction de l’ouvrage paru en allemand en 1887, 638€, La Sainte Bible de Vence. En latin et en français, Abbé de Vence, 27 volumes (16 015 pages) fac-similé de la 5e édition (1827), le Coffret Dom Mauléon, Dom Jean de Mauléon, illustrations de Gustave Doré, 5 volumes (1 810 pages), édition recomposée.

[29] Fondées par Jacques Delacroix (1945-2020). Le registre du commerce mentionne à Châteauneuf d’Ille-et-Vilaine société sans employés aujourd’hui dirigée par Jacques Wacongne (1963- ), qui fut filiale de la Société Jacques Delacroix.

[30] Sur le site de Chiré, Diffusion de la Pensée française, les pages des éditions Delacroix comptaient 600 références, dont une partie sont des revues.

[31] Les Editions Saint Sébastien ne fournissent aucune localisation, les ouvrages sont notamment imprimés par Amazon en Pologne ou en Allemagne.

[32] C’est d’autant plus net que ce même extrait avait été sélectionné et édité par Desclée, de Brouwer et Cie en 1911 sous le titre La Question juive, avec une pagination commençant par la page 1, alors que celle des éditions Saint Sébastien a gardé les numéros de page de l’édition complète et commence page 1111. La sélection de la partie antisémite a donc bien été effectuée à nouveau au XXIe siècle. Enfin La question juive de 1911, a été rééditée un siècle plus tard par les Editions Saint Rémi (s.d.), (206 pages). Celles-ci ont utilisé une citation pour la présentation du livre sur leur site : « Le Juif a, depuis longtemps, répudié la loi de Moïse, comme il a repoussé l’Evangile. Mais ce n’est pas dans la Bible qu’il puise sa foi et sa loi, c’est dans le Talmud que l’on peut définir le code de la haine la plus violente, la plus perfide, la plus implacable. »

[33] Le catalogue des éditions Saint Sébastien offre des exemples supplémentaires du même procédé, par exemple la brochure L’Usure de Jean Baptiste Coquille, est un extrait (46 pages) de Les Légistes, leur influence politique et religieuse publié à Paris, en 1863 chez Durand et Bay (598 pages). La 4e page de couverture de la brochure des ESS s’ouvre sur la phrase suivante : « Les Juifs savent qu’il ne faut pas emprunter, a nullo accipies mutuum. Prêtez à usure et vous dominerez. Ce précepte, ils ne le suivent que trop, et nous en éprouvons l’efficacité. Israël réunit ses capitaux et il a la haute main dans le monde. L’usure dissout la propriété foncière, l’agriculture, la force des États. Dominaberis nationibus plurimis ; les Juifs ont voulu jouir de tous les droits politiques et civils, et ils en jouissent, aux applaudissements de tous les journaux de l’Europe. La seule aristocratie qui fasse encore quelque figure, l’aristocratie britannique, s’est inclinée devant eux et leur a ouvert le Parlement. Ils traitent d’égal à égal avec les souverains qui ont la bonté de croire au crédit. Que les souverains ne lisent- ils le Pentateuque, au lieu de lire les économistes ! » ESS 2017.

[34] Catalogue condensé 2006-2007 de Diffusion de la Fin des Temps https://docplayer.fr/88861322-Bienvenue-au-coeur-du-catalogue-la-bonne-lecture-par-correspondance-editions-d-f-t.html La version exhaustive du catalogue fait 700 pages.

[35] Les impressions de luxe, de collection, tirages limités de quelques centaines d’exemplaires sont fréquents aussi pour les ouvrages nationaux-socialistes, témoignant d’un public spécifique désireux de garder les souvenirs des « glorieux ancêtres du XXe siècle » au moyen de supports coûteux.

[36] Le sédévacantisme (l’expression latine « sede vacante » signifiant « le siège [étant] vacant », utilisée entre la mort ou la renonciation d’un pape et l’élection de son successeur) est une position religieuse défendue par une minorité de catholiques issue du courant catholique traditionaliste. Ils affirment que, depuis 1958 (mort de Pie XII) ou 1963 (mort de Jean XXIII), le siège du pape est vacant et que les papes suivants sont des usurpateurs.

