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Il y a 80 ans, le révolutionnaire russe Léon Trotsky était assassiné par un agent stalinien. Théoricien de haut vol et militant charismatique, élu président du Soviet de Petrograd aussi bien en 1905 qu’en 1917, fondateur et dirigeant de l’Armée rouge, qui parvint à battre les armées blanches à la solde de la vieille Russie féodale et des puissances impérialistes, Trotsky a incarné aux côtés de Lénine cette Révolution russe qui, inattendue, ébranla le monde et modifia tout le cours du 20e siècle. 

Exclu du bureau politique puis du parti par la clique bureaucratique de Staline, condamné à l’exil, pourchassé dans le monde entier par les agents de la Guépéou (la police politique de l’URSS), Trotsky a tenté malgré tout, et dans toutes les tempêtes de son temps (en particulier la victoire du nazisme en Allemagne, la défaite de la Révolution espagnole et la course vers la Seconde guerre mondiale), de maintenir vivant l’espoir né en Octobre 17 en faisant la critique systématique du stalinisme, notamment sur deux points : l’étouffement bureaucratique de toute démocratie au sein des partis communistes (et plus encore de toute capacité d’auto-organisation du côté des exploité·es et des opprimé·es), et la rupture avec l’internationalisme. 

S’il n’eut pas raison en tout, s’il commit assurément des erreurs, Trotsky tenta néanmoins de faire vivre l’héritage de la révolution d’Octobre, enseveli sous les déformations et les mensonges mis en circulation par les partis communistes stalinisés, qui non seulement effacèrent le rôle central qu’il joua en 1917 et durant la terrible guerre civile qui suivit, mais dénaturèrent surtout ce que furent la politique de Lénine et le parti bolchevik au cours de la révolution, souple et en lien constant avec l’auto-activité des masses. Il ne cessa en outre de démontrer la nécessité d’un marxisme vivant, proposant des analyses souvent lumineuses de situations concrètes, toujours tournées vers l’action politique de classe ; ses textes sur l’Allemagne des années 1930 constituent à ce titre un sommet de la pensée politique marxiste au 20e siècle. 

Il ne s’agit nullement pour nous de rendre un simple hommage, ou pire de favoriser ces rapports de déférence que l’on entretient vis-à-vis d’ancêtres glorieux mais dépourvus d’actualité. On ne saurait se contenter d’étudier pieusement l’œuvre de Trotsky pour clamer les mérites éternels du « grand homme » et ânonner en cœur quelques citations. Militant révolutionnaire, il fut toujours un penseur en situation, et s’il se fit le défenseur intransigeant du marxisme, s’il s’engagea dans la politique organisationnelle et les polémiques de son temps, il se montra toujours rétif aux automatismes de pensée, aux facilités rhétoriques et aux dogmatismes de tout poil (qui se réclament parfois du trotskysme). 

Il est donc vain de chercher à dégager des leçons intemporelles de ses textes, mais on peut apprendre de sa méthode. Les textes que nous proposons ci-dessous visent ainsi à donner à voir cette méthode (en lisant Trotsky dans le texte) et à la discuter. Ils ont également vocation à présenter ses combats : ceux de l’époque de la Révolution russe (de 1905 à 1917) comme ceux qui précédèrent sa mort, en particulier la lutte contre le nazisme et contre la dégénérescence stalinienne de la Révolution russe (un seul et même combat car, dans l’esprit de Trotsky, seuls un redressement et une politique juste du Parti communiste allemand auraient pu éviter une victoire nazie et la course vers la guerre).

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Quelques textes sur Trotsky

Le dernier combat de Trotsky, par 

L’assassinat de Léon Trotsky, par 

Centenaire de la naissance de Trotsky – Le plus vivant de nos contemporains (la théorie de la révolution permanente aujourd’hui), par Michel Lequenne

Trotsky et l’analyse de l’URSS, par 

L’assassinat de Léon Trotsky, par Pierre Frank

Auto-organisation et parti d’avant-garde dans la conception de Trotsky, par 

Trotsky et la politique révolutionnaire – 1re partie, 2e partie, par Jean-Marie Vincent

Les questions du mode de vie selon Trotsky, par Michel Lequenne

Trotsky et les problèmes de la vie quotidienne, de la famille, des femmes et de la « Vie nouvelle », par Alexandre Korel

Trotsky et l’art révolutionnaire, par Michael Löwy

Lénine, Trotsky et la transition au socialisme, par 

Une chasse à l’ours mouvementée en compagnie de Léon Davidovitch Trotsky. Théorie révolutionnaire et philosophie spontanée chez Trotsky – 1re partie, 2e partie, par Alain Brossat

Le trotskysme a-t-il sous-estimé la paysannerie ?, par Carlos Rossi

Sur un pronostic de Trotsky, par Michel Lequenne

Léon Trotsky et la IVe Internationale, par Pierre Frank

Les trotskystes français dans la Seconde Guerre mondiale. Entretien avec Yvan Craipeau

Actualité du trotskysme – 1re partie, 2e partie, par Ernest Mandel

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Quelques textes de Trotsky

La grève d’octobre 1905

Développement combiné et révolution 

« La révolution permanente signifie une révolution qui ne veut transiger avec aucune forme de domination de classe »

La lutte anti-impérialiste

Il y a 100 ans commençait la Révolution russe…

La révolution comme « intervention directe des masses dans les événements historiques »

Libération des femmes, travail domestique et transition au socialisme

La question noire aux États-Unis

Art et politique révolutionnaire

Démocratie et fascisme

Qu’est-ce que le national-socialisme ?

Grève générale et lutte contre le fascisme

Face au fascisme, pour le front unique

Staline veut ma mort

 

Et aussi

Déclaration : Netflix et le gouvernement russe unis dans la calomnie anti-Trotsky

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