Comment décide-t-on, dans le capitalisme contemporain, de la valeur des marchandises ? Tout ce qui est peut-il être défini par sa valeur d’échange ? Comment articuler la pensée de la valeur marchande et celle de nos valeurs au sens de ce qui compte pour nous ?

Depuis le début des années 2000, ces questions sont au cœur de controverses portant notamment sur la manière de définir la valeur produite par les services publics ou les mesures possibles de valeur non marchande. Ces débats renouvellent la discussion classique sur la place respective de l’usage et de l’échange dans la définition de la valeur. En explorant les processus de transformation d’un bien (une voiture, un tableau, un organe, l’eau d’un océan etc.) en marchandise et les modalités concrètes de fixation des prix, ces nouvelles approches critiques pensent à nouveaux frais les liens entre la valeur des choses d’un côté et les processus d’exploitation et d’accumulation de profit de l’autre.

Elles mettent en question l’idée de marchés efficients capables par la définition de la juste valeur des choses, d’allouer le capital de manière optimum et ainsi la pertinence du paradigme néoclassique, principal régime de justification du capitalisme contemporain. Enfin, contre la naturalisation des faits économiques, elles permettent d’interroger la continuité existante entre l’analyse des valeurs économiques, morales et politiques et posent les jalons d’une réflexion collective sur ce qui compte pour nous.

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