[37] Le nom fait référence à Robert Bellarmin (1542-1621), théologien romain de l’Inquisition qui théorisa l’infaillibilité pontificale, à laquelle sont particulièrement attachés les sédévacantistes.

[38] Les Editions des ACRF donnent une adresse à Marseille.

[39] Prosper Guéranger, dit dom Guéranger, (1805-1875), moine bénédiction, abbé de Solesmes. Son œuvre imposante porte exclusivement sur des question religieuses, ACRF a choisi d’éditer 56 pages d’extraits d’une Année liturgique (commentaire des lectures de 3 dimanches sur 52) décrivant comment par l’épée de romains du 1er siècle, périrent des dizaines de milliers de juifs du fait de « la Justice de Dieu ». La réédition de L’Année Liturgique par les ESR en 2021 comporte 15 volumes et compte 9454 pages.

[40] Louis-Hubert Rémy affirme : « J’ai fait rééditer l’édition complète d’Holzhauser aux Ed. Saint Rémi » ou bien « J’ai longuement hésité à faire diffuser ce livre » évoquant l’ouvrage Aimé Pallière : La Religion noachide. L’enseignement d’Elie Benamozegh Le Sanctuaire inconnu. Ma Conversion au judaïsme. Préface de la réédition par les ESR en 2014 (368 pages), Editions ACRF 2017.

[41] Antidote : pour une pensée libérée de la tyrannie judéo-maçonnique. Jean-Jacques Stormay, préface de Jérôme Bourbon, 2018. (402 pages).

[42] Catholique et Fasciste toujours, Louis Le Carpentier, préface de Florian Rouanet, 2019. (168 pages).

[43] Pour un fascisme thomiste. Commentaire de La Doctrine du fascisme de Benito Mussolini, Louis Le Carpentier, préface de l’abbé Thomas A., 2019. (164 pages).

[44] Fondées par Jean Plantin (1966- ), Après des études d’histoire Jean Plantin s’est lancé dans des activités négationnistes. Akribeia a d’abord été le nom d’une revue (n°1 Octobre 1997). https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Plantin.

[45] La collection la Sfinge des Edizioni all’insegna del Veltro de Parme publie des libres négationnistes en italien, elle semble avoir repris l’héritage d’un éditeur La Sfinge de Parme actif à la fin des années 1980. Mais leur site ne mentionne pas les titres distribués en français par Akribeia et soi-disant édités par La Sfinge à Rome. La Sfinge francophone prétendument à Rome est donc un éditeur fantôme bien que très actif.

[46] Alexandre Douguine (1962 – ) voir dans Contretemps l’entretien avec Benjamin Teitelbaum : « Alexandre Douguine est le prophète réactionnaire de l’ultranationalisme russe ».

[47] Révisionnisme contre complotisme, Rémi Perron, éditions Plein Soleil, 2016 (152 pages). L’auteur critique le complotisme, y compris de nombre d’auteurs cités dans la suite de cet article. Pour lui, les négateurs du génocide incarnent une démarche logiquement et scientifiquement rigoureuse alors que les « exterminationnistes » seraient complotistes. Par le mot « révisionnisme » précise-t-il « nous entendons ici le rejet des théories imputant au régime national-socialiste la volonté d’exterminer physiquement l’ensemble des Juifs européens, notamment au moyen de chambres à gaz » (P 9). Ici Rémi Perron ne nie pas expressément la réalité matérielle du génocide, mais il entend exonérer le régime nazi de toute culpabilité car il n’aurait pas eu la volonté d’y procéder.

[48] Guillaume Faye (1949-2019) fut la tête chercheuse et l’un des plus agiles des cadres du GRECE, il fut avec Robert Steuckers et Pierre Vial le metteur en forme du discours identitaire. Voir sur ce point l’article de Contretemps 31 Août 2021, René Monzat, Comment l’Identité est devenue le langage commun du nationalisme blanc https://www.contretemps.eu/construction-thematique-identitaire-front-national-monzat/. Son dernier livre politique, Guerre civile raciale, a été publié aux éditions Conversano en 2019. (302 pages).

[49] Ou pour le recueil Nos Chants, éditions du Cercle du Chêne, Prague, 2016, (135 pages). « Soucieux de la diffusion de nos idées, de nos valeurs et de nos traditions, le Cercle du Chêne vous présente ces chants inspirés par notre « Weltanschauung ». (4e page de couverture). « Notre communauté se doit de célébrer deux fêtes politiques des plus importantes tout d’abord le 30 janvier et surtout le 20 avril.

La première date est celle de l’arrivée au pouvoir du NSDAP en janvier 1933. », la seconde est la naissance d’Adolf Hitler, « cet homme de génie qui a développé notre vision du monde et qui en est l’incarnation symbolique » (p. 30)

[50] Aux éditions L’Æncre, fondées en 1994, on trouve entre autres :

Quand Israël est roi. Quand Israël n’est plus roi. Vienne la rouge, Jérôme et Jean Tharaud, 2021. (Les Trois titres sont aussi disponibles aux ESR.), Ici Radio France de Philippe Henriot : ses chroniques sous l’occupation.

– La Petite Histoire des Juifs (destinée aux enfants) des frères Tharaud a été rééditée par les ESR en 2007 (229 pages).

[51] Cette maison d’édition présente des textes d’un antisémitisme virulent comme des « Documents pour l’Histoire », titre d’une collection qui publie les Protocoles des sages de Sion, ou des Regards contrastés sur les Juifs présentés par Philippe Randa 205 (226 pages) « Ces auteurs réunis ici ont professé un anti-judaïsme pour certains obsessionnel, virulent et déclaré, tels les Allemands Adolf Hitler, Alfred Rosenberg, Joseph Goebbels, Julius Streicher ou le français Marcel Jouhandeau. Il a été certes plus limité pour le maître de l’opéra allemand Richard Wagner ou plus étonnant chez Georges Clémenceau ».

[52] Versipellis édite des textes nazis dont l’objet n’est pas essentiellement antisémite, ainsi les Réflexions sur l’art de l’éducation et du commandement de Konstantin Hierl, initialement publiées par le ZentralVerlarg der NSDAP en 1938, traduction Versipellis 2020 (37 pages). La brochure correspond bien à son titre, et , dans le cadre de la rédaction de cet article, je ne la considère pas comme un titre essentiel de la littérature antisémite même si la conclusion rédigée en 1938 ne laisse pas de doutes sur les sentiments réels de l’auteur qui s’exprime en qualité de Chef du Service du Travail du IIIe Reich : «Si dans l’avenir le corps dirigeant du Mouvement poursuit l’œuvre éducative instaurée par notre Guide avec méthode et détermination idéologique, si la science procède à l’amélioration intentionnelle du bagage génétique de notre peuple, grâce à une sélection et une épuration systématique, alors nous pouvons espérer que l’éducation nationale-socialiste du peuple aura une répercussion [..] marquante et durable ». (p. 34).

[53] Le répertoire SIREN indique « Cette entreprise a exercé son droit d’opposition auprès de l’INSEE, ses données ne peuvent donc pas être diffusées. »

[54] Jean Marie Le Pen avait accepté d’y préfacer La Droite nationale en France de 1971 à 1975, 2002. (168 pages), un ouvrage de François Duprat : https://www.lemonde.fr/archives/article/2002/05/03/m-le-pen-preface-une-histoire-de-l-extreme-droite-ecrite-par-le-negationniste-francois-duprat_274105_1819218.

[55] Autre édition de Comment reconnaître le Juif : Savoisien & Baglis, 2019. (82 pages).

[56] Ainsi que la « brochure intitulée Exposition le Juif et la France au Palais Berlitz présente ladite exposition qui eut lieu à Paris du 5 septembre 1941 au 15 janvier 1942, et qui se voulait scientifique, s’appuyant notamment sur les travaux de George Montandon, professeur à l’Ecole d’anthropologie de Paris. » « Fac-similé au format in-4 comportant 10 photographies explicites ainsi que les plans du sous-sol et du 1er étage de l’exposition. 32 pages, imprimé sur un luxueux papier couché mat » (en rupture de stock en 2022).

[57] Pour l’honneur de la Milice, par un chef de corps de la milice, Editions du Lore, 2007, (176 pages). Ecrit par Emile Raybaud (1910-1995), milicien puis SS au sein de la division Charlemagne. Le livre est initialement paru en 1955 sous le titre : La vérité réconcilie…Pour la Milice Justice !. aux éditions Etheel.

[58] Sepp Dietrich (1892-1966) fondateur en 1933 du « régiment SS des gardes du corps d’Adolf Hitler (Leibstandarte SS Adolf Hitler) » il fut l’exécutant et exécuteur de Hitler lors de la nuit des longs couteaux etc.

[59] 243 en français, 104 en espagnol, 70 en anglais, 30 en allemand, 16 en italien, 4 en russe, 2 en portugais, un seul en hongrois, en néerlandais, en polonais, en turc et en ukrainien. Les auteurs les plus traduits sont Hitler (Mein Kampf) en 10 langues, Roger Garaudy (Les Mythes fondateurs de la politique israélienne) en 8 langues et Les Carnets de Turner de William Pierce, Nuremberg ou la Terre promise de Maurice Bardèche en 4 langues.

[60] La plupart signés par le dirigeant du FN Roger Holeindre (1929-2020).

[61] La plupart sont signés par Jean Mabire (1927-2006), et la plupart apologétiques.

[62] Aux côtés de Goebbels, par son secrétaire Rudolf Semmler, Déterna, 2017 (274 pages).

[63] « Protocoles » des Sages de Sion. Un paradoxe politique, théorique et pratique. Réunit : « Réflexions sur les « Protocoles des sages de Sion » » / Bernard Plouvier. « Protocoles des sages de Sion » / [édités par] Serge Nilus ; traduit du russe par Roger Lambelin. « Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu » / Maurice Joly (d’après l’éd. de Bruxelles, Mertens et fils, 1864). En appendice, L’abrogation de l’article 14 de la loi du 29 juillet 1881, une victoire de Me Éric Delcroix. Bibliogr. p. 45-46, Déterna, 2010 (461 pages).

[64] Ma Doctrine, Adolf Hitler, préface du Dr Bernard Plouvier, Déterna, 2011 (354 pages).

[65] De Londres à Moscou. Mémoires de Joachim Von Ribbentrop, Déterna, 2017 (237 pages).

[66] Cette Biographie médicale et politique comprend : T 1 L’Essor (334 pages), T2 La Conquête du pouvoir (360 pages), T3 Les Triomphes des années de paix (338 pages), T4 Les Triomphes d’un homme pressé (440 pages), T5 Crimes et amorce du désastre (338 pages), T6 La Fin de l’aventure (372 pages) le tout chez Dualpha. Bernard Plouvier est fasciné par les réussites du IIIe Reich, il considère que Hitler en fut le liquidateur, et Plouvier n’est pas négationniste mais, pourrait-on dire, « atténuateur ».

[67] Dualpha, (534 et 508 pages).

[68] Dualpha, (553 et 603 pages).

[69] Dualpha (428 pages).

[70] Selon Conspiracy watch le domaine Wawa Conspi (The Savoisien) existe depuis 2008, enregistré au Panama le Webmaster se fait appeler « Saint Claude 88 ». Mathieu B. dit « Le Grand Monarque » était basé en Ukraine d’où il est revenu après l’invasion russe. Voir Le Monde du 24 mars 2022 de retour d’ukraine un militant neonazi francais interpelle et mis en examen.html »

[71] Cette constellation a mis plusieurs milliers de titres en ligne, qui ne sont pas tous antisémites.

Lire hors-ligne :